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messageinabottle
Description du blog :
Une bouteille à la mer envoyé à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé...
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
10.03.2007
Dernière mise à jour :
14.04.2008
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10 Juin 2007

Posté le 27.08.2007 par messageinabottle
Mon Ptit Bouchon,

Un seul être vous manque, et plus rien n'est comme avant. Je peux le confirmer, depuis que tu es partie loin de nous, plus rien n'est comme avant. Ma vie a pris un rythme monotone, alors qu'avec toi à mes côtés, chaque jour était différent du précédent et de celui à venir, à nous deux, il y en avait toujours un pour surprendre l'autre, pour casser la routine, ce mot qui ne faisait pas parti de notre vocabulaire. Alors qu'aujourd'hui, je l'ai adopté, et je m'y complains, il est rare que j'en sorte...
Mais ce matin, Marion et moi avons eu une surprise, la venue de Nathalie et Nicolas, avec leurs fils, Maxime et Alexandre. La sonnette a retenti, et lorsque je suis sorti voir qui cela pouvait être, je fus bouche bée devant la porte ouverte. Les petits me sautèrent dans les bras, j'ai failli en tomber à la renverse. Ils avaient grandi, je ne les avais pas vu depuis… je ne me souviens même plus.
Ils sont devenus de petits hommes, Maxime va sur ses sept ans, Alexandre ses quatre ans, mais ils n'ont pas changé de caractère, l'aîné est toujours calme et posé, alors que son frère est toujours autant actif. Cela me faisait plaisir de revoir Nathalie et Nicolas, qui revenait de chez son cousin en Bretagne et qui avait fait un détour pour passer nous voir, et surtout de leur présenter Marion. Oui, ils ne la connaissaient que par photos, et Marion les accueillit par son plus joli sourire. Tu aurais vu les yeux écarquillés de leurs enfants devant ce petit être frêle… Alexandre la touchait comme si c'était une poupée et eu peur lorsque Marion parla dans son langage qui lui est propre. Nicolas et Nathalie confirmèrent de visu qu'elle te ressemblait, c'était visible en photos, ça l'était encore plus en vrai.
Nous nous sommes installés dans le salon, et après leur avoir préparé un café, je me suis absenté pour changer Marion qui parfumait tout autour d'elle un délicat fumet qu'Alexandre ne manqua pas de faire remarquer. Il me suivit avec Marion et quand il me vit changer Marion, il la regarda attentivement et me dit « Eh, elle n’a pas de zizi ? pfff, c’est les filles, il faut qu'elle casse tout !! ». Sa réflexion surprenante me fit rire, Marion me suivit et Alexandre, fier de sa répartie, se joignit à nous. Lorsque je relatais sa petite phrase à ses parents, ils en firent de même. Rien de tel que des petits mots innocents dits par des enfants pour faire rire et sourire, sous l'oeil malicieux des responsables.
Alexandre et Maxime étaient étonnés que Marion ne marche pas comme eux, debout, et qu'elle se déplace à quatre pattes comme les chiens. Après leur avoir expliqué qu'elle n'était pas assez grande et assez forte pour marcher debout, ils ont joué à quatre pattes avec elle, prenant plaisir à faire la course, et même à aboyer pour les deux garçons. Marion criait de joie, elle n'avait pas l'habitude de jouer comme cela avec d'autres enfants à la maison. Ils s'étaient fait un parcours et Marion avançait avec ses deux gardes du corps. Pendant ce temps, avec Nathalie et Nicolas, nous avons parlé de leur nouvelle maison qu'ils auraient fin Juillet, ils m'ont montré les photos, très jolie petite maison, différente de la précédente, les juniors auront chacun leur chambre pour leur plus grande joie. Nous avons aussi parlé de Marion, de notre vie depuis ce maudit jour, ils m'ont trouvé amaigri et les traits tirés, je leur ai dit que c'était les premiers signes de la vieillesse...
Nous avons été ensuite nous aérer en bord de mer, entre deux averses, les petits étaient contents de faire des ricochets sur l'eau, Alexandre pestait car il n'était pas aussi doué que son frère aîné. Après une bonne gaufre au grand air, nous sommes rentrés car ils devaient reprendre la route pour rentrer sur Paris au soir. Maxime et Alexandre ne voulaient pas partir, ils voulaient rester avec Marion, je les aurais bien gardés avec moi, mais ils ne semblaient pas d'accord pour dormir dehors toutes les nuits avec le loup-garou qui rôde dans le coin... Marion leur a fait un signe de la main pour répondre aux leurs et leur dire au revoir.
J'étais content de retrouver toute la famille, mes meilleurs amis qui avaient toujours été là, sur qui j'avais pu toujours compter, même si la distance n'aidait pas, je pouvais les appeler sans que cela les dérange, c'est ce qu'on appelle une vraie amitié. Nous avons convenu d'un week-end ici courant Août, afin de profiter de la mer si le temps décide de changer, les petits seront contents de se baigner dans l'eau fraîche. Tu nous as manqué, les enfants ont regardé tes photos que je conserve un peu partout dans la maison, ils se souviennent de toi malgré leur jeune âge, tu vois, personne ne peut ni ne veut t'oublier, tu as fait parti de nous et à jamais tu seras dans nos pensées... Je t'aime, ma douce Caroline, mais que la vie est dure sans la présence d'un soleil à mes côtés... J'ai besoin de toi...

