Publié le 31/03/2009 à 12:00 par messageinabottle
Bonjour à tous ceux qui me lisent et passent ici, pour un coucou ou pour prendre de mes nouvelles. Je vous remercie de toutes vos petites attentions qui me touchent et que je découvre. Depuis près de trois mois, je ne suis pas passé ici, et je n’ai pas déposé de nouveaux textes en ligne, mais je ne vous en oublie pas pour autant. Mon blog a continué d’évoluer, d’autres textes sont venus s’ajouter aux premiers, les uns après les autres, comme la magie de Noël, le pot, la nouvelle année et même des cauchemars, pour achever cette liste au 9 mars 2008. Ces textes, je ne les mets pas en ligne de suite, j’aimerais faire éditer cette histoire où les textes manquants prendraient place à la suite des autres. En tout 363 textes, plus le dernier, Je me suis renseigné lors du Salon du livre de Paris 2009 et je dois faire les démarches pour les contacter et soumettre mon projet.
Mais si un de vous connaît une personne dans le milieu de l’édition, ce serait avec plaisir que j’accepterais son aide. J’aimerais vraiment faire aboutir ce projet littéraire, et que mes bouteilles ne restent pas seules au fond d’une cave abandonnées. Je vous tiendrais au courant de la suite des évènements.
Je vous remercie encore de tous vos mots, et je suis content d’avoir eu la chance de croiser virtuellement votre route, ce qui m’a beaucoup apporté.
A très bientôt…
Ptit Caillou
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Publié le 04/01/2009 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,
Qu'il est loin ce jour où je t'ai rencontré et où notre vie a basculé, et pourtant, c'était hier, cet échange de regard qui m'a fait découvrir l'amour, qui m'a fait devenir homme, et qui a allumé cette flamme dans nos cœurs, ce feu sacré que nous continuons à faire vivre et ce pour l'éternité. Tous ces moments que je ne vivrais plus ici bas avec toi, tous ces moments d'amour que tu m'avais offerts et qui avaient de moi un roi au royaume de ton cœur. T'aimer, il n'y a rien de plus beau à mes yeux, et c'est si naturel pour moi, comme une évidence du jour où je t'ai connu, comme si j'étais programmé à t'aimer depuis toujours, en attendant de te trouver, toi ma perle rare qui correspondrait à mon écrin de douceur et qui enclencherait le mécanisme de l'amour...
Mais tu n'es plus auprès de moi pour recevoir tout cet amour qui émane de moi, et même si je donne tout ce que je peux à Marion, il me reste des tonnes à t'offrir. J'accumule tout en moi pour créer un feu d'artifice le jour où nos mains se joindront à nouveau, un éclat de lumière qui relèguera les aurores boréales au rang de petites bougies devant la pureté de ce spectacle. Je n'aurais pas besoin de te parler, mon corps t'exprimera tout ce que je ressens pour toi et que je mets de côté chaque jour qui passe et qui me rapproche de toi, mes larmes te baigneront de douceur pour dissoudre ce voile qui nous a séparé si longtemps, et à nous deux, nous pourrons vaincre la destinée qui ne pourra plus jamais nous séparer.
Je suis si seul sans toi, une enveloppe vide laissé à la dérive de la vie et voguant parmi les problèmes du quotidien. J'avais trouvé le bonheur avec toi, après l'avoir si longtemps cherché par monts et par vaux, et je ne le lâcherais plus, même si je sais que je dois attendre, que l'attente sera peut-être longue, rien ne pourra m'empêcher de te rejoindre pour poursuivre notre amour et te noyer de « je t'aime ». J'ai si froid le matin quand je me lève de ne plus sentir ta peau contre la mienne, je ne sens plus l'eau de la douche qui est sensée me réveiller le matin depuis que tu ne la partages plus en étreintes câlines, mes repas n'ont plus la saveur de ceux que je préparais avec toi, où amour rimait toujours, bonheur rimait avec rieur, où un simple morceau de pain pouvait se révéler un festin de roi entre tes mains. Mais plus de festin depuis que tu n'es plus là, et même si je mange moins, je mange aussi moins bien, et mon tour de ventre me le confirme également quand j'essaie d'entrer dans des pantalons qui te plaisaient tant et qu'aujourd'hui je boudine à ravir.
Je sais qu'un jour Marion jouera avec les chaussures que tu ne mettras plus, en se prenant pour une grande, mais tu ne seras pas là pour en rire, tu ne seras pas là pour filmer la scène, et les rires de Marion et les miens n'auront pas la même saveur que si les tiens raisonnaient en écho aux nôtres. En attendant, elles prennent la poussière au fond du placard où tu les avais rangées, patientant le jour où elles seront découvertes comme un trésor par notre petit ange. Je ne parle même pas de tes affaires qui feront d'elles une princesse du futur. Mais cela, c'est demain, là je suis seul devant ta photo, que je serre contre mon cœur comme j'aimais le faire par le passé, mais avec la chaleur de ton corps et non la froideur de ce papier photo.
Nul regret de ce passé, juste des remords de ne pas avoir assez fait, de ne pas avoir assez profité de la vie à tes côtés, d'avoir attendu si longtemps avant de te rencontrer, de ne pas t'avoir rendu autant heureuse que j'aurais souhaité le faire, de ne pas avoir fait plus que je n'ai fait, me complaisant dans notre bonheur sans chercher à le faire progresser plus encore. Je sais que tu penses que je t'ai rendu heureuse, je sais au fond de moi que j'aurais dû mieux faire, que jamais je n'aurais dû remettre à demain ce que j'aurais pu faire le jour même, nous aurions dû partir en voyage dans ses contrées qui nous faisaient rêver, nous aurions dû nous marier pour que les cloches de l'église raisonne à jamais de notre bonheur...
Je me sens coupable de tout, de t'avoir laissé partir sans ne rien pouvoir faire, de ne pas t'avoir tendu la main pour t'accompagner, de n'avoir pas trouvé les mots qu'il fallait pour te dire au revoir, alors que tu souffrais en ton corps et que je ne souffrais qu'en mon âme. Et là, le silence. Plus aucun bruit si ce n'est celui de la chaise qui grince sous mon poids et mes mouvements, plus tes mots doux pour que je vienne te rejoindre dans notre lit pour un câlin divin, plus la douceur de tes mains sur mes épaules pour me masser, plus rien... Une vie à deux n'est pas faite pour vivre seul, je le savais depuis toujours, je le subis aujourd'hui à cause du destin, et mon cœur en souffre de ne plus pouvoir être à tes côtés, vivre à tes côtés, aimer à tes côtés...
