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messageinabottle
Description du blog :
Une bouteille à la mer envoyé à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé...
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Blog Journal intime
Date de création :
10.03.2007
Dernière mise à jour :
31.03.2009

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22 Juillet 2007

Publié le 12/12/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon cœur,

La vie se poursuit malgré ton absence, et j’ai toujours aussi mal depuis ton départ. C’est comme si j’avais arrêté le temps autour de moi, que je vivais dans ma bulle, mais le temps, lui, ne s’est pas arrêté, Marion en est l’exemple, elle grandit chaque jour, elle évolue chaque jour, je la vois tous les jours et pourtant, je perçois les changements, je perçois son devenir, entre ses mots et son expression, entre ses vêtements que je dois changer pour éviter qu’elle ne soit compressée dedans et qu’elle ne me fasse un simulacre de Hulk modèle bébé…
Et j’aime la regarder sans qu’elle ne me voie, j’aime l’observer en cachette pour la surveiller, pour rire de ses bêtises et de ses réactions, pour sourire quand elle trébuche car elle n’est pas encore très stable sur ses deux jambes. Tout à l’heure, je me suis mis juste derrière l’embrasure de la porte, après l’avoir déposé dans son parc, parmi ses peluches avec lesquelles elle aime jouer, et certains de ses jouets d’éveil. Bien sûr, dès qu’elle est dedans, elle se laisse tomber sur ses fesses, la couche absorbant l’impact. Parfois, elle laisse échapper des larmes, histoire de m’amadouer, cela m’arrache le cœur de la voir pleurer, mais dès qu’elle ne me voit plus, elle ne pleure plus, elle le fait exprès pour que je cède à son caprice. Je me faisais avoir au début, moins aujourd’hui, mais voir notre Marion verser des larmes est comme si on m’arrachait le cœur, je n’y croyais pas lorsque Nicolas et Nathalie m’en parlaient avec leurs enfants, mais je m’en suis rendu compte par moi-même.
Une fois son simulacre passé, elle regarde si je reviens, si je fais du bruit, en relevant la tête, émet un petit « Euh », et en l’absence de réponse, pousse un souffle en tapant ses mains sur ses cuisses, cela me fait rire à chaque fois, une vraie petite oursonne grognonne. Tu dois penser là-haut « Comme son Papa » ! Elle escalade ses peluches qu’elle assemble en montagne et culbute quand elle arrive en haut, la faisant glisser au bas et déclenchant une crise de fous rires. Il en faut peu pour amuser Marion, elle respire la même joie de vivre que celle que tu m’apportais. Elle rigole en se tortillant sur le dos et se trémousse en essayant d’attraper ses petits pieds. La souplesse de Marion m’étonne toujours, moi, j’ai beau essayé de m’attraper les pieds comme elle, je n’y arrive pas, cela doit venir de mon ventre bedonnant…
En s’accrochant au rebord du parc, elle se redresse de toute sa hauteur pour essayer de marcher, enfin plutôt de piétiner sur le côté, car elle a déjà du mal à avancer droit, alors de côté, c’est encore moins évident, mais elle réussit néanmoins à progresser, sauf quand un obstacle se dresse sur son trajet, plusieurs cas de figure se présentent. Le plus fréquent, c’est de chigner après ce qui la gêne, et de s’énerver, parce que cet obstacle ne veut pas bouger tout seul, il veut l’empêcher d’avancer. Parfois, elle fait preuve de réflexion et se baisse pour essayer de déplacer ce qui la gêne avec ses petites menottes, pas évident pour certains objets encore un peu trop lourd pour elle, tu la verrais serrer les dents quand elle force, et pester à sa manière, une vraie petite « Louis de Funès » avec toutes ses mimiques, il m’est arrivé de me faire prendre à rire trop fort de la voir ainsi. Et quand elle imite son père, notamment sa fainéantise, elle fait demi-tour pour repartir de l’autre côté, c’est plus simple !
Et quand elle a fini sa promenade de santé, elle se laisse à nouveau tomber sur son séant, et observe ce qu’il y a autour d’elle. Elle regarde le temps passer autour d’elle et en faisant cela, elle en perd l’équilibre et roule sur le dos, se retrouvant dans ces peluches avec lesquelles elle aime se chamailler, les découvrir et les redécouvrir, en tirant sur les pattes ou sur la queue, en les secouant pour écouter leurs différents bruits, elle s’amuse comme une folle toute seule, oublié son méchant Papa qui l’a enfermé dans ce terrible parc et qui est parti sans elle. Elle profite de la vie et de toute sa naïveté, elle a bien raison, je l’envie parfois, ne plus penser à rien et prendre le temps de vivre, être heureux dans le sens le plus noble du terme, qu’on s’occupe de moi, me laisse aller comme Marion…
Marion est un petit ange, tout comme tu l’étais pour moi, elle a ta grâce, elle a ta beauté, elle a mon caractère, elle a ma fainéantise, mais elle est de toi, elle est un morceau de toi, elle est tout ce qu’il me reste de toi, ce qu’il y a de plus beau, le meilleur de toi, comme s’il pouvait y avoir un meilleur en toi, tout était si parfait pour moi, tu étais la déesse de mes rêves d’enfant, et tu es partie à nouveau au pays de mes rêves. Je n’ai plus que Marion et mes rêves pour être auprès de toi, même si rien n’a changé chez nous, tout respire ce que tu étais. Mais rien ne pourra te remplacer, à jamais mon cour résonne du vide de ton absence, à jamais j’ai mal au fond de moi, et à jamais, je t’aimerais comme nul homme n’a aimé femme jusqu’à nous deux… Je t’aime, ma Caroline.

Ton Ptit Caillou



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21 Juillet 2007

Publié le 11/12/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendre Caroline,

