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messageinabottle
Description du blog :
Une bouteille à la mer envoyé à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé...
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
10.03.2007
Dernière mise à jour :
14.04.2008
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31 Mai 2007

Posté le 14.08.2007 par messageinabottle
Ma perle de vie,

Mon coeur est triste de ton absence, alors que je vois les couples se former, se promener main dans la main et s'aimer aux yeux de tous. Nous étions comme eux, seuls au monde, la pluie ne pouvait nous atteindre, le vent ne pouvait nous déraciner lorsque nous nous enlacions, nous étions heureux et amoureux l'un de l'autre, plus rien d'autre ne pouvait compter. Et revoir tous ces tourtereaux afficher leurs sentiments à toute âme, sous la toison solaire, réveille en moi de douloureux souvenirs, non pas parce qu'ils étaient mauvais, bien au contraire, mais parce que nous ne les revivrons plus sur cette Terre...
Oui et cet après-midi, j'ai revécu un de ces instants magiques de notre vie. En me promenant avec Marion, j'ai aperçu une jeune femme seule assise en terrasse d'un café. Elle était plutôt jolie, nature et féminine, elle ne passait pas inaperçue aux regards des passants masculins. Certains s'osaient à un sourire, somme toute sans arrière-pensée dans la majorité des cas, un sourire n'engageant à rien, simple preuve de courtoisie ayant tendance à disparaître de nos jours, mais elle esquissait à peine un sourire, perdue dans ses pensées. Une mèche de ses cheveux caressait son visage, au gré des jeux de Zéphyr, mais elle ne le remarquait pas. Elle ressemblait à un pantin désarticulé, sans aucune vie, qu'un mouvement trop brusque suffirait à démembrer...
Elle était vêtue de manière colorée, avec un chemisier aux couleurs de l'été, une jolie robe vert anis, une jolie fleur de saison. Mais cette jolie fleur avait perdu quelque chose, son visage était éteint, elle ignorait ce qui se passait autour d'elle, levant à peine un regard sur le garçon qui lui amenait ce qu'elle avait commandé. Elle avait les même yeux que toi, ces yeux de biche qui me faisait fondre. J'ai continué à la regarder un moment, Marion gazouillait dans la poussette, elle était guillerette avec ce doux soleil qui nous offrait un peu de sa présence. L'inconnue au visage angélique nous vit et nous envoya un sourire que je lui rendis....
Tout à coup, ce fut comme un miracle. Son visage s'éclaircit, elle releva la tête, son corps commençait à prendre vie. Je sentais le bonheur émaner d'elle, un large sourire l'illumina, sa mèche de cheveux vient se repositionner en place comme par magie, une flamme s'allumait dans son regard. Je distinguais la finesse de ses doigts animant ses mains qui se levaient, j'avais l'impression que tout son être devenait léger, qu'elle allait s'envoler de sa chaise, que c'était une autre femme qui avait pris la place de la première, le jour et la nuit entre la torpeur du départ et la quiétude de maintenant. Je sentais même des ondes positives en provenance d'elle, une béatitude, un bien-être total, une sérénité surnaturelle...
La raison de ce revirement de comportement était simple, ce n'était pas Marion ou mon sourire qui était responsable de cet état, mais l'arrivée d'un galant homme, son ami qui ravivait la flamme de son coeur en lui apportant son oxygène. Elle était heureuse de le voir arriver, elle se leva d'un seul coup pour se jeter à son cou et déposer un langoureux baiser à son promis. Elle était devenue ange, elle irradiait de bonheur, son corps si lourd au départ devenait aussi virevoltant qu'un voile sous la bise. En s'asseyant, elle ne le lâchait plus, sa main jouait avec celle de son ami, elle cherchait à fusionner, que leurs deux mains ne fassent plus qu'une. Elle ne le quittait pas des yeux, elle le dévorait du regard, l'étincelle qu'il avait allumée en arrivant avait provoqué un incendie de sentiments, la fleur qui n'était que bouton fané avait ouvert ses pétales, le bel oiseau prenait son envol, l'amour la transcendait et la rendait encore plus belle qu'elle ne l'était déjà, si tant soit peu elle en avait eu besoin...
Je me souviens lorsque je rentrais le soir, lorsque nous nous retrouvions, tu avais la même expression, les mêmes réactions. Tu étais le comburant, moi la carburant et l'étincelle de notre amour déclenchait cette flamme, elle brûlait ceux qui nous approchaient, non pas en laissant des traces indélébiles sur la peau, mais plutôt des traces indélébiles au fond du coeur et de l'esprit. C'était le bonheur à l'état pur, comme ce jeune couple qui se retrouvait à la terrasse d'un café pour un bonheur simple, celui d'être ensemble, réunis, pour exprimer son amour par de petits gestes, par une présence, par de doux mots et instants partagés...
Tu me manques, Caroline, je me sens si seul loin de toi, à flétrir extérieurement malgré tout l'amour que j'ai pour toi. Si tu étais là, je ferais de toi la plus heureuse des femmes, tu l'étais déjà, tu me le disais souvent, mais je ferais encore mieux, toujours mieux... Je voudrais tant continuer à vivre ces moments de couple, à cultiver notre amour, et à te dire encore et encore sous ton regard envoûtant « Je t'aime »...

