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messageinabottle
Description du blog :
Une bouteille à la mer envoyé à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé...
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
10.03.2007
Dernière mise à jour :
14.04.2008
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12 Septembre 2007

Posté le 14.04.2008 par messageinabottle
Mon aurore boréale,

Rien n’a changé depuis ton départ, c’est comme si tu nous avais quittés hier, je conserve toujours tout en place, en espérant… Oui, en espérant que tu reviennes, même si je sais au fond de moi que ce n’est pas possible, mais qui sait, dans la dimension suivante dans laquelle je te rejoindrais, notre environnement sera le même, et nous pourrons poursuivre notre épanouissement. Tu me manques tellement, Caroline, mon regard sur la vie n’est plus le même, je ne vois plus les gens de la même manière depuis que tu es partie, ou alors, c’est que les gens ont tellement changé depuis ton départ…
Avec toi, je ne voyais qu’amour, tendresse et volupté, je ne voyais que bonheur, et la triste réalité de certains, nous la transformions par notre amour, par notre compassion, et notre sourire apaisait les autres, estompait les problèmes des visages, balayait la colère au fond des cœurs, alors qu’aujourd’hui, ce n’est plus pareil, j’ai l’impression de voir un autre visage au travers des gens, pas forcément moi en les regardant, mais le comportement des autres vis-à-vis d’eux…
Les gens se toisent comme des bêtes, comme si les instincts les plus vils étaient ressortis, comme si chacun se méfiait de tout le monde, comme si on défendait son territoire et que l’égocentrisme nous recouvrait. Je le vois tous les jours, les gens ne se saluent plus ou pratiquement plus, sauf ceux qui se connaissent, mais les nouveaux sont comme des intrus dans leur univers. Le sourire n’est plus, à peine l’esquisse d’une grimace, et le « bonjour » poussé à la volée est comme un dialecte perdu dans des écritures anciennes. Les échanges deviennent plus rapides, plus courts, comme si nous étions victimes de la mode « textuelle », des assemblages de lettres pour remplacer les mots, des abréviations à tout bout de phrase qui autorisent de nouvelles tournures grammaticales. On y mêle également des expressions de banlieue, qui oblige pratiquement à avoir un dictionnaire pour tout comprendre.
On se toise sur sa tenue, jugeant l’autre sur ces haillons qu’il semble porter, sur sa dégaine, sur sa coiffure ou sur ces éventuelles marques de fabriques que sont les piercings ou les tatouages. Tout ce qui sort de l’ordinaire n’est plus accepté, les différences de creusent sur une apparence et non sur une personne à part entière. Pourtant, pour moi, les gens sont comme les cadeaux, le plus important, ce n’est pas l’emballage, mais ce qu’il y a à l’intérieur, mais les gens ont oublié tout cela. Mais ce n’est pas ce qu’on recherche aujourd’hui, tout n’est qu’apparence, comme un maquillage cachant sa propre personnalité. Certains entrent dans ce moule, d’autres non.
On ne cherche plus à découvrir le plus beau chez les gens, cette beauté intérieure qui ne changera jamais avec les années, contrairement à l’apparence extérieure sur laquelle la force des années provoquera des ravages plus ou moins prononcés selon les personnes. Les gens semblent se renfermer sur eux-mêmes, vivre en totale autarcie, loin des autres, sans vouloir en savoir plus sur autrui. Et il y a de plus en plus de sans logis, ces gens que plus personne ne daigne regarder, comme s’ils étaient devenus invisibles, qu’ils étaient responsable de ce qui leur arrivait, et dont la pauvreté fait honte. Je le vois quand je me promène avec Marion, parfois nous en croisons, et Marion leur sourit, tout comme moi, elle ne les juge pas, et cela leur apporte un peu de chaleur humaine, la tendresse d’une enfant que la civilisation n’a pas encore ternie…
Tu étais comme elle, je me souviens, tu préférais le cœur à l’aspect, et par ton métier, c’était une grande qualité, car tu ne jugeais pas les enfants sur leur apparence, sur leur comportement, tu savais lire en eux les blessures du passé, les besoins d’amour et le petit cœur qui battait en secret, et qui ne demandait qu’à exploser au grand jour aux yeux de tous. La vie ne les avait pas épargnés, mais tu leur offrais un autre visage de la vie, celui d’un être humain au cœur pur. Si les gens pouvaient ouvrir les yeux et tendre la main au lieu de la rejeter, si le droit à la différence n’occultait pas la beauté du cœur, si l’amour supplantait le mépris, la méfiance, voire la xénophobie…
Tu étais là, comme un lien entre ses personnes que l’on dit différentes, mais leur différence vient du fait qu’ils sont encore humains alors que la majorité des gens a perdu cette notion. Tu serais encore parmi nous, ce lien n’aurait pas été coupé, mais tu es partie, la faucheuse à couper tous tes liens, celui de l’amour pour les autres, celui de la vie pour toi, celui avec notre petite Marion a qui tu venais de donner la vie, mais elle ne coupera jamais ce lien qui nous unit au-delà des frontières de la vie et de la mort, je le sais, je le sens, et alors que j’écris ces quelques lignes, je ressens ta main sur mon épaule, comme un signe pour me dire « sois toi, refuse la conformité des autres et accepte toujours autrui sur son cœur et non sur son paraître ».
Tu me manques tant, ma chérie, mais je ferais tout pour faire perdurer ton image au travers de ma vie et de mes actions, avant que Marion ne reprenne le flambeau que tu lui as tendu… Je t’aime plus que tout au monde, malgré la différence qui nous assemble, toi, l’ange et moi l’être humain…