J'ai besoin de toi, j'ai besoin de ressentir ta présence, j'ai besoin de toucher ta peau, j'ai besoin de sentir ton odeur, j'ai besoin d'être bercé par ta voix, j'ai besoin de respirer ton air, j'ai besoin de goûter à tes lèvres, j'ai besoin d'être épier par ton regard, j'ai besoin de t'aimer... Sans toi, la vie ne vaut pas d'être vécu, sans toi, le soleil ne brille plus du même éclat, sans toi, je ne suis plus rien, qu'une coque vide sans esprit, sans vie, échoué sur le chemin de la vie... Caroline, chaque jour est comme une torture, loin de toi, comme si on m'avait bâillonné, mais rien ni personne ne pourra m'empêcher de te dire « Je t'aime, mon amour, je t'aime.. ».
Ton Ptit Caillou
Publié le 26/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon ange,
Jour après jour, notre petit bouton de rose s'épanouit et grandit, il prend de la force, de l'assurance, il resplendit à la lumière, il étale ses pétales de vie, de rire, il découvre tout ce qui l'entoure, d'un œil curieux, d'une main hésitante, d'une démarche aléatoire, tantôt oscillante comme nos anciens bidibules, tantôt déterminée, même si un obstacle vient se mettre en travers de son chemin. Tu dois être fière d'elle, cette petite copie de toi, ce petit bout que tu m'as offert, ce petit ange qui commence à façonner son caractère...
Oui, mademoiselle se forge sa personnalité avec ses petits caprices, elle sait ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas, et aime me provoquer, ce qui devient un jeu pour moi. Tu dois même en sourire de là-haut. Et aujourd'hui, elle a pris un malin plaisir à cet affrontement père fille. Pour son bain, ce fut déjà une course. Lorsque je l'ai appelé, elle m'a regardé et m'a défié du regard. Je me suis dirigé vers Marion, elle a fait demi-tour et m'a fuit. Je l'ai appelée, elle s'est retournée pour me narguer, a éclaté de rire, et est repartie aussitôt. Il a fallu que je lui coure après pour la rattraper. Elle ne voulait pas aller prendre son bain. Pendant que je la montais dans la salle de bain, elle se débattait dans mes bras, et plus je suis faisais les gros yeux, plus elle en rigolait et voulait se desserrer de mon étreinte.
Pendant que je la déshabillais, elle m'empêchait au maximum de le faire, elle gesticulait des jambes, elle tirait sur ses affaires à l'inverse de moi, une vraie petite chipie. Je lui ai fait des papouilles sur le ventre pour l'amuser et la calmer, et elle repoussait ma tête, ne voulait pas se laisser amadouer par son rusé de Papa. Dans l'eau, ce fut Versailles et ses grandes eaux, elle m'éclaboussait alors que je la douchais, c'était son jeu, envoyer autant d'eau à son Papa qu'il lui en versait sur la tête. Alors, j'ai joué aussi, et je l'ai éclaboussé à sa manière, elle hurlait de plaisir, moi moins quand je voyais tout ce qu'il fallait que je sèche ensuite, mais bon, Marion voulait montrer son caractère de petite femme, alors je n'allais pas lui laisser la tache aisée.
Sitôt séchée, nous avons attaqué une lutte gréco-romaine pour la mise en place de sa couche, notre demoiselle préférant se promener cul nu pour faire respirer son petit postérieur. Alors, pour lui faire baisser sa garde, rien de tel que des petits chatouillis bien placés, même si elle bougeait dans tous les sens pour fuir mes « attaques », c'était plus simple que de l'affronter en direct. Une fois équipée pour la nuit, et à nouveau debout, ce fut le face à face. Je mettais mes mains sur ma taille, elle en faisait de même avec son air malicieux, comme pour me signifier qu'elle pouvait faire comme moi. Je faisais les gros yeux, elle me répondait par une grimace, ne sachant faire autrement. Je la montrais du doigt et elle me mimait, tu devais arbitrer la rencontre de là-haut, un faible pour Marion, si frêle face à moi. Et quand j'ai avancé d'un pas, elle a voulu prendre la poudre d'escampette, mais je l'ai rattrapé de suite pour éviter qu'elle n'atteigne l'escalier et qu'elle n'y tombe.
Le repas fut tout autant caractérielle, mademoiselle ne voulait pas de ce que je lui avais préparé, préférant jouer à tapisser autour d'elle qu'à remplir sa bouche. J'ai haussé le ton, mais elle me répondait d'un « wouh » grave pour se moquer de moi, et reprenait de plus belle. J'ai pris sa cuillère pour la nourrir, et là, ce fut un autre cinéma. Elle n'était pas d'accord, elle rechignait, elle a commencé à me faire une comédie, ne voulant pas ouvrir la bouche, détournant son visage au dernier moment pour que je maquille ses joues de purée de carottes. Mais j'ai dû baisser les larmes quand Marion s'est mise à pleurer et qu'elle a demandé « Maman ». C'était comme si un couteau me transperçait le cœur, je me sentais coupable de l'avoir forcé à manger, même si c'était pour elle, même si elle devait manger pour être en bonne santé, mais là, de la voir t'appeler, toi, mon amour, j'ai eu si mal au plus profond de moi, les larmes ont perlé sur mon visage.
J'ai arrêté de lui donner à manger, je l'ai descendu de sa chaise en l'essuyant, et je l'ai blotti contre moi, je lui ai fait un gros câlin pour la dorloter, je pleurais autant qu'elle, ce simple mot « Maman » ayant eu l'effet d'une bombe pour moi, car je représentais le mauvais pour elle, celui qui faisait mal, alors que tu représentais le bon, ce que tu avais toujours été, si emplie de tendresse et d'amour. Marion a séché ses larmes, mais elle avait réussi sans le vouloir à me faire très mal, et sa force de caractère avait au final prévalu sur la mienne. Elle a bien voulu prendre un biberon de lait, comme elle aime toujours le faire, elle me prenait la main en même temps, mais je ne me sentais pas bien. Et lorsque j'ai couché Marion, elle s'est endormie vite, pour plonger dans tes bras... Et alors que je t'écris, je ne me suis toujours pas remis de son appel pour toi, Caroline.