Ton Ptit Caillou



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9 Juin 2007

Posté le 26.08.2007 par messageinabottle
Mon ange céleste,

Pourquoi es-tu partie si loin de moi, pourquoi as-tu abandonné Marion, pourquoi n’as-tu pas puisé en moi la volonté de survivre à cette épreuve, pourquoi as-tu pris la main de la grande faucheuse alors que je te tendais la mienne, tu aurais pu, tu aurais dû faire le bon choix, tu aurais dû rester auprès de nous, et ne pas tirer ta révérence loin de nous, loin de Marion, notre petit bout que tu venais à peine de mettre au monde, à qui tu as offert la vie en quittant la tienne… Tu me manques tant mon amour, reviens avec nous, reviens parmi nous, nous avons tous besoin de toi.
Malgré ton absence, je te ressens chaque jour, comme si tu étais l’air que je respirais, comme si tu étais la musique de la mer que j’écoute me bercer, comme si tu étais le soleil qui nous apporte sa douce chaleur bienveillante pour haler notre peau, comme si tu étais la rose qui parfume notre jardin, se mêlant à l’odeur de l’herbe fraîchement coupée après la rosée du matin, comme si tu étais là, tout autour de nous… Oui, au plus profond de mon cœur, je sais que tu es là, je sais que tu fais le maximum pour nous, afin d’étayer les obstacles qui pourraient se dresser sur notre chemin, pour que notre vie ne soit pas forcément un long fleuve tranquille, mais qu’elle y ressemble, nous avons déjà assez souffert de ta perte. Parfois, je vois Marion qui hausse la tête sans que je ne dise mot, comme si elle savait que tu la regardais, que tu la caressais, alors elle esquisse un très joli sourire dans ta direction virtuelle…
Oui, pourquoi ne serais-tu pas autour de nous, réincarnée en un objet, un animal, un végétal ? Dans certaines religions, on croit que les personnes qui s’éloignent de nous en passant la porte de la mort revienne autour de nous, en animal de compagnie, en nouveau-né, en fleur… J’ai envie d’y croire, j’ai envie que cela soit vrai, et c’est ce que je ressens au fond de moi dans mes moments de détresse. Dans la religion hindoue, on y croit beaucoup, que la perte d’un être cher donne naissance à un autre, qu’après le voile du départ d’un corps, on prend place dans celui d’un autre, en conservant des réminiscences du passé, pour devenir meilleur, pour ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé, un peu comme une seconde chance de montrer le meilleur de soi-même…
Je fais parti de ceux-là, même si je ne suis pas hindou, tu le savais, je t’en avais déjà parlé. Pendant un an, à l’âge de sept ans, je faisais le même cauchemar. Le médecin m’avait prescrit un médicament, mais rien n’y faisait. Je me voyais dans une ville en flamme, déambulant seul, en pleine nuit. Tout était gris, j’avais peur, je marchais en évitant des explosions, comme si c’était un bombardement, comme si c’était en pleine guerre. Personne autour de moi, comme si j’étais le seul survivant, mais je ne voyais aucun corps, que des flammes ici ou là, des habitations détruites, de la fumée qui épaississait le cadre déjà lugubre, et j’avais peur, j’étais probablement un enfant de sept ans à cette période là aussi, et le regard d’un enfant devant de tels évènements n’est pas le même que celui d’un adulte, tout est amplifié, tout est démesuré, tout fait peur…
Ce cauchemar a cessé du jour au lendemain, plus aucun mauvais rêve de ce genre, je suppose que la personne dont j’ai les souvenirs a dû s’éteindre à l’âge de sept ans, victime de guerre… Je n’ai pas réalisé ce que cela pouvait être à cette époque, j’étais trop jeune pour me rendre compte, c’est en vieillissant que cette pensée m’est venue à l’esprit, que ces cauchemars pouvaient finalement être du déjà vu, du déjà vécu… Mais à jamais je me souviendrais de cela, et peut-être que plus tard, d’autres vies antérieures frapperont à la porte de mon esprit, de mes rêves ou de mes cauchemars…
Pourquoi ne reviendrais-tu pas autour de nous, pourquoi ne referais-tu pas partie de notre vie, pas forcément un être humain, mais une fleur, un arbre, un animal, … Quand je m’occupe des roses que tu affectionnais, j’en prends le plus grand soin, car tu es peut-être une de ces roses, quand j’aperçois un oiseau blessé, je fais mon possible pour le soigner, je vois même les nuages former ton visage, et le vent m’envoyer la douceur de ton parfum pour titiller ma cloison nasale…
Mais cela ne te remplacera jamais, tout ce que tu représentais pour moi, que tu représentes toujours aujourd’hui et à jamais, tout ce que tu m’apportais, ce que tu faisais pour moi, tes sourires angéliques et ta patience divine, et surtout ta présence à mes côtés, lorsque je me blottissais contre toi… Tu me manques tant, et si un jour je dois me réincarner, j’aimerais que cela soit à tes côtés, afin que notre histoire d’amour perdure au-delà du temps… Je t’aime Caroline…

Ton Ptit Caillou

8 Juin 2007

Posté le 25.08.2007 par messageinabottle
Mon Coeur,

Le mien est meurtri d’être loin de toi, il pleure chaque jour, chaque battement est un flot de larme, comme le ressac d’une mer d’eau salée au fond de moi. Cela doit peut être la justification du fait que je m’arrondisse, je me remplis d’eau, et c’est plus confortable pour Marion, elle tient sur mon ventre, petit chat. Ca lui fait aussi plus de surface à tapoter, car elle adore me taper sur le ventre, une vraie brute, comme sa maman… Je rigole, mais si tu voyais ma bouée proéminente, je crois que tu me houspillerais et que tu prendrais un rouleau à pâtisserie pour me pétrir le ventre…
Oui, je continue à me laisser aller, mes parents et ta maman me l’ont dit aussi, et le miroir commence à bien me le montrer. Comme si j’avais besoin de cela, je commence à avoir des petits soucis pour rentrer dans mes pantalons, ils ont dû rétrécir au lavage, je ne vois pas d’autres solutions ! Pourtant, c’est pratique à la piscine, je n’ai pas besoin de bouée, j’ai la mienne sur moi et je peux flotter tout seul comme cela. Je me passerais bien de ces poignées d’amour qui ont surgi de nulle part, je n’ai rien fait pour, cela doit être à force de finir les petits pots de Marion, je ne vois pas d’autres raisons…
J’ai encore de la marge avant de ressembler au bibendum Michelin, comme j’en avais vu tant lors de mon séjour aux Etats-Unis. Oui, je t’avais montré quelques photos sur lesquels apparaissaient des personnes de forte corpulence, au hasard des photos que j’avais prises là-bas. Quand je suis arrivé, lorsque j’ai vu ces personnes, j’ai halluciné, je ne pensais pas voir des personnes si fortes, chez nous, nos « forts » sont maigres à côté d’eux. Chez les jeunes, c’était pantalon taille basse, ils ne ressemblaient à rien comme cela, j’avais plus l’impression qu’ils s’étaient laissés aller dans leur pantalon qu’autres choses, cela leur donnait des plis comme les sharpeis. Cela me faisait plus rire que pitié. Pour les moins jeunes, c’était plutôt la collection d’auréoles seyantes sous les aisselles, avec la menace de projections des boutons de chemise.
Je ne pensais pas qu’il y avait autant de personnes en surcharge pondérale aux Etats-Unis, mais il est vrai que la malbouffe est le sport national là-bas. Je me souviens de tous les fast-foods ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et qui ne désemplissait pas, et les formats des pseudos sandwiches étaient le double de ceux que nous pouvons ingurgiter chez nous. Bien sûr, les boissons sucrées étaient à volonté dans tous ces restaurants moins deux étoiles, et les grands gobelets d’un format d’un litre. Tout pour attirer le client à consommer encore et toujours. Nous avions eu du mal à trouver des fruits frais, de l’eau naturelle et de la nourriture sans toute la garniture de sauces qui va avec. Et les prix étaient plutôt prohibitifs pour les petites bourses, en comparaison avec les prix dérisoires des aliments à ingurgitation rapide…
Bien sûr, le système avait prévu cela. Les sièges étaient plus larges, des genres de vespas permettaient aux personnes en difficulté de se déplacer afin de parcourir en toute facilité les parcs d’attraction d’Orlando, certaines portes étaient agrandies, les voitures adaptées pour une conduite différente, notamment pour le passage du ventre et la longueur de la ceinture de sécurité. Côté vestimentaire, les magasins étaient équipés en grande taille, autant en largeur qu’en hauteur, alors que chez nous, nous avons dû mal à trouver de grandes tailles. Et les gens respectaient les personnes fortes, pas comme chez nous où les risées et autres quolibets sont de rigueur…
Ce qui me peinait était de voir que dès leur plus jeune âge, les Américains sont surdimensionnés, même certains bébés font le double de leur volume « normal », et ce qui est malheureux, c’est de savoir que le cœur ne supportera pas très longtemps cet excès de poids, et que leur durée de vie est très raccourcie. En France, dans les publicités, on commence à nous conseiller de modifier notre alimentation, de faire attention aux quantités que nous mangeons, car les plus petits ont tendance à grossir, mais c’est aussi de la faute des parents, tu verrais à la sortie des écoles, il ne faut pas que leur chérubin marche plus de dix mètres, il pourrait être fatigué, le pauvre !!! Les gens sont devenus fainéants et ne savent plus marcher, après on s’étonne de s’arrondir. Je te promets de ne pas faire cela avec Marion, je fais déjà attention à son alimentation, pour ne pas qu’elle me ressemble…
Non, ce n’est pas catastrophique, je vais faire attention à ce que je mange, car si je continue à grossir, je mettrais plus de temps pour monter te rejoindre, je serrais trop lourd, je préfère perdre aujourd’hui, que d’avoir à patienter dans l’antichambre après mon départ pour te rejoindre. Et je veux que tu sois fière de moi, que je sois l’homme que tu as aimé, que je te montre que j’ai encore de la volonté, et que je ferais tout pour toi, encore et encore, tout au long de ma vie, tout simplement parce que je t’aime, mon cœur, je t’aime tant..