Ton Ptit Caillou, différent malgré lui…

11 Septembre 2007

Posté le 10.04.2008 par messageinabottle
Mon cœur,

Chaque jour m’éloigne un peu plus de la dernière fois où je t’ai vu, où je t’ai serré contre moi, mais chaque jour me rapproche de nos retrouvailles, du moment où à nouveau, je te dirais « Je t’aime » les yeux dans les yeux. En attendant, j’ai cette souffrance au fond de mon cœur, cette souffrance qui ne peut s’atténuer, qui ne s’atténuera jamais, malgré les gommages du temps, malgré les tentatives d’estompages de mes souvenirs, rien ne pourra la stopper. Je ne pensais pas qu’on pouvait garder ce mal en soi, cette souffrance nous taraudant petit à petit. Lorsque nous voyions une nation rendre hommage à ses disparus, et le visage déformé des gens par l’émotion, nous comprenions en partie, aujourd’hui, je le comprends totalement…
Oui, cette nation dont je parle et dont ce jour est marqué d’une pierre noire, les Etats-Unis, qui ont subi une vague de destructions massives ce 11 Septembre 2001. Je me souviens de ce jour maudit entre tous, de cette vision d’horreur qui passait en boucle sur toutes les chaînes mondiales, comme un mauvais film qu’on voudrait oublier, un film bourré d’effets spéciaux comme Steven Spielberg pourrait en tournée, pour époustoufler son auditoire et en mettre plein la vue, mais non, ce n’était que la triste réalité qui s’abattait sur des milliers d’innocents. Deux tours que deux oiseaux de fer percutaient pour n’en laisser que cendres et désolations, sous le regard abasourdi de milliards d’êtres humains, souhaitant se réveiller de cet horrible cauchemar collectif qui n’en était pas un.
La souffrance de perdre un être cher sans ne rien pouvoir faire, en se sentant fourmi face aux rouages du destin, être là sans aucune incidence sur le déroulement de la trame du temps, je l’ai ressenti comme eux lorsque dans mes bras le souffle de la vie t’a quitté. Les familles ont aperçu les leurs une dernière fois, alors que l’instinct de survie les projetait dans le vide pour échapper à l’enfer, comme un espoir vers un paradis. D’autres ne savent pas comment les leurs ont disparu emportés par l’effondrement des symboles de la grandeur d’un pays. Mais pour eux tous, la même déchirure d’un cœur dont les battements cessaient au même instant.
Comme eux, j’aurais eu tellement de choses à te dire avant que tu n’embarques pour ce voyage sans retour, comme eux, j’aurais voulu profiter de chaque moment que la vie nous offrait, si j’avais su, oui si seulement ils avaient su. Certains n’ont pu dire à la personne qu’ils ont perdu qu’ils l’aimaient, d’autres auraient voulu se faire pardonner une vilénie, mais ils ne l’ont pu, certains auraient voulu être là, ne pas les abandonner dans pareil moment, mais ils n’étaient pas là, et tout cet amour qui a émergé dans cette souffrance, dans cette douleur qui taraudait les cœurs survivra à jamais à cette tragédie au-dessus de ce point zéro.
Et depuis, ce souvenir est à jamais ancré dans la mémoire collective, depuis, chaque date anniversaire transperce le cœur de milliards de femmes et d’hommes. Je me souviens, un an après le drame, le maire de New York, Rudolph Giuliani, qui chantait l’hymne américain, et moi qui pleurait en l’écoutant à la radio, non pas pour l’hymne, mais pour la détresse qu’il représentait, pour l’affliction de ceux qui avaient perdu un des leurs lors de cette catastrophe. Et je revoyais surtout l’impuissance dans lequel ils étaient restés et dans lequel je suis aujourd’hui. Je suis comme eux, anéanti par la frappe du destin, et seul à genou dans mes pleurs, les souvenirs se reflétant dans les gouttelettes de larmes se déposant au sol.
J’ai si mal, comme une vague de mélancolie associée à ce jour qui se dépose comme une brume autour de moi et dont les rayons de soleil de Marion ne peuvent estomper l’opacité. Et alors que les journalistes se complaisent à nous remontrer les images dont tout le monde se souvient, je revois les images de notre séparation à tout jamais, je revois ce visage tordu dans la douleur et pourtant, si calme, si pur, si innocent que le tien à l’aube de la mort. Et je ressens encore dans mes bras le poids de ton corps s’abandonnant au trépas, un dernier battement de ton cœur pour éclairer ton sourire et cette lumière dans ton regard. Puis, le son morbide d’un appareil sifflant en continu…
Comme tous ces américains frappés par l’horreur, je conserverais à jamais le souvenir de ce jour maudit, le 11 Septembre 2001 pour eux, le 10 Août 2006 pour moi, alors que nos vies changeaient radicalement dans un tourbillon de sentiments. J’ai Marion avec moi pour me redonner l’espoir et le soleil, mais jamais je ne serais plus comme avant, car il me manque la saveur de la vie, toi, mon merveilleux amour, toi, ma douce Caroline que j’aime et que j’aimerais jusqu’à la fin des temps…

Ton Ptit Caillou

10 Septembre 2007

Posté le 09.04.2008 par messageinabottle
Mon étoile du berger,

Le soleil se couche enfin pour laisser place à ta venue dans le ciel, accompagnée de la divine lune qui t’adresse son charmant sourire. Je viens de coucher Marion qui ne voulait pas dormir ce soir, et le calme tombe à nouveau sur la maison, je n’ai pas voulu allumer la télévision pour en faire un fond sonore, des émissions de plus en plus débilitantes passant en boucle sur les chaînes, d’abord sur l’une, ensuite sur l’autre. Et je n’ai pas envie de me laisser bercer par la musique, juste le besoin de m’évader sous le doux son de ta voix.
Je regarde Marion somnoler, et je m’étonne toujours de la souplesse qu’elle peut avoir, alors que je remets sur celle la petite couverture légère pour éviter qu’elle n’attrape froid. Oui, elle dort sur le dos, la tête tournée d’un côté, les jambes de l’autre. Je suis certain que si je fais cela, demain matin, je me retrouve coincé avec un bon lumbago. Marion, non, elle sera toute guillerette dans son petit corps élastique.
Je me rappelle quand elle était un peu plus petite, et qu’elle partait à la découverte de son corps. Elle regardait ses petites mimines et le bruit qu’elle faisait quand elle en envoyait l’une vers l’autre, un pseudo applaudissement pour un enfant de son âge. Elle jouait avec ses doigts, j’avais peur qu’elle ne se les torde, et pourtant, loin de là, ses petits os encore en formation permettaient à ses doigts d’avoir une souplesse élastique et de positionner dans n’importe quel sens, sans que cela ne la fasse souffrir. Je ferais cela, je me casserais un doigt sans problème, pas Marion. Elle tirait également sur son bras, pour observer son coude, pourquoi il y avait cette bosse derrière son bras. Et quand elle tirait dessus, elle avait tendance à basculer sur le côté, sans comprendre pourquoi, et elle m’alertait d’un « beuh », pour me signifier « Papa, pourquoi je suis comme ça ? ». Je rigolais de la voir ainsi, et elle me décrochait des risettes qui me faisaient fondre comme de la glace au soleil, elle était si trognon, tu devais ressentir la même chose que moi, être fière de notre petit amour.
Le plus surprenant était lorsqu’elle attrapait ses petits petons. Je n’ai jamais réussi à l’imiter, nous faisions parfois des concours, mais Marion gagnait toujours, je basculais toujours en arrière sous ses éclats de rire. C’était incroyable de la voir attraper ses pieds avec une telle facilité, on dit que l’homme descend du singe, j’en avais la confirmation devant les yeux. Elle jouait avec ses orteils, les découvrant, tirant dessus. Elle se tordait la jambe qui pouvait revenir immédiatement dans sa position, et n’était nullement embêtée par sa couche. Elle allait jusqu’à mettre ses pieds à la bouche, pour y goûter, elle devait déjà apprécier l’odeur du fromage, pas possible autrement. C’était phénoménal à voir, et lorsqu’elle lâchait sa jambe qui repartait, elle ne se défaisait pas, elle recommençait à l’attirer à nouveau à elle, comme une artiste du cirque du soleil, jusqu’à ce que sa chorégraphie soit parfaite.
La chorégraphie de Marion consistait à se tortiller dans tous les sens pour découvrir toutes ses possibilités, pour voir si ses bras pourraient se mouvoir dans tel ou tel sens, pour jouer avec ses jambes à pratiquement se les croiser dans la position du lotus les bras au milieu, je pense que nous aurions pu donner comme second prénom à notre ange « Ouistiti » ! Et le pire, c’est qu’elle passait des heures à observer son corps, enfin, surtout ses membres. Et quand je lui disais que de manger ses pieds, ce n’était pas bien, en faisant les gros yeux, elle se moquait de moi et insistait encore plus, alors je fondais sur elle pour lui dévorer son petit ventre sous ses éclats de rire qui retentissait dans toute la maison. Les voisins auraient pu croire que je l’égorgeais tellement elle hurlait de rire et de joie.
Et notre petite sauterelle, oui, je dis bien petite sauterelle aimait bien sautiller pour se retourner. Quand je l’allongeais sur le dos, elle se tortillait à l’aide de ses jambes et un petit à-coup lui suffisait pour qu’elle se retourne et se retrouve sur le ventre. Et là, elle mimait la tortue, son petit ventre étant encore un petit gros, elle était en équilibre et battait des quatre membres, mais en se dandinant sur les côtés, elle réussissait à progresser quand même face au sol, c’était incroyable…
Et aujourd’hui, Marion a poursuivi son évolution puisqu’elle se déplace debout, et qu’elle a oublié la découverte de son corps pour faire la découverte du monde qui l’entoure. Fini les petits pieds à sucer pour son quatre heures, maintenant, les petites compotes, c’est plus agréable, fini le petit singe, bonjour le bipède, mais parfois marmotte, comme maintenant, alors qu’elle est dans les bras de Morphée en rêve auprès de sa Maman qui lui manque tant, qui me manque tant… L’amour de notre vie n’est pas auprès de nous, mais cela ne nous empêche pas de penser à toi, et de te dire que nous t’aimons, oui, nous t’aimons, car Marion t’aime à travers moi, et de plus en plus chaque jour sans s’en rendre compte… Je t’aime, chérie.