Marion continue de grandir, et je passerais d'autres journées comme celle-ci, où elle me fera comprendre qu'elle est une personne et qu'elle me tiendra tête, et je devrais surtout me montrer plus fort si elle t'appelle à nouveau. Si seulement tu avais été là auprès de nous, si seulement tu étais là auprès de moi, tu me manques tellement, mais tu vois, tu manques aussi énormément à notre Marion, qui ne te connaît qu’à travers moi et pourtant, qui a tant besoin de l’amour de sa Maman. Chérie, pourquoi es-tu partie si loin de moi, nous aurions dû être heureux en famille, à trois, nous aurions dû… Je t’aime si fort, mon bébé, si fort, et j’essaierais de ne pas fléchir face à Marion la prochaine fois, toi qui étais si forte à ce jeu-là, avec tous les chérubins dont tu t’occupais, une main de fer dans un gant de velours… Je suis si malheureux sans toi…
Ton Ptit Caillou
Publié le 24/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon ange céleste,
Un petit bout de papier qui en dit tellement long, un petit bout de papier qui contient toutes mes aspirations, qui contient tout mon amour, qui se recouvre de lettres, puis de mots, puis de phrases pour former une seule lettre, majuscule, comme l'est notre passion. Un petit bout de papier qui en a dit long à travers les âges, qu'il soit parchemin pour indiquer un lieu secret, qu'il soit petit mot pour transmettre un mot doux ou des instructions codées, une dernière volonté parfois, mais qui contient une information essentielle à transmettre à autrui. Et ce petit bout de papier, frêle esquif, se révèle parfois un vaisseau de bonheur que l'on souhaite partager à autrui, et aujourd'hui, celui dont nous avions esquissé les plans s'est rappelé à moi.
En feuilletant notre dernier album photo, les dernières photos que j'ai de toi, avec ton joli ventre rond, tu en étais si fière, moi qui te singeais avec un coussin pour me moquer de toi, j'ai revu ce petit morceau de futur que nous voulions lancer à tous les nôtres, le petit faire-part de naissance de notre petit amour. Je n'ai pas eu le courage de le terminer, je n'avais pas la force de poursuivre ce que nous avions débuté ensemble. Ce moment de bonheur fut estompé par un moment de malheur, cette annonce de joie est restée dans cet album, caché de tous. Nous avions passé du temps dessus pourtant, pour en faire notre perfection, un petit cocon pour accueillir le fruit de notre amour.
Tu ne voulais pas d'un faire-part tout prêt, nous avions tant de créativité que nous pouvions le concevoir par nous-mêmes. En fermant les yeux, je te revois passer tes mains sur ton ventre pendant que nous dessinions quelques croquis, quelques idées pour illustrer et des mots simples pour parfaire le tout. Cette photo de notre amour, celle dont j'avais fait le dessin, ornait cette esquisse cartonnée, et plusieurs textes pour présenter l'intérieur, comme "L'amour a réuni deux jolies plantes, pour former un nouveau bourgeon", "c'est fou ce que l'on peut faire par amour, même un petit trésor…", "nous nous sommes aimés au singulier, on va s'aimer au pluriel…", "un comme amour, deux comme nous, trois comme famille…", "nous le souhaitions, Marion nous l'a offert…", et encore plein d'autres idées que nous aurions gommé sous le sourire de Marion. Tu voulais ton côté cadre couleur bleu, et mon côté rose, afin de mixer la dualité homme femme, et le blanc pour Marion, symbole de pureté, comme l'est notre amour, comme l'est notre petit ange, avec une jolie photo d'elle le sourire aux lèvres de voir ses parents réunis et fiers d'elle. Tu nous voulais dans un cœur, tu la voulais découpée au milieu d'un parterre de fleurs, notre petit bouton de rose.
Sur son CV, nous voulions notifier son poids, sa taille, ses yeux, ses cheveux, comme pour tout bébé, mais nous voulions aussi son passif, la date et l'heure de la conception, la manière, dont nous avions imaginé tout le cru pour en sortir le plus poli, "conçue avec amour dans la plus pure des traditions", "neuf mois de préparation", le temps de douleur de l'accouchement et sa première réaction, à pleurer comme sa Maman et à râler comme son Papa. Une petite dose d'humour pour faire sourire, pour ne pas faire comme les autres, être unique… Et sur la dernière page, comme une petite star hollywoodienne, Marion aurait signé de son empreinte de mimine.
Pour couvrir le tout, une enveloppe simple, vide de toute fioriture, juste avec le timbre à l'effigie de notre ange, comme il était possible de le faire, et à l'arrière, inscrit en haut, "Prenez garde en ouvrant cette enveloppe au coups de bonheur que vous pourriez prendre…". Il ne me reste que le projet de ce bonheur dans cet album qui ne prendra jamais fin, et que je ne refermerais jamais. Un tel bonheur effacé à jamais, annoncer aux autres un angelot descendu sur Terre, et pourtant, cette annonce restera à jamais prisonnière du passé, coincée entre une page blanche autocollante et un repli transparent pour l'abriter de la poussière, vague projet d'un avenir qui aurait dû être mais qui ne sera jamais. Marion la découvrira plus tard, et qui sait, peut-être que ce projet reprendra vie lorsqu'elle aura un jour, je lui souhaite, la chance d'avoir un petit amour à son tour.
Un morceau de papier qui en dit long, et des centaines de pages que je te lance pour converser avec toi, pour t'écrire combien tu me manques, combien une vie sans toi n'est pas vivable, j'ai déjà vécu une vie à t'attendre, je n'aurais jamais pensé vivre ensuite ce que je vis aujourd'hui. Je confie à nouveau ce petit mot de notre amour à ce vaisseau de verre, en espérant qu'il livre son contenu à bon port, et lorsque tu retireras ce bouchon, tu pourras respirer tout l'amour que Marion et moi t'envoyons. Tu me manques tellement, ma douce Caroline, tu me manques tellement… Je t'aime, comme si ce mot pouvait réellement exprimer ce que je ressens au fond de moi…
Ton Ptit Caillou
Publié le 22/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma douce Caroline,
J’ai froid, comme si l’hiver prenait possession de moi avant l’heure, alors que la clémence des températures étonne. J’ai froid, comme si je me mouvais à l’un des pôles, et pourtant, je ne tremble pas, je n’ai pas d’autres marques induites par l’hiver que cette sensation de froid, comme si cela provenait de mon esprit, ou que mon cœur cessait de battre. Marion ne ressent rien, elle est toujours guillerette, mais malgré le rayon de soleil qu’elle me fournit à chaque instant, j’ai froid. Et je sais que si je me blottissais sous la couette, ce serait pareil, si j’allumais un bon feu de cheminée, comme nous aimions le faire l’hiver pour profiter de la féerie et de la douce chaleur du foyer, j’aurais toujours aussi froid.
