Publié le 12/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,
Le temps est comme mon humeur, morose et triste, mais mes larmes, je n'en fais pas profiter les autres alors que les nuages prennent plaisir à le faire savoir. Alors, je vaque à des occupations internes, mais quand Marion est couchée, je n'aime pas passer toutes mes soirées à regarder la télévision avec tous ses programmes débilisant à souhait ou les films vus et revus qui n'en ont plus de couleurs à force d'être passés sur le petit écran. Alors, je vaque aux occupations de la maison, entre ménage et repassage, entre vaisselle et lavage, entre couture et rangement, une vraie petite fée du logis. Et lorsque tout cela est fini, je remue les souvenirs...
Dans les souvenirs, dans une petite boîte bien rangée dans tes affaires, une petite protection de coton et sous cette protection, une bague, mais pas n'importe quelle bague, notre première bague, dans tous les sens du terme... Oui, cette bague qui t'avait fait craquer, cette bague toute simple, aux couleurs chatoyantes qui avait attiré ton regard, cette bague que tu ne quittais jamais la journée, que tu étais fière d'arborer à ton doigt, avant que je ne fasse la demande de ta main en t'offrant ta bague de fiançailles, cette bague qui représentait beaucoup pour toi, que nous avions vu dans une boutique dans laquelle nous étions venus pour acheter autre chose, cette bague en perles de Swarovski que je t'avais assemblée...
Oui, tu avais fondu devant la bague, enfin, la photo de la bague, nous étions chez Cultura pour se trouver un DVD pour le soir, et en parcourant les allées, tu t'étais arrêtée devant ce petit sachet, si petit, si léger, mais qui allait m'occuper un bon moment de la journée... C'est vrai, ton regard de biche et ton insistance sur mon bras me firent accéder à ta doléance, de confectionner ce petit anneau de fils et de pierres de mes propres mains. Je ne savais pas encore ce qui m'attendait. Elle était belle sur la photo, mais pour un néophyte comme moi, toute la difficulté était qu'il fallait que le résultat final soit proche de la réalité. Je n'étais déjà pas doué pour monter les petits jouets d'un kinder, mais en plus, il fallait que j'en réalise un pour le mettre à son doigt toute la journée...
Comme tu ne faisais jamais dans la facilité, il a fallu que tu me prennes une bague un peu plus complexe que la normale, pas juste avec du fil et des pierres, mais également des morceaux de ferrailles qu'il me faudrait tordre pour leur donner vie. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de rester couché. Et c'est ce que tu fis en allant t'allonger pendant que je m'escrimais à ne pas perdre de pierre et à ne pas me retrouver les doigts attachés avec le fil. Comprendre le plan n'était pas une mince affaire, le fil passait et repassait cent fois dans le même petit trou prévu pour deux passages! Les concepteurs de ces plans n'ont jamais dû assembler une seule de leur création, ce n'est pas possible autrement.
Je pestais après toi, j'essayais de tordre les petits morceaux de ferrailles, mais cela ne ressemblait pas à la photo, loin de là, j'avais plus de chance que l'objet final soit une compression de César plutôt qu'une bague! Et je ne devais pas appuyer fort, les pierres étaient si fragiles, le moindre coup et elles se fêlaient. J'ai réussi à faire les anneaux avec les bouts de fer, mais j'avais oublié de mettre certaines pierres... Faire et défaire, c'est toujours faire, mais au bout d'une heure, je n'avais toujours pas entamer le passage du fil. A ce rythme là, tu pouvais avoir ta bague pour l'année suivante! J'ai longuement hésité à aller chercher de la glu pour coller tous les morceaux ensemble, mais tu n'aurais pas apprécié que j'abandonne devant le premier obstacle.
C'était en quelque sorte une répétition miniature de ce que pourrait être notre vie, des pierres sur notre parcours semé d'embûche, un fil d'Ariane à suivre pour ne pas se perdre en chemin, des boucles pour resserrer nos liens, un assemblage de deux vies pour n'en faire qu'une, et il fallait que ce soit solide, pas instable, pas prêt à se couper à la moindre anicroche. Il me fallait du doigté, de la patience, réfléchir pour éluder les problèmes, ne pas chercher à insister si cela bloquait ou si je m'étais trompé, si j'avais tort, mais au contraire, chercher une solution pour résoudre ce blocage, assumer mon erreur pour ne plus la refaire. Et m'appliquer à faire de mon mieux pour que tu sois heureuse...
Et tu le fus lorsqu'à ton réveil, tu découvris à côté de toi cette jolie bague, la même que sur la photo. Tu l'as mise à ton doigt, le diamètre était parfait, elle se glissait pour trouver sa place, comme si elle avait été faite pour toi... Ton ravissement et ton étreinte de remerciement, je m'en souviens encore alors que je tiens cette bague dans la main, si belle, si fragile, comme tu l'étais pour moi... Ma main tremble en la tenant, il y a tant de souvenirs et d'images qui sont liés et qui se dégagent de cette bague, notre bague, mon amour... Tout cela est à jamais gravé dans ma mémoire. Mais rien ne te remplacera, mon amour, je voudrais tellement te faire de nouvelles bagues et te dire que je t'aime à longueur de journée... Tu me manques...
Ton Ptit Caillou
Publié le 11/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma douceur angélique,
Mon esprit vadrouille à la recherche d’une solution pour te retrouver. Je voudrais pouvoir voler comme les héros de la série Heroes, une série américaine qui marche bien, comme toutes les séries américaines, pour te rejoindre là-haut, dans le monde du dessus, mais je ne le peux, et je ne supporte pas les sensations fortes, alors comment détourner une navette spatiale pour trouver la station « Eden ». L’avion redescend toujours trop tôt, alors que je voudrais te tendre la main, te toucher du bout des doigts. Juste un instant, juste une seconde, te sentir, sentir ton contact contre moi, pour le garder au plus chaud au fond de moi, l’ancrer dans ma peau…
Alors, il me faudrait un ascenseur pour monter là-haut, un grand ascenseur pour que chacun puisse retrouver ceux qu’il a perdus, un aller-retour par an pour se ressourcer, pour se faire sermonner quand on n’a pas suivi la bonne route, pour conserver le souvenir et le respect aux anciens… Un ascenseur magique, ce serait possible, tu ne pourrais en faire la demande céleste, s’il te plait mon ange, dans une grande tour, comme celles que j’ai vues sur New York avec Christian, ces fameux gratte-ciel que l’on ne peut louper, tellement ils sont majestueux et grands.