Ton Ptit Caillou

9 Septembre 2007

Posté le 08.04.2008 par messageinabottle
Ma chérie,

Ca y est, je suis à nouveau dans notre petit coin de paradis, après mon excursion parisienne. Après une matinée tranquille, Marion cueillant des fleurs dans le jardin de ses grands-parents pour les offrir à sa grand-Maman, nous avons déjeuné puis pris la route pour éviter les embouteillages de retour de week-end. Les trajets sont déjà longs et éprouvants pour un enfant en bas âge, pas la peine de lui en rajouter en plus en patientant les uns derrière les autres et en invectivant ceux qui se croient plus intelligents que les autres avec leur voiture sortie d’une décharge et qui se permettent tout. L’au revoir fut difficile, nos larmes se mêlant les unes aux autres. Même Marion pleurait de nous voir ainsi. A chaque fois, c’est la même chose, comme un déchirement, comme un adieu, comme si je n’allais plus les voir… J’ai serré très fort mes parents, les remerciant de tout ce qu’ils avaient fait tout au long de mon cours séjour, cela m’avait fait du bien de me ressourcer en famille, même si l’essentiel n’était plus là, toi, ma tendresse, car ma vie n’est plus la même, et tout le monde le constate, le vide que j’ai en moi et qui ne se comblera jamais.
J’ai démarré les larmes aux yeux, prudemment car je ne voyais pas bien à cause du voile d’eau qui filtrait mon regard. Marion suçait son pouce, mais ne semblait pas vouloir dormir, elle regardait tout ce qui passait dehors, et me montra du doigt un « oi-o », un gros oiseau blanc à moteur qu’on appelle avion. Elle m’a fait sourire, elle me surprend à chaque instant. Les kilomètres déroulant, le paysage changea, d’abord la ville et ses immeubles ou ses petites habitations, puis longueurs boisées au bord des autoroutes. Marion continuait de regarder sans ciller, le sommeil ne venait pas, elle était paisible. Je pensais que de rouler l’aurait bercé, mais pas du tout.
Nous avions de la chance, la circulation était fluide, et nous avons vite rejoint le premier péage qui nous tendait les bras en hurlant « des sous ». Pour faire passer un peu le temps à Marion qui ne dormait toujours pas, j’ai commencé à imiter des sons d’animaux, comme elle aime que je le fasse. Tout y est passé, je n’étais plus sur une autoroute, mais je voyageais d’abord dans une ferme, avec tous les bruits de basse-cours, entre canard et cochon, entre cheval et vache, sans oublier les autres et surtout le dindon, qu’elle adore et que tu affectionnais tant. Après le voyage en campagne, je changeais de continent pour aller en Afrique, entre lion et éléphant, entre singe et hyène. Marion riait aux éclats, plus la pine d’essayer de l’endormir, là, elle était toute pleine d’énergie, et me réclamait encore et encore des bruits d’animaux. Si je m’étais fait arrêter par la police, j’étais bon pour l’asile.
Nous avons marqué une pose sur l’autoroute pour que Marion se détende un peu, j’ai marché un peu avec elle, mais surtout parce que l’habitacle commençait à être parfumé d’une odeur, je dirais, « couche pleine ». Et oui, la nature avait repris ses droits, la digestion de Marion aussi, je lui ai donc rafraichi le popotin pour qu’elle puisse poursuivre notre périple avec ses petites fesses toutes propres. Notre petite pause terminée, nous avons repris la route, Marion toujours pas décidé à rejoindre Morphée pour sa sieste. Je me suis mis à lui chanter des chansons enfantines, mais pas évident au volant de chanter « ainsi font font font les petites marionnettes… » . Frère Jacques, au clair de la lune, meunier tu dors, … toutes les chansons de mon enfance et toujours d’actualité, un vrai petit karaoké pour enfant. Je suis ensuite parti sur les chansons de dessins animés, entre Albator et Candy, Bibifoc et Capitaine Flam, et je t’en passe et des meilleurs. Je baissais un peu le son aux péages, mais Marion réclamait en chouinant.
J’ai continué un bon moment et sans m’en apercevoir, nous sommes arrivés chez nous. La pluie nous a accueilli, très sympa pour décharger toute la voiture, mais le plus beau, c’est que Marion s’était enfin endormi, bercée par ma voix mélodieuse… Je l’ai protégée de la pluie et l’ai montée dans son petit lit. Je lui ai déposé un doux poutou sur le front et je l’ai couverte pour qu’elle ne prenne pas froid. Je suis redescendu pour vider la voiture sous une douche céleste. J’étais trempé, mais ce n’était pas grave, j’étais chez nous, avec ton essence, avec tout ce que cette maison respirait de toi, j’étais bien.
Et avant que je n’aille réveiller Marion qui sommeille toujours, je t’écris ce petit mot pour te dire que je t’aime et que tu m’as manqué tout au long du week-end, c’était si dur d’entendre parler de toi au passé, alors que pour moi, tu es encore là et tu le seras toujours tant que je vivrais… Tu es la femme que j’aime et que j’aimerais à jamais.
Ton Ptit Caillou