Ton Ptit Caillou



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30 Mai 2007

Posté le 13.08.2007 par messageinabottle
Mon ambre de lumière,

Mon coeur continue de pleurer, une rivière de larmes qui ne peut se tarir, et continue à creuser ce sillon au fond de moi, toujours plus profond, toujours plus marqué, toujours plus important jour après jour... Tu es partie et seules nos retrouvailles pourraient créer un barrage pour stopper ce débit qui chemine en moi. Et toutes ces interrogations sans réponse qui me hantent sans cesse, toutes ces idées que je me fais, comme un film sans fin, des scénarii multiples dont l'écriture n'est pas achevée...
Que deviens-tu, mon coeur? Quelle est ta vie depuis que tu nous as quittés, comment cela se passe là-haut? Où vis-tu exactement, dans quelle condition? Oui, que de questions qui se posent à moi... As-tu conservé la même apparence, la même douceur du visage, la même courbure de corps, la même chevelure d'or, des ailes en plus ayant poussé dans ton dos pour te permettre de virevolter dans le royaume céleste, une auréole au-dessus de ta tête pour symboliser ce que tu es devenue, où ne subsiste-t-il qu'une étincelle qui symbolise ton âme? Si tu as conservé une allure humaine, es-tu vêtue ou vis-tu nue, et si tu es vêtue, est-ce un léger voilage comme cela est représenté sur les tableaux des peintres de la renaissance, où une tenue somme toute militaire, chaque couleur différenciant les niveaux de compétence dans l'organisation divine? Es-tu toujours une femme ou es-tu devenue asexuée, selon la légende
As-tu besoin de dormir ou la notion de vie comme on la conçoit sur Terre n'est plus la même, plus de rythme de récupération, plus de phase de sommeil pour être efficace le lendemain? As-tu besoin de te sustenter ou est-ce fini, la notion d'appétit n'existe plus? Si tu manges, est-ce la même nourriture que celle que nous ingurgitons, ou quelque chose de nouveau, y a-t-il des genres de self services, ou est-ce que d'une seule pensée, tu peux faire apparaître un festin de roi? Résides-tu dans un logement, et si oui, de quel type, un nuage ou un appartement comme ici-bas, une petite boîte de stockage nocturne, ou nul logement dans le jardin d'Eden?
As-tu retrouvé ton Papa, partages-tu des moments avec lui, reparlez-vous de votre passage sur Terre, ou ne vis-tu que dans le futur, pas dans le passé? Là-haut, as-tu conservé ta personnalité d'antan, ou une nouvelle personnalité t'a-t-il été attribuée, et tu ne te souviens plus de rien, ni de Marion, ni de moi? As-tu pour mission de surveiller quelqu'un, peut-être Marion, d'être un ange gardien, ou, contrairement à nos croyances, tu ne veilles sur personne, simplement sur toi, pour rester ange au sourire angélique et à la grâce enjôleuse? Dans quel pays se trouve le Paradis, sur Terre, dans le ciel, dans une autre dimension, dans une notion inimaginable par l'esprit borné de l'humain?
Et que fais-tu de tes longues journées? Passes-tu ton temps à faire des allers-retours sur Terre pour cultiver des B. A., restes-tu auprès de nous pour voir grandir Marion, pour me soutenir dans mes périodes de blues et de détresse, ou regardes-tu ce qui se passe ici-bas, comme dans une télé réalité à l'ampleur planétaire? As-tu encore des sentiments comme l'envie, le désir, la jalousie, l'amour, ou plus rien ne peut t'atteindre, pas même l'arrivée d'un de tes proches dans ta nouvelle maison? La vie se déroule-t-elle de la même manière qu'ici, y a-t-il des jeunes, des moins jeunes, des vieillards ou tout le monde a le même âge, y a-t-il des naissances, et des décès, une naissance au Paradis est-elle un décès sur la Terre et vice-versa?
Et si au moment du tri, si on t'avait mal aiguillé, si on t'avait envoyé en Enfer après le purgatoire, si tu étais cernée par le mal, et que tu endures mille souffrance à longueur de temps, ... Je n'ose y penser, même si cette question ma tarabuste, je ne peux envisager pareil destin pour toi, mon amour, la mort t'ayant déjà arraché à nous serait-elle encore plus cruelle que nous ne pourrions le penser? Pire, ton âme a été oubliée et erre à la recherche du passage céleste, coincée entre deux dimensions, je ne veux pas y penser, j'en ai froid dans le dos...
Mon amour, tu me manques, mon amour, j'ai besoin de toi, et même si je t'imagine au Paradis à jouer avec les angelots, j'aimerais tant que tu sois à mes côtés, que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve, qu'en ouvrant les yeux, j'ai fait un cauchemars, que tout ça ne soit que pure invention de mon esprit, dans lequel je me suis replié pour oublier la triste réalité qui m'entoure et qui me fait souffrir. Je t'aime tant, Caroline, je t'aime tant et pourtant, j'ai l'impression de ne pas t'aimer assez, de ne pas être assez fort, de ne pas en faire assez pour me montrer digne de toi et de ton intérêt pour moi... Mon petit ange, je trouverais la réponse à toutes ces questions lorsque tu m'ouvriras tes bras pour m'accueillir auprès de toi...