J’ai entendu à la radio Alanis Morissette chanter « Uninvited », bande originale du film « la Cité des anges », et depuis, je ne me sens pas dans mon assiette, je revois le film avec cet ange perdu, cet ange qui aime une simple humaine. J’adore cette chanson, elle me transporte, et là, elle me transporte en plus dans ce film, où je m’identifie à Meg Ryan, et toi à Nicolas Cage. Et je me prends à rêver, car si la réalité pouvait rejoindre la fiction, l’amour que nous nous portons l’un à l’autre pourrait défaire les liens célestes pour nous permettre de nous rejoindre à nouveau, de nous aimer librement…
Tu étais mon ange de ton vivant, tu l’es devenue après ton départ du monde des simples mortels, et au plus profond de moi, il y a une petite voix qui me dit que tu es devenue aussi notre ange gardien, pour veiller sur nous, pour nous éviter les problèmes de la vie, pour nous faciliter le quotidien. Et le froid que je ressens, si c’était un signe de toi pour me montrer que tu es là, que tu es contre moi, que tu te blottis comme par le passé, mais dans le passé, c’est toi qui tremblais, c’est toi qui avais froid et moi qui te réchauffais de ma présence, de ma douceur, de mes attentions.
Aujourd’hui, tu n’es plus là, tu n’es plus auprès de nous, auprès de moi, tu erres dans la cité des anges. Et j’ai froid, j’ai terriblement froid, je pourrais faire geler l’encre qui s’écoule de ma plume et briser la ligne de mon cœur, je pourrais geler la feuille et la transformer en poussière d’étoiles sous le poids de ma main, je pourrais geler la bouteille réceptacle pour en former un iceberg capable couler un autre Titanic, bateau de papier qu’un enfant ferait voguer sur les flots. Pourquoi j’ai si froid, comme si le feu au fond de mon cœur peinait à me réchauffer, comme si le brasier de notre amour s’estompait, étouffé sous les cendres de nos souvenirs, à force de me les ressasser encore et toujours dans mon esprit. Non, ce n’est pas possible, ce ne peut être cela, je t’aime toujours autant, non encore plus qu’avant et tu le sais très bien.
Et cette mélodie que j’entends en boucle dans ma tête, qui résonne dans mes os de sa beauté, de sa force, de son intensité, prolonge mon état, mais je ne peux m’en empêcher comme si… oui, comme si un voile de mélancolie s’était déposé sur mes épaules. Cette chanson a éveillé des envies de futur, des espoirs déçus, et de la tristesse, mélangés. C’est pour cela que je me sens bien, et pourtant si faible pour lutter face à cela. M’aides-tu de là où tu es, me regardes-tu, face à moi, alors que je suis en train de rédiger cette missive, à pleurer toute ta tendresse de me voir si mal au fond de moi depuis ton départ, guides-tu ma main pour qu’elle écrive d’autres mots que ceux auxquels je pense…
Je lève les yeux, mais je ne rencontre que le vide de ce mur qui me fait face sans aucune considération, sans aucun sentiment. Mon ange, où es-tu, prends-moi la main, caresse-là, rends-moi la chaleur qui est mienne, soit mon ange de feu et non mon ange de mélancolie, souffle sur la braise de mon cœur pour chasser ces cendres qui n’ont pas lieu d’être, car nos souvenirs sont vivaces à jamais, et ne pourront s’estomper avec le temps, je t’en fais la promesse. « You’re not alone», oui, tu n’es pas seule, comme elle le chante dans sa chanson, je suis là, ton point d’ancrage sur cette Terre, dans cette réalité, où nous avons tant besoin de toi.
J’ai froid, tu me manques tant, tu nous manques tant, Marion est un ange, notre ange, mais la définition n’en est pas la même, et elle a besoin de toi, elle a besoin que tu sois là auprès d’elle pour lui apporter tout ce que tu es, pour simplement lui tendre la main dans les instants de souffrance, la réconforter face aux cauchemars, et la faire rire en lui faisant des petits poutous sur le ventre. Et là, je n’aurais plus froid, plus jamais froid, car l’amour de ma vie serait à nos côtés, car tu serais face à moi, et non ce triste mur…
J’ai froid, mais t’écrire me réchauffe, car tu éveilles des choses en moi, je sens que tu es à nouveau là, que ton absence était temporaire, et mes yeux qui commencent à papillonner m’indiquent que le sommeil n’est pas loin, ce sommeil qui me ramène à toi et m’apporte toute ta douceur. Je viens te rejoindre, ma mie, je viens de rejoindre dans notre lit, je viens me blottir à tes côtés et te prouver tout l’amour que j’ai pour toi, Caroline.
Je t’aime et je n’ai plus froid, car notre amour sera éternel…
Ton Ptit Caillou
Publié le 19/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma divine cowgirl,
Nos chevauchées nocturnes d’antan ne sont plus qu’un vague souvenir qui me fait encore frissonner quand j’y repense. Je ne me prenais pas pour un étalon, même si on n’est jamais mieux servi que par soi-même pour des compliments. Tu avais su me dompter et me prendre à ton lasso pour m’apprivoiser, mais pas pour devenir une vile bête de foire, simplement un homme à part entière. Et je dois dire que nous adorions ces parcours de grands espaces que nous imaginions, avant de nous laisser emporter en des cavalcades intimes, nous achevant à l’issue, éreintés comme la cowgirl et le cheval après une lutte acharnée…
Ton lasso, tu l’as détaché petit à petit, m’envoûtant de ton sourire comme une sirène avec des marins. Mais ce que tu ne savais pas, c’est que tu n’avais pas besoin de lasso, j’étais déjà à toi, comme tu étais à moi. Et pour poursuivre ces westerns endiablés qui étaient les nôtres, rien de tels que les danses country que les cow-boys pratiquaient à la tombée du jour, enivrés par les nombreuses chopes de bière qui avaient dégouliné le long de leur gorge. Ce qui me fait repenser à ces danses, c’est d’avoir regardé avec Marion Vidéo gag. Elle aime entendre les rires, voir d’autres bébés comme elle qu’elle nomme en me les montrant du doigt, et tous les animaux qui font le plaisir des enfants. Mais il y avait aussi des démonstrations de danses country où de pauvres quidams faisaient plus office d’amuseurs que de danseurs, un peu comme moi lorsque nous nous sommes rendus au Billy Bop’s.
Après toutes les heures, pendant quelques semaines, que nous avions passées en entraînement, il fallait bien un jour que nous mettions cela en pratique. Et un soir, ce fut la surprise, lorsque je suis rentré, tu m’attendais en tenue de cowgirl, je ne t’avais jamais vu ainsi, tu étais divinement belle avec ton chapeau texan noir, faisant ressortir ton regard, ton petit bandeau rouge autour du cou qui mettait en valeur le satin de ton visage, ta chemise blanche et noire, ton jean serré mettant bien en évidence la courbe sous ta chute de reins, et tes santiags marrons. Rien que de te voir comme cela, j’avais envie de me coller à toi pour abuser de ta géographie, mais tu me stoppas net en me signifiant que tout dépendrait de ma prestation du soir.