8 Septembre 2007

Posté le 04.04.2008 par messageinabottle
Ma cœur,

Je n’ai pas entendu Marion ce matin, mes parents s’en sont occupés et le jour ne m’a pas réveillé comme il le faisait de par le passé lorsque je vivais chez eux. Je ne me souviens plus de ce dont j’ai rêvé, mais j’étais en sueur ce matin. Je me suis levé pour les rejoindre, il était déjà onze heures. Cela faisait très longtemps que je n’avais dormi aussi longtemps, Marion me tirant des bras de Morphée lorsque j’étais en retard, de sa petite voix. Lorsque je suis descendu, Marion a crié « Papa » et a tiré ma Maman par le bras pour venir à moi, afin que je lui fasse le gros câlin du matin. Elle était toute belle, mes parents l’avaient vêtue comme une petite princesse dans sa petite robe rose vichy, craquante à souhait.
Cela sentait déjà bon la cuisine, mes parents préparaient le barbecue pour ce midi, avec quelques voisins. J’ai dû me presser de me préparer pour les aider à la tâche, entre sortir tout ce qu’il fallait dans le jardin, tables et chaises, préparer le barbecue avec mon Papa, aider ma Maman pour les toasts apéritifs, tout en jouant avec Marion qui était d’humeur mutine et ne voulait pas me lâcher, comme si elle pressentait qu’elle avait voir de nouvelles têtes ce jour. Nous n’avions encore en train de préparer les victuailles que les premiers voisins sont arrivés, Simone et Roberte, tu dois te souvenir, tu rigolais tellement en la voyant avec son gros pois chiche sur son nez et lui ses tics comme Vincent Lindon. Ils étaient contents de découvrir notre petite pierre précieuse. Simone a pris Marion dans les bras, et là, je me suis retenu d’exploser de rire, Marion voulait naïvement jouer avec son pois chiche. J’adore les réactions de Marion dans ces cas-là, elle fait toujours ce que je voudrais faire.
Alors que j’aidais à faire prendre la braise, d’autres voisins arrivaient, et Marion en savait plus ou donner de la tête. Elle aime bien être le centre d’intérêt mais tous ces gens d’un certain âge qui la tripotaient comme on joue avec une poupée ne la rassurait pas, je le voyais du coin de l’œil. Néanmoins, elle ne se séparait pas de son sourire pour faire fondre tout son entourage. Les remarques du style « elle est toute mignonne, elle ressemble tant à sa Maman, mais pas du tout à son Papa » me gorgeaient de plaisir et de tristesse à la fois, non pas à mon sujet, je n’en avais cure, mais sur toi, sur le fait qu’elle était ta copie conforme, mais tu n’étais pas là pour en attester, tu n’étais pas à nos côtés pour profiter de cet instant et leur dire que si elle avait de moi, ma tête de mule par exemple, et cela m’aurait bien fait sourire…
Tout le monde se retrouva dans le jardin à lever son verre à Marion, pour son anniversaire auquel mes parents n’avaient pu assister, et Marion, assise par terre au milieu de tout le monde, intriguée par le geste des gens, voulut en faire de même, et se retrouva douchée lorsque son gobelet bascula sur sa tête. Au lieu de pleurer, elle s’est mise à rire, entraînant les autres avec elle, comme à son accoutumé. L’ambiance était bonne enfant, et j’aidais ma Maman à servir les convives, alors qu’une douce odeur de saucisses en train de cuire commençait à nous taquiner les narines. Alors que les gens continuaient sur l’apéritif, je donnais à manger à Marion, enfin, j’essayais, contente de l’animation, elle en rajoutait pour manger seul, et se barbouiller, ce qui n’était pas trop grave, il n’y avait pas à nettoyer la pelouse. Et elle était toute contente quand tout le monde la félicitait en tapant dans les mains.
Le repas se déroula tranquillement, certains étaient avinés par l’alcool léger et se mettaient à parler fort, voire à chanter de vieilles chansons que d’autres reprenaient en chœur. Toute cette animation excitait Marion qui ne voulait pas aller dormir. Elle passait de genoux en genoux, plus à l’aise qu’au départ devant toutes ces personnes d’âge avancé, jouant à mettre ses doigts sur les verres des lunettes ou tirant sur les colliers autour des cous, non sans rappeler à Simone ce qu’elle avait sur le nez ! Une vraie petite chipie, comme sa Maman.
Le dessert fut l’occasion pour Marion de concentrer les regards autour du gâteau que ma Maman avait confectionné, et surtout, la bougie qui brûlait au-dessus l’attirait. Les convives comptèrent jusqu’à trois avant que je n’incite Marion a essayé de souffler dessus, non sans mal car elle le recouvrait d’une fine pellicule de postillons. La bougie éteinte, elle s’applaudit comme le faisait tout le monde autour d’elle, toute contente, avant l’arrivée des cadeaux. Et je crois que je vais devoir acheter une remorque pour repartir, jamais je ne pourrais tout mettre dans la voiture, ou alors je laisse Marion ! Des peluches, encore et encore, des vêtements, une balle bruyante quand on tape dedans, une poupée de chiffon, bref notre fille n’a pas été gâtée, mais pourrie comme d’habitude. Elle a regardé autour d’elle, avec son regard si craquant qu’elle va en faire des ravages quand elle sera plus grande, comme pour les remercier, avant que je ne la prenne par la main pour qu’elle fasse des bisous à tout le monde. Miss bisous ne se faisait pas prier, au contraire, elle en redonnait gratuitement. Je l’ai ensuite emmenée pour qu’elle se repose un peu, elle commençait à sucer son pouce, la fatigue et l’énervement de la journée. Et sitôt allongée, ses petits yeux se sont mis à papillonner et à se fermer presqu’aussi sec.
En bas, j’entendais les bouchons de champagne sauter, mais j’étais mieux ici, avec Marion, dans mon ancienne chambre, celle qui m’avait vu grandir, qui m’avait protégé et à laquelle je confiais Marion. Je n’avais pas envie de descendre, mais il le fallait, ne serait-ce que pour remercier les gens de leur gentillesse, mais mes pensées étaient tiennes, et j’avais besoin de me sentir contre toi, de me ressourcer auprès de la douceur de tes mots. Tu me manquais…
L’après-midi est passé vite et tout le monde est retourné dans son chez soi, il ne nous restait plus qu’à tout nettoyer et ranger. Et là, maintenant, je suis seul dans le noir du jardin, éclairé par la lune pour finir de rédiger ce petit mot, pour finir la journée et retourner en mon lit avant de reprendre la route pour Etretat demain, et retrouver notre jolie maison. Je lève la tête et je regarde la lune, elle me sourit, comme pour me dire que tu m’observes de là-haut. Merci, mon cœur, merci…

Ton Ptit Caillou qui t’aime plus que tout.