C’était comme si c’était hier, nous nous sentions écrasés sous la masse de ces mastodontes alors que nous déambulions dans la cinquième avenue, petits insectes devant des géants de fer rivés dans le sol par le temps comme les statues de l’île de Pâques. Leur densité était telle que nous ne pouvions réellement voir le ciel, nous le devinions selon la clarté, si un nuage venait à passer, c’était pratiquement la pénombre, alors que si le soleil revenait, il se reflétait en myriade d’étoiles sur les fenêtres. Pour nous simples touristes, c’était impressionnant, pour les New Yorkais, cela faisait parti de leur quotidien, un paysage futuriste, certes, mais aussi une forêt de séquoia de fer aux pieds desquels sillonnent des milliers de fourmis courant dans tous les sens, sans jamais se télescoper, comme si elles étaient animées d’un sixième sens, alors que nous, nous zigzaguions pour éviter de stopper leur progression, nous sentant obstacles à ce flot humain…
Nous avions voulu découvrir la ville du haut, nous rapprocher du ciel, pour le « gratter », pour être dieux devant ces fourmis, pour voir la vie d’une autre façon. Les gratte-ciel étaient multiples, nous avions le choix pour escalader la ville, pas comme des King Kong, par l’extérieur, en rappel, mais de simples humains dans de petites nacelles que l’on appelle ascenseurs. Le World Trade Center était pris d’assaut par les touristes, alors nous avons été sur le fameux Empire State building, comme tu l’avais vu sur les photos que nous avions ramenées. La montée était, comment dire, retournante pour quelqu’un ne supportant pas les sensations fortes, mais il faut monter les quatre-vingt six étages pour atteindre le nirvana… Et le bon bol d’air frais que j’ai respiré de là-haut m’a fait le plus grand bien. Et la vision céleste…
Oui, tout était petit vu du sommet de la tour, mais cela valait le coup d’œil. On apercevait enfin le ciel, certains nuages jouaient avec les pointes des tours dont le nom de gratte-ciel n’était pas usurpé. Au loin, la vieille dame pointait sa flamme pour inviter le monde à entrer dans le port de New York, nous voyions les différentes tours, que ce soit la Donald Trump, la Ford, les jumelles, … et le fer à repasser, surnommé ainsi par sa forme. Nous avions la sensation de voler au-dessus de la ville, nous apercevions en bas les petites toitures jaunes des taxis, et de petits points se mouvant, dans les rues linéaires. Oui, toutes les avenues étaient on ne peut plus droites, les rues les coupant perpendiculairement aussi, comme si la ville n’était que lego ou mécano, pas de courbe ou très peu, tout était prédécoupé et les blocs avaient dû être déposé par morceau, les uns à côté des autres par une main divine…
Comme Leonardo le criait, je me sentais maître du monde, je dominais le monde, je surplombais tout, j’avais la sensation de planer, plus rien ne me paraissait comme avant, j’étais léger, je me sentais ballon d’enfant s’élevant dans le ciel, un oiseau survolant la folie des hommes, insouciant de tout, je redevenais un gamin fasciné par ce que je voyais, je pouvais toucher le ciel… Une vue comme infinie, toute la baie, l’intérieur des terres jusqu’à je ne sais où, plus cette sensation d’être écrasé, au contraire, et faire parti des nuages, de tendre la main et de les caresser, d’en prendre un morceau dans la main et de souffler comme sur un morceau de mousse dans son bain… Juste un pas à faire et j’étais dessus, je me déplaçais à sa surface pour monter encore plus haut, toujours plus haut, découvrir le monde en voyageant dessus, je fermais les yeux et j’imaginais tout cela, sous ce vent qui nous cinglait délicatement…
Une tour pour nous emmener encore plus haut, certains pays commencent à l’envisager, un kilomètre de hauteur, et au sommet, la porte s’ouvrirait sur le jardin d’Eden, et tu serais là, face à moi, nous courrions dans les bras l’un de l’autre… Pure utopie que cela, mais j’ai tant besoin de te revoir, de te toucher, de te serrer, de te dire que je t’aime, que mon cœur saigne de ton absence, que j’ai besoin de toi, que je ne peux vivre sans toi, si loin de toi… Je t’aime, ma chérie, et s’il le faut, je construirais de mes mains cette tour pour te rejoindre…
Ton Ptit Caillou
Publié le 09/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon bel astre du soir,
Jour après jour, l'étreinte de la solitude se resserre, mon coeur est pressé de tout son sang, comme pour le vider, mais l'espoir de te retrouver un jour m'aide à tenir, à regorger mon coeur de vie, comme une éponge. Je ferais tout pour cela, mais quoi que je fasse, ce ne sera jamais parfait, je ne suis qu'humain, et je commets des erreurs et j'en suis conscient. Mais que celui qui n'en a jamais commis me jette la première pierre... Marion m'aide à surmonter cette solitude, je dois lui prodiguer une attention de chaque instant, surtout dans ces premiers pas, la découverte d'une nouvelle dimension pour elle, la recherche de son nouvel équilibre.
A quatre pattes, c'était plus simple pour Marion, elle se déplaçait plus rapidement, plus facilement, son équilibre était plus assuré que debout, et en cas de chute, elle ne pouvait se faire très mal, étant proche du sol. Debout, c'est tout un apprentissage à faire, gérer une nouvelle façon de progresser, utiliser ses bras pour se pas tomber alors que ses jambes doivent se renforcer sous son poids, avoir une autre vision du monde qui l'entoure, une nouvelle vie en quelque sorte. Progressivement, je l'aide à trouver sa démarche, à sentir ses mouvements, à parcourir seule quelques pas, sans la presser, sans l'assister, sa volonté propre.
Elle prend également de l'assurance pour se redresser en s'agrippant à ce qui peut l'aider à se lever, ce qui renforce également la force de ces petits bras musclés. Je la félicite en l'applaudissant dès qu'elle réussit à se relever, ce qui la motive, je pousse un petit cri de joie lorsqu'elle marche vers moi sans se tenir, ce qui déclenche une joie incommensurable sur son visage, et lorsque l'attraction terrestre est taquine avec elle en l'attirant à terre, on en rigole tous les deux, sa couche absorbant le choc de la rencontre sol fesse. Elle revendique son statut de bipède, elle veut marcher comme Papa, mais elle veut aussi continuer à marcher à quatre pattes, c'est si marrant de cavaler avec Papa derrière...
