Publié le 23/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon océan de tranquillité,
Le ciel de ce soir est gris comme ma vie sans toi, triste comme mon cœur depuis ton départ, vide comme notre maison sans ton amour pour la remplir, et même si Marion grandit jour après jour, même si notre amour filial croît comme une jolie fleur, tu n’es plus là, auprès de nous deux. Je sais que je dois m’y habituer, et pourtant jamais je ne pourrais m’y habituer, jamais je ne pourrais m’habituer à ce que le destin a fait, arracher une Maman à son enfant, tenter de détruire un amour qui perdure par-delà le voile qui nous sépare, jamais je ne le pourrais…
Je culpabilise souvent, tu le sais, je te l’ai déjà dit, d’avoir été méchant et fait du mal par le passé, alors que jamais je n’ai aimé le faire, je n’ai voulu le faire. Comme si c’était de ma faute si tu n’étais plus là, comme si la vie me faisait payer mon passé, me rendait la monnaie d’une pièce que je n’avais pas voulu, alors que j’ai toujours voulu protéger les autres, les rendre heureux avant moi, à m’en délaisser même parfois, sans m’en rendre compte. J’ai fait des erreurs qui ont fait du mal, mais parfois, on fait du mal sans même le savoir ou le voir. Je me souviens lorsque j’étais plus jeune, j’avais deux billets de cinéma et je devais choisir parmi mes deux meilleurs amis. J’en ai choisi un, et j’ai fait du mal à l’autre de ne l’avoir choisi. Je m’en suis voulu après coup, et aujourd’hui, je sais que si c’était à refaire, je leur donnerais un billet à chacun d’eux, et moi, je m’abstiendrais, simplement pour le bonheur de leur faire plaisir et de les voir heureux… Je n’aime pas savoir mes amis tristes, je suis là pour eux, comme eux le sont pour moi quelques soient les moments.
Dans mes rencontres amoureuses, ce fut la même chose, certains cœurs battaient pour moi, et pourtant j’ai endigué ces battements par un refus, pour ne pas faire souffrir de continuer et d’amplifier un sentiment qui s’étoufferait, comme un feu qui se consumerait faute de n’avoir pas la braise pour l’aider à s’épanouir, mais les personnes souffraient en leur chair de ce refus, et j’en avais aussi mal de les sentir malheureux, j’en culpabilisais même de les avoir rencontrées, car si j’avais tourné avant le bout de la rue, je ne les aurais jamais croisé et je n’aurais pas fait couler quelques larmes.
Je sais que je ne peux refaire le passé, je sais aussi que je ne le faisais pas par plaisir, alors que certaines personnes se complaisent dans le mal à autrui, dans l’hypocrisie des mots, dans le mensonge du paraître, se créer une autre vie qui n’est pas la leur, prétendre être ce qu’ils ne sont pas, pour ensuite faire souffrir avec un malin plaisir, le sourire sarcastique aux lèvres de voir l’autre au plus mal. Comme une forme d’égocentrisme envers les autres pour se montrer qu’on existe, qu’on peut faire du mal parce qu’on en a déjà souffert, et il n’est pas normal que les autres soient bien alors que nous non, je ne comprendrais jamais cette nouvelle mentalité des gens, et je crois que comme moi, tu serais perdu dans cette individualité qui naît aujourd’hui.
Je t’ai même peut-être fait souffrir sans le vouloir, sans le savoir, et tu ne m’en as rien dit. Je ne t’ai peut-être pas assez aimé à ton goût, je n’ai peut-être pas été assez à la hauteur de tes espérances, j’ai peut-être dit des mots qui t’ont blessés, alors que tu le sais, jamais je n’ai voulu te faire du mal. J’espère qu’il n’en est rien, mais nul n’est parfait, surtout moi, et à ton contact, je me suis amélioré, je le sais, mes amis proches me l’ont dit, il m’appréciait déjà par le passé pour ce que j’étais, ils m’en apprécient encore plus aujourd’hui, et tout cela grâce à toi, mon amour. Si je pouvais gommer mes imperfections, je crois que je ne serais plus un homme, mais si je pouvais trouver les chemins détournés pour ne pas blesser, je les aurais pris par le passé.
Je souffre aujourd’hui en retour de tout cela, je pense que c’est ce que la vie m’impose, mais elle n’avait pas à te le faire payer, c’était à moi de disparaître, pas à toi, tu avais encore tant de choses à faire ici-bas, tant de choses à apporter aux autres, à Marion d’abord, à Grégory, à ta Maman ensuite, et à tous ces enfants que le destin a mis entre les mauvaises mains et à qui tu avais apporté la tendresse, la douceur, l’amour… Pourquoi tout cela, pourquoi tant de souffrance entre nous alors que c’est l’amour qui nous a unit, on peut aimer sans souffrir, alors pourquoi nous… J’ai si mal loin de toi, je me sens si seul, si seul, et même si je suis Papa, même si Marion enchante ma vie et me rend fier, rien ne remplacera cet abysse que j’ai au fond de moi, ce morceau de moi que tu as emporté avec toi pour toujours. Tu me le rendras lorsque je te rejoindrais, comme je te rendrais cette partie que je t’ai volé le jour où je t’ai croisé, ce cœur qui bat à la place du mien comme le mien bat à la place du tien…
Tu me manques tellement, ma chérie, la vie ne vaut pas d’être vécue si loin de toi. Je t’aime encore plus qu’hier, Caroline, mais bien moins que demain, tu le sais, et si jamais je t’ai blessée par le passé, jamais plus je ne le ferais et tu seras le plus heureuse des femmes, j’en fais le serment d’y arriver…
Ton Ptit Caillou
Publié le 18/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma raison de vivre,
Je regarde Marion dormir, elle est si paisible, si calme, le silence l’entoure, juste troublé par sa douce respiration et les sifflements que ma plume laisse en glissant sur cette page blanche qui perd de sa candeur au fur et à mesure de mes écrits. Quand on la voit ainsi, on ne dirait pas que mademoiselle est une vraie petite tornade blonde, ce petit ange nocturne est la reine des bêtises quand elle a rechargé ses batteries. J’en souris de te l’écrire, car je revois quelques unes de ses bévues naïves. De là-haut, tu dois aussi bien sourire à la voir jouer son petit clown.