Stupeur ce matin alors que je marchais sur le bord de mer en compagnie de Marion qui adore tapoter dans l’eau. Pas trop loin de nous, j’ai aperçu des éclats brillants, semblable à des morceaux de verre. Je l’ai remise dans sa poussette pour éviter qu’elle n’aille se blesser avec les éventuels éclats, et n me rapprochant, j’ai vu que j’avais raison, mais surtout, mon cœur s’est mis à battre la chamade. C’était une bouteille de verre blanc qui était échouée en milliers d’étoiles parmi les galets. J’ai couru dessus, et j’ai découvert à côté des morceaux une feuille roulée comme un parchemin, comme j’avais l’habitude de joindre mes messages dans mes coques de verre. Je venais de trouver une bouteille à la mer…
J’ai ramassé les morceaux pour éviter que quelqu’un se blesse dessus, mais j’avais le tournis, je tenais dans ma main gauche le morceau de papier en essayant de ne pas trop le froisser, surtout qu’un peu d’eau avait commencé à endommager la texture. Les morceaux retirés, nous sommes rentrés car je n’avais qu’une hâte, savoir ce que contenait ce parchemin, tout en ayant peur de ce que j’y découvrirais. J’ai déposé Marion dans son parc, afin que je ne courre pas derrière elle pour éviter qu’elle ne se blesse ou ne fasse des bêtises. Je me suis assis par terre à côté d’elle, mes mains tremblaient en tenant le morceau de papier, j’avais trop peur que ce soit une de mes lettres que la mer rejetait, comme ces vulgaires courriers qui te reviennent parce que l’adresse est incorrecte ou parce que le correspondant a déménagé.
Délicatement, malgré mon symptôme de parkinson momentané qui faisait rire Marion, j’essayais d’ouvrir le précieux parchemin sans le déchirer, je sentais mon cœur qui voulait sortir de ma poitrine. Mais il résistait, l’eau salée et le papier avaient formé un genre d’adhérent que le moindre effort suffirait à déchirer. En le séchant un peu avec un sèche-cheveux, j’ai réussi à entrouvrir un début. Petit à petit, doucement, le précieux parchemin a voulu se décoller, a décidé de lever le voile du suspens pour me montrer ce qu’il recelait, et lorsqu’il fut totalement déroulé, j’ai repris ma respiration, mon cœur a ralenti, ce n’était pas une de mes bouteilles…
L’eau avait un peu fait couler l’encre, mais j’ai réussi à décrypter l’ensemble de la lettre. Elle provenait des Etats-Unis, envoyée un 12 avril 1957, par un militaire ayant pris part à la seconde guerre mondiale. Il écrivait à une femme anglaise qu’il avait rencontré lors des évènements en Europe, alors que le cours de l’histoire était en train de basculer, femme qu’il avait aimée et qu’il voulait retrouver. Il évoquait sa vie là-bas, loin d’elle, les sentiments qu’il ressentait toujours pour cette femme inconnue qu’il avait croisée un jour de fête et qu’il n’avait quitté une semaine durant, avant de devoir partir à nouveau vers une autre destination, afin de poursuivre sa mission. Il racontait ses échecs sentimentaux occultés par le souvenir de la jolie rousse qui avait fait chavirer son cœur au détour d’une ruelle, à Calais, alors qu’elle était infirmière et donnait un coup de main en France.
Il écrivait qu’il avait essayé de la retrouver, mais sans succès, il était même revenu en France pour essayer d’en savoir plus, de trouver un indice qui le mènera vers le chemin de son cœur, mais était reparti bredouille plein de désillusions et le cœur gros. Alors, son dernier espoir, il l’avait mis dans cette bouteille, afin que la roue du destin tourne dans le bon sens et dépose cette bouteille au plus près de celle qui le hante à jamais, que ce soit amis, voisins ou autre connaissance, mais que ce petit bout de lui atteigne sa destination. Il la décrivait de ces mots magiques, femme rousse au visage d’ange, parsemé de jolies tâches de rousseur, avec un petit nez aquilin, 1, 67 mètre, aimant rire et âgée de 37 ans en 1957. Et une croix autour de son cou, symbole de son attachement à Dieu…
En lisant sa lettre, j’avais des frissons, comme si je lisais un courrier intime, un courrier que je n’aurais dû lire, n’étant pas un éventuel destinataire. Des larmes se sont mises à couler sur mon visage, Marion me regardait avec de grands yeux, ne comprenant pas pourquoi son Papa avait de la pluie sur les joues. J’avais l’impression de me reconnaître en cette histoire, et si une de mes bouteilles ne t’arrivait pas, si elle était déviée par un courant taquin souhaitant en lire son contenu, et comme cette lettre, arrivée à une destination différente de celle d’origine. Tout comme moi, il croyait encore à l’amour et à la force de la destinée, que chacun est sur Terre pour retrouver sa promise, et qu’il fallait croire en sa bonne étoile.
Sa bonne étoile avait mis cette bouteille sur mon chemin, pour que je lui donne un second essor, son premier vaisseau de verre n’ayant supporté le choc d’un tel voyage. Et c’est pourquoi avec cette missive que je te rédige, je lancerais une seconde bouteille, contenant tous les espoirs d’un autre homme pour un amour à venir, la rousseur d’un lendemain à deux. Et je suis un chaînon de cet espoir, et j’accomplirais ma tâche afin de rendre l’espoir à cet inconnu que je ne connaîtrais jamais et qui ne saura jamais ce que je fais pour lui, en espérant que cette nouvelle bouteille touchera à son but…
Mon amour, je t’aime à en mourir, et cette bouteille que j’ai reçue ce jour me donne l’espoir que les miennes atteindront leur but en direct ou grâce à d’autres afin que tu les reçoives et que notre amour perdure au-delà des portes de la mort… Tu me manques tant, et même si ce fil de verre est si tenu, je continuerais à t’écrire chaque jour afin que tu me lises et que tes larmes de bonheur remplissent pour l’éternité les océans de mon cœur…

Ton Ptit Caillou

20 Juillet 2007

Publié le 06/12/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma joie de vivre,