Ton Ptit Caillou

29 Mai 2007

Posté le 10.08.2007 par messageinabottle
Mon écrin de douceur,

Une Maman, voilà ce dont a besoin chaque enfant, que ce soit une vraie Maman, je veux dire une femme, ou d'un homme assumant le rôle complet dans la Maman pour les couples homosexuels. Une Maman, comme en aurait besoin Marion, une Maman qui la berce en son sein, qui sait ce qui est bon pour elle ou pas, qui de sa voie mélodieuse lui lit une belle et tendre histoire le soir avant de s'endormir, qui se lève la nuit quand un cauchemar perturbe le sommeil, qui dépose un bisou magique sur les points endoloris d'un corps meurtri par une chute ou la rencontre d'un obstacle, qui est la plus jolie des Mamans pour son enfant et son conjoint aimant... Mais pas une Maman qui ne voit pas le mal qu'elle peut faire à son enfant en pensant bien faire, mais en ayant un comportement égoïste et destructeur pour une fillette en bas âge. C'est ce dont m'a parlé Edwige ce jour...
Elle m'a appelé pour prendre des nouvelles, savoir comment allait Marion, après sa roséole, si elle avait tenté ses premiers pas debout, et m'a donné des nouvelles de Grégory, petit ange qui demande de tes nouvelles tous les jours et a hâte de te voir revenir pour te raconter toutes les aventures qui lui sont arrivées... Mais elle m'a également conté l'histoire d'une pauvre enfant qui vient de leur être confiée par la DASS. Ce petit bout de cinq ans avait déjà dû subir la séparation de ces parents, le père n'ayant trouvé de meilleur moyen pour mettre un terme à son couple que d'aller offrir ses prestations intimes à une des collègues de son épouse. Sa mère ne s'en est pas vraiment remis, ne comprenant pas la motivation de son époux, et après une période à se renfermer sur elle-même, sitôt la mariage annulé, elle a commencé à vouloir se prouver qu'elle plairait à nouveau.
Elle a commencé à sortir en discothèque et à flirter avec pas mal d'hommes, sans aller plus loin, simplement pour le plaisir d'appâter l'homme comme un poisson et une fois dans ses filets, de le relâcher pour qu'il aille se faire prendre dans d'autres filets. Bien sûr, au matin, elle redevenait une bonne mère, du moins le pensait-elle, mais sa puce sentait sa maman évoluer, elle n'était plus la même au fond d'elle-même, bien qu'aimante, bien que présente, il y avait quelque chose de changer. Et le premier stade de l'évolution passé, sa maman franchit l'étape du flirt pour son confort intime. Elle commença avec des personnes proches d'elle, mariés ou non, peu importait le flacon pourvut qu'elle ait l'ivresse, cela quand sa fille était chez son ex-conjoint. Ce qui fait qu'elle ne les croisait jamais, mais quand elle revenait, elle sentait la différence, sa maman était plus douce, plus gentille avec elle, elle ne s'en plaignait pas, mais elle sentait une odeur autre chez elle, une odeur qu'elle n'aimait pas.
Par la suite, elle rencontra des pseudos amis de sa maman, qui avaient des gestes tendres envers elle, qui bien que cachés, étaient visibles par cette enfant intelligente. Ils avaient le même comportement que son papa avait avec sa nouvelle amie, mais ce qui commença à perturber la petite, c'est le défilement d'hommes qui débuta. Elle fut couverte de cadeaux, comme pour l'acheter, comme pour lui faire comprendre qu'ils allaient se revoir souvent, que sa maman y trouverait ce qu'elle cherchait et qu'elle serait plus gentille avec elle... Mais en raison de cela, sans s'en apercevoir, sa maman commença à l'abandonner malgré elle, la nounou prit de plus en plus de place dans la vie de la petite. Sa maman aurait pu stopper son manège depuis longtemps, certaines personnes devaient lui convenir pour refaire sa vie, mais elle avait pris goût à ce petit jeu de mensonges envers les autres, et elle était devenue hypocrite avec sa fille, elle lui accordait moins de temps, elle essayait de se racheter en lui offrant tout ce qu'elle voulait et en cédant à ces caprices, mais le mal était fait.
Et pour couronner le tout, son papa disparut prématurément, laissant la petite dans l'incompréhension de son départ, et vivant avec sa nounou, sa maman continuant sa vie d'abandon en pensant que l'amour occasionnel qu'elle offrait à sa fille suffisait. Ce n'est que lorsque la petite fut tapée par un de ces hommes de passage qu'elle se rendit compte de son forfait, mais il était trop tard, et la garde de sa puce lui fut retiré. Elle a été confiée au centre dans lequel tu travaillais, et Edwige me disait que Grégory la protégeait, l'amour pur qu'il avait au fond du coeur avait rapproché les deux enfants, la petite souriait à nouveau, elle était heureuse, loin de sa maman, mais heureuse en redécouvrant le vrai amour...
Cela m'a fait mal d'entendre cela, tout comme de le lire te blessera au plus profond de ton coeur. Oui, cette maman qui n'a pas vu la chance qu'elle avait d'élever son enfant, alors que toi, tu n'es plus, tu n'as pu vivre cela, l'offrir à notre petit ange... Tu aurais fait une Maman exceptionnelle, la plus jolie et la plus tendre des mamans, jamais tu n'aurais pu avoir pareil comportement, tu étais la bonté pure, et quelque part, Grégory te remplace dans ce rôle protecteur pour cette petite puce. Mais tu manques à la nôtre, tu nous manques, tu me manques, chérie. Pourquoi ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers, pourquoi es-tu partie si vite... Je t'aime, je t'aime, je t'aime, et jamais je n'éteindrais cette flamme qui brûle pour toi au fond de moi...

Ton Ptit Caillou

28 Mai 2007

Posté le 08.08.2007 par messageinabottle
Ma tendre et douce Caroline,

Ca y est, Marion n'est plus tachetée, non, ne crois pas que je l'ai passée à la machine à laver avec un vulgaire produit de nettoyage, non, la nuit a fait son travail, l'obscurité s'est déposée sur son petit costume à fleur de peau, ce tatouage indélébile qui s'était ancré sur elle, et quand elle s'est évanouie au petit jour venu, elle a emporté dans ses valises les rougeurs que la roséole avait déposées sur son corps de princesse. On dit que la nuit porte conseille, que la nuit, tous les chats sont gris, mais la nuit nettoie également les douleurs de la veille, et atténue les blessures de l'âme lorsqu'elles sont légères...
Elle devient plus belle de jour en jour, tu le verrais, tu fondrais. Chaque personne qui la voit insiste sur le fait qu'elle est vraiment la fille de sa Maman, je me demande même si j'ai participé à la conception car elle n'a rien de moi... Quand je la regarde allongée sur la table à langer, je t'imagine à ses côtés, ton image se dessine contre elle, je te vois lui changer sa couche, avec toute la délicatesse que cela nécessite et non ma gaucherie habituelle. Quand elle attend sur sa petite chaise que je vienne lui donner ses petits pots, je te distingue lui ouvrant son petit pot, je vois Marion te regarder et ouvrir machinalement sa petite bouche pour recevoir la petite cuillère que tu lui tends avec amour. Quand elle s'endort paisiblement le soir venu, je distingue la trace du baiser que tu déposes tendrement sur son front, et la couverture que tu rebordes sur elle pour qu'elle n'attrape pas froid la nuit venue...
Quand elle barbote dans sa petite piscine dans le jardin, je te vois lui passer des rideaux d'eau dans le dos pour la rafraîchir, tu provoques des petits remous pour qu'elle profite d'un jacuzzi manuel, et cela fait sourire Marion. Lorsqu'elle s'assoupit dans sa poussette, je vois son petit parasol changer de position pour filtrer les rayons du soleil sous ton impulsion. Quand elle joue dans son parc avec ces jouets, je les vois s'animer de leur propre chef sous la houlette de tes mains, en un spectacle envoûtant qui absorbe Marion au plus haut point, en oubliant même parfois l'heure de son bain du soir. Et quand elle s'endort dans son lit le soir, je t'imagine enclencher son petit pendule au-dessus d'elle illuminant d'étoiles le plafond de sa chambre. Et lorsque mes larmes dégoulinent le long de mes joues de t'imaginer, de ta main de velours, tu dérives leur cours pour assécher ces petits rus oculaires...
Ses premiers pas à quatre pattes, tu étais là aussi, en la maintenant sous le ventre pour que tout son poids n'aille pas sur ses membres, et tu en feras de même lorsqu'elle décidera de marcher comme une bipède, pour épargner la candeur de ses mains. Tu la soutenais lors de ces premiers rots, tu savais où placer tes mains pour qu'elle fasse ressortir ces bulles d'air, alors que, maladroitement, je la secouais comme une vulgaire poupée. Tu étais également présente pendant les poussées de ces premières dents, pour déposer d'un souffle léger un peu de fraîcheur sur ses gencives endolories, alors que je m'esclaffais à trouver la solution pour adoucir sa douleur et le volume de sa voix. Et tu guidais mon bras lors de mes premiers biberons pour ne pas l'étouffer en le plaçant trop haut, ni ne la forcer à tirer sur la tétine en le plaçant trop bas...
Mais tu n'es auprès de nous que virtuellement, et comme un fantôme, tu t'éclipses sans un bruit. Même si nous ressentons ta présence, grâce à notre sixième sens, celui qui nous a réunit de ton vivant, notre imaginaire te crée, mais tu n'es pas là, et d'où tu nous observes, tu dois également te voir évoluer autour de nous, avec nous, entre nous... Je sais que je craque souvent, que j'ai du mal à trouver la force de tenir, mais mon esprit m'aide à lutter contre ce futur sans toi, il échafaude un présent d'où tu n'es jamais exclue, en attendant un avenir où je te retrouverais, sitôt ma mission sur Terre auprès de Marion achevée...
Je t'aime, mon petit bouton de rose, Marion t'aime aussi, devant tes photos qu'elle montre du doigt, elle dit « Maman », elle te reconnaît et je sais que tu l'entends par-delà les frontières de la vie. Tu nous manques le jour, tu nous manques la nuit, tu nous manques au réveil, tu nous manques au coucher, ... Je sais que tu m'attendras comme je t'attends, je sais que notre amour est plus fort que la mort, et que rien ni personne ne m'empêchera de te le prouver... Attends-moi, j'arrive...