7 Septembre 2007

Posté le 02.04.2008 par messageinabottle
Ma tendre mélodie du bonheur,

Voilà, ça y est, j’y suis retourné, là où se situe le berceau de notre amour, devant notre premier lieu de rencontre, comme un pèlerinage, un retour aux sources. Je voulais profiter de mon passage en banlieue parisienne chez mes parents pour venir avec Marion, là, là où nous nous sommes rencontrés pour la première fois. J’appréhendais de revenir, de revoir les fantômes du passé ressurgir, mais je voulais revenir avec Marion, lui montrer où tout avait commencé, l’histoire de sa naissance, les origines de sa vie, l’histoire de notre vie. Rien n’avait changé depuis deux ans et demi, depuis que nous étions partis, c’était comme si c’était hier…
Une fois garé, sur la petite route qui longeait l’arrière des immeubles, comme je le faisais par le passé pour venir te voir, j’ai mis Marion dans sa poussette et nous avons débuté notre périple. J’ai pris un peu de recul pour apercevoir les fenêtres du toit, au second étage, là où ton petit nid siégeait. J’ai pris Marion dans mes bras pour lui montrer la fenêtre, celle aux rideaux verts pomme. C’était étrange, c’était une de tes couleurs préférées, comme si cet appartement avait sa propre vie et insufflait à ses occupants ses propres goûts. Je nous revois encore alors que nous aimions jouer les voyeurs lorsque le voisinage sortait les barbecues pour s’en donner à cœur joie en soirées bien arrosées et bruyantes, ou les prises de becs et les noms d’oiseaux qui volaient lorsque les règlements de compte s’effectuaient dans le jardin, provoquant une animation plaisante pour les passants.
J’ai fait le petit tour qui me menait dans la pseudo cours intérieure, en longeant les petites haies de troènes qui la délimitait. De nouvelles personnes âgées étaient arrivées, je ne les reconnaissais pas, et les petits caniches qu’elles tenaient en laisse attiraient Marion qui voulait les caresser. Elles me complimentaient sur notre petit amour, alors que les caniches se laissaient tapoter par Marion, qui a toujours sa manière bien à elle de caresser en donnant un genre de petite tape, qui se transforme en fessée lorsqu’elle me le fait sur la joue. Je me suis dirigé vers la porte d’accès du bâtiment, en passant devant la boulangerie, j’y ai aperçu Patricia, la vendeuse, mais je ne voulais pas entrer, de peur de remuer les morceaux du passé qui déjà me tenaillaient aux tripes d’être là. Elle avait changé, le mariage avait du bon, elle avait dû prendre au moins dix kilos, mais cela lui allait bien, un beau visage bien rond avec de bonnes pommettes.
Devant la porte, je frissonnais, je me revoyais il y a quelques années, alors que pour la première fois, je pressais le bouton d’appel de chez toi, ce qui allait bouleverser notre destin commun. Un autre nom avait pris la place du tien à côté du bouton, je serais bien monté pour découvrir comment avait été redécoré ton ancien antre, mais je n’ai osé, je ne pouvais pas. Accroupi à côté de Marion, je lui ai montré que c’est là que j’allais rejoindre sa Maman, que c’était là que je montais les marches deux à deux, le cœur battant de te retrouver, alors que la première fois, je ne les avais montés qu’une à une, mon cœur battant la chamade de ce qui pourrait se passer entre nous, comme si au fond de moi, je savais déjà. En me revoyant grimper cet escalier, j’avais les yeux embués. Marion était comme absorbée, comme si elle savait ce que cet endroit signifiait pour toi, pour moi, pour elle, pour nous, comme si elle comprenait tout ce que je lui expliquais, avec des mots simples, des mots d’amour d’un Papa à sa fille pour lui rappeler le passé de ses parents.
Nous nous sommes promené dans le petit parc derrière les immeubles, Marion était contente, le gazon lui faisait faire des petits sauts avec la poussette. Je revoyais des images du passé, je te revoyais à côté du vieux chêne, courant pour m’échapper après m’avoir fait un coup pendable, je t’apercevais me souriant alors que nous marchions main dans la main, je souriais en repensant à nos baisers de jeunes amoureux, ce que nous étions toujours restés. Tout avait conservé un morceau de toi, tout semblait imprégné de ton essence, je nous revoyais dans le passé comme si c’était hier, alors que je le savais, c’était hier…
Je suis retourné vers la voiture, et une fois à l’intérieur, je n’ai pas bougé, Marion ne comprenait pas pourquoi, mais j’avais besoin de me ressourcer, nous avions partagé tant de bons moments ici, entre les danses country, nos instants magiques, nos jeux, nos espionnages, nos siestes crapuleuses, nos soirées « Friends », et j’en passe encore et encore, tu t’en souviens comme moi, nous étions deux à les vivre, et je suis seul aujourd’hui pour en témoigner… J’ai mis le contact de la voiture, et je suis parti, sans regarder dans le rétroviseur, comme si c’était la dernière fois que je venais ici...
C’était dur de ne pas être avec toi, c’était dur de revoir tout cela, tu me manques tellement, Caroline, car tu es aussi à l’origine de nous deux, alors pourquoi suis-je seul… Je t’aime à en mourir, mon bébé, je t’aime si fort.