Je regarde la mer en attendant un signe de ta part. Pas un raz-de-marée, non, je ne saurais dire quoi, la forme d'un nuage, un mouette passant au-dessus de moi pour pousser un cri, un chien qui aboie dans le lointain, ... Mais rien, que les bruits des enfants jouant sur les bords de mer, sous un vent glacial alors que le soleil chauffe à peine, des températures dignes d'un mois d'Avril. Les gens se parent de leur pull et de leur imperméable pour rester dans leur transat, guettant le moindre rayon de lumière solaire pour sortir de leur coque et exposer un petit bout de leur peau, pour prendre des couleurs. Cela me fait penser un peu à la plage qui était installée sur Paris, alors que nous étions en région parisienne...
Oui, malgré le temps, qu'il vente, qu'il pleuve ou que le soleil donne, les gens squattaient le moindre recoin, chaises longues, transats, hamacs, bordures de trottoir, sous le regard ahuri des badauds qui sillonnaient la voie Georges Pompidou. Il aurait pu neiger, il y aurait quand même eu des fous pour s'allonger sur un transat pour être certain d'en avoir un au retour des beaux jours et des douces chaleurs. La première fois que nous y sommes venus, c'était comme un étalage de boucherie, avec divers morceaux de viande exposés, entre plat de côtes ou jambons de première catégorie, entre boudins blancs ou boudins antillais, entre boeufs nourris aux hormones et vaches laitières... On y trouvait aussi de jolies crevettes roses en fin de journée. Et quand la chaleur se faisait sentir, c'était au tour des abricots, des pamplemousses, des sacs à bananes de s'exposer... Un vrai petit marché parisien...
Les joueurs de pétanque prenaient plaisir à taper le carreau au bord de la Seine, alors que les enfants apprenaient à faire de l'escalade et de l'accroc branche sous le regard apeuré de leurs parents pas très rassurés de les savoir là-haut alors qu'eux-mêmes n'oseraient tenter l'expérience. D'autres tentaient de jouer les petites sirènes dans des cours d'aquagym, mais c'était plus souvent un ballet de cachalots s'échouant sur la banquise qu'une chorégraphie digne de Béjart. Les rollers slalomaient entre les touristes profitant de cette aubaine d'avoir Paris pour eux, sans voiture visible. Ici et là, des artistes de rues ou des troubadours du vingtième siècle amusaient la foule en clownerie, en concert, en poésie ou en chanson avant de circuler parmi eux pour quérir une misérable obole...
Ce que tu n'appréciais pas, c'était les systèmes d'arrosage pour rafraîchir, pas que le système ne soit pas judicieux, bien au contraire, mais surtout le fait que je t'y emmène de force pour faire un concours de t-shirt mouillé que tu remportais à chaque fois haut la main devant moi. Il est vrai que je répondais à une tentative désespérée de ta part de m'y pousser dessous au préalable. Mais cela nous faisait du bien de rire, et de regarder, enlacés dessous, les arcs-en-ciel qui se créaient avec la bruine naissante mêlée à la lumière solaire et qui irisait tout notre champ de vision. C'était notre magie, si simple et pourtant si envoûtante pour nous deux...
Je me souviens des pique-niques du soir, alors que la nuit tombait sur Paris et que les quais se nappaient de corolles lumineuses pastelles. Nous étions tranquilles à nous sustenter de nos paniers concoctés à la va-vite, à regarder la lune jouer de sa plénitude entre les tours éclairées de la conciergerie, à voir les amoureux déambuler tendrement main dans la main en se pâmant devant la beauté de l'astre de la nuit se reflétant en millions de diamants sur les flots de la Seine. De temps en temps, des bateaux mouche passaient pour nous sortir de notre quiétude, mais le plus majestueux était sans conteste lorsque la Tour Eiffel revêtait ses apparats étincelant à l'heure venue. Nos yeux scintillaient de mille feux, nous étions l'un contre l'autre, le temps aurait pu stopper ses aiguilles, nous ne nous en serions pas plaint devant cette image merveilleuse que nous a offerte Gustave... Oui, de jolis souvenirs qui me reviennent en mémoire alors qu'à nouveau, Paris ouvre sa plage aux touristes, en ayant oublié de commander le soleil et la chaleur pour parfaire leur saison estivale...
Mon amour, toutes ces images sont de beaux souvenirs, car tu me les as fait vivre, tu les as partagées avec moi, tu m'as offert ta présence comme j'en ai fait de même pour toi, tu étais mon soleil alors que je me reposais à tes côtés et que je nappais ta peau lors de savoureuses séances de massages de crème solaire. Tout cela est à jamais fini, irrémédiablement, jamais je ne revivrais tout cela, et jamais je ne voudrais le revivre avec une autre que toi... Je t'aime, Caroline, tu me manques tant, ta lumière est devenu ma nuit, et mon amour t'est à jamais donné...

Ton Ptit Caillou

19 Juillet 2007

Publié le 03/12/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma perle de vie,

Un jour de plus sans la saveur de ton sourire, où le silence n’a plus le même son, la même résonance, un jour de plus où ton rire ne m’enivre pas, où tes mots ne m’emmènent au pays de notre amour, un jour de plus où le soleil n’a plus qu’une pâle intensité comparée à celle de tes yeux lorsque je m’éveillais à tes côtés, où Marion ne connaîtra sa maman qu’à travers la tendresse de son Papa, encore un jour sans toi…
Chaque jour qui passe me rappelle son lot de souvenir, chaque jour qui passe me rappelle combien nous avons été heureux, combien de moments agréables nous avons partagé tous les deux ou avec d’autres, entre féerie du coucher de soleil à la beauté d’une nuit dans Paris, entre émerveillement face à la majesté de la nature ou la tendresse d’un dîner romantique… Je pourrais écrire et écrire tant de choses sur ce que nous avons vécu, mais surtout sur ce que tu m’as offert, sur ce que tu as fait pour moi, sur ce que tu m’as apporté, sur ce que tu as fait de moi… Mais les mots ne te rendront jamais à la vie, les mots ne me permettront jamais de revivre toute cette vie de couple que nous avons eu, toutes ces soirées… Je ne sais pourquoi me revient en mémoire cette soirée sur les toits de Paris, tu te souviens toi aussi ?
C’était l’anniversaire de Barbara qu’elle organisait chez son frère, dans le marais. Après une escalade de cinq étages sans ascenseur dans une cage d’escalier si étroite qu’on aurait dit qu’elle avait été taillée pour des personnes de petites tailles, nous nous sommes retrouvés dans un petit appartement très sympa, genre de loft à deux étages, assez spacieux, que toutes les bourses ne pourraient s’offrir, mais le petit nec plus ultra, ce fut lorsque nous avons escaladé l’échelle qui menait à la terrasse, et là, nous nous sommes retrouvés bouche bée. Nous étions sur les toits de Paris, alors que la nuit tombait et que les lumières s’allumaient, la ville lumière nous montrait une autre face de sa personnalité. La terrasse était assez large pour contenir une vingtaine de personnes, et nous pouvions même nous asseoir sur les toits en zinc autour, sans souci de glissade pour se retrouver cinq étages plus bas. En nous regardant, pas besoin de mot pour comprendre que nous pensions à la même chose, nous revoyions ces images de Mary Poppins virevoltant sur les toits. J’étais loin d’être un ramoneur et piètre danseur également, alors que toi, tu étais la sorcière qui avait ravi mon cœur, qui avait ravivé mon âme d’enfant et qui me faisait voir mille tours de magie à travers ton regard…
Assis sur le zinc, nous parcourions les toits en de la bastille à Montmartre, de la tour Montparnasse à sa sœur Eiffel, encore aujourd’hui, je ne trouve les mots pour décrire ce que l’on peut voir, juste à la cime des habitations parisiennes. Les lumières de la ville dessinaient les quartiers de Paris en pièces de puzzle qu’un géant avait assemblé, le génie de la Bastille nous faisait signe de la main, et nous lui répondions machinalement. Notre-Dame brillait dans sa robe de velours orangé avec une écharpe de Seine diamantée, comme pour concurrencer la tour Eiffel et ses milliers d’ampoules offertes par la mairie de Paris. Le Panthéon dressait fièrement sa coupole comme pour signaler que sous son toit reposaient des lumières de l’intelligence. Ici et là, les églises de paris étendaient vers les cieux leur pointe, comme pour piquer les étoiles, pour déchirer la voûte céleste. La butte Montmartre présente son Sacré-Cœur, dont la pureté transperce l’opacité de la nuit, et tout cela, rien que pour nous deux.
La fête battait son plein autour de nous, et bien que nous y participions, nous étions plus absorbés par cette vue dont nous ne profiterions peut-être plus jamais, et tels des chats de gouttière, nous nous échappions au regard des autres pour reprendre notre position tels des gargouilles sur les toits, enlacés dans les bras l’un de l’autre. Chaque œillade nous faisait découvrir des nouveautés, nous nous montrions ce que l’autre ne voyait pas, nous imaginions mille histoires sur tel balcon ou tel terrasse, ce qui pouvait se passer dans les chambres de bonnes, au détour d’un couloir du dernier étage, et que nuls yeux que les nôtres pouvaient découvrir en ce soir particulier, un anniversaire avec les bougies du ciel pour recouvrir le gâteau de Barbara. Nous étions si bien…
Et là, je me sens si seul, si loin de tout cela, si loin de ce passé qui n’était qu’hier, qui était notre vie. Je n’ai plus eu de nouvelles de Barbara depuis ce moment, une étoile filante dans notre univers comme nous en avons eu quelques unes, mais tout ce qui comptait à mes yeux, c’est de partager la même planète que toi, la planète de l’amour, de notre amour… Tu me manques tant, Caroline, je ne suis plus rien sans toi, comme un foetus retourné dans le ventre de sa maman, tout recroquevillé, ne voulant affronter le dehors, ne pouvant vivre sans celle qui a fait de moi un homme… Je t’aime, ma douce, je t’aime à la folie pour le restant de ma vie ici bas, mais pour aussi toutes celles d’après…