Ton Ptit Caillou

27 Mai 2007

Posté le 07.08.2007 par messageinabottle
Ma raison de vivre,

Merci pour Marion, elle se sent mieux, elle a dormi comme un loir, grâce à la commande que tu as passé au marchand de sable, un sable si doux, si fin, qu'elle a fait sa nuit d'une seule traite, me réveillant au petit matin pour jouer avec elle. Merci de veiller sur notre petit ange alors que Morphée me prenait en ses bras, la pression de ces derniers jours retombant, sachant Marion sur la voie de la guérison. Merci de m'envoyer tant d'amour pour nous permettre de nous relever de chacune des épreuves que la vie nous mettra en travers de la route, comme le phoenix renaît de ses cendres, même si je ne pourrais jamais relever la tête comme avant, le poids de ton décès à jamais sur mes épaules, même si je n'y suis pour rien, je me sens responsable de ne pas avoir pu faire plus pour toi du temps de ton vivant...
Marion ressemble toujours à une petite panthère, toute tigrée, mais les rougeurs commencent à s'estomper. J'ai pris des photos pour lui montrer quand elle sera plus grande, son premier déguisement. Je préfère en rire maintenant, j'en ai assez pleuré avant de me sentir impuissant. La fièvre qu'elle avait n'est plus qu'un vague souvenir, et elle a retrouvé sa forme d'avant. Tu devrais la voir, une panthère aux tâches rouges galopant à quatre pattes dans notre maison simplement vêtue d'une couche! Un véritable petit phénomène de cirque, après la femme à barbe, après la femme tronc, après les jumeaux siamois, après les sept nains, le bébé panthère rouge... On pourrait penser qu'elle a attrapé des coups de soleil derrière un grillage.
Roséole... Je me souviendrais de ce mot toute ma vie, ma première grande peur pour Marion, si toutes les couleurs doivent y passer, je devrais m'attendre à la rougeole, que j'ai eu, si mon neurone marche toujours aussi bien, mais il y a aussi la jaunisse, la maladie bleue, que je ne lui souhaite pas. Et puis, toutes les autres maladies infantiles qui vont lui tendre la main, la scarlatine, la rubéole, les oreillons, la varicelle, la coqueluche, ... Si Marion pouvait vite passer toute cette période-là de sa vie, cela m'arrangerait de ne pas me faire encore du mouron devant une nouvelle maladie...
Mon petit ange, elle revit, elle est heureuse de ne plus être à la merci de cette incubation. J'ai eu si peur, si peur de la perdre, je t'avais déjà perdu toi, je n'aurais pu supporter de la perdre aussi, j'aurais fait le grand voyage pour l'accompagner jusqu'à toi, et nous aurions vécu notre vie de famille par delà le voile de la vie... Heureusement, il n'en est rien et je vais continuer de protéger notre petit bourgeon face à toutes les attaques de la vie. J'ai déjà commencé en renforçant son petit postérieur avec une couche pour éviter qu'elle ne se fasse mal aux fesses lorsqu'elle commencera à déambuler debout et que son équilibre sera précaire. J'ai déjà mis les objets contendants en hauteur pour éviter qu'elle ne se blesse dessus, j'ai bloqué l'accès à l'escalier qui mène à l'étage pour éviter qu'elle ne pratique de l'escalade en rappel, et j'ai rehaussé les barreaux de son lit pour qu'elle ne chute pas si jamais il lui prenait l'envie de faire du saut d'obstacle sitôt ses jambes assez forte pour la tenir verticale...
Tu es partie trop tôt, je ne comprendrais jamais pourquoi la mort n'emmène pas avec elle les gens au-delà d'un certain âge, pourquoi des enfants peuvent être fauchés dans la fleur de l'âge, pourquoi tu es partie si vite, laissant, sans la moindre protection maternelle, le fruit de notre amour aux mains de son Papa un peu gauche, qui apprend le métier au fur et à mesure des expériences de la vie, mais qui apprend aussi un pseudo métier de Maman, ne serait-ce que pour les bisous magiques, mais je dois encore m'entraîner, cela fonctionnait très bien avec toi, mais j'ai moins de réussite avec Marion. L’épreuve que je viens de passer doit se partager à deux, enfin, je veux dire à trois, dans l’amour, dans la complicité, dans l’entraide pour qu’à chaque instant l’enfant qui soufre puisse se blottir contre ses parents, compter sur eux… Je sais que tu étais là, par l’esprit, par ton appui céleste pour que Marion ne soufre pas trop, et grâce à toi, elle s’en est sortie.
Mon amour, je t’aime à la folie, et Marion t’aime à travers moi, elle a ressenti cet amour que tu lui voues, mais j’aurais encore une petite requête si possible… N’aurais-tu pas un tampon magique pour gommer toutes les petites tâches rouges du corps de Marion, car je préfère notre puce sans son costume de panthère… Tu me manques, tu sais, et même si je pense tout le temps à toi, ce n’est pas suffisant, je voudrais tant te prouver cet amour encore et encore par mes gestes, mes attentions, et tout ce que tu appréciais chez moi… Je t’attendrais jusqu’à ma mort…