Ton Ptit Caillou

6 Septembre 2007

Posté le 31.03.2008 par messageinabottle
La perle de ma vie,

Marion est ma petite reine, mais tu me manques tant. Elle m’apporte ton sourire, mais pas ta présence, elle m’offre ses bêtises, mais pas ta joie de vivre, elle me procure sa tendresse, mais pas ton amour. Je sais que, quoi que j’essaie de faire, tu ne reviendras jamais, je ne peux revenir en arrière, je ne peux infléchir la courbe du temps, je ne peux… J’ai l’impression d’être faible, de ne plus être moi-même, et même si j’essaie, ce n’est que pâle copie de ce que j’étais, de ce que tu m’apportais, de l’inspiration que tu me procurais. Tu vois, je te joins un écrit sur toi que j’ai essayé, mais je le trouve sans saveur, sans vie, sans plaisir, sans magie, sans rien… A toi d’en juger, ma chérie, toi seule le lira et pourra me faire signe pour me dire ce que tu en penses. Si le temps se gâte, je saurais… Voilà, ma mie, mais sois indulgente, s’il te plait…

Lorsque je plongeais mes yeux dans les tiens, c’était pour m’y noyer à jamais tant je m’y sentais si bien.
Lorsque ma main se promenait dans tes cheveux, c’était pour y ressentir toute la souplesse de leur soyeux.
Lorsque mes lèvres effleuraient la candeur de tes lèvres, c’était pour en admirer tout le travail d’orfèvre.
Lorsque mes mains parcouraient ton dos, c’était pour en découvrir toute la géo.
Lorsque mes doigts dessinaient tes cuisses, c’était pour en apprécier toute leur esquisse.
Lorsque ma langue explorait ton intimité, c’était pour en savourer toutes les irrégularités.
Lorsque mon corps se collait à ton corps, c’était pour en extraire tous les trésors.
Lorsque mes pieds réchauffaient tes pieds, c’était pour caresser le souhait de t’émoustiller.
Lorsque j’embrassais délicatement tes joues, c’était pour en ressortir leur éclat de bijoux.
Lorsque je câlinais tes jolies fesses, c’était pour en apprécier toute la douceur d’une déesse.
Lorsque j’admirais la beauté de tes seins, c’était pour les lover toute la vie entre mes mains.
Lorsque j’explorais les nuances de tes épaules, c’était pour t’imaginer être ma planète et explorer tes pôles.
Lorsque mes joues frôlaient ton menton, c’était un tsunami de douceur qui m’enveloppait dans son édredon.
Lorsque je découvrais ton tout petit nombril, c’était pour l’illuminer comme la fleur son pistil.
Lorsque je déposais des bisous sur le bout de tes doigts, c’était pour en jouer de la musique digne d’un roi.
Lorsque je frottais mon nez contre ton nez, c’était pour ressentir la tendresse du nouveau-né.
Lorsque ma langue dégustait ton petit ventre, c’était pour te permettre de ressentir les choses en ton antre.
Lorsque ma bouche découvrait la courbe de tes chevilles, c’était pour en respirer tout ton parfum de fille.
Lorsque tu m’enveloppais de la sveltesse de tes bras, c’était pour retomber en enfance et renaître ici bas…
Lorsque je caressais ton vagin, c’était pour allumer un feu qui brûlerait jusqu’au lendemain matin.
Lorsque ma langue jouait avec les lobes de tes oreilles, c’était pour les butiner à la méthode des abeilles.
Lorsque je déposais un souffle sur ton cou, c’était pour déclencher en toi des gémissements de loup.
Lorsque je me blottissais contre toi pour écouter ton cœur, c’était le mien qui gémissait dans un unisson de bonheur.
Et lorsque je te retrouverais au-delà de la vie, ce sera pour te dire que je t’aime jusqu’au bout de nos vies…

Je sais qu’il n’y a pas toute la saveur de ta présence, je suis comme un artiste ayant perdu sa muse, je suis comme un peintre ayant perdu son modèle, je suis comme un écrivain ayant perdu l’inspiration, je suis seul… si loin de toi et de ton amour. J’aimerais tant pouvoir te dire ces mots plutôt que de te les écrire, j’aimerais tant te faire vibrer au rythme de ma voix en te les citant plutôt que la platitude des phrases déposées sur la virginité d’une page, et surtout lire les mouvements de ton visage sous la magie de mes pensées. Et même si ce que je t’envoie n’a pas la force de ce que je voudrais, cela vient du plus profond de mon cœur, noyé sous l’émotion de mon amour disparu.
Et quand je regarde mon alliance, celle de notre union posthume mais qui me fait être tien, je me dis que comme cet anneau, notre amour sera sans fin, un éternel recommencement de sentiments, aussi pur que l’or qui le compose. Je suis uni à toi pour la vie et pour la mort, nous avons connu le bon avant le pire, mais le meilleur reste encore à venir, je t’en fais le serment, ma douce Caroline. Je t’aime à la folie, mon cœur, à la folie…