Ton Ptit Caillou

18 Juillet 2007

Publié le 30/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
18 Juillet 2007
Ma coccinelle de mes rêves,

Tu te souviens de ce dessin dont je te joins une copie ? J’aime regarder ce dessin, je passe des heures à ressentir ce que ces deux êtres ressentent, cette passion qui les brûle et qui les unit dans l’amour, ce dessin que j’avais fait d’après une photo prise une nuit d’été autour d’un feu de Saint-Jean…
C’était une soirée comme nous les aimions, en union avec la nature, juste un feu pour nous éclairer en pleine campagne, avec quelques-uns uns de nos amis. La nuit nous recouvrait et participait à notre plaisir en y adjoignant ses étoiles, les criquets chantaient au rythme des crépitements, les rires fusaient ici et là, alors que les fines odeurs de saucisses, de merguez, d’agneau et de porc se mêlaient aux odeurs de la nature. Joël avait amené sa guitare et il commença à en faire sortir de douces mélodies pour démarrer la soirée, puis des musiques entraînantes pour que tout le monde bouge au rythme de farandoles endiablées. Nous étions tous des gamins, nous nous bousculions, nous poussions et tournions à ne plus tenir debout, plus rien n’avait d’importance dans ces moments-là, la Terre pouvait s’arrêter de tourner, cela ne nous aurait empêchés d’en profiter. Lors d’une pause, tu m’as regardé, je t’ai regardé, et nous nous sommes retrouvés dans une bulle atemporelle.
Le feu crépitait plus lentement, les bruits des autres étaient assourdis, ils semblaient se mouvoir lentement. La magie nous enveloppait de ses bras, les flammes brillaient au fond de nos regards, image de notre amour, feu de notre passion, j’ai encore du mal à trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti à ce moment précis. Nous nous sentions légers comme deux enfants découvrant ce qu’est l’amour, le feu jouait avec les ombres de la nuit pour dessiner une féerie sur nos visages, nos mains étaient unies dans la tendresse, nos cœurs battaient à l’unisson d’un même mouvement, nos corps se couvraient de petites collines de frissons, et cet instant de douceur que nous déroba Elodie pour l’enfermer dans sa petite boîte à images, comme aimait le faire Doisneau… Nous ne l’avions pas vu, et lorsqu’elle nous fit parvenir la photo, nous en avons eu des frissons devant l’émotion qui s’en dégageait, la même que celle que nous avions lors de cette soirée…
Nous voulions l’encadrer pour la montrer à tous, mais aussi la garder pour nous-même comme un jardin secret de notre amour. Et tu m’as mis au défi de dessiner la photo, pour que l’original soit à nous, et que les autres le partage à travers la finesse d’un trait de crayon à papier sur une feuille blanche. Que de difficultés pour nous faire ressembler, car ma main tremblait en essayant de bien faire, alors que tu adorais me perturber dans mes esquisses pour jouer à d’autres jeux où la page et le crayon n’avait de place, alors que la photo était le point central à d’autres moments que la morale réprouve de dessiner… Mais lorsque mon trait s’accordait à la photo, tu étais là pour m’encourager, tes mains massant délicatement ma nuque sous de doux baisers de bonheur.
Faire ressortir l’ambiance était autre chose, ne pas dessiner un feu et pourtant laisser entrevoir sa présence, sa chaleur, son emprise sur nous tout en laissant cours à notre envie, et quoi de mieux qu’un jeu d’ombres prenant forme sur nos joues, sur nos petites ridules de plaisir, sur un coin de nez, sur nos lèvres frémissantes d’envie, pour traduire la présence du cadeau de Prométhée… La candeur de nos visages, face à face, renforce le sentiment profond au fond de nos regards, ainsi que nos lèvres s’entrouvrant n’attendant que de rencontrer celles de l’autre pour un massage labial d’une exquise saveur et semblant dire « Je t’aime », jusqu’à nos cheveux entrant en osmose. Je prenais plaisir à représenter cette photo, à laisser apparaître notre amour sur une page qui était vide comme notre amour avant de nous rencontrer et qui aujourd’hui en faisait ressortir toute la saveur, toute la plénitude…
Lorsque mon dessin fut fini, nous nous sommes regardé et nous avons échangé le même moment que sur la page, comme un mimétisme, et nos yeux ont laissé couler quelques larmes de pur bonheur, j’avais réussi avec ton aide à retranscrire la douceur de notre amour sur une simple feuille blanche, avec deux trois traits, un peu de coloriage, comme si la page avait fait buvard en absorbant nos sentiments au travers de ma main… Nous l’avons accroché au mur, encadré par tes soins pour en augmenter la force, et il ne bouge pas, il est toujours là, portrait de deux anges, et alors que je le regarde tout en t’écrivant, une vague de frissons m’envahit pour me transporter dans cette bulle atemporelle de cette nuit de Saint-Jean…
Tu me manques, ma douce Caroline, mais tu feras parti de moi jusqu’à ce que la mort nous réunisse pour que nous reprenions là où nous nous étions arrêtés… Je t’aime…