Ton Ptit Caillou

7 Juin 2007

Posté le 23.08.2007 par messageinabottle
Ma lumière de vie,

Marion est bien la fille de sa Maman, elle est aussi craquante que tu l’es, elle me fait fondre par un sourire quand elle fait des bêtises et me fait tout oublier. Comment résister à ces caprices, je ne le peux, comment résister à ses colères, je ne le peux, comme toi quand tu faisais ton boudin pour me faire enrager, je me retrouvais désarmé face à la candeur de ton sourire. Quand elle a décidé d’aller quelque part à quatre pattes, je ne peux l’en empêcher, sinon, elle me fait une crise de jalousie, car moi, je peux et pas elle. Et dès que quelque chose m’a échappé par terre, je peux te dire qu’elle est plus prompte que moi pour foncer dessus, un vrai petit détecteur de mouvement au sol…
Tiens, aujourd’hui, je nettoyais un peu la poussière sur les meubles, et j’ai mis par terre le panda que tu m’avais offert. Et bien, cela n’a pas loupé, elle a mis le grappin dessus. Ce panda, qui a toute une histoire, notre histoire, celui qui nous a réunit. Ce quiproquo qui avait été le symbole de notre réunion, cet animal qui m’a toujours fasciné par sa beauté, sa tendresse, sa fragilité, tu avais eu envie de me surprendre avec. Et je n’ai jamais su comment tu l’avais trouvé, mais un soir, alors que je rentrais chez toi, un petit cadeau m’attendait. Lorsque je l’ai ouvert, je tombais sur mon postérieur, un petit panda, tout trognon, tout doux, mais pas tout à fait une peluche, un automate qui fonctionnait comme un pseudo bébé selon les caresses sur son ventre. Oui, il couinait, il piaillait, il ronronnait, mais surtout, il m’imitait, comme tu te complaisais à me le dire, il ronflait…
Et je peux te dire qu’il fonctionne toujours aussi bien, car je ne sais par quel miracle, Marion a trouvé le commutateur et l’a activé, ce qui lui a fait peur la première fois, mais à moi aussi, je me demandais ce qu’il se passait. Le sursaut passé, elle l’a bousculé pour se venger de lui avoir fait peur, mais aucun son n’est sorti. Elle l’a encore secoué, mais il ne voulait lui répondre, il était muet. Comme cela ne l’intéressait plus, elle a repris sa folle cavalcade à quatre pattes, et son genou droit s’est posé sur le ventre du panda, qui a eu pour effet de le faire couiner. Elle en a fait une roulade en tombant à la renverse, et à nouveau sur ses fesses, elle me regarda en poussant un son d’étonnement. Je rigolais intérieurement pour ne pas me moquer d’elle ouvertement. Elle a donné un bon coup au panda, et ce n’était pas du jeu, il ne voulait pas lui répondre, elle grognait après lui, le prenant par l’une des jambes et le secouant.
Je suis donc venu à sa rescousse pour jouer avec elle. Elle ne voulait pas me le prêter, c’était son jouet à elle, même s’il ne faisait que lui faire peur. Je me suis montré patient et j’ai attendu que Marion veuille bien me le prêter. Je lui ai alors montré comment le panda fonctionnait. En pressant sur son ventre, il émit un petit cri, elle me regarda d’un air « oui, c’est cela, c’est le cri de tout à l’heure qui m’a fait peur ! ». Selon les lieux de pressions que j’exerçais et la durée, les sons émis étaient différents. Elle me l’arracha des mains, et s’essaya à son tour, mais peine perdue, elle n’y arrivait toujours pas et je me moquais d’elle. Elle comprit enfin qu’elle avait besoin de l’aide de son Papa pour faire fonctionner cette machine infernale et me le rendit.
Toute la panoplie des sons y est passée, et Marion l’imitait à chaque fois. Et quand le ronflement arrivait, cela la faisait rire et elle me regardait en me montrant du doigt comme si tu étais derrière elle pour lui signifier « comme Papa quand il dort la nuit et qu’il ne veut pas que Maman dorme »… Nous avons joué avec une bonne partie de l’après-midi, elle n’arrêtait pas de rire et cela faisait du bien d’entendre la maison résonner au rythme de ses rires. Et dès que j’arrêtais mes pressions sur le ventre, elle me prenait la main pour que je continue, j’étais également un de ces jouets, elle n’avait pas réellement besoin de moi, juste de mon doigt pour faire sortir des sons de la bouche du panda, car le sien n’avait pas la même magie que le mien.
Elle ne l’a plus quitté du reste de la journée, et il a rejoint ses autres jouets, abandonnant la place qu’il occupait auparavant. Et elle a absolument insisté pour que je lui mette dans le lit, pour qu’elle s’endorme avec son nouvel ami… J’étais heureux, ce morceau de toi que tu m’avais offert appartenait maintenant à Marion, tu continuais à faire parti de notre univers quotidien. Mais rien ne te remplacera, ton absence me pèse, et j’aurais aimé que tu sois là auprès de nous pour jouer avec nous, pour montrer à Marion que tu avais aussi un doigt magique, et que tu lui apportes toute la tendresse dont nous manquons… Je t’aime, ma Caroline, si tu savais comme je t’aime…