Je la prends parfois par la main, pour qu'elle puisse se tenir à quelque chose de solide tout en continuant sa progression debout, et tout doucement, j'avance avec Marion à mes côtés. Lorsque je la sens partir sur le côté, je tire un petit peu sur son bras, et je me retrouve régulièrement avec notre puce pendue à mon bras comme un pantin désarticulé. Alors, je me mets derrière elle la prenant par les deux bras et je la fais décoller du sol, ce qui l'a fait pédaler dans l'air, et elle crie de joie. Tu nous verrais, de vrais gamins ensemble, surtout moi, Marion n'étant qu'en phase initiatique des bêtises qu'elle fera plus grande...
Je lui apprends aussi à surmonter les obstacles, ce n'est pas évident de passer le pied au-dessus d'une peluche qui traîne par terre, c'est plus facile de le pousser du pied, un simple coup de pied et la peluche part se réfugier au loin. Mais quand c'est un rebord de fenêtre, comme ceux de la salle à manger pour aller dans le jardin, c'est autre chose, elle a beau donner un coup de pied, le rebord ne bouge pas d'un centimètre, alors elle crie après et pleure de ne pas réussir. Je la console de son gros chagrin contre moi en me moquant d'elle, et voyant que le coup des sentiments ne fonctionne pas, elle cesse son activité lacrymale pour rire avec moi. Et quand cette petite tête de mule a décidé de ne plus singer Papa, alors elle réussit à enjamber le rebord.
Lorsque je ne peux être les yeux sur Marion, je la remets dans son parc, mais elle voudrait en sortir, continuer d'explorer à sa manière. Elle se redresse en s'aidant des mailles du filet de protection et une fois debout, en fait le tour, mais elle en fait vite le tour, ce n'est pas les jardins de Versailles, et comme en plus, elle ne prête pas attention à ce qui traîne dans son parc, il arrive fréquemment qu'un obstacle prenne un malin plaisir à la faire chuter à terre. Et un « Beuh » sonore accompagne ses retrouvailles avec le sol, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas ce qui l'arrête dans sa quête de la position verticale. Parfois, je m'assoie et je la regarde évoluer dans son parc, elle me tend les bras pour que je la sorte, mais en Papa indigne que je suis, je ne bouge pas, je la regarde s'escrimer à vouloir m'appeler pour quitter sa prison dorée...
Tu ferais comme moi, j'en suis certain, mais tu serais aux anges de voir Marion évoluer, de la voir devenir un petit bout de femme, et de la prendre dans tes bras pour la récompenser de ces efforts, en lui faisant plein de petits bisous partout. Et elle appellerait Maman lorsqu'elle foncerait vers toi pour te montrer qu'elle a réussi à se déplacer comme une grande pour venir vers toi, en conservant son équilibre et en te montrant qu'elle a bien retenue tes leçons... Mais, seule, de là-haut, dans ton nid céleste, tu ne peux qu'être spectatrice, et tu nous manques, nous avons tellement besoin de ta présence à nos côtés, de cette fibre maternelle que tu avais et qui nous fait défaut, de ta patience de Maman, de ta douceur de femme et de ton amour... Caroline, tu es l'amour de ma vie, Marion t'aime à travers moi, et je voudrais tant pouvoir te dire à nouveau dans les yeux « Je t'aime »...
Ton Ptit caillou
Publié le 05/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma pierre de lune,
Changer le temps, qu’est-ce que j’aimerais pourvoir changer le temps, effectuer des retours en arrière, modifier le cours du destin, et être à nouveau près de toi, à te rendre heureuse, encore plus que je ne l’ai fait, encore plus que je ne pourrais l’imaginer, mais qu’importe, le faire comme si chaque jour était le dernier, et le rendre différent et le remplir d’amour. Pouvoir effacer d’un geste de la main le futur pour rester au présent, pour créer un autre demain, une autre chance pour toi, pour nous…
Oui, pouvoir te rendre heureuse chaque instant, mais aussi changer nos vies, changer ma vie, lui donner un autre tournant, et peut-être même la changer complètement. Combien de fois je me suis senti coupable de ce qui nous est arrivé, d’avoir détruit ton futur, d’avoir été celui par qui tout est arrivé, combien de fois je me suis dit que nous n’aurions pas dû avoir notre Marion, pas à ce moment-là… Oui, si j’avais refusé d’avoir des enfants si tôt, et pourtant, nous le désirions tant tous les deux, c’était la « consécration » de notre amour. Si je revenais dans le passé, sachant ce que serait le futur, je ferais en sorte que toute cette destinée change, je te montrerais un autre visage, qui ne serait pas le mien, mais pour faire en sorte que tu vives, tout simplement…
Je ferais en sorte de devenir petit à petit l’opposé de ce que j’étais. J’aurais moins de petites attentions, je me ferais moins câlin, je montrerais un mauvais caractère qui n’est pas le mien, mais pas à m’en prendre à toi, je ne pourrais me regarder dans le miroir si je te faisais du mal, si j’avais un comportement malséant avec toi. Je te proposerais moins de petits week-ends en amoureux, je ferais en sorte de diminuer nos moments intimes, je me rendrais moins disponible, je sortirais plus souvent en soirées entre hommes, afin d’atténuer l’amour que tu me porterais. Au fur et à mesure du temps, je réussirais à faire diminuer la flamme, la mienne restant intacte, mais tu ne le saurais pas, même si cela m’en coûterait on ne peut plus…
Et un beau jour, je la trouverais, un matin, en me levant, cette lettre que tu m’écrirais pour me faire tous ces reproches sur ce que je serais devenu, un homme différent de celui que tu avais connu, que tu aimais, mais avec qui tu ne pourrais plus envisager de vivre, tant que je resterais cet « autre » qui n’était plus moi. Oui, une lettre déclarative de ton amour, mais me remettant en cause, me montrant ce nouveau visage qui ne serait pas le mien, ce masque que je mettrais pour te sauver la vie, et t’éloigner de moi. Bien sûr, je deviendrais une loque humaine, je passerais mon temps à pleurer sur mon sort, tout en sachant que j’aurais sauvé la femme que j’aime, et donc changer le futur…