Ton Ptit Caillou

17 Juillet 2007

Publié le 29/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon bel amour,

Marion réclame de plus en plus de marcher, même si elle n'est pas encore très stable, il lui faudra du temps et de l'entraînement, mais elle cavale après moi à quatre pattes et me tire sur le pantalon pour que je la lève et que je marche avec elle. Bien sûr, je ne me laisse pas faire, je lui fais comprendre que si elle veut marcher avec Papa, il faut qu'elle essaie de se lever toute seule, comme une grande. Alors, avec ces petits bras musclés, elle se hisse en tirant sur ma jambe de pantalon pour se dresser comme une jolie petite femme qu'elle est. Je l'encourage et la félicite, et pour récompense, nous allons faire un petit tour dehors s'il ne pleut pas, sinon, dans la maison.
Mais pour arriver à cela, il a fallu que je l'entraîne comme on entraîne un futur champion du monde de sports, une vraie discipline de tous les jours. Dans les divers livres dont nous disposions, il était écrit qu'il fallait lui muscler petit à petit le corps pour l'aider lorsque l'enfant adoptera la position de l'homo sapiens et cessera d'évoluer comme un homo canin. Comme nous avions toujours été contre l'utilisation du Youpala, qui facilite le déplacement des bébés, mais ne favorise pas le renforcement des jambes qui ne portent finalement pas le poids du bébé, je lui ai fait un entraînement digne de Rocky...
Les épinards n'étant pas son pécher mignon, difficile de la rendre aussi forte qu'Olive, bien que cette dernière soit plutôt d'un naturel squelettique. Alors, chaque jour, petit échauffement pour renforcer ses petits muscles. J'ai trouvé que boxer dans un congélateur à viandes ne lui conviendrait pas, pauvre puce, alors je lui prenais ses petits bras et je lui faisais dresser, puis rabaisser. J'ai bien pensé aux pompes, mais j'ai eu peur qu'à l'âge de deux ans, elle se retrouve avec le même corps qu'un bodybuildé. Donc, petit mouvement tranquille pour les dresser et les redescendre, pour faire fonctionner les différents biceps et autres triceps.
Pour les jambes, rien de tel que le petit pédalo, cela la faisait rire lorsque je dandinais ces jambes en alternant avec mes « Coucou » lorsque je me cachais derrière chacun de ses pieds. J'en profitais toujours pour la chatouiller dessous en même temps, ce qui l'obligeait à faire virevolter ses jambes en une danse digne de la tectonique. Après le pédalo, le grand écart, si jamais Marion veut devenir petit rat de l'opéra, c'est maintenant qu'il faut l'entraîner! Sérieusement, des petits ciseaux pour assouplir un peu et toujours des crises de fous rires que nous avons tous les deux. Ce qu'elle préfère ensuite, c'est l'ascenseur. Je la prends sous les bras, et je l'incite à fléchir ses genoux afin de se remettre ensuite en extension en se propulsant et je la lance en l'air et j'attends qu'elle retombe! Elle adore être au-dessus de moi, et est parfois grognon quand je la fais redescendre, mais elle sait comment remonter, alors elle s'exécute comme une grande.
Elle sautille aussi quand j'essaie de la maintenir debout, une vraie petite sauterelle, bien qu'elle ne soit pas la cousine de Hulk. Et dans son bain, c'est plutôt la petite sirène avec ses battements pour tremper Papa. Et là, elle ne se gêne pas, bien au contraire, plus elle me mouille, plus elle est heureuse, donc plus elle bat des pieds, et plus cela la fait rire. Après le bain, nous jouons avec une petite balle en mousse pour lui apprendre à attraper les objets. Elle aime bien l'écraser avec ses petites mains, puis me la lancer, enfin, devrais-je plutôt dire l'envoyer où elle peut, parfois derrière elle lorsqu'elle entrouvre sa main sans s'en rendre compte et qu'elle signale par un « Oh », voulant dire « mais où est passée ma balle ». Rien de plus trognon que de voir sa gentille bouille lorsqu'elle est étonnée par quelque chose.
Et le soir, notre petite athlète rejoint son lit pour un sommeil bien mérité, non sans avoir eu le droit à sa dose quotidienne de lait pour renforcer sa croissance osseuse, car les muscles ne sont rien sans une ossature digne de ce nom... Cela m'a fait sourire de me faire passer comme un tortionnaire pour notre puce avec mes douze travaux d'Hercule, mais c'est avec plaisir que j'essaie délicatement de l'assister, et je le vois ces jours-ci, alors qu'elle commence à se dresser fièrement, pour se lever vers toi, pour lever ses bras à ta rencontre, afin de te prendre la main pour aller vers demain. Marion est un ange, et elle rythme ma vie depuis que mon coeur saigne de ton absence, depuis que la lumière s'est éteinte sur notre avenir, depuis que le destin a déchiré notre livre à quatre mains. Tu me manques tant, mon bébé, j'aurais tant aimé que tu partages chaque instant d'émotions de nos vies, et que tu y ajoutes toute la simplicité et la douceur qui sont tiennes. Je t'aime comme jamais on n'a pu aimer autre femme, amour de ma vie. Mes pensées sont tiennes...

Ton Ptit Caillou

16 Juillet 2007

Publié le 27/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Amour de ma vie,