Ton Ptit Caillou

6 Juin 2007

Posté le 22.08.2007 par messageinabottle
Ma lueur d’espoir,

La douceur de ta voix me manque, elle était le soleil de ma vie, et de soleil, nous en aurions bien besoin en ce moment, Marion voudrait sortir dans le jardin, mais je l'en empêche, c'est une véritable pataugeoire avec le temps de cette année. La musique de ta voix l'aurait bercée, lui aurait apporté ce soleil qu'elle ne connaît pas, une certaine mélodie du bonheur... Alors, pour nous réchauffer le coeur, je lui passe une de nos vidéos, elle entend ta voix, je lui montre Maman, elle te montre du doigt et dit « Maman », et j'opine de la tête, mais cela ne peut te remplacer, tu nous manques tant...
Lors d'une éclaircie, nous en avons profité pour faire un petit tour en ville, pour que Marion respire un peu d'air, et ne pas tout le temps rester enfermée. Tout ce climat détraqué entraîne déjà la chute de certaines feuilles. Celles-ci virevoltent sous la taquinerie du vent avant de finir leur course en glissade sur les flaques. Certaines se recroquevillent pour former une petite barque à l'intérieur de laquelle des fourmis peuvent prendre place. Une petite barque, deux passagers, cela ne te rappelle rien?
Nous étions au lac Daumesnil, à Vincennes, et le temps était nettement différent de celui d'aujourd'hui, le soleil luisait à son zénith pour nous recouvrir de son voile de chaleur. Un temps idéal pour faire un petit tour en barque et se laisser aller à flotter au gré des vaguelettes ondulant à la surface du lac. Je suis devenu pour l'occasion rameur, non pas gondolier, ne pouvant me tenir debout avec la pagaie adéquate, ni entonner une chanson de peur qu'un petit filet de pluie ne vienne interrompre ma prestation, mais simple rameur, pour une balade bucolique. Tu te laissais aller à te prélasser dans le fond de la barque, me snobant avec sourire comme si je n'étais que vile valetaille.
Doucement, je nous ai amené au milieu du lac, où j'ai plongé ma main pour t'éclabousser un peu, histoire de te sortir de ta léthargie. Ton petit cri de surprise, tu te relevas instinctivement et plongea sur moi pour te venger, non sans avoir laisser traîner ta main au contact de l'eau pour m'envoyer une douche manuelle. La barque tangua, mais tint bon, et après un jeu de mains, jeu de vilain, nous nous sommes embrassés tendrement, sous le regard du belvédère qui se dressait majestueusement derrière nous. Nous étions bien, totalement insouciant, et tu t'es allongé la tête sur mon ventre. La barque dérivait lentement, je ne ramais plus, mes mains caressaient tes cheveux en un délicieux massage du cuir. Tu fermais les yeux, les traits de ton visage se détendaient, le dessin de ta bouche s'affinait, tu t'assoupissais sous la tendresse de mes caresses.
Autour de nous, tout était paisible, deux cygnes se posèrent à nos côtés pour nous montrer leur beau plumage immaculé, tout en dessinant dans l'eau de jolis cercles d'onde. Un léger vent jouait avec le feuillage des platanes, accompagnant dans leur course deux adeptes du jogging. Un chien tenta un plongeon pour rattraper un morceau de bois lancé par son maître, mais la vision de son reflet dans l'eau le décontenança et il repartit tout penaud. J'étais bien, là, contre toi, j'aurais voulu arrêter le temps pour profiter de cette béatitude avec toi. Tu étais si belle, là, devant moi, tu étais une déesse à mes yeux, et je t'assurais tout ce qu'il te fallait pour être cette divinité, en t'offrant mon amour.
Tu étais celle dont j'avais toujours rêvé, aussi bien d'un point de vue intellectuel que physique, je ne me lassais pas de parcourir ta plastique du regard et de joindre mes mains à ce plaisir de la découverte, en caressant tes épaules, en frôlant ton cou, en glissant sur ton menton, en taquinant tes joues et en cernant ton front. Tes mains enserraient mes genoux pour les masser, descendant sur mes mollets pour remonter dans les ouvertures de mon pantalon. Le bonheur tient à si peu de choses, une barque, une ambiance bucolique, uen jolie femme, un soleil radieux, une brise taquine, et quelques oiseaux pour compléter la légèreté de ce paysage... Nous étions heureux...
Et cette feuille me rappelle ce souvenir, mais Marion me sort de mon absence en chouinant car une gouttelette d'eau lui est tombée dessus, alors que je n'avais pas vu les nuages revêtir leur manteau noir, pris dans ma rêverie. Nous sommes rentrés sous les premières gouttes, pour nous abriter du déluge à venir, et nous sécher avant de prendre un bon bain d'eau chaude à souhait, ce coup-ci. Que j'aimerais avoir pu arrêter le temps ce jour-là, nous serions encore ensemble, toi contre moi, heureux de vivre l'instant présent, et ne souffrant pas de la séparation à venir, celle qui me pèse tant chaque jour, et qui attriste les battements de mon coeur. Je t'aime, Caroline, toi la femme de ma vie, qui a fait de moi le plus heureux des hommes, celui qui a eu le droit de vivre avec toi, celui qui a eu le droit de partager rire et sourire, mais surtout, celui qui a eu le droit de t'aimer...