Et oui, tu me sortais dans l’arène, avec d’autres néophytes comme pour chaque soirée du jeudi au Billy Bop’s, mais de danser devant d’autres et dans une grande salle alors que j’étais habitué à une intimité et un petit salon, je n’étais plus le cow-boy fringuant que tu pensais faire tourner les têtes avec son déhanché et son jeu de jambes. Je redevenais débutant, comme si de pénétrer dans cette salle avait effacé tout ce que tu m’avais enseigné. En plus, ce n’était pas normal pour moi, ils ne passaient les musiques que tu m’avais inculquées !
Tu me taquinais, et nous guettions au bar la première musique connue qui passerait, tout en se délectant d’une bonne bière. Et ce qui devait arriver arriva, une de nos musiques débuta, tu me pris par la main, enfin, tu me tiras par le bras plutôt, afin que je démontre mes talents de danseur sur la piste. Et là, je revois les mêmes bévues que ceux qui viennent de passer à la télévision. Je n’étais pas danseur, mais toréro maladroit, mes croisements de jambes mal assurés entraînaient vers le sol les téméraires qui s’approchaient de moi, sans compter mes chutes en totale autonomie. Fini le cow-boy que tu auréolais, tu ne savais plus où te mettre tellement tu rigolais, j’amusais la galerie à mon corps défendant, bien malgré moi.
Tout penaud, la danse finie, j’ai rejoint le bar, tu rigolais toujours, prise dans une crise de fous rires. Ma fierté était touchée, il était loin le temps où tu m’encensais de mes progrès, et il y aurait eu un caméscope ce soir-là, nous aurions eu des images pour en rire un bon moment. Je regardais les autres évoluant sur la piste comme un seul homme, n’étant plus motivé à me tourner en ridicule. La musique suivante, une des nôtres, tu as été les rejoindre, je ne préférais pas passer la soirée à amuser la galerie, mais l’air suivant me remotiva, c’était mon air favori, « overnight heartache », et vu le nombre d’heures que nous avions passé sur le morceau, je ne pouvais envisager de rester sur un échec.
Lorsque les autres m’ont vu revenir, les sourires moqueurs illuminèrent leur visage, mais j’étais déterminé, et je suis rentré dans le mouvement comme pendant nos entraînements. Et là, tous me regardèrent étonnés, pas un faux pas, pas un déséquilibre, tout en cadence, si bien que tout le monde s’arrêta pour me regarder, ce que tu me dis plus tard, trop absorbé par ce que je faisais, pour ne pas me planter, pour ne pas te faire honte. Et tu me rejoignis dans mes pas, pour partager la danse, avant que les autres, conquis, n’en fassent autant et que la fête reprenne ses droits. Je souriais enfin, j’avais réussi, et lorsque la musique cessa, j’eus droit à des applaudissements. J’étais gêné, tu te jetas dans mes bras pour me féliciter et surtout m’embrasser avec force, ce qui fit augmenter les applaudissements et poussés des cris à l’assemblée. Tu étais fière de moi, après des débuts mal aisés, je m’étais repris et m’étais montré digne des cours que tu m’avais donnés.
Si j’avais réussi ce jour-là, c’est que j’avais la meilleure des professeurs, et quand je revois ces images, je me rappelle… Ton chapeau est resté rangé dans sa boîte, tes santiags sont toujours dans l’armoire, et lorsque je franchirais le seuil de la vie pour celui de la mort, j’emmènerais le tout avec moi, pour qu’aux sons de la musique des anges, nous dansions à nouveau la country main dans la main… En attendant ce moment, tu me manques, ma chérie, et pas un instant je ne cesse de penser à toi, pas un instant…
Ton Ptit Caillou qui t’aime à en mourir…
Publié le 13/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon clair de lune,
Les dernières couleurs du jour vont s’éteindre sans que nul n’y puisse rien, et la nuit va prendre possession de notre univers. Qu’ils sont loin ces moments que nous partagions à regarder le soleil tirer son édredon nocturne et nous caresser de sa douce chaleur avant de tirer sa révérence. Auparavant, je pouvais me serrer contre moi, je pouvais sentir les battements de ton cœur ma tête sur ta poitrine, je pouvais me laisser bercer par la candeur de ta respiration, je me laissais guider au pays de notre imagination sous la magie de tes mains. Ce soir, je ne sens que le froid m’envahir, déposer sa couverture polaire sur mes épaules, je sens ses ongles transpercer ma peau, avec ce petit vent glacial annonciateur des gelées à venir, que l’hiver pourrait être précoce. Je me sens si seul…
Le silence est revenu après une belle séance de rires et de plaisir avec Marion. Profitant d’une accalmie, nous avons joué dans le jardin, et pour l’émerveiller, rien de tel que des bulles de savon. Elle en avait déjà aperçu, mais sans trop y faire attention, trop petite et tellement de choses à découvrir à travers son regard, les souvenirs s’accumulant et se rangeant dans des cases sans qu’elle ne sache trop encore comment toutes les ouvrir. Lorsque j’ai amené le bol d’eau et de savon, elle voulait jouer avec pour éclabousser comme elle aime si bien le faire dans le bain. Mais quand j’ai commencé à souffler à travers le petit entonnoir que j’avais plongé dedans, les bulles ont commencé à naître et à prendre leur envol. Marion était subjuguée par ces apparitions multicolores, elle poussait des « oh » à chaque nouvelle venue.
Le soleil décorait chacune des bulles et des myriades de couleurs et d’étoiles émerveillaient Marion. Elle les suivait du regard et ne comprenait pas pourquoi elles disparaissaient d’un seul coup, certaines l’éclaboussant. Elle observait l’entonnoir, guettant la prochaine à venir, chouinant quand plus rien ne sortait. Je le replongeais alors dans le bol et la féerie reprenait de plus belle, les petites se succédant aux grosses, certaines formant un voile de neige tombant tout autour de Marion. Elle ne savait plus où donner de la tête, j’accélérais mes envois pour multiplier son bonheur, elle riait aux éclats, et tournoyait, sa petite robe voletant autour d’elle, sous les bulles de savon, comme une danseuse sous la poussée du printemps, sous un voile de pétales l’accueillant.