Chaque jour qui passe m’éloigne de toi et me rapproche de toi, chaque jour qui passe m’éloigne du moment où tu es partie, où tu m’as quitté, mais chaque jour qui passe me rapproche de nos retrouvailles, du moment où je te serrerais à nouveau dans mes bras, où je te dirais « je t’aime » et où je te le prouverais. Et si c’était là, ici, là où nous vivons, là où nous avons emménagé, cet endroit qui est devenu notre paradis, que je connaissais déjà, mais que tu m’as fait découvrir autrement, différemment, comme on peut le montrer à un enfant, de la manière la plus pure qui soit.
J’étais déjà venu par le passé à Etretat, seul, pour le plaisir de la visite, de découvrir ce lieu que j’avais vu à travers des photos, surtout de ces falaises, surtout la fameuse falaise qui se découpait dans la mer, formant un petit pont par-dessus les eaux déchaînées en cas de tempête, comme un pont d’espoir pour les naufragés de la vie dans le tumulte de leur quotidien. Je m’étais assis sur les galets formant la plage, j’en avais lancé quelques-uns uns pour les faire ricocher sur la surface de l’eau, comme un enfant, content de battre ces records de rebonds un à un. Les fesses meurtries par la dureté du contact des pierres, je m’étais levé pour grimper là-haut, apercevoir l’ensemble d’un autre point de vue, dominer le panorama de ma petitesse d’homme. J’avais escaladé ce chemin, entre le vide et le terrain de golf, et j’avais pris un bon bol d’air arrivé là-haut, chahuté par les rafales de vent de ce jour. La baie d’Etretat était magnifique vue d’ici, un ouvrage naturelle que la main de l’homme n’avait pas façonné, mais que des années de ressac de la mer, sans parler des colères avaient offert à la vue des nombreux touristes.
Lorsque nous sommes revenus ici ensemble, la première fois, tu m’as fait découvrir cet endroit d’une autre manière, avec tes yeux, avec ton cœur, avec toute la finesse de ton intelligence, avec toute la douceur de tes mots, comme pour ne faire qu’un avec cette nature qui pourrait paraître hostile au premier abord pour un non-initié comme je l’étais, mais qui est un paradis sur Terre lorsque tu sais écouter, lorsque tu sais regarder, lorsque tu rentres en symbiose avec tout ce qui t’entoure. Et c’est à cela que tu m’as initié. Quand nous sommes arrivés, le ciel ne se présentait pas sous son meilleur visage, il faisait grise mine, et les nébulosités façonnaient une écharpe autour de son cou, nous signifiant qu’une sinusite n’était pas à exclure.
Nous nous sommes assis sur les galets, mais pas comme n’importe qui, tu m’as fait prendre possession des lieux, prendre ma place en m’insérant parmi les galets, et c’était vrai, je ne sentais plus la dureté de leur état, mais au contraire, la délicatesse de leur poli, la douceur des années d’érosion qui leur avait donné cette forme. Là, tu m’as fait m’allonger et fermer les yeux une première fois, pour que je ressente toute cette vie naturelle autour de moi, tu me tenais la main et tu me guidais dans le retour aux origines, à écouter les vagues s’échouer sur la plage, comme des battements de cœur, battements réguliers et ininterrompus, le cœur de la Terre comme jamais je ne l’avais entendu, comme jamais je n’y aurais pensé. Tu m’as fait redevenir enfant, à utiliser mes cinq sens plus que je ne pouvais imaginer le faire, habitué comme tout parisien à ne plus les utiliser normalement.
Après ce premier moment de retour aux sources, tu m’as emmené au-dessus de tout, au sommet de ce paysage que je ne redécouvrais pas, finalement, mais que je voyais pour la première fois, d’un autre œil, celui d’un néophyte qui a tout à apprendre. En parcourant ce sentier qui menait au ciel d’Etretat, tu m’as montré ce qu’il représentait, entre le vide de la falaise au bord de laquelle nous étions et le parcours de golf, comme un peu le chemin de la vie, entre le vide de la pauvreté et l’opulence de la richesse, et au milieu, ceux qui essaient de s’en sortir, mais qu’un rien pourrait faire basculer d’un côté ou de l’autre. Et au sommet, comme un panthéon à la gloire des Dieux que je foulais du pied, petit homme que j’étais, tu m’ouvris les yeux sur ce que je n’avais pas vu la première fois. Sur quelques à-pic, des mouettes luttaient contre les rafales pour se poser de manière magistrale sur un petit bout de pointe. Devant nous s’étendait à perte de vue la mer, et là encore, tu m’obligeas à fermer les yeux, à te faire confiance.
Mes autres sens entraient en action, j’écoutais le vent chanter à mes oreilles la musique de la nature, je sentais l’iode parfumer l’air ambiant, ma peau résonnait de la caresse de l’air. Je renaissais à la vie, je comprenais ce que tu voulais me montrer, et quand tu m’as demandé de rouvrir les yeux, le ciel avait revêtu sa plus belle parure de bleu et avait jeté son écharpe à la mer pour la couvrir de moutons, je venais sans m’en apercevoir de passer un examen d’entrée et j’avais réussi. Un petit lapin montra sa frimousse, et j’ai du rêver, je l’ai vu me faire un clin d’œil et partir gambader dans la verte étendue. Je t’ai regardé et tu m’as souri, ton regard n’était qu’étincelles, tu m’as sauté dans les bras, nous sommes tombés à la renverse et mes lèvres se souviennent encore de la saveur de ton baiser ce jour-là. Je voyais Etretat comme toi à partir de ce jour, et plus rien ne fut comme avant entre nous…
La nature est empreinte de toi, et même si tu n’es plus auprès de moi, elle te respire. Et quand le blues dresse une couverture sur mes épaules, je repense à tout cela, et j’écoute la nature. Mais rien ne te remplacera, ma chérie, tu m’as ouvert les yeux, et même si je les garde ouvert, j’ai le cœur qui saigne de ne plus partager tout cela avec toi, tout ce que tu m’as offert pour faire de moi un autre homme, celui avec qui tu voulais faire ta vie et à qui tu as donné la plus jolie des petites filles, Marion, le fruit de notre amour. Je t’aime, Caroline, je t’aime pour toujours…