Et puisque tu ne serais pas enceinte, tu continuerais à vivre, et donc, je pourrais à nouveau te conquérir, me remontrer tel que je serais réellement, sans t’expliquer pourquoi j’aurais agi comme cela, connaissant ton avenir achevé dans le mur de la naissance… Je devrais refaire ma cour, te séduire pour rallumer les cendres de notre amour que j’aurais éteint avec tes larmes d’incompréhension, et je t’aimerais encore plus fort qu’avant, mais sans tout te montrer au départ, y aller crescendo pour que tu retrouves une confiance en moi, et que l’homme que tu avais aimé par le passé soit de retour auprès de toi, non pas tout à fait le même, un homme encore plus aimant, beaucoup plus attentionné, beaucoup plus doux, sachant lire tes envies avant que tu les énonces, toujours souriant, toujours présent pour toi, l’homme idéal de tes rêves les plus secrets…
Et nous pourrions à nouveau envisager un avenir à plusieurs, le futur n’étant plus le même, pas de raison de ne vouloir concevoir un bébé de notre amour, et au final, d’avoir décaler nos envies dont nous rêvions un peu plus jeunes. Et nous vivrions cette grossesse comme la renaissance de notre amour, je te câlinerais comme jamais aucune femme n’a été câlinée de tout temps, sans être trop lourd ni saturant, mais en étant là, pour te montrer que je t’aime et que plus jamais je ne te laisserais partir, je ne me montrerais tel que je n’étais pas, et puis, Marion viendrait au monde sans aucune complication, je ferais un pied de nez à la faucheuse, je lui montrerais que notre amour est plus fort que le mouvement de sa faux, et que rien ne pourrait stopper l’ascension de notre amour…
Mais je n’ai pas cette possibilité, je ne le peux, je ne peux qu’en rêver, jamais cela ne sera… Je t’aime Caroline, mon cœur est à toi, comme le tien est à moi, nous avions échangé nos cœurs comme nos âmes, et c’est les battements de notre amour qui me font vivre pour faire de Marion une princesse, digne fille de son ange de Maman. Et même si je souffre de ton absence, je ferais en sorte de combler ta disparition. Marion te connaîtra et t’aimera à travers moi, et à jamais nous t’aimerons tous les deux, ma chérie…
Ton Ptit Caillou
Publié le 02/11/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma douceur de vie,
Ce matin, le soleil m’a surpris alors que j’étais enlacé avec ton oreiller, mes rêves m’ont trahi au réveil, le sourire aux lèvres après la valse des souvenirs qui m’a entouré tout au long de ces quelques heures de sommeil. Je ne saurais expliquer ce qui s’est passé cette nuit, mes rêves sont partis sur un terrain, non pas vague, mais empli de tous ces moments coquins que nous avions partagés au travers de nos intimités. Je nous voyais lors d’une soirée où tu avais voulu me surprendre, où je devais me laisser faire assis sur une chaise pour assister à un joli spectacle…
Je devenais spectateur et esclave, tu avais éteint le salon, et quelques bougies donnaient une ambiance mystérieuse et envoûtante. Un long slow de Frankie goes to Hollywood, “The Power of Love” s’amorçait, et tu apparus face à moi, dans une tenue plus que délicieuse à déguster pour les yeux. Ton corps ondulait au rythme de la musique douce, et tu entamas un strip-tease, me faisant écarquiller les yeux. Bien sûr, je ne me doutais de rien en te voyant le soir, mais là, tu me dévoilais ton jeu, et surtout tes dessous affriolants… Tu avais un corps de déesse, et ta lingerie mettait en valeur toutes tes courbes de délices. Une guêpière noire dominait un string rouge à dentelles, et surtout, un petit nanan, un fantasme pour moi, des porte-jarretelles et des bas noirs. Tu te trémoussais lascivement, en venant sur moi, mais je n’avais pas le droit de bouger, de te toucher avec les mains. J’ai assisté à ton dénuement de volupté, alors que tes bas dégoulinaient le long de tes jambes de nacre, provoquant une réaction purement masculine en moi. La douceur avec laquelle tu les descendais accentuait l’envie qui me taraudait.
Tu te retournas pour virevolter et me montrer la finesse de tes fesses séparées par ce petit bout de fil rouge, fesses qui ne demandaient qu’à être embrassées et même plus. Ta guêpière s’entrouvrit pour tomber à terre comme par magie, et lorsque tu te retournas à nouveau, tes mains cachaient tes deux seins que je voulais suçoter de plaisir, tu te rapprochas de moi pour laisser éjecter tes tétons dressés de désirs à mes yeux. Tu allumais le feu en moi, j’avais du mal à me tenir, mais je résistais, pour « t’obéir ». Tu t’assis sur moi pour me faire réagir, en bougeant tes fesses, et tu réussis ce que tu voulais, puis, tu te redressas pour faire descendre ce qu’il te restait de vêtement, ton petit string noir. Tu étais comme Eve, nue face à moi, ta poitrine réclamant ma langue, ton ventre attendant mes caresses, ton sexe attendant sa gourmandise…
Tu vins à moi et tu commenças à me dévêtir, sans que je ne t’aide, tout en me dégustant de baiser, tout en me léchant le cou, aspirant mes tétons, mon t-shirt envolé. Tu fis glisser mon pantalon, et commença à jouer avec la bosse qui s’était formée sous mon boxer, prenant un malin plaisir à accroître son extension et à amplifier sa raideur. Tu avais fini de jouer, tu m’arrachas mon boxer afin de bien me prendre en main, d’exercer un mouvement de haut en bas et de bas en haut afin que mon mat dresse ses couleurs, avant une petite mise en bouche comme un apéritif, en ondulant tes fesses afin que le désir m’étreigne. Tu passais ta langue sur mon excroissance masculine, et la chaleur de nos corps à l’unisson te fit redresser afin que ta fleur de paradis vienne compléter ma tige turgescente. La musique se tue, pour laisser place à celle de nos corps, à celle de nos mouvements, de nos étreintes, alors que tu te déhanchais sur moi, mes petits coups de reins déclenchaient des frissons à la surface de ta peau. Mes mains glissaient sur tes seins, chatouillant tes tétons pour en faire ressortir la beauté originelle, ma bouche goûtait les gouttes de sueur commençant à se former sur tes épaules, dans tes trapèzes, l’intensité de nos échanges augmentait….