Ton Ptit Caillou

26 Mai 2007

Posté le 06.08.2007 par messageinabottle
Mon sucre d’orge,

Encore une nuit à veiller sur Marion, encore une nuit à dormir au fond du fauteuil pour être là si elle gémit, si elle pleure, si elle se sent mal, encore une nuit à être le gardien de sa santé, à défaut d'être celui de ces rêves...Mais ce matin, c'est Marion qui m'a réveillé, elle était à nouveau toute guillerette, elle avait retrouvé sa bonne humeur. J'ai été toucher son front, et la fièvre semblait tombée, confirmé en lui prenant sa température, 37,1°. Cette méchante maladie qui rongeait Marion de l'intérieur avait plié bagage au cours de la nuit, pour aller trouver un autre corps à investir...
Nous avons fêté cela en jouant dans notre lit, je lui faisais faire l'avion, l'ascenseur, je la chatouillais et elle pleurait de rire. Nous revivions, fini le cauchemar des trois jours précédent, fini l'inquiétude du père impuissant qui me submergeait, fini Marion amorphe sous les coups de boutoir de ce mal étrange parti comme il était apparu, ce serait journée de fête. Au cours du déjeuner, je ne l'avais jamais vu autant mangé, elle se rattrapait en se gorgeant de toute la nourriture qu'elle n'avait pu ingérer pendant sa période de mal aise. Une vraie petite ogresse, mais elle faisait plaisir à voir, plus besoin de la forcer à manger, elle réclamait au contraire car je n'allais pas assez vite.
Mais j'ai changé de réaction lorsque je l'ai changé... Tout son dos était couvert de plaques rouges, sa poitrine aussi, et quelques petits points dans le cou, que je n'avais pas vu avant. J'ai donc contacté le médecin comme il me l'avait conseillé, je lui ai expliqué l'évolution de l'état de Marion, et après m'avoir fait vérifier qu'en appuyant sur une de ces tâches rouges, elle disparaissait, il m'a dit que ce n'était pas grave, que tout ceci n'était qu'une roséole, symptomatique de trois jours enfiévrés et de l'apparition des plaques. Elles allaient disparaître, il n'y avait rien à faire, et cela ne démangerait pas Marion le moindre du monde. Je fus rassuré, mais après avoir était bouillante, son corps se transformait pour la recouvrir d'écailles rouges comme un petit poisson. La première phase de l'évolution de notre petite sirène...
Pauvre petit bouchon, heureusement qu'elle ne peut se voir dans la glace, elle me ferait un procès pour tentative d'empoissonnement avec effets pervers sur sa belle anatomie! Heureusement que cela ne la démange pas, j'aurais dû lui mettre des moufles pour éviter qu'elle ne s'écorche la peau en se grattant et ne laisse des traces indélébiles sur son corps de princesse... Nous avons retrouvé notre complicité balnéaire, mes petits battements manuels l'amusaient follement, ses rires forts et animés me donnaient envie de pleurer, j'étais à nouveau heureux de la voir « revivre ». J'allais pouvoir reprendre mon labeur paternel, veiller sur notre petit ange, lui permettre de grandir dans les meilleures conditions, assurer le rôle de Papa, mais également de Maman, non pas pour te remplacer, je ne le pourrais jamais, mais pour lui apporter toute la tendresse et la sensibilité, toute l'écoute et la présence que la faucheuse lui a prise en t'emmenant avec elle...
Nous avons fait une sieste tous les deux, mes nerfs retombés, je me suis endormi comme Marion, au passage du marchand de sable. C'est elle qui m'a réveillé en crapahutant sur mon ventre et en me donnant un coup de genou malencontreusement bien placé, ce qui a eu le don de me réveiller de manière automatique et plutôt douloureuse... Elle avait envie de jouer, elle partait à la découverte de mon corps, maintenant qu'elle était en forme, elle voulait rattraper le temps perdu où elle ne pouvait galoper à quatre pattes... Elle m'escalada par la face nord, et arrivée en haut, elle fut surprise quand je l'attrapas pour la faire voler. La maison résonnait de nos rires, et sur le passage de Marion à quatre pattes, les fleurs reprenaient de la force et s'ouvraient à nouveau, des rais de lumière filtraient par les fenêtres pour éclairer notre petit bout, comme une star sur une scène. Nous avons fait la course comme cela une bonne partie du reste de la journée, nous en étions éreintés, mais quelle bonne fatigue...
Je me sens mieux à présent, comme si une pression quittait mes épaules. Lorsque Marion s'est assoupi, je n'avais qu'une hâte, t'annoncer la bonne nouvelle que tu avais vue déjà de là-haut, et surtout te remercier pour tout ce que tu as fait, d'avoir veillé sur elle pour que sa température n'évolue pas, de m'avoir donné la force de tenir, même si j'ai craqué, même je ne pouvais retenir mes larmes devant la détresse de notre puce, d'avoir été là, même si tu ne l'es plus physiquement... Je t'aime, Caroline, et même si je ne te l'ai écris ces jours-ci, c'est toujours ce que je ressens au plus profond de mon être, et malgré l'inquiétude que j'avais quant à l'état de santé de notre puce, c'est cet amour qui fait brûler le feu au creux de mon coeur...