Ton Ptit Caillou

15 Juillet 2007

Publié le 26/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon cœur,

Les premières chaleurs sont là, les premières suées, mais tu n'es pas auprès de nous pour partager une bonne glace, pour te rafraîchir dans la piscine gonflable que j'ai achetée pour patauger avec Marion. Là-haut, où tu séjournes aujourd'hui, tu ne dois pas supporter les variations de températures, ni la pluie, juste un temps idyllique digne des jardins d'Eden. Marion est une jolie petite sirène, elle barbotte dans l'eau à mes côtés et adore que je lui fasse faire le toboggan. Vous feriez la paire toutes les deux, elle aime m'éclabousser et tu ne te gênerais pas pour te joindre à elle, un front féminin face à moi. Cela dégénérait tellement que nous finirions par avoir plus d'eau autour de la piscine que dedans. Ce serait si bien de vous voir unies toutes les deux...
Mais les premières chaleurs ne sont pas venues seules, elles ont emmené avec elle un petit bruit nocturne, qui empêche de dormir paisiblement, une petite démangeaison le matin, avec des boursouflures sur la peau, ici ou là. Oui, les moustiques sont de retour, et Marion en a été la première victime, son sang étant plus sucré que le mien à priori, et ce matin, elle avait quatre traces de l'intervention nocturne d'une maman moustique... Ma pauvre puce, heureusement qu'elle n'a pas eu à affronter les moustiques de Floride. Là-bas, les moustiques sont légions, les marécages leur sont propices à la reproduction, ils sont immunisés contre tous les produits existants...
Je me souviens, parti en voyage avec Christian, au cours de notre périple en Floride, nous avions décidé de découvrir une partie des Everglades, pour observer les animaux en liberté, notamment les alligators. Nous avions pris soin, malgré la chaleur humide, de nous munir de pull et de nous vaporiser de lotion contre les moustiques. Arrivé sur place, on nous fit des recommandations en cas de rencontres surprises avec l'un de ces monstres à grande mâchoire et longues dents, mais en fait, le plus grand prédateur n'est pas celui qu'on croit, c'est le plus petit, de par son nombre...
Nous avons parcouru quelques étendues, quelques chemins divers et variés de par la faune et la flore. Des marécages à perte de vue, la végétation, tantôt éparse, tantôt dense, avec des genres d'hérons survolant le tout, quelques tritons et autres grenouilles évoluant dans l'eau sombre, des ratons laveurs pas très farouches, et au détour d'un bruit suspect, un alligator... Nous étions sur un ponton lorsque le bestiau est passé sous nous, plutôt impressionnant par la taille, par l'allure et par le comportement posé, comme un tronc d'arbre flottant en attendant le passage à proximité de sa gueule de sa proie...
C'est en parcourant les sous-bois pour observer la flore que notre calvaire commença, surtout pour Christian. Les nuages de moustiques, oui des nuages opaques, fondirent sur nous, et nous nous retrouvâmes avec une couche supplémentaire sur nous, nous étions devenus noirs, et malgré les efforts pour se débattre devant leur assaut, c'était peine perdue, nous ne pouvions rien faire devant la meute, si ce n'est battre en retraite pour éviter une belle effusion de sang. Nous étions tout mouchetés de piqûres, quelques cadavres joncher sur nos vêtements. Sur un simple petit parcours en voiture pour aller plus loin, voir si les moustiques étaient plus sociables, l'avant de la voiture se couvrit de ces petits insectes nuisibles écrasés. C'était des milliards de ses petits monstres volants qui hantent les marécages
Et le meilleur allait venir pour Christian. Alors que nous allions essayer de se trouver un point de sustentation, j'ai eu peur en regardant Christian. Je n'avais pas vu au départ, car je conduisais et je regardais plus la route que mon passager, mais lorsque je me suis tourné, j'ai crié en voyant le visage de Christian qui avait doublé de volume, comme Coluche dans Banzaï. C'était impressionnant à voir, il se transformait en Elephant Man sans s'en apercevoir. Il a failli tourner de l'oeil en se voyant dans le miroir de confort, nous avons dû trouver une pharmacie au plus vite. Plus de peur que de mal, un baume miracle permit à Christian de retrouver visage humain et de pouvoir à nouveau sourire aux gens sans qu'on lui jette des cailloux...
Si Marion avait dû affronter pareille meute d'insectes assoiffés de sang, je n'ose imaginer le résultat. En tout cas, je vais essayer de calmer ses démangeaisons, pauvre petit bouchon. Sa Maman auprès d'elle lui ferait du bien, l'amour maternel avec toute sa sensibilité est un remède à toutes les douleurs, à toutes les blessures. Surtout, pour les blessures de mon coeur, détruit par ton départ pour l'au-delà, vers demain... Je t'aime, Caroline...

Ton Ptit Caillou

14 Juillet 2007

Publié le 25/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon ange de lumière,

Pourquoi la vie est-elle si cruelle avec les êtres qui s’aiment ? Est-ce pour cela qu’on dit que les histoires d’amour finissent mal ? Nous serions si heureux tous les trois, une petite vie paisible de famille à regarder notre ange grandir, à prévoir un futur, un petit frère ou une petite sœur… Au lieu de cela, je passe mon temps à penser à toi, toi, si loin de nous deux, toi, partie trop tôt, alors que ce n’était pas encore ton moment, toi, qui ne verra jamais Marion grandir, toi, que j’aimais plus que tout au monde… Oui, notre histoire a pris fin dans un feu d’artifices orchestré par la mort…
Oui, notre histoire était un conte de fée, comme un vrai feu d’artifices que l’on lance dans les airs, non pas éphémère comme ceux du 14 Juillet, mais comme une boucle sans fin, se renouvelant sans cesse. Nous en avions plein les yeux de ces lumières célestes, à chaque fois que nous nous regardions, cela pétillait, comme ce premier feu d’artifices que nous avions partagé, sur la plage de Deauville, il y a… trois ans déjà, je me souviens comme si c’était hier. Main dans la main, nous rendions sur la plage, parmi des centaines de gens, pour ne pas dire des milliers, comme des fourmis se dirigeant vers un même point, attirée par la même envie de plaisir oculaire et sonore, à travers les rues de Deauville. Arrivés sur la plage, cela nous rappelait le conte du joueur de flûte, avec tous les rats affluant de partout, de toutes les rues, de tous les coins sombres pour se jeter dans l’eau, sauf que là, c’était pour s’échouer sur la grève, comme des tortues de mer arrivées à destination pour la reproduction…
Dans la nuit la plus complète, nous avons dû évoluer pour se trouver une place, en évitant les entorses sous le sable glissant et en enjambant les cadavres de personnes déjà entassés ci et là, enivrées par les vapeurs d’alcool du début de soirée. Un semblant de clairière sablée nous tendait les bras, illuminé par la lune pleine, le sourire aux lèvres. Une fois assis, tu pris séant à ton tour sur moi pour te blottir aux creux de mes bras, joue contre joue, pour jouir de ce spectacle. Rien de plus divin que de vivre un tel moment empli de tendresse et de magie avec la personne que l’on aime, dans notre cocon d’amour, sous les étoiles, comme seul au monde malgré les milliers de personnes autour de nous…
La nuit nous enveloppa, un coup tonitruant retentit dans le ciel, et la musique classique déchira le silence de l’obscurité. Le bal des lumières commençait, doucement au départ, avec les prémices de la fête qui suivrait.
De petites étincelles accompagnées de pétarade jouaient avec nos oreilles, afin que ces petits sons s’estompent sous la virtuose des compositeurs tels Mozart, Schubert, Beethoven, … Des nuées multicolores jaillissaient du sol pour s’ouvrir en corolle au-dessus de nos têtes, de jolies fleurs imaginées par les magiciens artificiers prenaient forme au bout de leur tige formé par la course effréné des fusées expulsées de leur carcan d’acier. Nos regards brillaient comme celui des enfants, je t’enlaçais, je t’embrassais, tu frissonnais, tu appréciais…
Des acrobaties de lumières au sol entrecoupaient la féerie céleste, des feux de Bengale permettaient à la musique classique de reprendre son souffle, un rideau de feu prenait forme, comme un jeu d’eau sur lequel on projetterait de la lumière vive. Et le spectacle reprit de plus belle, la musique accéléra à nouveau, les volutes de fumées s’estompèrent sous la poussée des fusées multiples explosant en milliers d’étoiles, dessinant des cœurs, des cercles endiablés, des manèges enchantés, bleus, rouges, blancs, oranges, verts, puis aux couleurs mélangées. Les ravissements nous entouraient, les gens applaudissaient, le bruit des vagues entraient en cadence avec la musique, plus aucun temps port dans la nuit noire, comme si le concepteur de ce moment magique voulait nous rendre aveugle en conservant en mémoire la plus belle vision qui soit, en voulant nous étouffer par la beauté du moment. Le ciel s’embrasa d’un seul coup, le noir n’existait plus, il avait laissé place à un arc-en-ciel de couleurs, la musique explosait, tout s’emballait, plus une seconde de répit, nous étions tous des enfants devant la majesté du spectacle offert à nos yeux, des larmes de bonheur perlaient sur nos joues…
Ce ne sont pas les mêmes larmes qui perlent sur mes joues alors que le feu d’artifice retentit dans le ciel, sous le regard émerveillé de Marion, bien loin d’être apeurée, bien au contraire. Elle a le même regard que toi, la même féerie, le même bonheur, elle est heureuse simplement. Je voudrais tant te serrer dans mes bras, que nous trois ne fassions qu’un, et te savoir près de moi, et non si loin… Tu me manques tant, mon amour, c’est à toi que je pense alors que le ciel flamboie, et c’est ton visage que les fusées de lumière dessinent pour Marion et moi…