J’aurais aimé que tu sois là, auprès de nous, à jouer avec nous, à voir la magie dans le regard de Marion, toute la beauté de ces instants que tu ne pouvais partager avec nous, même si je pouvais ressentir ta présence, la malice et le bonheur ne brillait pas dans tes yeux, alors que ton absence, si… Et j’ai eu la bonne idée de lui montrer qu’on pouvait également crever les bulles. Et là, le jeu est devenu une petite folie pour Marion. Elle courrait partout pour attraper les moindres bulles, se plaignant quand certaines lui échappaient ou éclataient avant qu’elle ne les touche, elle tournait en rond sur elle-même lorsque l’une d’elle mettait du temps à descendre et profitait de la quiétude du temps pour vivre ses derniers instants. Bien sûr, parfois, elle trébuchait, mais je la rattrapais toujours avant sa rencontre avec le sol, on se regardait et nous éclations de rire, avant de reprendre sa chasse aux bulles.
Marion ne voulait plus s’arrêter, à chaque fois, elle me disait « core », et repartait dans sa course après les bulles. C’était un bon moment de détente aussi pour moi, j’effaçais tout le stress de la journée, et voir le bonheur de Marion irradié me faisait tout oublier, sauf l’absence de sa Maman qui aurait dû souffler elle aussi ces bulles, qui aurait dû rire avec nous, mais qui est si loin de nous aujourd’hui. Les dernières bulles prirent leurs envols plus hauts que les autres, Marion s’arrêta de courir pour les regarder partir dans le ciel, sous la douceur du vent taquin qui les lui subtilisait, mais elle ne lui en voulait pas, hypnotisée par la beauté de l’image, comme devant un dessin animée de Walt Disney…
Marion dort des images plein la tête, petit ange, elle doit voler parmi les bulles en compagnie de sa Maman. Tu sais, Caroline, la vie serait si différente, si merveilleuse si le destin ne s’était pas dressé contre nous, s’il ne t’avait arraché à moi, si j’avais eu la force de garder la main serrée… Je me sens coupable de ne pas avoir assez fait, et chaque jour, j’essaierais d’apporter à Marion ce que tu ne pourras plus lui apporter, mais je sais qu’au fond de son petit cœur, il y a une grande place pour son adorable Maman. Tu me manques tellement, ma chérie, j’aimerais tant me blottir contre toi comme je le faisais les soirs où…
Je t’aime comme jamais personne n’a aimé et personne n’aimera après moi, mon amour…
Ton Ptit Caillou
Publié le 08/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon amour,
J’ai froid, je frissonne, tu n’es plus là pour me réchauffer en te blottissant contre moi au fond de notre lit, et la température de nos corps fusionnant ne m’apportera plus le bien-être que nous partagions… Je revois ton corps allongé à côté du bien, la finesse de tes courbes et la satin de ta peau, et tes cheveux en bataille après une nuit de sommeil où j’ai combattu Morphée pour t’avoir à moi seul. Mais lorsque j’approche ma main, ton image s’estompe, et les draps froissés reprennent leur place initiale. Je t’aime tant, mon amour, et pourtant, malgré toutes mes lettres, je ne peux l’éprouver totalement, je ne peux te l’offrir à chaque instant.
Marion est là auprès de moi pour me chérir et me faire des câlins, car c’est une vraie petite mère câlins, comme tu l’étais à mes côtés. Je l’aime de tout mon cœur, ce petit morceau de toi qu’il me reste et que tu m’as fait promettre de veiller, pour ne pas choisir la facilité du départ en baissant les bras face à ce maudit coup du sort. Et quand je ne vais pas bien, quand je sens le spleen m’envahir, je me blottis contre elle comme je le faisais par le passé contre toi, mais ce n’est pas pareil, ce ne sera jamais l’identique des sentiments que nous avions l’un pour l’autre, de ces moments de tendresse où le temps s’arrêtait et plus rien ne pouvait nous atteindre.
Je suis seul et j’envie ceux qui sont deux, je voudrais tant que tu sois auprès de moi comme eux ont leur promis ou leur promise. Ils ne savent pas la chance qu’ils ont d’aimer, de choyer, de protéger un être cher, et encore plus d’être aimé en retour. Ils ont une personne qui est à leur côté pour les épauler dans les mauvais moments, pour se blottir contre eux pour se sentir rassurer, pour essuyer leurs larmes lorsque leurs yeux déversent leur trop plein. Ils ne voient pas la chance qu’ils ont de veiller sur l’autre, de pouvoir leur apporter du bonheur et leur offrir de l’amour, ils ne voient que le négatif, le plus beau étant occulté par les œillères qu’ils se forment au fur et à mesure de leur vie commune.
J’entends plus souvent les gens se plaindre de leur compagne ou compagnon que l’inverse, comme si la beauté des premiers émois avaient laissé place à la poussière des sentiments, comme si le meilleur d’avant les unions avaient laissé la place au pire. La lassitude a envahi la plupart des couples, et les reproches ont remplacé les petites attentions, les étreintes torrides nocturnes ont été effacés par les nuitées en chambre à part, la compréhension d’un seul regard a disparu au profit des incompréhensions des mots. Et au milieu, dans beaucoup de cas, des enfants qui comptent les points sans rien avoir demandé et qui trinquent au moment de l’addition finale… Et l’amour dans tout cela retourne au fond d’une vieille malle, car ils considèrent que si leurs sentiments s’estompent, ceux de l’autre aussi. Alors qu’il est si beau d’aimer et de se savoir aimer…
Et c’est lorsqu’on a tout perdu qu’on se rend compte de ce qu’on avait, sauf à de rares exceptions, je savais déjà ce que tu étais avant de te perdre, ce qui a renforcé la douleur du partir. Il est tellement plus simple de pouvoir essayer de se mettre à la place de l’autre pour comprendre sa réaction avant qu’il ne soit trop tard, et pourtant, rare sont ceux qui le font. Je sais que je ne peux me mettre à leur place, mais je peux leur montrer ce qu’ils ont et que je n’ai plus, que je n’aurais plus jamais, les regards complices sans mot dire et pourtant si emplis de longues tirades, des mouvements de tendresses de chaque instant prouvant l’amour et la sensibilité que deux êtres partagent, l’écoute de l’autre lorsque les soucis du travail viennent ternir l’harmonie du couple, tout cela et tant d’autres choses…
J’ai la chance de t’aimer, mais très peu d’occasions de te le prouver, une bouteille quotidienne, des souvenirs que je ressasse en mon esprit et que j’envoie vers toi, un soin particulier pour Marion pour combler ton absence tout en lui faisant prendre conscience que sa Maman devenue ange veille sur elle à chaque seconde de sa vie, et je sais qu’elle le ressent. J’aime faire tourner mon alliance à mon doigt, comme les caresses de ta main sur la mienne, cette douceur qui me faisait frissonner, comme à nos premiers émois. Je sais que tu es là, je le sens, comme un sixième sens, je sais combien tu m’aimes comme tu sais combien je t’aime, Caroline, j’aime à t’imaginer passer tes bras autour de mon cou et sentir ton visage contre le mien, alors que tu me susurres des mots doux à l’oreille.