La chaise vola alors que je te portais contre moi pour nous déposer sur le sol, afin que je te domine à mon tour, que ton corps et le mien ne fassent plus qu’un, soudés par cet amour qui nous tiraillait. Nos gémissements augmentaient au fur et à mesure que notre osmose fusionnait, nos baisers devenaient fougueux, mes coups de reins plus secs, tes jambes m’emprisonnaient en une danse torride, la sueur suintait sur nous, nous collait ensemble, accentuant les frottements, les caresses, notre plaisir. Nous basculâmes sur le dos, tes jambes se dressant vers mes épaules afin que ton plaisir s’accroissent encore, comme si c’était possible, j’accélérais mes mouvements, je sentais la jouissance me tendre ses bras, tu sentais ta fleur prête à éjecter son pistil, et une lumière m’aveugla…
C’était le soleil qui me sortait de mon rêve, qui m’éveillait en me trouvant blotti contre ton oreiller, j’avais le sourire aux lèvres, ma peau était moite de notre étreinte, et je devais me lever, j’entendais Marion qui s’agitait dans sa chambre. En me redressant, une gouttelette tomba sur mon épaule, j’ai levé la tête et je n’ai rien vu au-dessus de moi, mais au fond de moi, je savais… Merci de venir me voir dans mes rêves de les partager mon amour, je n’ai plus que cela pour être avec toi, car tu me manques tant, mon amour, tu me manques tant. Je t’aime à jamais, Caroline, je t’aime à jamais et si je pouvais vivre au pays des rêves avec Marion et toi, je m’enfuirais de suite m’y réfugier pour que nos rêves deviennent réalité….
Ton Ptit Caillou
Publié le 29/10/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon ange de lumière,
Pourquoi n'es-tu pas là? Pourquoi es-tu si loin de moi, alors qu'aujourd'hui, tu aurais été si heureuse? Pourquoi dois-je vivre le reste de ma vie loin de toi, seul avec Marion, pourquoi nous avoir abandonnés si vite, si tôt, avant même d'avoir vu notre puce te sourire, tu ne l'as même pas vue de ton vivant, tu es partie trop vite dans le train de la mort? La voir grandir m'apporte du baume au cœur, la voir s'épanouir, toujours si souriante, toujours si gaie, insouciante de ce qui se passe autour d'elle, comme tous les enfants, et dont le rire efface toute la misère du monde...
Tu aurais assisté à un autre des grands moments de l'histoire de notre puce. Depuis quelques jours déjà, elle se levait de plus en plus en se tenant à tout ce qui pouvait soutenir son corps, que ce soit chaise, table basse, fauteuil, coin de porte, mais aussi arbre dans le jardin, mais pas les arbrisseaux, ils ne faisaient rien que de se casser pour éviter qu'elle ne se lève... Elle prenait de plus en plus d'assurance, alors je l'aidais à se séparer de ces attaches afin qu'elle aille d'un point à un autre de manière libre...
Au départ, je lui mettais les mains sous les bras pour bien la maintenir. Il est vrai que la présence de la couche ne l'aidait pas à avoir une démarche facile, elle avait plutôt tendance à tituber et à avoir le postérieur en arrière. Mais au fil des jours, elle assura de plus en plus son maintien et sa marche n'en fut que plus facile. Je la tenais toujours, mais je la sentais moins laisser son poids dans mes mains, elle se soutenait moins, plus d'aisance et plus agile dans le pas. Elle en était contente lorsqu'elle progressait debout en s'accrochant à la table basse, elle me regardait en pensant que c'était pour bientôt, plus besoin d'avoir son géniteur à ses basques pour servir de canne ou de déambulateur.
En jouant avec elle, je la promenais comme ces derniers temps, mes mains sous les bras. J’ai retiré une main, et Marion n’a rien remarqué, elle avançait toujours à sa manière. J’ai tenté de lâcher la seconde main et elle a fait deux pas seule avant de perdre l’équilibre et que je ne la rattrape. On a continué comme cela, et j’ai recommencé à la laisser autonome, ce fut trois pas seule qu’elle accomplit. Marion ne se rendait pas compte qu’elle commençait à marcher comme une grande, sans mon aide, ni celle de tout ce qu’elle pouvait trouver sur son chemin. J’étais heureux à un point, tu ne peux même pas t’imaginer, une nouvelle étape dans la vie de notre puce, un nouveau pallier qu’elle commençait à franchir…
Je l’ai laissé un peu se reposer, avant de réessayer de la faire marcher comme une grande. Nous sommes sortis dans le jardin, pour prendre un bon goûter sur la balancelle. Ensuite, je me suis levé et l’ai assise sur le bord de la balancelle, afin qu’elle puisse se redresser toute seule, non sans l’aider un peu en maintenant la balancelle, pour lui éviter tout mouvement de cette dernière. Une fois debout, je me suis éloigné de Marion de trois quatre pas, et je me suis accroupi en lui tendant les bras. Elle m’a adressé un grand sourire, s’est retournée et est parti vers moi, en titubant, mais d’un pas certain, et elle a trébuché sur son troisième pas en tombant dans mes bras. On en a ri tous les deux, je l’ai félicité en lui faisant faire l’ascenseur et l’avion, elle riait aux éclats, elle était toute heureuse, même si elle ne se rendait pas compte de ce qu’elle avait fait.
Oui, elle va pouvoir enfin découvrir par elle-même debout, fini d’abîmer ces petites menottes, finie la position du petit chien, Papa va être obligé de mettre les affaires plus haut pour éviter qu’elle ne les chaparde. On va se promener main dans la main, ta Maman va être surprise quand on va arriver chez elle comme cela, je vais lui faire la surprise demain. J’ai appelé mes parents pour leur annoncer la nouvelle, ils étaient tout aussi heureux que moi. Pour lui faciliter la tâche de se déplacer debout, je vais aller lui acheter une petite voiturette sur laquelle je pourrais la promener assise, ou alors elle pourra avancer en se tenant à la poignée derrière. Ensuite, elle sera tellement habituée, je n’aurais plus qu’à lui passer le caddie pour aller faire des courses !!!
Je suis si heureux de Marion, tu as dû assister à tout cela de là où tu es, mais j’aurais préféré que tu sois là, à sourire, à m’appeler pour me le montrer, à ce qu’on soit de chaque côté de Marion pour lui donner la main et marcher en famille. Nous aurions fêté cela, Marion aurait été notre reine, nous nous se serions mis l’un en face de l’autre pour qu’elle aille de l’un vers l’autre, nos visages auraient été lumineux, pas seulement le mien, le tien aussi, assister ensemble à cet évènement dans la vie du fruit de notre amour… Tu me manques tant mon amour, et te dire « je t’aime » les yeux dans les yeux alors que Marion se déplacerait entre nous…
Ton Ptit Caillou
Publié le 26/10/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma lumière,
La clarté du jour touche à sa fin et ne va pas tarder à tirer sa révérence pour laisser la place à son successeur dans la trame du temps, la nuit. Encore une journée loin de toi, sans ta tendresse, sans ta candeur, sans ta pureté, sans ton amour, sans tes caresses, sans tes baisers, sans ta douceur, … Encore une journée sans toi, sans tes délires, sans te voir t'occuper de Marion, jouer avec elle, la nourrir et lui faire faire son petit rototo du soir après avoir absorbé son petit biberon de lait...