Ton Ptit Caillou

5 Septembre 2007

Posté le 28.03.2008 par messageinabottle
Ma tendre chérie,

Marion adore se promener en poussette, elle aime regarder tout ce qui se passe autour d’elle, elle est vraiment très éveillée, le portrait de sa Maman. Elle remarque tout, elle me montre du doigt tout ce qui est différent, tout ce qu’elle ne connaît pas, tout ce qu’elle veut découvrir. Quand elle aperçoit un deltaplane, elle me le montre du doigt en énonçant « oi-o », à la manière de Bambi, et cela me fait rire, mais je lui explique que ce n’est pas un oiseau, mais pas comme Panpan en tapant du pied par terre, avec des mots simples pour une enfant de son âge. C’est vrai qu’à son âge, tout se ressemble, tout ce que Marion voit, elle n’en fait pas la distinction, je me souviens des fois où elle appelait Maman ou Papa de purs inconnus et leurs réactions diverses.
Aujourd’hui, il y avait un reportage à la télévision sur les Vélib, système de location de vélos que le maire de Paris a lancé dans la ville. Ce sont des vélos que tout un chacun peut trouver un libre service dans les rues de la capitale, auprès de bornes créées exprès pour, afin que les touristes et les Parisiens puissent parcourir la ville d’une autre manière, en évitant les véhicules qui circulent à vive allure autour d’eux, dans ce qu’on appelle des « couloirs de la mort », tout en respirant le bon air des gaz d’échappement ! Lorsque Marion a aperçu les vélos, elle les a appelé « tur ». J’ai essayé de lui dire que c’était des « vélos », mais peine perdue, elle tient de moi, aussi têtue que son Papa !
En regardant le reportage, j’ai souri. Je voyais des novices du vélo essayer de se tenir en équilibre sur leur selle, peinant à toucher les pédales, ne sachant pas régler leur monture, et se retrouvant sur un destrier de fer pas encore dompté et n’en faisant qu’à son guidon. En plus, des vélos derniers cris, avec un panier devant tout ce qu’il y a de plus kitch, un design digne des compressions de César et un poids à ne pas mettre entre les mains d’une personne âgée, 22 kilos ! Quand on voit les images, on se croirait à Amsterdam, avec toute cette marée de vélos arpentant les rues du vieux Paris.
Cela me rappelait lorsque nous avions essayé de faire du vélo sur Trouville, en empruntant les vélos de tes parents. Bien mal m’en avait pris, moi qui n’en avais fait depuis ma plus tendre enfance et encore, j’étais champion pour m’enfoncer le garde boue dans les tibias. Je n’étais pas très à l’aise, j’avais déjà passé une demi-heure à essayer de régler la selle, à regonfler les pneus, sous tes crises de rire, me taquinant comme tu le pouvais, t’enfuyant à chaque fois que je décidais de lâcher le vélo pour te faire payer tes moqueries. Mes premiers essais d’équilibre furent laborieux, tu voulais même aller m’acheter des roues stabilisatrices pour mettre de chaque côté ! En plus, le guidon ne répondait pas à mes avances et j’avais mal serré ma selle qui descendait petit à petit.
Lorsque j’ai enfin dompté mon féroce animal, nous sommes partis en balade, enfin, je t’ai suivi, car tu volais sur la route enfourchée sur ton vélo, alors que je semblais écraser la même route sous mes coups de pédales forcés, n’ayant pas compris le fonctionnement du dérailleur, me focalisant sur les deux pédales et le guidon. Tu pouvais me dire tout ce que tu voulais pour me railler, je ne pouvais que te répondre en haletant à ta suite que cela ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd… Après un moment d’adaptation, j’ai pu enfin arriver à ta hauteur, et nous avons pu commencer une vraie balade bucolique, entourés de champs.
C’était agréable, le vent soufflait dans tes cheveux, nous étions seuls, personne sur la route, et les oiseaux pour seuls compagnons. Pédaler sur le plat était mieux que la colline que nous avions dû escalader plus tôt, j’en étais à pousser mon vélo dans la partie haute alors que tu m’encourageais du sommet. Nous entonnions tous les deux « A bicyclette » d’Yves Montand, nous avancions à mon rythme, comme deux escargots, mais assez vite pour éviter que je ne tombe sous les soubresauts de mon guidon. Cela nous avait fait du bien, un bon bol d’air, mais le lendemain, j’ai vite déchanté, je marchais comme un cow-boy, j’avais mal partout dans les jambes, et tu te tordais de rire de me voir ainsi déambuler dans la maison de tes parents. Mes jambes étaient devenues deux morceaux de bois rigides ! Mais tes doux massages m’ont permis de retrouver une démarche digne de mon standing…
Marion m’a sorti de mes rêveries, elle avait faim, alors, je suis descendu de mon vélo pour enfourcher mon costume de Papa cuisinier, et lui mitonner un bon petit plat comme elle les aime, de la viande hachée avec une purée de carottes faite maison. Mais une fois couchée, j’ai repensé à tous ces instants, et j’aurais aimé parcourir Paris à Vélib avec toi, la main dans la main, comme deux amoureux à Paris… Mais cela ne sera jamais, nous ne le vivrons jamais, mais quand je te rejoindrais, nous pédalerons sur les chemins du paradis, les chemins du bonheur, où je pourrais crier à tue-tête tout l’amour que j’ai pour toi, Caroline. Je t’aime tant, et tu manques tellement…

Ton Ptit Caillou

4 Septembre 2007

Posté le 27.03.2008 par messageinabottle
Ma tendre colombe,

Ce matin, j’ai senti un voile de délicatesse me tirer de mes rêves, alors que ta longue chevelure caressait mon bras avant de retourner parmi les anges. Je me sentais d’humeur joyeuse, tu avais partagé notre couche, et mes rêves n’en furent que plus délicieux. Marion était déjà éveillée, mais elle ne faisait pas de bruit, comme si elle sentait en son for intérieur que tu étais là, qu’elle devait me laisser me ressourcer un peu, car même si je ne lui montre pas, même si elle est encore un bébé, elle est capable de ressentir toute la détresse qui m’étreint de t’avoir perdu…
Dehors, l'agitation semble revenue, tous les signes sont là, c'est l'heure de la reprise, la rentrée pour tout le monde, entre entreprises et écoles, les vacances ont tourné leur page, page froissée par le vent pour certains, page maculée d'encre illisible en raison de l'afflux d'eau pour d'autres, page brûlée par la sécheresse et les incendies pour encore d'autres, le seul point commun à tous étant de se retrouver ce jour au même point qu'avant la période estival, en compagnie de ses camarades ou de ses collègues, pour entamer une nouvelle ritournelle...
Les voitures ronronnent à nouveau en farandole gérées par les feux taquins prenant un malin plaisir à attarder les lève-tard, la poussière qui s'était amoncelée sur les machines-outils lève sont voile au redémarrage des moteurs, les machines à café sont le centre de retrouvailles, de comparatifs de bronzage, de partages d'expériences estivales, les ordinateurs se rallument un à un sur des « fenêtres » gommées par un mois de congés payés, sur des programmes logiciels oubliés, certaines enseignes commerciales relèvent leur rideau et redonnent des couleurs à leurs étals ternis par l'obscurité d'un été...
Les grilles des écoles ont laissé entrer les cris de joie des chérubins, certaines mamans ont le cœur déchiré de laisser leur enfant entrer à l'école, alors que celui-ci ne se retourne pas, heureux de retrouver ces petits copains et ces petites copines, d'autres enfants ne veulent quitter leurs parents de peur du vieux monsieur baveux qui ne sent pas bon ou de la vieille dame avec un bouton sur le nez et un gros ventre qui sera leur instituteur tout au long de l'année. Devant les collèges, les tenues rivalisent d'originalités, les pseudos rappeurs toisant les néo-gothiques, les carillons des portables supplantant celui de la sonnerie de signal de début des cours.
La vie du village va reprendre son cours, les touristes sont partis en laissant pour vestige de leurs passages les moult détritus ici ou là que les nombreuses poubelles n'ont pas su accueillir, la ville a retrouvé son calme de la journée, avec ses ruelles désertées comme dans un village fantôme digne de la conquête de l'ouest, le boulanger pleure de ne plus entendre résonner son tiroir caisse du doux son de la monnaie trébuchante des touristes adeptes des petits-déjeuners fumants, le facteur va pouvoir faire sa tournée à vélo tranquillement, sans risquer de rencontrer des chicanes mobiles que sont les chiens non tenus en laisse et voulant tester la saveur de ses mollets, et les enfants en bas âge dont les parents n'ont pas l'intelligence de faire attention à leurs multiples escapades et des conséquences de celles-ci.
A ton ancien travail, c'est aussi un nouveau départ, le retour des enfants avec des problèmes, mais qui ont pu rentrer dans leur famille pendant les vacances, retrouvant sur place ceux qui n'ont pas eu la chance de retrouver les leurs, ainsi que les petits nouveaux déracinés de leur cercle familial, mais pour leur donner une meilleure chance dans la vie à venir. Grégory guettera ton arrivée, il s'assiéra sur le rebord du mur de l'entrée, mais il sera à nouveau déçu et triste de ne te voir, alors qu'Edwige viendra le prendre contre elle pour le soutenir et le réconforter, en lui disant que bientôt, très bientôt, tu lui réserverais la plus jolie des surprises, se blessant au fond d'elle de mentir à cet ange tout en sachant que plus jamais il ne te reverrait...
Mais cette rentrée, tu ne la vivras pas, du moins pas de la même manière que nous, tu es si loin de toute cette agitation. Marion non plus ne la vivra pas encore, mais l'année prochaine, ce sera le début d'une nouvelle aventure pour elle. Et moi, le rythme de ma vie est celui des battements de mon cœur pour toi, l'agitation ne m'atteint pas, je vis au travers de nos souvenirs et à travers l'évolution de notre petit amour, Marion. Tu me manques tant, ma douce Caroline, tu me manques tant, toi que j’aime si fort, que j’aimerais à en mourir pour me retrouver à tes côtés…