Ils ont la chance que je n’ai plus et peu s’en aperçoivent. Mais au fond de moi, je sais que notre amour va renaître de ses cendres physiquement lorsque je me serrerais contre toi après avoir franchi ma dernière marche sur l’autel de la vie et que je prendrais mon envol pour te rejoindre. J’ai hâte de vivre ce moment et je sais pourtant que je ne suis pas prêt, qu’il est trop tôt pour le moment, Marion ne doit pas payer à nouveau les caprices du destin, elle souffre déjà assez du vide de ton absence, alors je patienterais, en te rejoignant au pays des songes lorsque je fermerais les yeux, en revivant nos moments au travers de photos, de vidéos et de souvenirs que tu partageras à mes côtés, ton esprit m’entourant de tendresse. Je t’aime tellement, Caroline, j’ai si froid depuis que tu n’es plus là, si froid au dehors, mais le feu de notre amour brulera à jamais en mon cœur…
Ton Ptit Caillou
Publié le 04/12/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma douce folie,
J’ai le cœur triste de te savoir si loin, j’ai le cœur triste que Marion ne te connaisse pas de ton vivant, ne partage pas la tendresse d’une mère comme chaque enfant devrait le vivre. Bien sûr, la tendresse du père est importante, mais rien ne peut remplacer l’amour maternel, l’amour de celle qui a porté l’enfant pendant neuf mois au fond de son être. Mais face à la roue du destin, nous ne sommes que peu de choses, petite poussière dans ses rouages que nous ne pouvons infléchir malgré toute notre volonté. Quand les faits sont écrits, nous ne pouvons les faire revenir en arrière, les réécrire pour en changer la fin.
C’est comme un jeu dont on connaît l’issue, un peu comme au casino, on joue en espérant gagner, on obtient de l’espoir sur les premières mises, puis on est achevé en un violent coup de massue qui nous laisse sur le carreau… Certains osent parier sur ce bras de fer, comme on parierait à un jeu de carte, comme le poker par exemple. En ce moment, c’est devenu une petite folie, tout le monde se prend à rêver, et les émissions vantant les possibilités de gains « faciles » attisent ce nouveau feu. Les sites en ligne sur le net se sont multipliés pour attirer les nouvelles proies en quête d’Eldorado, il est si simple de faire miroiter qu’avec un euros, on peut en gagner un million. Mais on se retrouve vite déconvenu lorsque les échecs se succèdent, lorsque les jeux attendus n’arrivent pas, et à la rigole du tirage succède la rigole de la rue, pour ceux qui ont attrapé le virus et qui n’ont pu s’en défaire avant le pire…
Nous avons joué chacun de notre côté à ce poker, le poker de la vie, face au destin, face au temps, face au futur, face à l’amour, mais pas avec les bonnes cartes au départ, le tirage n’était pas en notre faveur. Nous n’avions que des paires qui ne nous apportaient que peu d’illusions, à chaque nouvelle donne, elles étaient perdantes, et même si parfois, l’illusion nous était laissé entrevoir par les joueurs adverses, ce n’était que pour mieux nous inciter à mettre sur la table le meilleur de nous-mêmes et ce que nous avions de plus cher, avant qu’un de nos adversaires n’abatte son jeu sans nous laisser la moindre chance. Nous ne savions bluffer, nous étions toujours honnêtes, et c’est ce qui nous perdait, nos adversaires manipulaient nos impressions, le temps égrainant ses secondes, le futur nous montrant notre devenir, le destin nous exposant nos désirs, l’amour nous faisant miroiter le meilleur, mais les brumes des mirages s’estompaient quand les jeux s’étalaient.
Et vint le jour où nous nous sommes retrouvés à la même table, nous deux, petits joueurs face à ses vétérans. Prudemment, tour à tour, nous avons osé essayer dompter ces maîtres, d’abord toi avec un full centré autour d’une dame de cœur, puis moi, avec un brelan cernant mon roi de cœur. La donne suivante nous servit d’entrée face à ces anciens, et les cartes posées révélèrent une paire d’as pour chacun de nous deux, face au vide des bluffeurs en face de nous. Nous nous sommes regardé et l’alchimie est née, nous ne voyions plus les tirages, il ne pouvait y avoir meilleur rencontre, les mirages des jeux précédents laissaient place à la réalité. Le temps nous offrait son bonheur, le futur nous montrait nos enfants, la destinée nous procurait une longue vie et l’amour nous confiait sa bénédiction.
Nous étions heureux ensemble, nos jeux nous avaient rapprochés, et plus rien ne pouvait infléchir ce que nous entreprenions, comme si nous étions rentrés dans une boucle de réussite sans fin, c’était magique, c’était féerique, jamais nous n’avions envisagé un tel jeu, jamais nous n’avions pu penser devenir des experts à ce jeu face aux maîtres devant nous, jamais nous n’aurions pensé rafler toutes les mises offertes à nous. Et survint le tirage que nous espérions depuis longtemps, la suite à cœur, symbole de notre union et qui disait suite disait forcément naissance, car la suite de la vie est la continuité des deux êtres qui s’aiment.