Je ne compte pas les douches que j’ai prises en la changeant, soit en la portant au-dessus de moi pour lui faire faire l’ascenseur, ce qui m’a permis de comprendre que l’altitude favorise l’élimination du trop plein, soit en se la jouant fontaine allongée sur la table à langer, alors que je lui déposais des poutous sur le ventre, visant mon décolleté pour me tremper jusqu’en dessous, comme si elle préméditait ses coups, juste pour embêter son Papa. Et comme si ce n’était pas suffisant, les quelques fois où elle a posé son pied dans ses excréments alors que je n’étais pas assez preste pour retirer sa couche…
Même manger devient un bon moyen de faire des bêtises, tout pour se faire remarquer, comme sa Maman ! L’un de ses petits jeux favoris est de dévisser sa tétine de biberon au fur et à mesure qu’elle tête, ce qui ne manque pas tôt ou tard de l’ouvrir complètement et de se prendre un bain de lait toute habillée. Bon, il est vrai que je l’assiste un peu en ne serrant pas assez la tétine, mais je ne me souviens pas en avoir fait de même lorsque j’étais petit, elle doit plus tenir cela de ton côté… La décoration à base de nourriture, elle en est devenue une experte depuis qu’elle a commencé à manger toute seule à la cuillère, mais pas que pour sa chaise ou ses bavoirs, le parquet a donné aussi, ainsi que la table, les murs, mes vêtements, je ne t’en parle même pas. Et quand c’est moi qui lui donne à manger, mademoiselle s’amuse à tourner la tête au dernier moment et j’amorce un maquillage maison sur ses petites joues roses. Et le pire, c’est que cela la fait rire, et plus je fais les gros yeux, plus elle rigole. Elle s’est même endormie une fois dans son assiette tellement elle était fatiguée, après une balade ventée en front de mer. Tu l’aurais vue sa joue tartinée de petits poids, et cela ne l’a même pas réveillée.
Sa digestion est aussi une forme de jeu je ne compte pas les fois où les rots se sont transformés en vomis, que cela soit sur la tête de son Papa, sur ses genoux et même dans le décolleté de ta Maman, la tête qu’elle faisait ce jour-là, le tout dégoulinant dans son intérieur… Elle aime aussi se faire remarquer quand il y a une assemblée par ses rots bien sonores qui font se retourner tout le monde en pensant que c’est son Papa qui en a profité pour se laisser aller, voire des prouts annonciateurs de changement de couches.
Elle aime aussi mettre à la bouche tout ce qu’elle trouve par terre ou sur la table, je suis obligé de faire attention à ne rien laisser à sa portée, elle souhaite tout découvrir gustativement parlant. Heureusement que je ne fais pas de cuisine à base de piments, si elle en ingurgitait un, je n’ose imaginer la suite… Elle a quand même essayé de manger les boucles d’oreilles de sa grand-mère, des verres de terre, c’est tellement marrant à attraper, encore mieux à dévorer, certaines fleurs qu’elle cueillait, sans parler de ses petits pieds…
Ses mains aiment tout parcourir, que ce soit en mettant les doigts sur les lunettes propres de ses grands-parents, ou en explorant les narines des gens qui la portent, ou caresser les cheveux à sa manière délicate, en les tirant, tapoter sur le dos d’un chien par de grands coups, tester la volupté des joues par des claques inattendues qui font un joli bruit qu’elle affectionne et qui lui donne envie de recommencer.
Et ce petit nec plus ultra qui vient de son apprentissage des mots, cette petite naïveté à appeler n’importe qui dans la rue par « Maman » quand il s’agit d’une femme, par « Papa » quand il s’agit d’un homme, et les réactions des personnes interpellés ainsi…
Ces bêtises, j’en aurais encore et encore à te raconter, et là, elle doit rêver à de nouvelles bêtises rien que pour embêter son Papa. Elle est si belle, un petit ange comme tu l’étais, comme tu l’es toujours à mes yeux, et je sais que tu m’attends ainsi dans ta nouvelle demeure, j’ai tellement hâte de te serrer si fort contre moi, même si je sais que ce n’est pas encore pour demain, il me reste tant de choses à accomplir pour Marion sur cette Terre, tant de choses que je n’accomplirais pas loin de toi, si loin de toi… Tu me manques à chacune de ses bêtises, ne serait-ce que pour voir ton sourire ingénu et tes petits yeux malicieux, mon amour, oui, ton si joli visage…
Je t’aime, ma douceur, je t’aime, je t’aime, je t’aime…
Ton Ptit Caillou
Publié le 16/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,
Encore un jour loin de toi, la destinée a fait ce choix de t'éloigner de nous deux, par facétie, comme une gamine capricieuse jalouse du bonheur des autres, elle t'a retiré la vie pour qu'au fond de moi, j'ai à jamais cette souffrance qui me déchire, et que Marion ne connaisse pas réellement la douceur de la Maman qui lui a offert la vie. Combien de fois n'ai-je pensé, s'il en avait été autrement, si la fatalité n'avait pas été aussi forte et qu'elle t'avait octroyé un faible espoir, ne te coupant pas de nous complètement, mais en te rendant handicapée…
Si le destin t'avait plongé dans un coma profond, chaque jour, tel un prince charmant de conte de fées, je serais venu déposer un doux baiser sur tes lèvres, chaque jour je t'aurais conté les exploits de notre petit ange, chaque jour tu aurais senti Marion contre toi, je l'aurais déposé contre ton cœur pour qu'elle somnole contre sa Maman, qu'elle profite de la chaleur que tu lui fournirais, de la douceur de ta peau, qu'elle inspire ton odeur et je sais que j'aurais réussi à plus ou moins long terme à te sortir de ce tunnel sans fin, j'aurais été ton étoile pour te guider vers la sortie au travers du méandre de pièges que la destinée aurait tendu dans ton esprit. Et ce sourire que tu nous aurais offert en ouvrant les yeux sur ton petit bijou assoupi contre toi, et ces larmes qui auraient coulé sur tes joues, issues de ton regard brillant d'avoir vaincu la destinée, et Marion qui t'aurait dit "Maman", et moi les jambes coupées par l'émotion, les mains tremblantes en prenant les tiennes, et ce voile d'émotions qui aurait tissé un cocon autour de nous, tout ce flot d'amour qui se serait déversé d'un seul coup, comme un fleuve pouvant reprendre le cours de son chemin après avoir été asséché par la nature…