Ton Ptit Caillou

3 Septembre 2007

Posté le 25.03.2008 par messageinabottle
Mon bel amour,

Excuses-moi pour l’écriture malaisée, mais je porte Marion sur moi, elle vient de se réveiller et voulait voir ce que je faisais, elle ne voulait pas que je la laisse seule et me tirait le pantalon pour que je la porte, en commençant à geindre. Alors, Marion essaie de me piquer ma plume, mais je suis plus rapide qu’elle à ce petit jeu du chat et la souris. J’essaie de la faire sautiller sur mes genoux, et petite chipie qu’elle est, elle commence à froisser la page sur laquelle je couche mes lignes. Je vais la reposer par terre et faire vite pour t’écrire, afin qu’elle ne chouine pas trop, sinon tu vas recevoir une boulette de papier mâché au lieu de ta lettre quotidienne.
Contrairement à ce que je pensais, Marion ne se plaint pas, elle est partie chercher sa balle pour me la lancer. Elle me fait sourire, avec ses multiples facettes de sa personnalité, ses multiples visages. Quand elle est guillerette, c’est un rayon de soleil, son visage illumine la pièce dans laquelle elle est, tout le monde me le dit et me complimente sur la Maman qui lui a transmis cette faculté, ce visage qui chasse les nuages qui peuvent assombrir la vie de tout un chacun. Son sourire attise les sourires des gens dans la rue, comme si elle amenait de la couleur à la vie, comme si l’espoir était à nouveau permis à la sortie de leur tunnel. C’est le cas lorsqu’elle voit un cheval à la télévision ou en vrai, ou lorsqu’elle se retrouve dans l’eau dans laquelle elle aime patauger, lorsqu’elle aperçoit tout ce qui pique sa curiosité, un chien, un oiseau, un ULM, …
Lorsqu’elle se réveille, elle est parfois un peu comme moi, d’humeur grognonne, elle se demande où elle se trouve, qui lui a imprimé des plis sur les bras. Si j’essaie de la taquiner dans ces moments-là, j’ai le droit à un retour de bras pour me pousser, quand ce n’est pas une petite plainte du style « laisse-moi tranquille », un peu comme je te faisais quand tu me charriais le matin, alors que je marchais au radar et que tu faisais exprès de me titiller. Bien sûr, quand elle ne réussit pas à faire ce qu’elle veut, son côté grognon ressurgit, comme lorsqu’un obstacle s’est mis dans sa trajectoire et qu’il ne veut s’en détourner, et j’ai définitivement décidé d’arrêter de lui expliquer pourquoi c’était elle qui devait faire le tour et non l’arbre bouger.
J’adore ses crises de rires, souvent accompagnée de crises de fous rires. Elle est très joueuse, et dès que je la chatouille, son moulin à rire est initialisé. Quand nous sommes de sortie, j’adore qu’elle rigole, tous les gens la regardent, elle devient l’attraction, et c’est mignon de voir le bien qu’elle peut apporter ainsi. Et quand son Papa fait des bêtises, c’est le nec plus ultra pour elle, entre le chien qui essaie de la dévorer et fait des prouts sur son petit ventre, entre la partie de cache-cache improvisée derrière une porte ou un meuble, ponctuée par des « coucou » déclencheur de rires. Je suis son clown et je lui donne dès que possible une représentation pour sa joie de vivre et son bien-être.
Par contre, je n’aime pas la voir pleurer, car cela me déchire le cœur, je me sens comme incapable, inapte à être Papa si je ne peux atténuer le mal qui l’a taraude. Ce fut le cas lorsque ses dents ont poussé, ont décidé de la faire souffrir, pauvre petit ange, je me le rappelle comme si c’était hier, heureusement que j’avais l’ours de Grégory pour l’apaiser et lui offrir la sécurité. J’étais désemparé face à ses rares cauchemars qui lui faisaient couler des larmes sur la tendresse de ses joues, et comme tout Papa, j’avais le cœur transpercé par sa souffrance. Bien sûr, ces premiers pas furent l’occasion de nombreuses chutes, et les moqueries de Papa face à cela permettaient d’estomper vite fait ses larmes et de transformer sa tristesse face à la douleur en sourire, malgré la bosse qui poussait sur sa tête.
Et là où elle est la plus craquante, c’est lorsqu’elle sommeille, la sérénité qui se lit sur son visage, un petit ange fait bébé, je passe des heures à la regarder, elle ne bouge pas, seul son petit ventre se gonfle et se dégonfle. Elle est ton image, je te vois à côté d’elle lorsque je ferme les yeux, la Maman et sa puce assoupies ensemble, la plus belle image qu’il puisse y avoir au monde. Mais lorsque je les rouvre, tu n’es plus là, ton image s’est effacée dans les méandres de mon esprit et Marion s’est retournée. Comme on dit, ainsi, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. J’ai pris quelques clichés de son sommeil, pour voler ces quelques instants et les garder à jamais.
Tant de facettes de sa personnalité qui sont en devenir, qui évolueront au fil du temps comme elles ont déjà évolué par la passé, certaines s’affirmant plus que d’autres, d’autres s’épanouissant comme la jolie fleur qu’elle est. Et là, la jolie fleur veut que je lui renvoie sa balle, elle vient de la poser où cela fait mal, notre puce a des arguments frappants, comme tu savais en avoir par le passé quand tu voulais quelque chose de ma part. Je dois t’abandonner, sinon, tout ce que j’aurais écrit se retrouvera déchirer par une attaque manuelle de Marion avant que je n’aie pu l’en empêcher. Tu me manques, Caroline, nous serions si bien à jouer tous les trois….
Je t’aime, et notre fille à travers moi, ma chérie…

Ton Ptit Caillou
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