Oui, son petit rototo de chaque fin de repas, mais je connais surtout celui du soir, je ne suis pas là le midi en semaine pour l'aider à évacuer ce petit surplus d'air en elle. Alors, le soir, je m'y applique pour qu'il passe tout en douceur, mieux qu'au début. Les premières fois, c'était tout juste si je ne la secouais pas par les bras pour lui faire sortir sa bulle d'air! Je plaisante, bien sûr, j'utilisais le tuyau d'aspirateur, c'était plus rapide! Les premières fois ne furent pas évidentes, bien que j'ai lu le petit guide du bon Papa pour les nuls, ma méthode n'était pas très au point. Je prenais Marion contre moi, délicatement pour ne pas trop la serrer, sinon, ce n'était pas la bulle d'air, je me retrouvais avec une jolie décoration sur l'épaule. C'est le contraire de l'armée, ici, plus tu as de décorations sur les épaules, plus tu es dégradé, et je dois t'avouer qu'au début, j'étais vraiment un général...
Comme indiqué sur le manuel, je mettais mon avant bras sous les fesses, tout en la faisant sautiller par le mouvement de mon bras, mais j'ai vite arrêté, au lieu que le rototo ne se fasse, je lui maculais son petit postérieur d'une couche bien étalée de nutella fait maison... Lorsque je lui changeais sa couche, j'étais content, et Marion également, avoir son âge et déjà à surnager dans le caca... Par expérience, je changeais sa couche avant le repas pour « alléger » ses bagages. Bien sûr, pour assister la remontée, le guide me conseillait de tapoter son dos à la hauteur de l'estomac, et j'essayais de ne pas être trop brute pour ne pas lui casser une côte en tapant trop fort, tu m'avais souvent dit que je ne sentais pas ma force. Mais si je tapotais doucement comme indiqué, je passais ma nuit à le faire, la petite bulle se sentant bien au creux de Marion, Marion un peu moins d'être secouée par son Papa. Je m'imaginais péter les plombs, la prendre par le pied et la faire tournoyer au-dessus de moi pour évacuer l'air!! Pourtant, j'étais sûr d'avoir lu cela dans Astérix, pour assister les romains à faire leur rototo après un repas bien arrosé...
Le petit plus de l'évacuation du rototo est de marcher un peu en même temps que toutes ces indications favorables à l'expulsion. Un peu plus et le manuel aurait spécifié de sauter à cloche-pied tout en fermant les yeux et en chantant à tue-tête le boléro de Ravel! Tout ça pour un rototo. Enfin, j'ai quand même réussi à force de patience à trouver le petit truc pour que son rototo ne prenne pas trop de temps à s'insinuer sur le chemin de la sortie. Par contre, ce qui est surprenant, c'est la diversité de ces rototos, tantôt léger et doux comme le ronronnement d'un chat, tantôt fort et guttural comme émis par un stentor, ce qui déclenche systématiquement une crise de fous rires chez nous deux.
Mais ce n'est pas toujours aussi simple, Marion m'a déjà fait le coup d'accompagner son rototo par une pétarade de rototos plus petits, comme un séisme et ses répliques, à d'autres moments, il y eut un phénomène de répulsions d'air à deux niveaux, je ne savais plus si c'était son rototo qui émettait cette odeur nauséabonde ou si la couche avait changé de couleur. J'ai eu aussi le droit à des rototos annonciateur de tsunami, comme si le rototo débouchait un conduit afin qu'une vague de vomis soit éjectée sur son Papa. Moi qui avais toujours pensé que le rototo était un signe d'avoir bien mangé, comme cela est de coutume pour certaines populations, j'avais tout faux, le rototo est aussi un signe avant coureur d'évacuation impromptue...
Maintenant, je suis le pro du rototo, il passe comme un pet, tout en douceur, sauf que la direction n'est pas la même. Et comme je la félicite à chaque fois, Marion en est toute heureuse, et c'est toujours une partie de détente qui suit ce petit vent buccal, avant la mise au dodo, pour rejoindre le pays des rêves. J'aimerais que tu sois là avec nous, pour lui faire faire son petit rototo le soir, pour qu'elle s'assoupisse sur ton épaule, pour que nous soyons heureux en famille, tous les trois... Tu me manques tant, ma tendresse, non pas pour te faire faire des rototos, mais des bisous, des bécots, des mamours, des baisers, et surtout te dire combien je t'aime...
Ton Ptit Caillou
Publié le 25/10/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon sucre d’orge de tendresse,
Ce matin, les bras de Morphée m’ont retenu plus que de raison, et il semblerait qu’il en était de même pour Marion, aucun gazouillis ne vint me sortir de mes rêves. Et comble de malchance, j’ai pour une fois omis de mettre mon réveil avant d’aller te rejoindre au pays des songes. Alors, ce fut une petite course matinale pour nous préparer, tout en prenant le temps de bien prendre soin de Marion, de bien la préparer, que son petit déjeuner soit aussi délicieux que chacun des matins qui l’ont précédé. Une fois prêts, tout le monde dans la voiture et… Rien ! Oui, rien, la clef tournée dans le contact ne déclenchait pas le ronronnement habituel du moteur, signe du démarrage pour une nouvelle journée de labeur. Un second coup de démarrage déclencha qui toussotait, la voiture broutait, donnait des à-coups qui surprenaient Marion poussant des petits « oh » de surprise sous les cabris des chevaux du moteur…
Pendant que Marion patientait à l’intérieur de la voiture, je regardais timidement dans le moteur ce qui pouvait ne pas tourner rond, car tu me connais, je ne suis pas un grand expert, mais je ne voyais pas grand-chose de transcendant, si ce n’est un gros bloc qui était le cœur de la voiture et tout plein de fils alimentant en énergie cet organe mécanique vital pour avancer. Mon œil fut attiré par des fils de sections étranges, mais qui ne semblaient pas en état comme s’ils avaient été grignotés par quelque chose, de petits rongeurs par exemple. En regardant d’un peu plus près, j’ai trouvé un gant en laine et des morceaux de tissus, comme si des souris avaient fait un petit nid douillet au creux de notre voiture, petit nid qui avait été le nôtre par le passé…
Notre voiture nous avait emmenés si loin, à travers la France et même plus, sur les autoroutes des vacances ou sur les petites routes de campagne pour un week-end de ressource. Elle nous avait emmené en haut des Alpes pour admirer ses cimes enneigées, sa vallée en contrebas, puis nous avait déposé dans les contreforts pour observer la majesté de la nature dressant ses dents. Elle nous relaxait dans les embouteillages de sa douce musique, agrémentant parfois les attentes d’un coup de klaxon taquin, elle nous rendait service alors que nous allions faire nos courses de fin de semaine en nous prêtant son coffre pour y emmagasiner tout ce que tu avais entassé dans le caddie, alors que je le poussais de plus en plus difficilement au fur et à mesure que tu le remplissais.