Le destin aurait pu te faire perdre la vue, j'aurais été tes yeux, et Marion n'aurait pas été privée de sa Maman. Tu aurais pu la regarder de tes mains en dessinant dans les airs sa bonhomie sous la douceur de tes doigts, je t'aurais décrit tout ce que tu ne pouvais voir de telle manière que tu aurais mieux vu qu'un "voyant", j'aurais toujours été à tes côtés, mieux qu'un chien d'aveugle, car même si comme lui, j'aurais veillé sur toi, je t'aurais accompagné partout, j'aurais été tes yeux, en plus, je pouvais te parler, te dire ce que je ressentais tout en te le prouvant par les gestes et les attentions, tu l'aurais senti en passant tes mains sur mon visage, sur mon torse, sur ma peau, et notre famille aurait été complète et pas bancale, en ayant perdu la meilleure partie. Et cette dernière image que tu aurais vu, notre petit ange ouvrant les yeux à la vie, alors que les tiens se fermaient pour ne plus jamais te montrer le soleil, mais le plus beau aurait été au fond de ton cœur à tout jamais, le cœur d'un Maman battant d'amour pour l'enfant naissant. Tu aurais été là et tu aurais "vu"…
Si tes jambes avaient été les victimes de la cruauté du destin, je t'aurais prêté les miennes, j'aurais été ton baudet comme je l'avais été en Crête, alors que tu jouais ta fainéante après avoir marché un peu et que tu ne voulais plus faire demi-tour sauf si je te portais, et tu en avais profité, tu m'avais "fouetté" avec des herbes comme un vulgaire asinien, te plaignant de ma lenteur et de mon manque d'entrain, mais quelle tranche de rigolade ce fut, et cela aurait été la même chose, j'aurais été encore plus chargé, avec Marion contre mon ventre et sa Maman dans mon dos, j'aurais vite perdu ma brioche à ce rythme. Marion aurait pu être sur tes genoux, tu m'aurais assisté dans son apprentissage de la vie, et nous nous serions tous les trois allongés dans l'herbe à regarder les nuages ou les étoiles. J'aurais aménagé tout notre intérieur pour te faciliter les déplacements, un système pour entrer dans la baignoire, un autre pour monter à l'étage, des placards à ta hauteur, tout comme si tu avais été privée de la vue…
Mais tu n'es plus là, la destinée a été plus cruelle et ne nous a pas laissé d'autre choix que de te perdre à tout jamais, que de vivre à deux et non à trois, sans une présence maternelle auprès de nous, sans une présence féminine pour veiller sur nous, et c'est un Papa handicapé que je suis devenu, en perdant la meilleure partie de moi-même, c'est-à-dire toi, mon amour. Je ne comprends pas comment la destinée peut faire cela à un bébé, comment elle a pu lui retirer sa sève nourricière, et surtout pourquoi… Car je n'ai rien pu aménager, simplement laisser tout en ordre pour que mes souvenirs ne s'estompent pas, pour que Marion te découvre à travers moi, qu'elle découvre pas à pas tous les indices de ta vie que tu as laissé pour elle et que je conserverais toute ma vie. Toute une vie sans toi, toute une vie sans ton amour, toute une vie où mon cœur battra sans pouvoir te dire combien je t'aime, sans pouvoir te prouver l'amour que je te porte et même plus…
Tu me manques tant, ma chérie, tu me manques tant. Je t'aime à tout jamais ma Caroline de mon cœur…
Ton Ptit Caillou
Publié le 15/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma lueur d’espoir,
Un samedi comme les autres, loin de toi, seul avec Marion, à profiter à nouveau du soleil qui a pris un rendez-vous avec nous chaque week-end, pour se rattraper des bévues de l’été où il semblait malade, réfugié dans d’autres pays tout aussi accueillant que le nôtre, mais qui avait la chance de recevoir la visite de l’astre du jour pour des vacances décalées. Un samedi où Marion a profité du jardin pour le parcourir avec et sans moi, en me tenant par la main mais en me tirant vers devant pour aller vers les endroits interdits ou seule à me narguer en me montrant ce qu’elle pourrait faire si je lui tournais le dos. Mais un samedi pas comme les autres pour des millions de Français ayant décidé de revivre l’épopée des bleus du football de 1998, en ayant un peu écrasé le ballon pour l’ovaliser un peu et supporté l’équipe de rugby qui veut suivre son aînée dans la conquête d’un titre mondial sur ses terres…
Depuis quelques semaines, les icônes des calendriers de fin d’année sont redescendues sur les terrains, en revêtant leur armure de guerrier pour cacher les courbes attrayantes que de nombreuses femmes aimeraient parcourir et pas qu’avec les yeux. La coupe du monde de rugby organisée chez nous prend toute son ampleur ce jour, le premier choc pour notre équipe, après avoir un peu déçue en phase qualificative a eu lieu ce soir, et le comble pour une équipe organisant un tel évènement, ce quart de final a eu lieu au pays de Galles. Et son adversaire d’un soir, issue d’une petite île perdue dans les eaux troubles du pacifique regorge de joueurs étranges, arborant des peintures tribales sur nombreuses parties de leur corps, et qui accueillent leur opposant avec une danse virile de petits garçons piquant une crise de nerf devant un jouet refusé, dans une tenue noire comme leur regard, signe du deuil qu’il porte pour la défaite des autres, les fameux All Blacks.
La meilleure équipe du monde, celle que tout le monde redoute, face à nos bleus ce soir, pour un exploit que toute la France espérait, mais à laquelle peu croyait. Le haka de début de match a tourné à une guerre de regard, le plus impressionnant n’étant pas celui d’un Néo-zélandais, mais celui d’un Français, bête de la nature au regard de panthère, les muscles saillants ressortant de dessous le maillot, la rage sur le visage cachée par une barbe luxuriante et des cheveux hirsutes, un homme de Cro-Magnon réincarné en joueur de rugby, le fameux Sébastien Chabal. Et cette opposition n’était que le début d’un combat entre deux hémisphères, entre des dieux vivants et des outsiders en bleu espérant que leur tenue ne déteigne pas sur leur visage, signe amère de défaite cuisante face aux monstres blacks.
Après une première mi-temps noire, la fée rugby a déposé sa baguette sur les épaules des joueurs Français, et le match a tourné à l’avantage de nos petits, j’ai regardé le match et mon cœur a commencé à battre la chamade pour eux, pour ne pas dire la « Chabal », phénomène de société en devenir et nouvelle image de fantasme pour des supportrices en délire. Et le miracle que les habitants d’une petite île n’espéraient pas s’est produit, David a descendu Goliath, le petit poucet a battu l’ogre, les dieux se sont fait hommes, l’équipe de France a gagné sa place dans le carré magique, et a sorti les maîtres du ballon. Je me suis levé en sautant de joie du canapé, et un florilège de cris a commencé à percer le silence pesant de la nuit. Les cris ont réveillé Marion qui a eu peur, je l’ai prise contre moi et j’ai dansé avec elle, un concert de klaxons retentissait dehors, Marion était étonnée et elle en rigolait, son Papa était devenu fou, mais il n’était pas seul, tout le monde le devenait, sortait dans les rues pour vibrer à l’unisson des autres, c’était la fête.