Ton Ptit Caillou

25 Mai 2007

Posté le 03.08.2007 par messageinabottle
Chérie,

Marion a un peu mieux dormi cette nuit, moi, toujours aussi mal dans mon fauteuil à être le gardien de ces rêves. Je me suis levé plusieurs fois pour toucher son front, elle était toujours aussi chaude. Mais ce matin, elle m'a sorti de ma somnolence en pleurant, elle avait mal, ne se sentait pas bien, comme si son corps subissait une métamorphose qu'elle ne contrôlait pas. Je me suis levé aussitôt pour la prendre contre moi, mais aucun autre symptôme décelable, température constante, et rien de visible sur son corps. Si je pouvais absorber sa douleur, qu'elle ne soit plus malade et que ce soit moi qui le soit, je serais plus fort qu'elle, je pourrais dire où j'ai mal, je pourrais mieux me soigner, mais elle, notre pauvre puce...
Ses larmes séchées, nous avons déjeuné, mais elle n'avait pas fin, elle me regardait en peine, semblant me demander « Papa, quand est-ce que cela va finir, quand est-ce que je serais guérie ». Mais je n'avais pas de réponse, j'étais toujours impuissant, et je faisais tout ce que le médecin m'avait recommandé, je lui donnais du paracétamol, je la baignais dans une eau adéquate par rapport à sa température, je lui passais des linges humides sur le corps pour la réhydrater, je la faisais boire en insistant malgré sa saturation, je la vaporisais puis l'essuyais pour qu'elle n'attrape pas froid, sa chambre était chauffée à dix-neuf degrés, je ne pouvais rien faire de plus...
Je lui ai fait des marionnettes avec ses peluches, le nounours de Grégory étant le héros de ma mise en scène, et elle était absorbée par leurs mouvements. Elle essayait de les attraper, alors je les faisais fuir devant le géant qu'elle était. Pas de sourire, ni de rire, mais elle participait, c'était un bon début, elle retrouvait un soupçon de vigueur, mais pas de quoi fouetter un chat. Et cette satanée fièvre qui ne voulait pas quitter son corps de princesse... La venue de ta Maman n'a rien changé à son apathie, elle s'en est occupée le temps que je fasse deux trois courses pour Marion, car malgré son état, elle est toujours aussi gourmande en couches, pauvre puce. A mon retour, je les ai trouvées toutes les deux dans la balancelle, dans le jardin. Ta Maman lui montrait un des livres pour enfant qu'on lui avait acheté, avec tous les animaux de la ferme. Je souriais d'entendre ta Maman imiter les animaux, même si je n'en avais pas le coeur.
Après le départ de ta Maman, Marion a mangé un peu plus qu'hier, mais ce n'était pas encore la panacée, elle ronchonnait quand je voulais lui en donner plus, et tournait la tête dès que j'approchais la cuillère. J'avais beau lui dire qu'il fallait qu'elle mange pour reprendre des forces, et être en pleine forme comme son Papa, mais rien n'y faisait, ma pédagogie de bas niveau n'était pas efficace. Le reste de la journée s'est passé comme hier et avant-hier, à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour Marion, sans plus de succès. Et la voir à nouveau partir pour une nuit de sommeil dans l'étreinte de ce mal inconnu, me formait un noeud dans l'estomac, j'en avais des crampes, mais je devais ne pas y penser, ne pas verser de larmes de détresse devant Marion, lui montrer que ce n'est pas grave, et qu'après, elle se sentira encore mieux...
Mais je n'ai plus le moral, si demain, il n'y a pas d'évolution, je l'amène aux urgences, je ne peux plus supporter de la voir souffrir en silence, d'être un Papa indigne ne sachant que faire face à une maladie, peut-être bénigne, mais qui met à mal la vie de notre puce. Pourquoi a-t-il fallu que mère nature tolère que les enfants soient malades? Ils ne devraient pas être malades avant l'âge de vingt ans, ils devraient être épargnés pour grandir dans de bonnes conditions et être prêts à affronter dans la force de l'âge ces maladies qui nous empoisonnent la vie et nous affaiblissent. La médecine fait des progrès, mais on ne réussit toujours pas à diagnostiquer le moindre mal chez un enfant, il faut pratiquement attendre que la maladie soit finie pour affirmer ce que c'est...
J'ai si mal, mon coeur, de voir Marion si faible, j'ai si mal de pas être ce héros qui pourrait la soigner au moindre contact, j'ai si mal que tu ne sois à mes côtés pour me dire que je n'y suis pour rien, car même si je sais que je n'y suis pour rien, je me sens responsable, c'est peut-être moi qui lui aie transmis sa maladie, c'est peut-être à cause de mon inattention qu'elle a attrapé ce mal, je ne sais... Caroline, ne peux-tu m'apparaître en rêve pour me montrer le chemin de sa guérison, ne peux-tu aider notre petite Marion à ne plus subir les assauts de ce qui la ronge? Tu me manques tant, mon amour, j'aurais tant besoin que tu sois là, à mes côtés... Je t'aime de ton mon coeur, mais excuse-moi de ne plus être moi devant la souffrance de notre enfant...

Ton Ptit Caillou

24 Mai 2007

Posté le 02.08.2007 par messageinabottle
Ma lumière angélique,

Je n'ai pratiquement pas dormi de la nuit. Essayer de somnoler sur un fauteuil n'est pas évident, mais j'étais à l'écoute de Marion, plusieurs fois, je me suis levé pour lui passer un linge frais sur le visage. Elle avait toujours aussi chaud, sa température ne voulait pas la lâcher, mais elle n'augmentait pas, c'était déjà cela. Son sommeil était agité, comme si les cauchemars profitaient de sa faiblesse pour envahir sa nuit. Elle s'est réveillé deux fois, elle pleurait, alors je l'ai prise contre moi pour la bercer et qu'elle retrouve un soupçon de sommeil. Ce matin, je l'ai abandonnée juste le temps de prendre une douche froide pour me donner une claque et ne pas lui faire trop peur, j'avais des cernes énormes sous les yeux.
Quand elle s'est réveillée, elle n'était pas fringante, toujours sa petite mine, faible dans ses mouvements, le regard humide, et vide de son énergie. Elle me faisait de la peine, je l'ai pris contre moi pour lui faire un câlin, mais elle était comme absente. Je l'ai changé, et je lui ai fait des roudoudous sur son petit ventre, mais pas la même réaction qu'habituellement, juste un petit sourire pour me dire « Merci Papa pour ce que tu essaies de faire pour moi ». Je l'ai vaporisé avec un peu d'eau, mais toujours aussi chaude...
La journée s'est déroulée doucement, j'étais impuissant devant l'état de Marion. J'ai essayé de faire la course à quatre pattes avec elle, mais elle n'avançait pas. Je lui ai fait faire l'avion pour la faire rire, mais peine perdue. J'ai fait le clown, mais seul ses yeux souriaient, elle n'en avait pas la force. Elle était malheureuse, moi aussi, j'ai rappelé le médecin, mais il m'a dit qu'il fallait attendre, tant qu'il n'y avait pas d'évolution, en continuant de l'hydrater et de prendre soin d'elle. Au hasard de la matinée, il s'est arrêté de pleuvoir, alors on a fait un petit tour afin qu'elle respire du bon air, peut-être cela lui permettrait de guérir, je ne savais. Mais nul regard vers les oiseaux qui sifflotaient sur son passage, juste à observer les nuages qui jouaient avec le ciel bleu.
Je lui ai donné du paracétamol, avant que l'on déjeune, je l'ai un petit peu forcé pour qu'elle mange et qu'elle prenne un peu de force, elle n'avait pas faim, elle préférait tourner la tête quand je lui amenais sa petite cuillère à la bouche afin que je la maquille de nourriture. J'étais de plus en plus désemparé de la voir comme cela, de ne savoir que faire. Mes premiers instants de vrais difficultés en tant que père, je les affrontais, être là à côté de Marion, mais ne pas trouver de solution à son problème, si je pouvais d'un simple souffle faire disparaître ce qui a provoqué cette montée de température...
Je l'ai allongé dans notre lit, je l'ai blotti contre moi, elle s'est assoupie et je l'ai rejoint dans son sommeil. Lorsque j'ai ouvert les yeux, elle était déjà éveillée, elle regardait le plafond, mais ne disait rien, ne faisait pas de bruit. Nous avons regardé un dessin animé de tonton Walt, « La belle et le clochard », elle aime les chiens, elle les imite et cela m'a fait du bien de l'entendre « aboyer » en même temps que les chiens en me les montrant du doigt. Son front était toujours aussi chaud, et son bain n'a en rien changé la courbe de sa température. Cela lui a fait du bien quand même, elle a gazouillé un peu, mais elle n'est toujours pas redevenu ma petite Marion, si pleine de vie et d'amour, son amour est là, mais elle n'en a plus la force, ce qui la ronge puise dans toutes ses énergies.
La soirée s'est passé dans le calme, dans le silence, Marion mangea un petit plus, mais elle n'était toujours pas dans son assiette, et cette satanée fièvre qui ne voulait pas la quitter, qui assiégeait son petit corps et que ses anticorps ne réussissaient pas à faire descendre. Dans son parc, elle ne bougeait pas, elle attendait, je ne savais quoi, une image, un message, un signe de ta part, pour lui dire que tu étais là, que tu veillais sur elle, que c'était une épreuve qu'elle devait surmonter, et que bientôt, cela irait mieux, son corps lui serait rendu comme avant, qu'elle serait à nouveau une petite fille comme les autres, que son Papa ferait rire avec ses pitreries. Sa Maman veillait sur elle au-delà des voiles qui nous séparaient...
La douceur d'une Maman apaiserait en partie son mal, la tendresse d'une Maman blottissant son petit bout de chou contre soi, pour lui parler d'amour, pour la câliner d'amour, pour lui montrer qu'elle l'aime... Mais sa Maman n'est pas avec nous, tu es là-haut, et tu nous manques tant, Caroline. Marion souffre dans sa chair, et je ne suis pas assez fort pour l'en aider, quoi que je fasse, son état est stationnaire et ne veut pas la quitter. Caroline, fais-moi un signe, aide-nous, aide-moi s'il te plait, je ne suis rien sans toi et j'ai besoin de toi... Je t'aime, mon amour perdu...