Elle avait accueilli nos baisers tendres, nos moments enlacés, nos instants câlins lorsque nous nous blottissions l’un contre l’autre en regardant l’horizon devant nous, que ce soit la mer déchaînée et nous offrant sa colère, de petits flocons de neige se déposant avec douceur pour couvrir le paysage d’une couverture immaculée, ou les gouttelettes de pluie martelant notre toiture pour s’écouler en jolies rigoles sur le pare-brise afin de transformer l’image de la campagne environnante. Lorsque le vent frais secouait la voiture, la douce chaleur de son moteur nous rassurait et nous observions à l’abri les virevoltes des feuilles qui partaient pour leur dernier voyage.
Et elle avait surtout permis de nous réunir, me conduisant sur le chemin de l’amour jusqu’à ta porte, tel un destrier argenté menant son fidèle chevalier, enfin, plutôt palefrenier dans mon cas à ce moment-là, je n’ai atteint le rang de chevalier que lorsque tu m’offris ton cœur pour que je veille dessus. Je t’ai ouvert la porte et tu as embarqué avec moi pour ce long voyage à deux que fut notre amour, dans ce carrosse tiré par des chevaux mécaniques sur qui nous avions toujours pu compter, jusqu’à ce jour où de petites souris ont pris la place, comme si notre carrosse se transformait après un coup de baguette magique pour que les chevaux laissent place aux petits rongeurs, signe, que toi, ma Cendrillon, tu allais revenir vers moi, boitillant à la recherche de ta pantoufle de vair…
Je n’ai donc pu me rendre au travail ce matin, pour le plus grand bonheur de notre puce, mais également du garagiste qui a arrondi sa fin de mois, à croire que c’est lui qui a déposé ses petites souris, car au niveau de la facture, il n’y a pas été avec le dos de la cuillère… Mais elle est là, devant moi, notre voiture, morceau de notre amour, et tant qu’elle roulera, je la bichonnerais, elle me rappelle tant de souvenirs… Tu me manques, mon bébé, je voudrais tant te dire « je t’aime » et t’embrasser, assis dans notre voiture, à regarder le soleil se lever…
Ton Ptit Caillou
Publié le 22/10/2007 à 12:00 par messageinabottle
Ma douce Caroline,
La solitude me pèse, pas celle de vivre seul, je ne le suis, puisque Marion agrémente ma vie de ses nombreux sourires, mais de n'être avec toi, de n'avancer avec toi sur le même chemin, celui de la vie, celui d'une vie de couple avec notre Marion, celui de deux êtres qui ne font plus qu'un, celui de l'amour... J'ai perdu mon équilibre, je suis complètement déstabilisé, je ne suis que l'ombre de moi-même, ombre qui est estompée de temps par le soleil que m'apporte notre puce, par toues les surprises de la voir grandir, devenir une petite femme, petit bout de toi...
J'aimerais te voir auprès de moi, Marion aimerait te voir progresser dans sa position humaine après sa position simiesque. Oui, elle me surprend chaque jour de plus en plus. Elle n'arrive pas encore à marcher seule, son équilibre est précaire, son airbag postérieur semble la lester un peu trop à son goût. Je continue à la faire avancer en la tenant sous les bras, en jouant le bossu tout voûté, mais dès que je la lâche, l'attraction terrestre reprend ses droits et l'attire à nouveau à elle, comme si un aimant était collé à ses fesses. Et quand elle retombe, elle me regarde en faisant « Beuh », d’un air de dire, c’est pas du jeu, ce qui me fait sourire.
Mais elle a réussi à me surprendre aujourd'hui. J'avais mis la peluche de Grégory sur le fauteuil. Je faisais un peu de ménage et je me suis aperçu que Marion jouait avec. Comment la peluche était arrivée dans ses mains, je ne voyais qu'une solution. Je lui ai pris des mains, elle a grinché, et je l'ai déposé sur le fauteuil, où elle était au départ. Je l'ai vu se mettre à quatre pattes et partir en direction du fauteuil, puis à l'aide de ses bras, elle s'est hissé debout en se tenant au bord. Elle savait se mettre debout toute seule, comme une grande, sans mon aide, et elle m'avait caché cela, la coquine. En reprenant la peluche, elle me regarda d'un air de défi « maintenant, tu ne pourras plus la cacher comme tu veux, na! »...
J'ai donc expérimenté son agilité à se redresser en lui reprenant la peluche, et en la reposant sur une chaise. Aussitôt posée, Marion bascula dans la position du petit chien pour foncer vers la chaise, sans les aboiements, s'accrocher au barreau et se tirer vers le haut avec la force de ses bras combinés à celle de ses jambes. Elle me toisa encore lorsqu'elle s'empara de la peluche « je suis plus forte que toi, na! ». Elle en rigolait, et lorsqu'elle me vit m'approcher d'elle, elle se laissa retomber sur ses fesses pour vite détaler avec sa peluche comme elle sait si bien le faire pour éviter que je ne lui subtilise encore une fois, coquin de Papa que je suis...
Il va falloir qu'à l'avenir je fasse attention où je poserais les affaires, elle serait capable de manger tout ce qu'elle pourrait attraper à sa portée, prendre un verre sur la table basse et se le vider dessus. Il ne lui manque plus qu'à pratiquer l'escalade et elle monterait en varappe sur la bibliothèque pour aller chercher des livres... Après le bain, nous en avons bien joué, j'ai mis son bavoir sur la table basse et elle l'a tout de suite reconnue, elle savait que c'était l'heure du repas et elle est partie le chercher. Par contre, ce fut un peu plus dur pour se mettre debout, ses petits pieds de pyjama glissaient, je m'étais mis derrière elle pour éviter qu'elle ne retombe en arrière et ne se cogne la tête sur le carrelage.
Je suis certain que de là où tu nous observes, tu as tout vu, tu devais être heureuse, les larmes sur tes joues angéliques de voir notre petit bout de chou évoluer jouer après jour. Tu devais même déjà être au courant de sa cachotterie, tu as dû l'encourager à cela, la même espièglerie que toi finalement. J'aimerais tant que tu sois auprès de nous deux, nous vivrions tous ces instants de bonheur ensemble, nous pourrions nous épanouir et être une vraie famille, pas une demie famille dans les souvenirs d'un être perdu, prisonnière d'un passé qui n'aurait dû être, au futur inexistant...