Oubliés tous les problèmes de la vie quotidienne, oubliées les couleurs des uns et des autres, oubliées les religions, il n’y avait de place que pour la fête, le bruit des bouchons de champagne prenant leur envol dans un flot de gouttelettes retombant sur les drilles, les danses improvisées dans les rues, les chansons à tue-tête éraillant les voix, les remerciements pleuvant pour ces hommes d’un soir, rendant l’espoir à un pays. Marion devenait tout excitée par le bruit environnant, plus question de la recoucher de suite, elle voulait sa part de joie, et j’aurais aimé que tu sois là avec nous pour danser, chanter, hurler, crier, rire à gorge déployée et trinquer avec moi à la victoire, les yeux dans les yeux. Nous serions sortis avec les autres, nous aurions ressorti notre étendard national, nous aurions fit la fête jusqu’au bout de la nuit avec les voisins, nous aurions…
Ce match m’a apporté un peu de joie au fond de mon cœur, un peu d’excitation à notre puce qui ne connaissait pas à tel engouement pour la fête, mais au fond de moi, la tristesse de ne pas partager ce moment intense avec toi me tiraille, la joie d’un côté et la peine de l’autre, je sais que tu ne vivras plus jamais cela avec nous, avec moi, mais j’espère toujours au fond de moi, une petite lueur d’espoir persiste toujours, elle est réfugiée à côté du feu intense qui représente l’amour que j’ai pour toi, Caroline, ce feu qui a animé le cœur de nos rugbymen ce soir. Tu me manques, ma chérie, et cette alliance que je porte à mon doigt me rappelle chaque instant de bonheur avec toi… Je t’aime, mon ange…
Ton Ptit Caillou
Publié le 10/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon Ange,
Pas un jour sans que je ne pense à toi, pas un jour sans que mon cœur ne batte pour le tien, pas un jour sans que ta présence ne se perçoive en moi pour Marion, pas un jour où je ne parle de sa Maman à Marion, jolie fée qui de sa baguette magique avait transformé la vie banale d'un homme en une vie pleine de lumière et de magie, où chaque instant avec toi était comme le premier instant, où amours rimait avec toujours, où nous étions le soleil l'un pour l'autre, où tout n'était que merveille et où les nuages s'estompaient sous les souffles de nos étreintes… Qu'il est loin ce moment et pourtant, il est si proche, c'était hier, non, c'était ce matin, c'était il y a une heure, une minute, une seconde…
Et je repense à tous nos moments, à ce qu'on aimait partager ensemble, et que j'essaie de partager tous les jours avec Marion, notre petit ange d'amour. Et aujourd'hui, je lui ai compté une histoire que les nuages façonnaient dans le ciel, comme nous le faisions en nous allongeant dans l'herbe humide, nous parfumant de ses odeurs, blottis l'un contre l'autre. Nous avons profité de la clémence du temps, et surtout de la présence du soleil qui jouait à cache-cache avec les nuages. Et j'ai imaginé, Marion contre moi, l'histoire d'un chevalier, en quête de sa princesse, face aux épreuves d'un tournoi où les dangers étaient multiples.
Je montrais à Marion la forme des nuages, symbolisant la forêt de leur rencontre, par un heureux hasard, une princesse jouant avec ses dames de compagnie au bord d'un étang, et un chevalier, qui n'en était pas un mais qui se faisait passer pour tel, qui se baignait dans le plus simple appareil dans le même étang. Leur premier regard fut comme un cocon de magie, mêlé d'une attraction, de battements de cœur vibrant à l'unisson, mais aussi de gênes, le regard de l'un sur l'autre nu, et le regard de l'autre sur l'un gêné d'être découvert en tenue de nouveau-né. Le rire des demoiselles se mêlait au pourpre des joues de l'homme, et découvrir qu'elle était princesse en rajoutait à sa gêne. Il attendit le départ du groupe pour regagner la berge, en espérant pouvoir la revoir un jour, la première à avoir fait battre son cœur.
Marion me montrait déjà un autre nuage alors que j'achevais la première partie, et nous voyions de petites boules, comme les têtes d'une assemblée de gens attendant la lecture d'un édit royal, spécifiant le prochain mariage de la princesse avec le chevalier qui saurait ravir son cœur au cours d'un tournoi où s'affronterait les plus nobles et les plus courageux chevaliers du royaume. Le jeune homme savait que c'était elle, que c'était sa princesse, et qu'il fallait tout entreprendre pour ravir le cœur de celle qui lui avait déjà ravi le sien, car depuis leur entrevue fugace, il ne dormait plus, il ne voyait plus qu'elle, il ne vivait que dans l'espoir de la revoir un jour et de la conquérir.
Le nuage suivant semblait dessiner un destrier, pas le fier comme dans tous les contes pour enfant, mais plus un percheron dont se moquait tous les autres participants au tournoi. Et le chevalier montant ce curieux destrier ne dépareillait pas de sa monture, son armure semblant avoir été assemblé avec les vestiges de celle d'un autre tombé au combat. Mais la détermination de ce néo-chevalier valait celle de ses pairs, et à la présentation au roi et à sa fille, le chevalier de "l'étang de cœur" réussit à faire sourire sa princesse le reconnaissant dans sa tenue opposée à celle de leur première rencontre. Son cœur battait pour lui, c'est lui qu'elle voulait comme victorieux, mais il devait se débarrasser de ses multiples prétendants.
Un autre nuage mimait la poussière que les sabots des chevaux entraînaient dans leur sillage, et surtout le percheron qui se déplaçait en un tremblement de terre, de manière aisée contrairement à ce que sa corpulence pourrait faire penser. Devant, des chevaliers tombaient à terre, désarçonnés par les coups de lance de leurs adversaires, et la poussière retombée découvrait le spectacle de d'un enchevêtrement d'armures desquelles les hommes ne pouvaient se dépêtrer. La princesse n'avait de regard que pour ce chevalier atypique, celui de l'étang, et à chaque estocade, elle éprouvait de la peur pour lui, qu'il ne se retrouve perdant et que sa passion cachée pour celui qui avait allumé une flamme au fond de son cœur ne disparaisse au bout d'une lance…
Et le combat final l'opposant au favori du roi, alors que lui-même était devenu le favori du peuple, allait clore la journée de tournoi. Marion m'écoutait sans tout comprendre, mais je bruitais le tout, j'y mettais tant d'entrain que cela la faisait rire, je vivais mon histoire, j'étais à fond dedans, et la joute finale n'en était que plus forte. Les deux chevaliers emportés par leur destrier fonçaient l'un vers l'autre, de la détermination dans leurs yeux, de la crainte dans celui de la princesse, et soudain, le choc, un grand fracas qui fit rire Marion, les deux hommes se heurtaient et tombaient au sol, projetés par leur choc de leur collision avec leur lance. L'épée en main, ils s'apprêtaient à en découdre quand surprenant tout le monde, le percheron raillé de tous et notamment de l'adversaire de son maître fonça vers les deux hommes, puis se retourna pour donner un coup de sabots arrières au chevalier adverse qui partit en vol plané pour s'écraser dans une soue non loin de là. Tout le monde en rigolait, et la princesse, faisant fit du protocole due à son rang enjamba la balustrade pour courir vers son vainqueur.