Ton Ptit Caillou

5 Juin 2007

Posté le 21.08.2007 par messageinabottle
Mon amour infini,

Depuis ton départ, je ne me reconnais plus, je n’ai plus l’air de ce beau jeune homme pour qui tu avais flashé. Tu étais mon rayon de soleil, et depuis, je manque de la lumière de l’astre, je ne suis plus qu’un homme couleur cachet d’aspirine, cela doit être à force de mettre des couches à Marion, j’en ai absorbé la couleur. Tu me motivais à mieux m’habiller, plutôt que la tenue jeans tennis t-shirt qui est devenu récurrente chez moi, tu étais le parfum de mes journées, tu embaumais ma vie, nous étions heureux, avant ce drame qui nous a séparés et a transformé radicalement nos vies…
Oui, depuis ce jour, je ne suis plus le même, je me suis laissé aller, la bouée s’est installé tout autour de moi, pour ne plus rester en place dans mes pantalons et provoquer des menaces d’explosions des boutons de mes chemises. Je n’ai plus le corps de pseudo athlète que nous nous étions entraînés à façonner, tu te rappelles nos séances sportives du soir ? Que de crises de rigolades lorsque nous avons débuté…
Cela avait commencé par notre envie de nous reprendre en main, de nous motiver mutuellement, moi pour perdre ma bouée, toi pour raffermir ton corps. Afin de ne pas se lancer n’importe comment dans la tâche, nous avions été acheter pour chacun un livre d’exercices, le tien bourré d’exercices afin de cultiver le galbe de tes jambes, de muscler tes jolies fesses, de te donner un joli petit ventre et de te permettre d’avoir un beau maintien de ta divine poitrine, le mien rempli d’exercice pour avoir un corps d’apollon, avec des abdominaux de rêve aux carrés de chocolat saillant, que je savais n’avoir jamais quoi que je puisse faire, des biceps et des triceps à faire pâlir de jalousie des athlètes de haut niveau, et des jambes dont chaque muscle ressortait comme ciselé par un sculpteur céleste… Bref, de quoi obtenir mon futur corps utopique…
Lorsque nous rentrions le soir, nous mettions en tenue, toi en justaucorps, qui me donnait plus envie de pratiquer un autre genre de sport que celui pour lequel tu étais vêtue, et moi, short et t-shirt, t-shirt large qui devait normalement se remplir à force d’exercices… Les premiers jours ne furent pas évident, surtout pour toi, j’avais la fâcheuse tendance à lire ton livre afin de te dire comment pratiquer ton activité, mais à en oublier la moitié et à te faire faire l’exercice à ma manière, ce qui était plus difficile et ne donnait pas le résultat escompté sur la photo ! Bien sûr, je me défendais toujours de t’avoir dit ce qu’il fallait, mais que tu n’avais pas écouté, comme d’habitude. Dans ce concours de mauvaises fois, tu n’étais pas en reste non plus. Tu essayais toujours de me faire rire en te moquant de mes positions, je te l’accorde, prêtant à confusion pour un quidam passant à ce moment-là, tu appuyais sur ma tête pendant mes séances de pompe, où mes bras souffraient déjà la torture de faire deux remontées à la suite…
Nous n’étions pas épargnés par les courbatures, les muscles endoloris, mais le changement que nous attendions de nos corps se faisait attendre… Oui, cela semblait simple en regardant les photos de nos deux livres, et en lisant qu’en deux semaines, nous verrions le début de nos efforts récompensé, mais la balance n’était pas de cet avis, ni le miroir, encore moins les crans de nos ceintures ! De quoi soupirer au final… Pourtant, nous ne mégottions par sur les efforts, la sudation trempait nos tenues, donnant un aspect brillant et luisant à nos corps, et comme si cela ne suffisait pas, nous nous offrions systématiquement une séance de corps à corps pour finir nos exercices, séances qui semblaient plus efficace à nos yeux, et surtout plus agréable à pratiquer de manière régulière et à satiété… Au bout d’un mois, nous avons rangé aux oubliettes nos livres, et nous nous sommes laissés aller à vivre sans la servitude de notre corps, de notre poids, et naturellement, par amour, nos corps se sont affinés, raffermis et musclés, sans le moindre effort consenti en plus de notre bon vouloir…
Oui, c’était il y a une vie, celle d’avant où ton amour avait fait fondre ma bouée que tu aimais câliner, mais qui a repris ses droits aujourd’hui, comme la végétation reprend ses droits lorsqu’on laisse une maison à l’abandon. Je vais essayer de trouver une motivation pour faire fondre cette nouvelle ceinture intégrée à mon corps, afin que Marion ne se promène pas avec le bibendum Michelin quand elle sera plus grande. Mais que j’aimerais poursuivre mes exercices par nos rapprochements langoureux de chaque soir, de chaque matin, de chaque envie…
Tu me manques, mon amour, et je vais tout faire pour que tu sois fière de moi, en espérant que tu en fasses de même là où tu es, pour me motiver et revivre tous ses moments d’efforts que nous partagions avant le réconfort… Je penserais à toi à chaque mouvement, à chaque inspiration, afin de t’entendre me murmurer à l’oreille « Je t’aime, chéri, tu es le plus beau à mes yeux, ne change pas, reste toi-même… ». Je t’aime, Caroline…