Ton Ptit Caillou

23 Mai 2007

Posté le 31.07.2007 par messageinabottle
Caroline,

Je suis inquiet, je ne me sens pas bien, non pas à cause de ton absence, mais Marion n'est pas bien, je ne sais pas ce qu'elle a. Elle a très mal dormi cette nuit, je l'ai entendu s'agiter dans son petit lit, et ce matin, lorsque je l'ai levée, elle était toute grognon, alors qu'habituellement, elle est plutôt guillerette, tout sourire, à vouloir me faire un petit câlin. Lorsque j'ai mis la main sur son front, elle était bouillante. Je lui ai pris sa température, elle avait 39,5°. Je lui ai passé un gant de toilette frais sur le visage, mais rien n'y a fait.
J'ai pris rendez-vous avec le médecin qui est passé dans la matinée. Il a examiné Marion sous toutes les coutures, mais sans rien trouver d'anormal en plus de sa température élevée. Il m'a prescrit du paracétamol et m'a demandé de bien la surveiller et de l'appeler en cas d'évolution, si la température montait ou si des symptômes autres apparaissaient. Marion couve quelque chose, mais le médecin ne peut savoir quelle maladie, à ce stade, on ne peut qu'attendre et voir l'évolution. Il m'a conseillé de ne pas trop l'habiller, de ne pas trop la couvrir pendant la sieste, afin de ne pas permettre l'augmentation de la température. Je dois également lui passer des linges frais humides sur la peau pour l'hydrater, la faire boire plus qu'habituellement et de lui vaporiser de l'eau sur le corps pour lui faire du bien, mais de ne pas trop laisser l'eau sur elle.
Une fois le médecin parti, je lui ai fait prendre un bain, en ayant pris soin de mesurer la température, pas moins de 2° en dessous de sa température corporelle pour éviter un choc thermique. J'ai essayé de jouer avec elle dans l'eau, en l'éclaboussant comme elle aimait, en faisant des petits remous avec ma main, mais Marion n'avait pas la force de rire, juste l'esquisse d'un sourire, son regard me faisait mal, comme vide, empli de douleur, me priant de faire quelque chose pour qu'elle se sente mieux, qu'elle ne sente plus vidée de toute énergie. J'avais envie de pleurer, mais je ne devais pas devant Marion. Après son bain, je l'ai laissé juste avec sa couche, pour ne pas qu'elle ait trop chaud. Nous avons joué avec ses peluches, mais rien n'y faisait, elle n'était pas dedans, pas l'envie, pas la force...
J'ai essayé de lui donner à manger, un nouveau petit plat qu’elle aimait, mélange d’agneau, de carottes et de pommes de terre, mais elle y a à peine touchée. Je l’ai quand même obligé à manger sa compote de pommes, et surtout à boire son petit biberon, dans lequel j’avais ajouté lé paracétamol, pour qu’elle ait un peu d’eau dans son organisme. Elle était toujours bouillante lorsque je l’ai couchée dans notre lit pour qu’elle essaie de dormir, et je suis resté avec elle, pas trop contre pour ne pas la réchauffer de mon corps, mais assez proche pour qu’elle sache que je veillais sur elle, sur son sommeil, que je ne l’abandonnais pas. Pourquoi suis-je impuissant à la soigner, pourquoi les médecins ne trouvent pas tout de suite ce que les bébés ont comme maladie ?
J’aurais besoin que tu sois là, auprès de moi, non pas pour partager la souffrance de Marion, mais pour la réconforter, qu’elle sente l’amour maternel dont elle a été privée dès sa naissance, que tu trouves les mots que je ne trouve pas, que ta douceur angélique soit un baume à son petit cœur meurtri par la douleur… J’ai l’impression de ne pas être assez fort, de ne pas être un bon Papa car je suis impuissant face à la maladie de notre enfant, c’est dur de voir Marion souffrir dans sa chair et de ne pas trouver la solution. A son réveil, je lui ai vaporisé de l’eau et je l’ai essuyé, elle m’a dit « Papa », et je l’ai serré contre moi, en lui faisant de gros bisous sur le front, toujours bouillant. Sa température ne baissait toujours pas, Marion était toujours amorphe…
Je l’ai prise sur moi alors que nous avons regardé un reportage sur les dauphins, car elle affectionne les dauphins, mais elle les voyait sans les voir, habituellement, elle me les montre du doigt, elle pousse des « Oh », langage de bébé que je ne comprends pas toujours, mais pas aujourd’hui. Je lui ai fait prendre un autre bain pour la rafraîchir, et je l’ai bichonnée comme une petite princesse qu’elle est pour moi, pour lui montrer que je ne baisserais pas les bras, que je ferais tout ce que je peux pour elle, pour qu’elle aille mieux, qu’elle retrouve son entrain et sa joie de vivre. Après notre dîner en tête-à-tête, je l’ai couchée en la regardant s’endormir en lui lisant une histoire, afin que le son de ma voix la rassure.
Et là, je la regarde dormir d’un sommeil agité, elle a toujours chaud, et je n’arrive pas à dormir, j’ai mis un fauteuil dans sa chambre pour être au plus près d’elle. Caroline, mon amour, de là-haut, ne peux-tu pas faire quoi que ce soit pour que Marion se sente mieux ? Ma chérie, s’il te plait, ne peux-tu intercéder auprès de quelqu’un pour que sa température diminue, qu’elle ne souffre plus ? Tu me manques tant, à nous deux, nous trouverions la solution, nous saurions quoi faire, mais je me sens si désemparé tout seul face à Marion si fragile… Je vous aime toutes les deux, et je ne veux pas perdre Marion après t’avoir déjà perdu…