Les deux tourtereaux s'enlacèrent devant l'assemblée qui, un temps ébahie, hurla sa joie. Et comme par enchantement, les nuages dessinèrent nos visages, avec un rayon de soleil entrecoupant les deux faces, symbole de leur amour, de notre amour. Marion applaudit à la fin de mon histoire, je la serrais contre moi, et je regardais cette manifestation céleste, en lui montrant nos deux visages, sa Maman, la princesse, et moi, le néo-chevalier qui avait tout fait pour retrouver la belle de son cœur, afin que leur la musique de leurs battements résonne à travers leur royaume. Je frissonnais sous l'émotion, ce spectacle nébullaire qui s'offrait à nous deux, que seuls Marion et moi pouvions voir, ici bas, alors que tu en faisais de même de ta nouvelle demeure…
Le soleil a fini de déchirer les nuages, et mon histoire s'achevait, mais pas comme la nôtre, celle-là était belle, toi, tu n'es plus là, et tu me manques à chacun de ses instants qui ne nous sont plus privilégiés, car même si je baigne dans ton essence, même si ton âme est irrévocablement liée à la mienne, tu n'es physiquement pas auprès de moi à frissonner avec moi, à te blottir contre moi pour un câlin d'une douceur extrême, et à passer ta main dans les cheveux de Marion en jouant avec sa petite mèche… C'est si dur de vivre sans toi, Caroline, si dur de ne pouvoir te prouver tout ce que je ressens pour toi et que je ne t'ai pas assez montré de ton vivant… Je t'aime, ma chérie, et tel ce chevalier, je franchirais tous les obstacles qui me mèneront à toi…
Ton Ptit Caillou
Publié le 05/11/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma douce fée,
Encore un réveil loin de toi, encore un matin sans saveur, chaque jour qui passe tente de m’éloigner de toi, et pourtant, chaque jour qui passe me rapproche de toi… Chaque jour, je plonge ma plume dans le parfum de nos souvenirs, chaque jour je puise cette encre dans le sourire de Marion, et chaque jour, j’essaie de t’offrir le meilleur de moi-même au travers de mes mots, et ce mélange forme ce message d’amour qui n’est rien comparé à tout ce que je voudrais partager avec toi, mais que je ne puis à ce jour, depuis ce jour maudit, mais bientôt, je sais au fond de mon cœur qu’à nouveau nous serons réunis pour l’éternité…
En attendant ce jour béni pour moi, mon imagination vogue sur les flots de mes envies, de mes désirs. Et pour l’aider, je ferme les yeux, et tu es là, devant moi, allongée à la maternité, le regard pétillant de bonheur, Marion vient de naître, et tu la portes dans tes bras alors que je coupe le cordon ombilical pour lui donner sa totale autonomie. Je nous voie tendrement enlacés, avec ce petit bout qui pousse ses premiers cris pour dire bonjour à la vie. Une brume estompe l’image pour la remplacer par une autre de toi, en train d’allaiter Marion, adossée sur le canapé du salon alors que le soleil troue les nuages pour vous nimber de lumière, comme une sainte que l’on peut voir sur les tableaux de la renaissance. Marion suce ton sein et tu la regardes, tout cet amour qui transpire de tout ton être, je reste en retrait pour ne pas interférer dans ce moment que tout homme aimerait connaître en tant que Papa.
Tu me filmes en train de changer les couches de Marion, tu te moques de moi car je suis loin d’être aussi doué que toi, et plus j’essaie de faire bien, pire c’est, et plus tu rigoles, et Marion qui se joint à tes rires en gesticulant me compliquant encore plus la tâche. Par pitié, tu te joins à moi pour me remontrer les bons gestes, toute cette douceur dans les gestes, toute cette douceur lorsque tes mains effleurent les miennes pour les guider, toute cette douceur dans le regard que nous échangeons avant de partager un baiser que Marion fête d’un petit cri…
Je nous vois nous promener main dans la main, Marion tout contre toi dans ce grand châle qu’on avait acheté et que j’ai mis seul, faute au destin. Tu es si belle avec ton foulard noué autour de ta tête, ta petite frimousse qui m’avait fait fondre au premier jour, je suis le plus heureux des hommes, la femme que j’aime et le fruit de notre amour. Je te vois dorloter Marion que ses dents font souffrir, trouver les mots et lui offrir la tendresse nécessaire pour atténuer sa douleur, lui chanter une chanson douce de ta voix de velours, j’entends même l’air trotter dans ma tête. Un flash de lumière, et tu donnes à Marion ses premières petites cuillères de nourriture, le premier pas vers l’adieu au lait, et aux grimaces des petits plats qu’elle n’affectionne pas mais qu’avec toute ton adresse tu réussis à lui faire aimer.
Je me retourne, et tu es là, face à Marion, qui vient te rejoindre à quatre pattes, fesses à l’air, tout sourire de s’être débarrassée de ce poids sur son postérieur. D’un seul coup, elle se retrouve habillée comme par magie, et se redresse pour faire ses premiers pas entre toi et moi. Tu es fière de notre Marion, les larmes ruissellent sur nos joues. Un gâteau avec une bougie en son sommet qui illumine notre amour, et Marion qui ne comprend pas ce qu’elle doit faire, mais qui t’imite et qui finit par réussir à souffler cette flamme symbole de son anniversaire, et toi qui la câline alors que je vous prends en photos pour ajouter à notre album de chaque jour.
Une robe blanche, un ange la faisant voler au-dessus de tout, toi mon amour dans ta robe de mariée, alors que nous sommes plongés dans les yeux de l’autre, nos mains liés, Marion dans sa poussette avec un coussin recevant nos deux alliances. Puis, Marion entre nous alors que tu me passes cette alliance que je porte aujourd’hui à mon doigt avant de nous jurer fidélité, un baiser langoureux alors que nous devenons mari et femme, devant nos amis, faisant de moi l’homme le plus heureux au monde, et Marion qui applaudit de voir ses parents si heureux. Un voile et nous virevoltons sur la piste de danse en un slow langoureux alors que U2 entonne « One », nous sommes seuls au monde dans notre sphère, tout est si merveilleux, tout est si parfait…
J’ai ouvert les yeux, et j’étais là, devant cette page blanche, que j’ai rempli de mes rêves de vie à deux, ceux que nous avions partagés et que nous voulions en futur. Ils ne resteront que rêve, la réalité est devenue toute autre, loin des espérances de deux amants qui s’aimaient d’amour tendre et pur et que la destinée a éloigné. Je suis seul, et pourtant tu es si présente, mais tu me manques tellement, j’aurais tant besoin de t’avoir à mes côtés, j’aurais besoin de me blottir dans tes bras et de te susurrer « je t’aime » dans le creux des oreilles… La vie est si difficile sans toi, sans le sang qui fait battre mon cœur…
Ton Ptit Caillou
Publié le 30/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon infinie douceur,
Encore un soir où je me retrouve seul devant le fourneau. Marion est couchée et je dois essayer de me faire à manger, mais je n’en ai pas vraiment envie, c’est pour cela que je mange mal et que ma ceinture abdominale a pris de l’importance, contrairement à ce que je t’avais promis d’essayer. Mais je n’arrive pas à me motiver, à quoi bon me faire à manger pour moi tout seul, quand il y a du monde oui, mais seul. Je redeviens comme le célibataire que j’étais auparavant, à grignoter ce qu’il ne faut pas et à occulter les bonnes choses. Je gâte Marion, je lui mitonne de bons plats, mais pour moi, plus l’envie.