Ton Ptit Caillou

4 Juin 2007

Posté le 20.08.2007 par messageinabottle
Ma douceur extrême,

Le fleuve de notre amour ne peut se tarir, mais il est accompagné de son jumeau, le fleuve de mes larmes, charriant des monceaux de tristesse, de désolation, de désespoir, de douleur, de mal être depuis ton départ. Je me bats contre moi-même, contre mes croyances, tout comme toi, je crois en Dieu, et pourtant, je me dis que Dieu n'aurait pas pu faire cela, il n'aurait pas pu laisser faire pareil atrocité, et cela ébranle ma foi en un être suprême. Même si au fond de moi, je sais que tu es là-haut avec les anges, pourquoi t'avoir arraché à Marion, pourquoi t'avoir arraché à moi, ce n'était pas ton tour, pas ton jour...
Je parle souvent à Dieu, je lui pose toutes ces questions qui me tarabustent, mais elles ne trouvent aucune réponse, que le silence. Parfois, je me rends à l'église, non pas pour y prier, je le fais déjà ici chaque jour, mais pour m'y recueillir, peut-être pour chercher l'absolution de mes péchés, car je me dis que ce qui t'est arrivé est de ma faute, c'est le prix que je dois payer pour mes erreurs du passé. Alors dans cette grande bâtisse froide, je me retrouve dans la fraîcheur de la pierre, personne autour de moi, simplement le silence qui m'enserre de son poids. Je comprends pourquoi les gens désertent petit à petit l'intérieur des églises, notamment les messes rébarbatives récitées par des prêtres qui semblent avoir aussi peu de foi que nous. Ce n'est pas la même chose dans les églises américaines, notamment les églises où le gospel est roi...
Lorsque nous étions sur New York avec Christian, nous avons eu la chance de pouvoir assister à une messe gospel. Lorsque nous sommes rentrés dans cet église, nous étions en pantalon et en tenue décente, mais d'autres touristes venaient en short, en robe légère, ou le ventre dénudé, en arborant fièrement les avantages féminins dont la création les avait dotés. Aucun respect pour ce lieu de culte, les gens y venaient pour visiter un lieu touristique tout en assistant à un spectacle. Mais à la base, c'est une prière qu'on vient y faire...
Nous étions quelques pèlerins assis lorsque l'officiant apparut, précédé de tout un groupe de personnes noires aux habits de couleurs vives. Il débuta par un texte de bienvenue, succinct, puis la chorale entama un gospel vibrant. Cet air nous donnait des frissons, il était entraînant, non, envoûtant. Ils suivirent par un second encore plus fort, dansant et tapant des mains, leur voile de couleur ondulant sous le rythme, et nos jambes semblaient prises de tremblement à vouloir battre la mesure du pied. L'officiant poursuivit son speech, je ne comprenais pas tout, quelques bribes de mots, un accent à couper au couteau, mais je ne me sentais pas seul, Christian comprenait autant que moi.
Pour que nos prières soient mêlées, ils nous intimèrent de nous prendre chacun par la main et de nous lier à eux. Nous avons été invités à nous lever et à nous mettre tous dans l'allée centrale, dans laquelle ils nous retrouvèrent pour former un cercle fermer. Nous étions unis dans la force de la prière, et un mouvement commença à se faire, comme si un maillon de la chaîne commençait à bouger, entraînant les autres dans leur mouvement. Les chants reprirent pour accompagner ce mouvement, et nous étions pris dans le rythme, pris dans la vie et la force qu'ils nous insufflaient, nous faisions partis d'un spectacle, alors que ce n'était qu'une prière. Et nous entonnions avec eux les refrains, ritournelles revenant sans cesse. C'était comme on le voit dans les films, sauf que c'était la réalité, nous étions dans le film, nous vibrions et emplissions notre mémoire de ces moments forts.
Nos visages étaient épanouis, nous nous sentions bien, sereins. Cela dura une dizaine de minutes, puis vint le moment du serment. Et là, c'était quand même moins passionnant que le reste, nous replongions dans le même contexte que dans nos églises, le côté rébarbatif. Nous ne sommes pas restés longtemps, une mélopée de mots dont nous ne comprenions pas le sens nous a fait fuir. Sans nous faire voir, nous nous sommes éclipsés, mais nous avions passé un bon moment de recueillement, nous avions prié tout en nous joignant à eux...
Si cela se passait chez nous, je pense que les églises se gorgeraient à nouveau de monde, les gens apprécieraient le moment festif ainsi que les sermons contre les pêchers de chacun. Et l'aspect froid de nos églises prendrait un coup de chaud, un coup de couleur... Mais quoi qu'il arrive, je prierais toujours pour toi, pour Marion et pour tous ceux à qui je tiens, je penserais toujours à vous. Tu me manques tant, ma chérie, si simplement je pouvais effacer mes pêchers mortels pour te rejoindre dans l'immortalité et partager l'infini à tes côtés... Je t'aime, Caroline, j'ai tant besoin de toi...

Ton Ptit Caillou

3 Juin 2007

Posté le 19.08.2007 par messageinabottle
Poésie
Ma pierre de vie,

A chaque fois que je me replonge dans tous nos souvenirs, dès que Marion dort, je remue tous nos écrits, toutes nos photos, toutes nos vidéos, tous les dessins, tous nos projets. Je les lis, je les scrute, je me rappelle les conditions où nous les avions écrits, nous les avions filmés ou photographiés, ces instants de bonheur de toute une vie achevée trop tôt… La mélancolie me drape de son voile léger, elle s’empare de mon esprit, de mon cœur et ouvre le robinet de mes larmes. Je ferme les yeux pour arrêter le flux, mais la pression est trop forte, l’hémorragie lacrymale est plus forte que moi, comme si c’était un besoin de pleurer, pour évacuer ce je ne sais quoi en moi.
Ecrire était un plaisir pour nous deux, tantôt l’un apportait les mots et l’autre les assemblaient, tantôt nous inversions, c’était une synergie entre nous, parfois un jeu, parfois un défi. Certains de nos écrits ne valaient rien, d’autres nous faisaient rêver, nos histoires pour enfants, nos poèmes, nos chansons, nos textes simples ou entames de livres, nos soirées à faire évoluer nos pensées au rythme de la plume, et inversement, se laisser aller à poser sur le papier une perle de notre esprit. Parmi ces écrits, j’aimais celui-ci, pur cru de ton imagination auquel je n’ai participé, que tu m’avais offert pour le simple plaisir d’offrir…

Je regarde le ciel et je suis perdu dans l’azur.
Au loin le soleil se ploie sous le poids de sa ceinture
Et déploie autour de lui sa corolle de flambeau,
Signe du moment où il rejoint son tombeau.
A l’opposé, la cape noir s’étend de son long,
Enveloppant sous sa coupe les hameaux de corons.
Tout le paysage disparaît et se mêle dans l’inconnu
Comme pour faire disparaître tout ce qui était connu.
Une lueur transperce l’obscurité de son éclat de velours,
Elle irradie, l’étoile du berger qui nous apporte son secours
Et appelle avec elle ses copines de la nuit.
Car comme pour lui répondre et briser l’ennui,
Une corolle d’étoiles parsème cet écran noir
De points lumineux pour inciter au miroir
Les humains qui répondent tendrement et délicatement
En allumant leurs cheminées et néons vers ce firmament.
Le temps s’arrête et se joue de cet échange,
Ce concours d’illumination qui couvre le sol d’oranges
Et ce ciel qui de noir semble se défiler,
Alors que la lune apparaît sans paraître sourciller
Et étend sa robe signe d’un froid annoncé
Mais aussi signe d’un futur ou d’un passé effacé.
Son sourire répond aux scintillements des étoiles
Et sa beauté n’a d’égal que le souvenir de la voile
De cette aurore boréale qui apparut dans la voie lactée,
Qui orna un 25 décembre passé en nuitée,
Pour le plaisir des plus grands qui ne dormaient pas
Et celui des touts petits qui espéraient voir ce Papa,
Gros bonhomme rouge à la bonhomie si jovial
Qu’on aimerait inviter pour se montrer convivial,
Mais que seul les initiés ont aperçu un jour
Et n’oublieront jamais dans leur cœur de velours….