Nous étions les plus heureux du monde, plus aucun jeu ne pouvait avoir raison de nous, le temps n’était plus servi et perdait la tête ses aiguilles affolées, le futur était royal à nos yeux, qui n’aurait voulu une famille nombreuse, heureuse et épanouie, le destin déroulait son tapis rouge devant nous, l’amour le parsemant de rose rouge, les piquants retirés…
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce tirage maudit, jusqu’à cette terrible main qui scella notre amour à jamais dans la torpeur et la déchirure. A nouveau, nous avions une jolie suite à cœur, alors que Marion allait voir le jour, mais le destin fit tomber ses cartes une à une sous le regard souriant de ses voisins de table. Et une à une, les cartes s’écrasèrent en un fracas, nous paralysant sur place. Dix de pique, valet de pique, dame de pique, roi de pique… Nous redoutions la dernière, et l’étincelle qui brilla dans les yeux du destin nous frappa de plein fouet, sa dernière carte, il l’envoya sur toi, vers ton cœur, dans lequel se planta l’as de pique, synonyme de flush royal, mais surtout de la fin pour toi, désignée par la force du destin…
Je haïs ce jeu qui nous avait peint les yeux avec sa chimère, car nous avions perdu, toi plus que moi, moi un amour, toi la vie, et même si notre dernier tirage nous apporta Marion, c’était la partie de trop, la partie que nous n’aurions dû jouer, celle que chaque joueur ose ne voulant arrêter sa spirale de chance, en misant le maximum et en perdant tout en un éclair. Cet éclair dans le ciel a pulvérisé ta vie, a ravi mon amour, et aujourd’hui, j’ai déserté cette table pour ne plus m’y installer… Le destin m’a pris ce que j’avais de plus cher, t’a arraché à moi, j’aurais voulu plonger à ta place pour prendre cet as en moi, et t’épargner, toi, que j’aimais plus que tout au monde et à qui j’aurais donné ma vie. Et encore aujourd’hui, si je pouvais donner ma vie pour que tu reviennes, je le ferais sans hésitation, car je t’aime tellement, Caroline, je t’aime tellement. Je suis seul, mais je garde à jamais contre mon cœur cette dame de cœur qui a fait de moi un homme et qui m’a offert l’amour. Patience, bientôt, nous nous retrouverons, je te le promets…
Ton Ptit Caillou
Publié le 27/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon ange céleste,
Je me prends à rêver que je ne suis pas là, que je ne suis pas assis devant cette page blanche qui capture mes pensées, que chaque jour qui passe, je ne lance pas ces frêles vaisseaux de verre, que ma solitude n’est que factice, car tu es toujours auprès de nous, auprès de Marion, auprès de moi… Mais le rêve s’estompe lorsque je regarde en face de moi, nul reflet d’un ange derrière moi, nulle main sur mon épaule pour m’encourager à écrire comme par le passé, nulle voix douce pour m’emmener au pays des amours, juste le silence pesant, heureusement parfois masqué par les gazouillis de Marion.
Mais les gazouillis se sont tus ce soir, pour laisser la place à une respiration paisible, alors que Marion est au fond de son lit, après avoir été bercée par la lecture d’une histoire de son Papa, ma voix s’atténuant l’ayant accompagné sur le chemin des songes. Devant la fenêtre, les lumières du jour commencent à lever le camp pour laisser la place net à celles de la nuit. Néanmoins, juste avant de se coucher, le bel astre revient chasser les nuages qui ont arrosé le paysage, et la rencontre des « faux frères » fait naître une ribambelle de couleurs qui se marient en un magnifique arc-en-ciel. Et comme un signe de toi, il dépose sa corolle au pied de notre jardin, comme pour me dire « viens, seul le premier pas compte, la suite, tu la vis au fond de ton cœur… ».
Je m’imagine à son seuil avec Marion me tenant la main, et me montrant son sommet, comme si elle savait ce qui nous attendait, qui nous montions voir, comme si elle entendait la douce voix de sa Maman qui l’appelait vers elle, comme si tu la guidais. De sa démarche trébuchante, elle me tire la main, comme si une force la guidait, et Marion pose son premier pied sur l’arc-en-ciel, celui-ci ne le traverse pas, au contraire, un escalier invisible se dessine sous son pas. Elle entame son ascension et je la suis, comme hypnotisé par cette féerie du bonheur. Je me sens léger, comme si j’étais un oiseau, non, plus léger, juste une image flottant dans l’air, comme si je faisais parti de l’arc-en-ciel, comme si je devenais un ange.
Nous ne marchons plus, nous flottons dans les airs à travers l’arche que forme l’arc-en-ciel, et nous nous éloignons petit à petit de la maison, qui ressemble maintenant à une maison de poupée. Mais Marion ne regarde pas en arrière, elle continue de regarder vers le sommet, me tenant la main, avec une petite impulsion pour que je continue à la suivre, que j’accélère. J’ai peur de la perdre si je lâchais sa main, pire, de tomber dans une chute sans fin. Nous apercevons un vol de mouettes étonnées de nous voir si haut, leur faire concurrence. Marion me rappelle à elle en gazouillant, pour me montrer là, devant nous, que nous arrivons au sommet de l’arche.
Une grande lumière nous éblouit, je ferme pratiquement les yeux pour ne pas être aveuglé, mais Marion ne voit rien, elle continue à voler et derrière l’éclat, nous sommes reposés au sol, comme une étape dans notre excursion céleste. Une grande porte en fer forgé apparaît devant nous, si haute que je ne peux en distinguer le sommet. Marion s’appuie dessus et l’entrouvre, à ma grande surprise, j’imaginais un poids monumental et pourtant, Marion la manipule comme une plume. Je franchis à mon tour la porte derrière elle et une musique angélique résonne autour de nous. J’ai l’impression d’être un marin bercé par la voix mélodieuse des sirènes du passé, je me sens bien, plus rien n’a d’importance, je suis avec Marion, et nous avançons vers toi, sur un chemin de nuages.
Marion m’appelle « Papa » et me montre du doigt, au bout du chemin, une silhouette, un ange, elle ne t’a jamais réellement vu et pourtant elle sait, elle sait que c’est toi qui es là, qui nous attend. Mon corps est envahi de frissons, des larmes perlent sur mon visage, Marion va enfin retrouver sa Maman, je vais pouvoir te serrer contre moi. Au fur et à mesure que nous avançons, ta silhouette se fait plus claire, il n’y a plus aucun doute, c’est toi, je te vois, je vois ton visage, je vois ton regard humide comme le mien, et Marion qui semble courir comme par magie, je ne pose plus de question, je ne veux plus que cela cesse, nous allons être à nouveau réunis, plus que quelques mètres, plus que quelques centimètres, je tends ma main vers toi et…
Un son dans la maison m’a sorti de ma rêverie, cela venait de la chambre de Marion. J’ai été la voir, Marion dormait profondément, mais mon regard a été attiré par ce petit bout de tissu qu’elle gardait parfois pour dormir la nuit. Il était positionné en forme de cœur, comme un signe de… Et si tout cela n’était pas sorti de mon imagination, mais que nous l’ayons réellement vécu, et que quelques bribes de souvenirs soient restées accrochées à notre mémoire. Si nous t’avions serré contre nous au sommet de cet arc-en-ciel ?
Lorsque je suis revenu devant la fenêtre, il faisait nuit, les couleurs s’étaient estompées, j’ai levé les yeux au ciel, et les premières étoiles commençaient à tinter la nuit noire. Je me suis laissé tomber sur mon siège, et j’ai commencé à t’écrire ce que nous avons ressenti avec Marion, moment de bonheur que tu nous as offert, même si fugace, je t’en remercie. J’en ai les larmes aux yeux rien que d’y penser, car ce n’était pas un rêve, ce n’était pas possible, tout était si vrai, toutes les fibres de mon corps me le criaient. Je ne me souviens pas de tout, comme si on effaçait mes souvenirs, mais malgré cela, je sais qu’il y a une chose que j’ai forcément dit, c’est ce que mon cœur bat de te dire, « je t’aime mon amour »…
Ton Ptit Caillou