J’aimais tant faire la cuisine avec toi. Avant, je ne savais pas ce que c’était de cuisiner à deux, jamais je n’avais partagé ce moment, j’étais tombé sur des femmes qui cuisinaient elles-mêmes seules, d’autres qui ne savaient cuisiner, ou alors je cuisinais, mais jamais nous n’avions partagé ce moment. Celui que je forçais, c’était le moment de la vaisselle, il n’y avait pas de raison, même si j’étais invité, que je ne participe pas au rangement, et j’essuyais les assiettes alors que d’autres mains les nettoyaient. Mais jamais confectionner un repas en amoureux à deux.
Et la première fois que nous l’avons faite ensemble, c’était tout naturel, c’était magique pour moi, et pour toi aussi, tu me le révélas par la suite, car jamais tu ne l’avais fait auparavant non plus. Et lorsqu’on confectionne un gâteau, à deux, ce n’est jamais évident, et pourtant, notre forêt noire fut un bon moment de plaisir, à tout point de vue. Préparer les ingrédients était simple, chacun son côté de la cuisine, toi, la tête dans le réfrigérateur, moi dans les placards, non sans en profiter lorsque tu ressortais les mains pleines pour te voler des baisers, que tu me revolais quand j’avais moi-même les mains occupées. Chacun ses plats, chacun ses ustensiles, nous étions prêts pour l’aventure, sans savoir ce que donnerait le résultat.
Pendant que tu t’occupais du biscuit au chocolat, je m’attelais à la mousse au chocolat. Gourmande comme tu étais, tu n’attendis pas longtemps avant d’en goûter un peu, tout en me tentant avec ton doigt, avant de m’en mettre sur le bout du nez. Tu ouvrais les hostilités, je te bloquais contre la surface de travail, pour ton plus grand plaisir, et tu me léchais le bout du nez pour ne pas perdre une miette de mousse. Nous avions envie de nous laisser aller, mais la forêt noire n’aurait jamais été finie à temps, et c’est à regret que nous avons mis fin à cette première phase de tentation.
Pendant que tu achevais ton biscuit, je commençais à préparer le sirop, du bon schnaps auquel j’ajoutais du jus de griottes et le petit feu dessous éveillait nos cloisons nasales sous sa douce odeur. Je le remuais délicatement pour ne pas qu’il accroche, délicatement comme tu me le conseillais alors que tu prenais ma main pour remuer avec moi, la tendresse de ton baiser accompagnant la tendresse de ton mouvement giratoire. Je n’avais jamais eu l’idée d’une cuisine à deux, mais quel plaisir nous éprouvions à concocter ensemble.
La phase la plus délicate fut la crème chantilly, savoir battre la crème fraîche comme il se doit pour obtenir une délicate chantilly et non un vulgaire beurre pour le petit déjeuner. Ton premier essai s’avéra négatif, tu ne connaissais pas la machine, et tu avais trouvé une bonne excuse pour justifier ton échec. Je te taquinais et tu n’aimais pas avoir raté, tu prenais la mouche, je me souviens encore de ton visage, mais tu n e t’es pas laissée démonter, tu as pris un morceau de beurre caché dans ta main que tu me passas sur le ventre alors que tu profitais d’un moment de faiblesse de ma part devant la douceur de tes lèvres. Je t’ai couru après dans l‘appartement et quand j’ai enfin réussi à te mettre la main dessus, c’est pour étaler le reste de beurre sur les courbes de ton décolleté, pour l’y déguster agréablement…
Nos petits jeux mettaient en péril notre création culinaire, surtout la chantilly qui était un atout maître de la forêt noire. Ta seconde tentative fut aussi infructueuse que la première, tu trépignais les pieds de colère comme Baby dans « Dirty dancing ». Je rigolais de te voir ainsi, et tu me provoquas en duel pour voir si j’étais plus doué que toi pour monter la crème fraîche. Et la chance du débutant a dû me tendre la main, une parfaite chantilly prit place dans le saladier, tu la gouttas en premier et me félicita du résultat, alors que je paradais comme une star, fier de moi. J’en profitais pour te charrier, mais tu ruminais ta vengeance, sans que je le sache…
Tu étalas la chantilly, et poursuivit le nappage, la forêt noire était pratiquement finie, il ne manquait que les copeaux à installer en râpant des carrés de chocolat. Pendant que je les préparais, tu faisais les finitions. Tu les accolas tout autour et dessus pour finir, nous venions d’achever notre premier plat ensemble. Plus qu’à le mettre au frais pour le laisser durcir, et alors que je le mettais dans le réfrigérateur, tu mis tes mains dans la chantilly pour tenir ta vengeance. Lorsque j’ai refermé la porte, je me suis retrouvé avec deux mains couvertes de chantilly qui caressaient mon visage, en étalant aussi bien que possible, t’en amusant. Ton forfait accompli, tu t’enfuies pour éviter de l’affronter, et c’est la main pleine de beurre que j’ai entamé ma poursuite. Et lorsque je t’ai rejointe, ce fut pour une étreinte bestiale, à se délecter de la chantilly et du beurre, à s’enduire le corps de la substance graisseuse et même plus…
Nous avions réussi notre premier plat en commun, et nous en avons fait tant et tant par la suite, toujours bien agrémenté, surtout du plaisir d’être ensemble, d’être deux. Et là, je suis seul, tu n’es plus là pour partager ce moment de la vie d’un couple que je souhaiterais à tout un chacun pur bonheur sensoriel à tous les niveaux. Depuis que tu es partie, je n’ai jamais refait de forêt noire, et je n’en serais pas capable, il me manquerait l’ingrédient essentiel pour le réussir, toi, mon cœur, et tout ton amour. Tu me manques tellement, bébé, tu me manques tellement. Je t’aime, ma douce forêt noire que j’adorais consommer sans modération…
Ton Ptit Caillou
Publié le 23/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon île de bonheur,
Pourquoi ton joli sourire ne m’accueille plus au réveil, ce soleil à lui tout seul qui suffisait à chasser tous les nuages qui pouvaient m’entourer, pourquoi ton regard pétillant et malicieux ne me fait-il plus fondre, surtout lorsque tu voulais te faire pardonner une bêtise que tu avais fomentée exprès, pourquoi tes jolies lèvres ne se déposent plus sur mes joues pour provoquer en moi un séisme de frissons et surtout, pourquoi je n’ai plus le droit de t’entendre rire, une telle fraîcheur de bien-être qui se déversait à chacun de tes rires, un tel bonheur… Cela me manque tellement, et aujourd’hui, j’y ai repensé, j’ai eu des nouvelles de Pascaline, que je n’avais eu depuis … je ne souviens même plus, mais ce n’est pas d’hier.