Notre puce est un morceau de nous-même, je chérirais ta partie comme si c'était toi, comme je voudrais le faire pour toi, t'aimer à en perdre la raison, ne l'ai-je pas déjà perdu à l'heure qu'il est, mais je m'en moque du regard des autres, je t'aime et seul cela compte à mes yeux, l'amour que je te porte et que je porte à Marion, un amour infini qui ne pourra se perdre dans les limbes des souvenirs et que les ténèbres ne pourront jamais recouvrir de leur noirceur, devant tant d'éclats de pureté... Tu me manques tellement, j'ai l'impression de ne pas t'avoir assez aimé de ton vivant, mais sache que je t'aimerais plus que tu n'aurais pu t'imaginer au-delà des frontières de la vie...
Ton Ptit Caillou
Publié le 12/10/2007 à 12:00 par messageinabottle
Mon trésor,
Je ne sens plus mes bras alors que je t’écris, donc je te prie de bien vouloir m’excuser pour mon écriture tremblotante et mes mots illisibles ou écorchés. Non, je n’ai pas fait de séances de musculation pour cultiver mon pseudo corps d’athlète ou un déménagement contrairement à ce que tu pourrais penser, je n’ai pas non plus retourné toute la terre de notre jardin, j’ai simplement passé la journée à porter Marion. Et oui, j’ai voulu continuer à la motiver à progresser dans sa démarche de vouloir se tenir debout, démarche honorable, mais plus évident à vouloir qu’à obtenir un résultat…
A bout de bras, je l’ai portée pour qu’elle se mette droite, et qu’elle essaie de toucher le sol de ses petits pieds afin de la faire dandiner dessus tout en avançant avec elle. Mais Marion était d’humeur joueuse aujourd’hui, elle préférait faire du pédalo, mademoiselle, du vélo sans pédale pour plus de facilité, pendant que je m’escrimais à la faire marcher. Et plus je l’incitais à poser ses pieds au sol, plus elle relevait ses jambes, fléchissant ses genoux pour ne pas toucher le sol. Une vraie petite tête de mule, mais je ne suis guère mieux, alors j’ai insisté en la faisant voler dans les airs, comme un petit ange qu’elle est, bien que parfois petit démon avec son Papa quand elle fait preuve de son petit caractère. Elle adore voler, mais je la reposais très rapidement au sol, et pour que cela recommence, je lui disais qu’il fallait qu’elle touche le sol, qu’elle fléchisse les genoux et qu’elle pousse dessus pour faire décoller l’avion. J’ai eu du mal à lui faire comprendre le mouvement, n’ayant toujours pas trouvé le décodeur parfait pour me faire comprendre, mais au bout de quelques essais, elle a fini par assimiler le système et par me prendre à mon propre jeu, à vouloir encore et encore être plus grande que mois, planer au-dessus de son Papa et rire aux éclats.
Mais Papa n’est pas un athlète de première catégorie, et ses petits bras musclés ne tenaient pas la cadence, donc au bout d’un moment, j’ai stoppé la manœuvre, et j’ai reposé Marion au sol pour qu’elle puisse se reposer un peu aussi. Et bien cela ne lui plaisait plus, elle souhaitait continuer à s’amuser, Papa n’était pas rigolo, et elle m’a fait une petite colère, qui tenait plus du caprice qu’autre chose, car une fois que je lui ai dit qu’elle n’était pas belle comme cela, elle s’est arrêtée net, m’a regardé, et m’a bluffé ! Elle s’est mise à quatre pattes, a dévalé sur moi, et m’a tiré par le pantalon pour que je la prenne avec moi, avec son petit regard tout craquant, comme le chat botté du film Shreck, tu te rappelles ? Comment ne pas fondre devant un tel regard, même le plus grand des icebergs se transformerait en eau limpide.
Alors, je l’ai prise contre moi, mais elle se trémoussait, elle voulait à nouveau jouer, c’était un jeu de se mettre debout, mais il était l’heure de prendre son bain, et ce ne fut pas une sinécure ce coup-ci. Déjà, pendant que je lui retirais sa couche, elle donnait des coups de pieds en étendant d’un coup sec ses jambes pour me montrer ce qu’elle voulait. J’avais beau lui faire des papouilles sur le ventre, elle me repoussait, ce n’est pas ce qu’elle voulait. Dans le bain, ce fut une vraie petite sirène, à battre des jambes, à projeter toute l’eau à droite et à gauche, et il a fallu que je la mette debout, et là, jamais je n’aurais dû… Elle multiplia les coups de pieds dans l’eau, elle shootait si bien que la salle de bain est devenue piscine, elle en vidait son bain, et j’étais dans le même état que la salle de bain. Elle voulait voler à nouveau, et j’ai dû m’y résoudre, non sans l’obliger à se mettre à nouveau debout.
Avant le repas, j’ai réussi à lui faire faire des petits sauts avant chaque envolée, et même à marcher un peu, enfin, à se maintenir debout comme un pantin désarticulé, une marionnette guidée par son Papa, mais qui avait enfin l’envie d’avancer, de ne plus rester sur place, alors à chaque progression, pour la féliciter, elle volait, au détriment de mes bras, ce qui justifie mon écriture d’élève de primaire, tremblante, mais quel plaisir j’ai eu de la voir heureuse, de la voir progresser encore, et tout comme un jeu, rien de plus, un amusement de la vie avec son Papa. Et une fois couchée, une larme a perlé sur mon visage, une larme de joie, de bonheur…
J’aurais aimé que tu sois à nos côtés, que tu te retrouves éclaboussée comme moi, de rire aux larmes avec nous, mais le voile de la vie nous sépare, tu es loin à regarder Marion s’épanouir chaque jour et devenir une petite demoiselle à la frimousse adorable, digne de toi. Tu me manques tant, ma douceur, tu aurais été auprès de moi, j’aurais encore eu la force de te porter dans mes bras pour t’emmener vers notre lit pour arroser cette leçon de vie de notre puce à notre manière, en ébats de tendresse… Mais tu es partie vers d’autres cieux, loin de nous, mais mon cœur battra à jamais pour toi comme les pieds de Marion l’on fait aujourd’hui… Je t’aime, ma chérie, Caroline, toi, la femme de ma vie…
Ton Ptit Caillou