Ce Papa à qui je voudrais passer une commande toute spécifique pour cette année, un cadeau simple, mais si fort pour Marion et moi, le retour de sa Maman, et je crois encore au père Noël, car j’ai conservé cette âme d’enfant, elle fait partie de moi et ne me quittera jamais. Reviens-nous, mon bébé, que Marion puisse se serrer dans les bras de sa Maman, que je puisse m’endormir contre toi et te prouver chaque jour que je t’aime de plus en plus, que je serais toujours là pour toi et que jamais je ne t’abandonnerais de ma vie et de ma mort… Je t’aime, ma destinée, je t’aime à en mourir et à en vivre…

Ton Ptit Caillou

2 Juin 2007

Posté le 17.08.2007 par messageinabottle
Ma chérie,

La vie poursuit son chemin, mais tu n'as pas pris le même, tu t'es égaré au détour d'une courbe dans laquelle une vieille dame en hardes t'a tendu la main et que tu as pris négligemment. Chaque jour, le soleil se lève, plus ou moins caché par les nuages, mais il n'éclaire plus ton joli sourire, il ne joue plus dans tes bouclettes d'or, tu n'es plus là pour me dire « Bonjour mon amour » avec ce regard de femme amoureuse qui était le tien... Oui, la vie poursuit son chemin, la végétation se pare de ses couleurs estivales, les longues tiges ont remplacé les faibles pousses, les pétales s'ouvrent un a un pour permettre au pistil d'offrir le meilleur aux abeilles.
Avec les quelques rares rayons de soleil, les premières fraises ont paré leur couleur. Marion aime à les cueillir pour les mettre à la bouche, surtout les petites qu'on peut sucer et avaler sans les mâcher. La même gourmandise que sa Maman, tu ne peux le nier. Tu aimais déguster directement sur les buissons ou les arbres tout ce que tu pouvais cueillir. Tu te souviens de nos visites au Chapeau de Paille? Par hasard, nous étions tombés sur ce système de cueillettes de fruits et légumes en surfant sur la toile. Nous trouvions l'idée sympa, et c'est ainsi que nous avons découvert le plaisir du retour à la nature. A l'arrivée, lorsque nous avons pris une brouette pour transporter les tonnes de victuailles que nous allions récolter, tu n'as pu t'empêcher de me taquiner en me spécifiant que j'avais oublié de mettre ma salopette et mes bottes en caoutchouc. Tout ce que tu avais gagné, c'est de te retrouver assis dans la brouette! Mais tu n'en perdis pas le nord, en t'exclamant « plus vite côcher avant que mes framboises ne soient tombées... ». J'avais du mal à faire avancer la brouette, pas que tu sois lourde, loin de là, mais tu faisais tellement l'arsouille que j'avais du mal à garder mon sérieux et de ne pas éclater de rire. Et nulle flaque aux alentours pour te déverser dedans...
Nous avons commencé par les tomates, de différentes tailles, nous délectant de petites tomates cerise fermes à souhait. Tu me fis remarquer que nous aurions dû amener le pot de mayonnaise, tu te souviens? Gourmande jusqu'au bout des ongles... Nous avons poursuivi notre périple gourmet parmi les courgettes et leurs fleurs à cuisiner en beignets, les aubergines, certaines plus grosses que les jambonneaux d'un cochon pour aboutir aux fraises. Tu ramassais une fraise, tu la mangeais, puis tu en ramassais une seconde pour la mettre dans ton panier. Et ainsi de suite, tu te délectais de la douceur sucrée de ces fraises, et sur le kilo que nous avons cueilli, il devait y en avoir à peu près le tiers dans ton estomac...
Après avoir récupéré deux salades, notre balade nous a conduit parmi les framboisiers. Nous n'étions pas les seuls, d'autres mangeurs nous avaient précédés et quelques insectes effectuaient un ballet de ravitaillement au-dessus des fruits. Les framboises étaient délicieuses, et nous n'avons pas résisté à notre envie d'en manger quelques-unes unes. Bien sûr, joueuse que tu étais, tu voulus m'en offrir une en me tendant la main vers ma bouche, mais au dernier moment, tu me barbouillas la joue droite d'un rose remarquable. Je t'ai couru après pour te faire payer ton forfait, et une séance de maquillage, suivi d'une séance de nettoyage très sensuelle s'ensuivit... Heureusement qu'il n'y avait personne dans le coin à ce moment-là, les gens auraient pensé que les framboises étaient aphrodisiaques...
Nous avons quand même réussi à remplir notre petit panier, avant de partir bêcher les pommes de terre. Et là, tu t'es bien moquée de moi, mais tu n'avais pas tort, je maniais la fourche comme un débutant que j'étais, et les mottes que je retournais n'abritaient que des cailloux. Au bout d'un quart d'heures d'essais et de railleries de ta part, j'ai réussi à en retourner une. Bien sûr, tu faillais faire sur toi tellement tu étais hilare, car je l'avais coupée en deux avec une des dents de la fourche. J'ai préféré abandonner mon massacre digne d'une taupe de surface, et suis allé couper quelques glaïeuls pour remplir les bras de la fleur que tu étais pour moi. Et à la caisse, j'ai eu droit à une nouvelle crise de fous rires, il y avait des cageots de pommes de terre déjà bêchées...
Ce fut une belle journée, une parmi tant d'autres que nous avons vécues, j'aurais aimé y retourner avec toi et Marion dans la brouette, nous nous serions bien amusé, mais la roue du destin s'est arrêtée sur la case banqueroute, et je n'ai que mes souvenirs pour me remémorer pareil instant. Alors que Marion cueille une fraise, tu la regardes de là où tu es, salivant d'envie de lui subtiliser. Tu nous manques tant, chérie, je voudrais tant que tu fasses encore parti de nos vies, que tu joues avec cette vie qui t'a prise trop tôt, trop vite, ... Je t'aime, ma mie, je t'aime à en perdre la raison...