La miss est toujours perdue dans les méandres de ces histoires d’amour, elle attire toujours les mauvais bougres, comme par le passé, comme elle nous le racontait souvent, et à chaque fois, c’était un grand moment d’hilarité. Te rappelles-tu ce fameux repas où elle nous contait ses multiples déceptions ? Elle rencontrait souvent de nouveaux hommes et se faisaient inviter volontairement au restaurant, mais ne comprenait pas pourquoi après avoir réglé l’addition, ces messieurs voulaient consommer le « dessert » ! La naïveté de Pascaline… Et quand elle craquait pour un homme, et que leurs lèvres se joignaient, pourquoi l’insertion de sa langue repoussait celle de son courtisant. Je lui avais conseillé de changer de dentifrice, c’était déjà une bonne justification et nous avions ri…
Son ami du moment se targuait d’être un super amant, et qu’après chaque relation aventureuse, sa dulcinée en sueur partait seule sous la douche. Quand nous lui avons expliqué qu’une demoiselle satisfaite intimement prenait sa douche avec son partenaire, alors que celles qui y allaient seules, c’était pour terminer l’œuvre inachevé ou se nettoyer de la souillure qu’elle venait de subir, il était moins fier et se trouvait des excuses bateau, alors que toi et Pascaline lui confirmiez la chose. Sa tête nous faisait rire, s’il avait trouvé un trou de souris, je croyais qu’il y aurait plongé. Et plus il essayait de rebondir, plus il s’enfonçait sans même que nous ayons besoin de l’aider.
Je me souviens aussi des déboires de Pascaline avec un autre qui se prétendait également un Dieu de l’amour, j’avais fini par croire que j’étais différent de tous les hommes, j’étais loin d’être un expert, et pour moi, il n’y avait pas de bons ou de mauvais amants, l’amour se faisait à deux. Mais intimement parlant avec elle, c’était la bérézina, aucune levée des couleurs, loin de là, et quand elle nous a raconté qu’il s’occupait de lui tout seul quand elle sortait de la salle de bain après avoir enfilé une tenue sexy, cela lui avait coupé l’envie, et chacun avait fini par dormir de son côté ! Bon, il est vrai que lorsqu’elle nous a dit comment elle se couchait, nous avions mieux compris les raisons d’une telle débandade ! Quand une demoiselle plutôt jolie s’enlaidit pour aller se coucher, ce n’est pas du plus bon effet intimement parlant, car des bigoudis, un masque de beauté, des boule quiès, un pyjama molletonné, cela n’a jamais aidé un homme à être entreprenant et bien disposé… Nous imaginions la scène, et nous sommes partis en crise de larmes, victimes de nos rires.
Aujourd’hui, c’est toujours la même chose, elle a rencontré un homme qui vit dans un taudis où les souris et les cafards sont rois, un autre qui l’ignore quand elle reçoit des amis, puis se montre affectif sitôt seuls, en effectuant toujours ses rencontres de la même manière, entre speed dating et sites de rencontres, voire tchat, mais rien au naturel, c’est à croire que comme dans les contes de Walt Disney, les princes charmants redeviennent citrouille sitôt le voile de l’écran levé. Mais je lui ai dit d’y croire encore, nous étions le meilleur exemple pour cela, j’avais conversé avec une princesse et elle s’était transformée en reine, j’avais rencontré la femme de ma vie, toi, ma douce Caroline, et que quelque part, son prince l’attendrait sur son destrier blanc…
Elle ne changera jamais, mais elle a éveillé en moi des souvenirs drôles, périodes où tu les partageais à mes côtés et où nous étions heureux. Aujourd’hui, ces moments sont révolus, et comme j’aimerais revenir dans le passé pour les revivre, non pas pour rire, mais simplement pour être avec toi, contre toi, et te dire tout ce que je ne t’ai pas assez dit par le passé, combien je t’aime, oh oui, ma chérie, combien je t’aime et combien j’ai besoin de toi. Et te glisser à ton doigt ce petit anneau que j’ai autour du mien…
Ton Ptit Caillou
Publié le 20/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma joie de vivre,
J’ai du mal à trouver le sommeil facilement le soir, comme si Morphée avait du mal à m’entrouvrir ses bras, et le matin, je me réveille souvent avant que ma petite boîte mécanique ne daigne ouvrir un œil. Alors, j’entrouvre la fenêtre pour regarder le ciel, en découvrant quelle surprise me réservera la météo du jour, entre soleil et nuage, entre pluie et éclaircie, … Marion est comme le temps, chaque jour m’apporte sa surprise, bonne ou mauvaise, mais je dois dire que je préfère les bonnes, comme celle qu’elle m’a réservée aujourd’hui…
Alors que je vaquais à mes occupations ménagères, j’avais déposé Marion dans son petit parc, pour éviter qu’elle ne déambule partout dans la maison, et qu’au final, je passe plus de temps derrière elle à la surveiller qu’à faire ce que je devais faire. J’ai mis un peu de musique pour égayer, Marion aime bien gazouiller pendant en même temps que les airs. Dans la cuisine, je ne lui prêtais pas vraiment attention, jetant un coup d’œil de temps à autre sur elle. A un moment, le rythme de la musique s’accéléra. Marion ne devait pas aimer cet air, je ne l’entendais plus gazouiller, j’allais donc changer de chanson lorsque je la vis. Et je fus scotché à la porte, Marion dansait…
Je n’en croyais pas mes yeux, notre amour se trémoussait sur ces petites jambes, elle était heureuse de vibrer au rythme de la musique, je ne l’avais jamais vu faire cela, c’était la première fois. Je restais en retrait pour qu’elle ne me voie pas, pour ne pas interrompre de manière discourtoise la représentation de son spectacle. Elle tourna sur elle-même, en tapotant du pied sur le sol, elle avait un large sourire de joie, jusqu’aux oreilles. Ses bras battaient comme si c’était des ailes, elle avançait dans son parc, puis commençait une séance de flexion sur ces genoux. Ensuite, elle se trémoussait à nouveau, en se tenant au rebord du parc, une vraie petite star heureuse de bouger, de se mouvoir avec souplesse, comme tu le faisais également. Elle a hérité cela de toi, sans conteste.
Je me suis montré, en l’applaudissant, en lui montrant que j’étais très heureux de la voir ainsi, en l’encourageant, ce qui lui fit arrêter un instant ses mouvements, mais devant ma joie, elle recommença de plus belle. Elle s’interrompit lorsque la musique cessa, en poussant un « oh » et ne me regardant d’un air « Papa, pourquoi ça marche plus? ». Je ne me suis pas fait prier deux fois, j’ai relancé le CD, et je l’ai prise dans mes bras pour la faire virevolter au-dessus de moi, pour partager cette joie de sa première danse ensemble. Je l’ai reposé, et elle était fière de me montrer ce qu’elle savait faire. Je dansais à ces côtés, pour l’encourager, elle continuait de se trémousser de plus belle, en remuant son petit popotin, elle tapait du pied, et semblait même sautiller, je la prenais par les mains et la faisait tournoyer, nous étions deux bébés découvrant les joies de la danse, d’être ensemble…
Elle tournait entre mes jambes, elle jouait autour de moi, elle se cachait puis se montrait, elle se trémoussait à nouveau, puis stoppait net en me regardant étonnée, parce que je ne faisais pas comme elle. Alors je me joignais à ces mouvements, et tout comme les comédies musicales de Fred Astaire et Ginger Rogers, nous évoluions l’un à côté de l’autre, moi l’imitant pour ne pas la décevoir, et l’encourager à de nouveaux pas. Je chantonnais à ses côtés, je la prenais par les mains et la faisais voler dans les airs, puis nous recommencions nos déhanchements, nos simulacres de claquettes et nos applaudissements l’un à l’autre.