Ton Ptit Caillou

13 Juillet 2007

Publié le 23/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon amour,

Je n’ai qu’un mot à te dire, c’est merci ! Oui, mon ange, toi qui es si loin de nous, toi qui nous manque tant, qui me manque tant, tu as réussi à retrouver la clef qui menait aux rayons du soleil. Oui, enfin, pour ce 13 juillet, le soleil est au rendez-vous, les estivants vont pouvoir enfin profiter de leurs vacances, et surtout, Marion et moi allons pouvoir vivre à nouveau dans le jardin, au lieu de rester cloîtrer derrière les fenêtres à regarder les gouttes d’eau tomber, sortir respirer le grand air, jouer dans la pelouse sèche et fraîchement couper par mes soins et non patauger dans la gadoue…
Cela fait du bien de sentir sa douche chaleur sur sa peau, nous allons enfin pouvoir prendre quelques couleurs, regonfler notre moral. Bien sûr, Marion aura son petit chapeau pour la protéger, le bleu Vichy que tu trouvais si craquant, et une bonne couche de crème protectrice sur toutes les parties de son anatomie exposées au soleil. Ptit bouchon, je veille sur elle, c’est le fruit de notre amour, et je me dois d’essayer d’être un Papa digne de ce nom ! Je ne lui ai pas mis son armure de combat maintenant qu’elle commence à marcher seule, je resterais à côté d’elle pour guider ses pas, et éviter qu’elle ne trébuche dans les parterres de roses que tu aimais tant et sur lesquelles je veille toujours…
Oui, maintenant qu’elle a un minimum d’autonomie, elle veut tout découvrir par elle-même, quand j’essaie de la tenir, elle rouspète, un peu comme toi quand je te réveillais un peu trop tôt, tout le portrait de sa Maman ! Alors, maintenant que le soleil est là et que je l’autorise à franchir de son pas lourd et incertain la porte-fenêtre de la salle à manger donnant sur le jardin, elle ne se gêne pas à entamer ses douze travaux d’Hercule ! D’abord, le passage du rebord, un saut d’obstacle pas évident, ensuite, la découverte de la pelouse debout, avec tous les petits trous là exprès pour la faire trébucher. Heureusement qu’elle est équipée de son airbag arrière pour amortir les chocs postérieurs ! Ensuite, si elle veut aller arracher les fleurs des rosiers, il faut qu’elle enjambe les petits murets de pierres que Papa a mis exprès pour la gêner, et surtout, qu’elle soit assez rapide pour que Papa ne la voie pas faire sa bêtise, double épreuve donc !
Il y a aussi tous ces obstacles que j’ai négligemment plantés en travers de sa route, des tubes tout rond et qui sont très grands, qu’on appelle des arbres, ils sont toujours dans sa direction, elle n’aime pas cela ! Tu la verrais pester, avec ta Maman, nous sommes toujours écroulés de rire. Elle tape du pied car, à chaque fois, elle en fait le tour et il est toujours là, l’obstacle, il ne veut jamais changer de trajectoire, c’est toujours à elle ! C’est trop injuste, une vraie petite Caliméro. Elle se retourne vers nous pour que nous l’aidions à résoudre son dilemme, mais Papa n’est jamais gentil, il n’a jamais fait bouger l’arbre qui lui bouche son passage…
Revivre dehors, quelle merveille pour Marion, voir les oiseaux siffler dans les arbres, ce qui l’oblige à lever la tête et comme son équilibre n’est pas encore stable, elle se retrouve sur son séant. Elle aime aussi ramasser les trèfles et les amener à la bouche, mais peine perdue, son cerbère de Papa est toujours là pour plonger à temps pour l’embêter en lui dérobant son butin qu’elle a eu tant de mal à attraper par terre. Mais elle aime aussi que je la prenne dans mes bras, cela va plus vite pour avancer d’un point à un autre, et c’est beaucoup moins fatigant. En plus, moins de risque de choir, et les obstacles ne se mettent plus en travers du chemin, le pied. Finalement, Papa est pratique pour cela…
Mais il n’y a que Papa, Maman n’est pas là, n’est plus là… Que j’aimerais que tu sois auprès de moi pour partager nos tranches de vie, que je voudrais que tu voies Marion grandir et évoluer, tu serais fière d’elle, et je serais le plus heureux des hommes d’avoir auprès de moi les deux plus jolies femmes de la Terre… Oui, partager nos rires, partager nos délires d’antan, en vivre d’autres avec Marion, se rouler tous les trois dans l’herbe, la faire passer entre nos jambes dans ses parcours de découvertes sur ses petites jambes frêles, se promener main dans la main de chaque côté d’elle et la faire décoller comme le font tous les parents avec leurs chérubins, être une famille, tout simplement…
Je t’aime, Caroline chérie, mais pourquoi a-t-il fallu que le destin soit cruel et t’empêche de voir grandir notre Marion, pourquoi a-t-il privé une adorable petite fille de ce qui est le plus important pour elle, de la Maman qui lui a offert la vie… Je voudrais tant tout recommencer, effacer ce grand tableau noir de la vie, et que nous partagions à nouveau notre vie, mon bébé. Je t’aime à jamais, et rien ni personne ne pourra m’en empêcher, mon amour…

Ton Ptit Caillou
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