Ton Ptit Caillou

1er Juin 2007

Posté le 16.08.2007 par messageinabottle
Ma tendresse,

Notre petit ange a fait un cauchemar cette nuit, mais ce qui m'a le plus fait mal, c'est qu'elle a dit Maman. Je ne sais ce qui a hanté sa nuit, mais elle a eu peur, elle t'a appelée, c'est la première fois, et je ne sais si c'est un signe de toi pour m'appeler à l'aide, via le chemin du cauchemar, ou si le manque de ta présence commence à se faire sentir chez Marion. Bien que j'essaie de faire tout mon possible pour combler ton absence tout en faisant en sorte que tu sois présent autour d'elle, jamais je ne pourrais remplacer l'absence d'une Maman, ton absence...
Lorsque Marion est arrivée à la maison, sous le fait de ta Maman qui voulait me pousser à accepter notre enfant, à assumer mon rôle de père, j'étais complètement perdu, je paniquais presque, car nous parlions d'élever notre ange à deux, et jamais l'un de nous seul. Tout se bousculait dans ma tête, l'art de mettre la couche, avec tout le travail préparatoire nécessaire, tout ce que tu m'avais enseigné dans nos jeux intimes m'était sorti de la tête, je ne savais plus l'ordre des opérations. Et je n’avais pas prévu de me retrouver comme cela, face à elle, ta maman m’ayant abandonné pour me forcer à réagir, ce dont elle a eu raison.
Déjà, je ne pensais pas être réveillé en pleine nuit, alors que je m’étais assoupi dans le fauteuil en la regardant, je pensais que les bébés étaient mieux réglés à la base, mais finalement, non, la création ne les a pas si bien créé que cela. Alors, la tête enfarinée, je me suis levé sous ses pleurs, mais encore un problème de conception, je n’arrivais pas à baisser le volume… Mais j’étais loin d’être au bout de mes surprises, car lorsque je l’ai mise sur la table à langer, la stupeur, elle avait un zizi dans le nombril ! Oui, enfin, cela y ressemblait, mais c’était tout rabougri, tout flétri. En plus, c’était tout rouge tout autour, j’ai eu peur qu’elle ne saigne, et qu’elle perde déjà son zizi, ma fille extra-terrestre déjà esquintée par la vie. Et quand j’ai enfin retrouvé un peu plus d’esprit, je me suis souvenu du cordon ombilical et de l’éosine tout autour!
En faisant attention à ne pas lui faire de mal, j’ai dégrafé la couche, et je ne pensais pas qu’un si petit bout pouvait faire autant de dégât dans sa couche, elle était blanche à l’extérieur, mais la couleur interne, était, enfin, si je puis écrire, à chier ! Oui, elle s’était laissé aller, pour ma première expérience en couche, j’étais gâté ! Et l’odeur, on ne nous avait pas prévenus de ce fumet si doux pour les papilles gustatives, si agréable que je me suis retenu pendant toute la torture pour ne pas que mon repas du soir ne prenne le chemin des écoliers… J’ai pris mon courage à deux mains pour redonner un aspect rosâtre à ses petites fesses, mais elle continuait sa ritournelle en pleurant et en gigotant. J’en avais autant sur la lingette que sur mes mains ! Cracra notre fille. J’en rigole aujourd’hui, mais je n’en menais pas large ce soir-là…
Je l’ai nettoyé ensuite, petite mère, afin qu’elle se sente propre, mais ce n’était pas suffisant pour elle, elle piaillait encore plus fort, j’étais affolé, où avais-je mis le mode d’emploi de Marion, « le bébé pour les nuls »… Réagir comme cela en pleine nuit pour une première fois n’était pas simple pour moi. Et remettre une couche l’était encore moins, elle gigotait tellement, je ne savais comment la prendre pour ne pas lui faire de mal, le devant et le derrière se confondaient pour moi, les scratches se collaient quand il ne fallait pas, deux bras gauches, ton homme ! Au bout d’une demi-heure de lutte acharnée, où j’ai failli abandonner, j’ai réussi à mettre à peu près correctement sa couche, enfin c’est ce que je pensais, je constatais que non un peu plus tard alors qu’un filet d’urine trempait son lit…
Et Marion qui ne voulait toujours pas couper le son, qui commençait à se faire mal à la voix à force de pleurer et de crier, père indigne que j’étais à ce moment-là. Mon esprit embrumé se souvint alors de la potion magique, non pas celle dans laquelle était tombé Obélix étant petit, mais un biberon de lait. Oui, Marion avait faim, et je ne l’avais pas compris plus tôt. Nous sommes partis dans la cuisine pour choyer ma princesse, et là, l’angoisse, comment faire un biberon avec du lait qu’on n’a pas sur soi, je veux dire je ne pouvais lui donner le sein, elle serait morte de faim ! Je me suis souvenu du lait 1er âge que ta maman m’avait confié, il ne me restait plus qu’à le faire chauffer et à le mettre dans le biberon. Mais où avais-je mis le thermomètre pour que le lait ne soit pas trop chaud, je devenais fou, je me débrouillais mal et Marion faisait tout pour me le faire sentir avec ses cris « j’ai faim, fais quelque chose… ». J’ai renversé la moitié du lait à côté du biberon en préparant le bain-marie, mais j’ai lutté tant bien que mal contre le destin qui s’acharnait contre moi.
Lorsque le lait fut à température, dans son biberon, je l’ai goûter pour vérifier qu’il n’était pas chaud, et je lui ai ensuite donné. La vorace, elle me l’a arraché des mains, comme un réflexe naturel, mais ce réflexe salvateur coupa le son qu’elle affectionnait de me faire supporter depuis pratiquement une heure. Oui, le manque d’entraînement l’a fait patienter une heure, notre pauvre amour, je n’étais pas digne de m’en occuper, avais-je pensé ce moment-là. Et son biberon fini, je lui ai fait faire son rot pour évacuer l’air absorber, mais j’avais dû un peu trop la bouger, elle me baptisa d’un renvoi sur le t-shirt assez sympa, comme pour me dire « Tiens, cela t’apprendra à me faire attendre… ». Je la coucha et elle finit par s’endormir, mais moi, j’étais loin de m’endormir, je pleurais, mes nerfs me lâchaient, je maudissais le destin de t’avoir arraché à nous…
Et je le maudis toujours, j’ai toujours autant besoin de toi, jamais je ne pourrais te remplacer, je n’en ai pas la force, je n’en ai pas le droit… Tu nous manques tant, amour de ma vie, Ma douce Caroline, je voudrais tant pouvoir te serrer dans mes bras et me laisser aller, mais je sais que jamais plus je ne le pourrais, jamais plus, tu ne seras auprès de moi, auprès de Marion pour la rassurer la nuit… Nous t’aimons, mon cœur, je t’aime, ma chérie…

Ton Ptit Caillou
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