Elle exultait de plaisir, elle en riait aux éclats, ses yeux étaient pétillants, elle s’éloignait de moi pour me montrer ce qu’elle savait faire, puis courrait vers moi pour se serrer contre mes jambes. Un vrai petit angelot dont sa maman aurait été fière, avec laquelle elle aurait dansé également. De temps à autre, elle levait la tête comme si elle te voyait, comme si elle te faisait coucou, pour te dire « tu vois, Maman, je sais danser maintenant ». Nous avons dû danser une bonne demi-heure, elle semblait infatigable, jusqu’à ce qu’elle se laisse tomber sur les fesses dans un grand « ouf », signe qu’elle en avait assez pour aujourd’hui, et je l’ai applaudi à tout rompre. Elle était toute guillerette, sa petite bouille toute souriante, elle était belle…
Nous aurions aimé que tu sois auprès de nous à vivre ce doux moment, tu le regardais de là-haut, en versant une larme de joie, comme je l’ai fait, j’ai senti ta larme glisser sur mon épaule, mais rien ne remplacera ta présence à nos côtés, mon amour. Nous redanserons pour toi, mon cœur, la danse de l’amour, la danse de Maman. Tu me manques tant, mais le fond de mon cœur t’envoie tout l’amour que je porte pour toi, chérie, car je t’aime à tout jamais…
Ton Ptit Caillou
Publié le 13/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendre lumière,
Je ne me sentais pas bien aujourd’hui, comme certains jours qui passent loin de toi, je me sentais abattu, comme si je n’avais plus d’énergie et Marion était pleine de vie, j’avais dû mal à suivre son rythme. Elle voulait que je joue avec elle, au monstre qui lui fait peur. Elle me le demande en poussant des grognements, comme ceux que je pousse lorsque je la poursuis avant de la rattraper pour lui dévorer son petit ventre, mais je n’en avais envie, j’étais un monstre sans saveur, sans entrain, je ne lui faisais pas plus peur que Casimir le faisait. J’avais plus envie de me poser à ne rien faire, plonger dans ma nostalgie.
Alors j’ai sorti un album de nous deux au hasard, et j’ai pris Marion sur mes genoux pour me replonger dans de vieilles photos. Elle aime bien regarder avec moi les photos, même si elle ne saisit pas tout, elle aime observer les images que je lui montre. J’ai commencé par nos premières photos, prises dans ton appartement, afin que nous en ayons chacun sur nous, des photos de nous deux, en train de faire des grimaces devant l’objectif, un autre où nous étions tendrement enlacés pour exprimer notre amour, encore une où nous partagions un délicat baiser. Nous étions un peu plus jeunes, j’avais surtout moins de cernes et de rides qu’aujourd’hui, le temps m’a rattrapé et a déposé ses traces sur mon visage. Marion te montrait du doigt en disant « Maman », ce que je lui confirmais, mais dès qu’elle voyait une femme, elle l’appelait « Maman ». Le nombre de Mamans qu’elle aurait est phénoménal, et elle me redonnait le sourire avec sa naïveté.
En tournant les pages, je suis tombé sur des photos à Trouville, où nous profitions des bienfaits du soleil, sur la plage, alors que nous construisions un château de sable avec les moyens du bord, juste nos mains. Au final, il ne ressemblait à rien, Marion aurait pu en faire de même avec ses petites mains, mais pas sur les plages d’Etretat, un château en galet, pas évident à faire tenir. Tu étais fière néanmoins, surtout au moment de le piétiner pour le détruire, une vraie gamine. Lorsque je t’ai dit cela, tu m’as poursuivi en lançant des boules de sable, nous avons fini dans l’eau pour un bain câlin. Et comme si tu ne t’étais pas assez amusée, tu as voulu m’enterrer sous le sable pour mieux me torturer. Tu l’as bien fait, je l’avoue, sur la photo, on me voit bien, enseveli sous une colline de sable, et toi, me dominant le pied sur mon corps de sable, les bras à l’équerre pour montrer ta musculature imposante, qui t’avait permis de me terrasser. Et de là, tu as commencé à me chatouiller les pieds qui dépassaient, pour tester ma résistance à tes sévices, puis tu as continué en jouant de tes lèvres sur mon visage, mais je ne pouvais goûter à a la saveur de tes lèvres, tu t’éclipsais dès que je te tendais les miennes, le vrai supplice de tantale. Dans un coup de reins, je me suis sorti pour te capturer et partager avec toi le plaisir de nos lèvres collées, et te recouvrir de sable, afin que nous replongions dans les eaux fraîches de la Manche…
Marion n’avait plus envie de jouer, elle était comme hypnotisée par les photos, elle me montrait tout du doigt, et sur la plage, elle me montrait toutes les personnes qu’elle voyait en alternant les « Maman » et les « Papa ». Et là où elle a éclairé mon visage, c’est lorsqu’elle t’a aperçu sur un cheval, en balade dans la campagne, et qu’elle m’a montré le cheval en disant « Papa ». Je savais que j’avais tout d’un bourrin, notre fille me le confirmait. J’ai fait le bruit du cheval et je l’ai fait sautiller comme à dos d’étalon que je n’étais plus, démasqué par notre puce. C’est vrai que dans certains cas de notre passé intime, tes manières cavalières m’imaginaient étalon, cela devait provenir de ma crinière naissante !
Au détour des pages, une photo de tes parents avec nous. Marion reconnaissait sa grand-mère « Ma’i », mais pas le monsieur à côté d’elle, ton Papa qui nous a également quittés. Elle ne l’avait pas beaucoup vu en photo, je lui ai expliqué qui il était, le Papa de sa Maman, mais c’était un peu compliqué pour son jeune âge, elle pensait que c’était moi sur la photo, mais j’étais deux fois dessus, il y avait un problème. Tu aurais vu sa petite bouille qu’elle a faite, son Papa essayait de l’embrouiller avec deux papas sur la même image. J’avais les yeux embués, sur ce cliché de nous quatre, où tu étais devant ton Papa et moi ta Maman, il n’en restait que deux, la faucheuse ayant déchiré en deux cette photo de notre passé pour n’en laisser que deux à l’abandon de la tristesse…
J’ai refermé l’album de notre passé, car le bain de notre présent était à venir, notre douce Marion allait clapoter dans l’eau pour tremper son Papa. J’ai reposé l’album parmi les autres, tout ceux que nous avions faits à deux, à côté de ceux que je construis de Marion pour qu’un jour, tu puisses les regarder aussi, assise contre moi, à tourner les pages à deux, fiers de notre petit amour. Ce sera bientôt, mon cœur, oui bientôt, très bientôt… Je t’aime tellement, Caroline…
Ton Ptit Caillou