Ton Ptit Caillou

22 Mai 2007

Posté le 30.07.2007 par messageinabottle
Mon astre divin,

Le voile de la nuit s'effiloche devant la clarté du jour, le ramage des oiseaux commence à se faire entendre, c'est la pleine saison des amours pour eux. Tous ces couples de volatiles et moi qui suis seul, dans ce grand lit froid, à attendre ton éternel retour. Ils virevoltent en se faisant la cour, d'autres veillent sur leur nid où siègent de petits oeufs prêts à éclore, alors que mon nid animé par Marion ne résonne pas des sons de l'amour de l'étreinte de deux êtres. Tu me manques, la déchirure est si grande, mon coeur est si triste...
La roue du temps est injuste, elle a tourné, tourné, tourné, mais elle ne s'est pas arrêtée sur la bonne case. Le rouge sang est sorti, puis le noir de la mort a pris sa suite, au lieu du vert de l'espoir. Et la petite boule à la trappe est passé. Tu n'avais pas de chance au casino, ce fut de même avec la roue du temps. Tu étais joueuse, non pas avec la vie, tu prenais ce qu'elle t'apportait de bon, et essayait d'éviter le mauvais quand tu en avais l'occasion. Au casino, tu sortais toujours le mauvais, très rarement le bon...
Je me souviens du casino de Trouville dans lequel tu aimais aller en quête de sensations. C'était impressionnant de rentrer dans cette salle de machines à sous où nous pouvions sentir cette odeur d'argent. La coutume est de dire que l'argent n'a pas d'odeur, mais là, c'était un mélange d'excitations, de sueurs, de roulements sonores, parfois de cliquetis de pièces s'échouant dans la rigole,... Mais il y avait également de la déception, du désarroi, de la tristesse... Et des centaines de machines à sous, toutes différentes les unes des autres, des bandits manchots pas si manchots que cela pour soutirer l'argent de ceux qui croient encore au miracle de la fée argent...
La plupart des joueurs étaient des personnes retraitées, pour la plupart des femmes, misant le pécule qu'elles perçoivent en espérant toucher le jackpot. Elles étaient enfiévrées par l'appât du gain, elles misaient par cinq pièces à chaque fois, et mettaient toute leur force dans le maniement de cette longue tige, rappel de leur souvenir passé, où le jackpot était l'orgasme. Mais rares étaient les orgasmes, ici, juste quelques pièces sonnantes et trébuchantes venaient les sortir de la quiétude de leur sonotone. Mais elles insistaient, il fallait bien que la roue tourne, comme on dit...
Pour conserver leur machine, certains étaient prêts à tout, en laissant leur clef de voiture dans l'interstice à pièces, tout juste s'il ne le bouchait pas avec du chewing-gum, pour spécifier leur propriété. Des pseudos gigolos tournaient autour des petites vieilles, dans l'éventualité de les plumer de leurs gains futurs. Au milieu de ce petit monde, nous faisions un peu tâche. Après avoir rempli un seau de pièces, nous avons erré à la recherche de « La » machine, celle qui ferait de nous des millionnaires en puissance – l'espoir fait vivre... - . Les premiers roulements des barillets éteignirent notre flamme, surtout la mienne, je crois que j'aurais pu avoir le prix du pire joueur. Mais après quelques essais infructueux, ta machine commença à te récompenser pour ton joli sourire et la douceur de ton maniement.
Les pièces commençaient à s'entrechoquer, et la fièvre commençait à te prendre entre ses griffes, je te disais de modérer ton ardeur, mais tu ne m'écoutais plus, tu ne pensais qu'à gagner, tu étais ivre, prise dans l'enfer du jeu, plus rien n'avait d'importance autour de toi, je ne t'avais encore jamais vu comme cela. Mais la chance tourne aussi, et la maigre quantité de pièces que la machine t'avait offerte pour t'appâter fondaient comme neige au soleil. Tu commençais à t'énerver, tu pestais contre la malchance qui revenait, alors qu'autour de toi, d'autres joueurs souriaient à leur fortune naissante. Tu misas toute ce que tu avais, mais rien, plus une pièce ne vint récompenser ta ferveur de joueuse...
Tu étais énervée, ton regard était chargé d'éclair, il a fallu que par doux mots et petits massages de la nuque, je te fasse revenir à la réalité, nous avions perdu au jeu, mais nous étions heureux en amour, et c'était là le plus important, la richesse du coeur et de nos sentiments, et pas celle de l'argent qui ne fait pas le bonheur, bien qu'y contribuant... Le regard de loup fit place à celui d'agneau, tu redevenais la femme que j'aimais, et tu t'en excusas, en te serrant contre moi et en promettant de ne plus retourner jouer en casino, car nous n'avions pas besoin de cela pour nous aimer et pour avoir du piment dans notre vie, nous avions nous, et cela était amplement suffisant...
Et jamais tu ne retournas dans un casino, jamais je ne revis ce visage qui m'avait fait froid dans le dos, tu n'étais qu'amour, douceur et tendresse, plus de haine au fond de ton coeur... Je t'aime, Caroline, et la vie est si difficile sans toi, pourquoi la roue du temps n'a pas tourné un tour de plus...

Ton Ptit Caillou
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