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messageinabottle
Description du blog :
Une bouteille à la mer envoyé à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé...
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
10.03.2007
Dernière mise à jour :
31.03.2009

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29 Septembre 2007

Publié le 10/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,

Mon réveil a sonné ce matin, cela faisait un petit moment que cela ne m’était pas arrivé, Marion le devançant, mais ce matin, calme, notre petit trésor est restée endormie plus longtemps. Je me suis retourné dans le lit, à moitié endormi, pour te chercher, mais tu n’étais pas là. Je rêvassais un peu dans un semi sommeil, j’essayais de te retrouver, mais peine perdue, la brume de mes envies commençaient à s’estomper au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient. Oui, tu n’es plus là, plus de peau à caresser, plus de délicieuses lèvres à embrasser, plus de doux parfum pour taquiner mon petit nez, plus de pieds froids à réchauffer, les réveils ne sont plus pareils, et même si les rêves sont là durant la nuit, ce n’est pas la même chose que la réalité, l’antithèse de la virtualité des échanges froids que certains ont devant leur écran.
Je me suis levé et j’ai regardé notre grand lit vide, et des images du passé semblaient se mouvoir devant mes yeux. Je me suis frotté les yeux, je devais rêver, et pourtant, je te voyais flotter comme dans un rêve, une image subliminale qui prenait place devant moi. Je te voyais dormir, comme lorsque cela m’arrivait de m’éveiller la nuit, de temps en temps, et je t’écoutais, tu émettais des petits sons, comme des grognements, ou des mots que je ne décodais pas, mais parfois, autre chose que des mots, je ne savais dire quoi. Lorsque tu ouvrais les yeux et que tu me surprenais à te regarder somnoler, de ta petite voix encore voilée par la nuit, tu me disais que tu ne voulais pas que je profite de ton sommeil pour lire ton courrier intime, celui de tes rêves, celui des expressions de ton visage, et tu prenais délicatement la main pour la serrer contre toi avant de te rendormir.
Parfois, je devançais mon réveil avant qu’il ne résonne, je le coupais pour que tu puisses continuer tes doux rêves, je ne voulais surtout pas troubler la quiétude de ce moment, tu étais si belle, si fragile, si angélique… Si je bougeais un petit peu, tu venais te blottir contre moi, en position du fœtus, pour me sentir près de toi, te sentir rassurer, j’étais avec toi pour veiller sur tes rêves. Puis je m’extirpais tout doucement du lit, mais tu t’en apercevais, car automatiquement, tu allais te réfugier à ma place, pour sentir mon odeur, pour profiter de la chaleur de cette place vide que je laissais, et tu t’y recroquevillais. C’était trognon à voir, une infinie candeur sans que tu ne t’en rendes compte. Avant de partir, je venais déposer un petit bisou sur ton front, tout léger, tout doux, aussi léger qu’une plume d’oiseau pour ne pas te réveiller, alors que je savais que je devrais te quitter pour affronter la fraîcheur matinale qui me cueillerait au sortir. Je replaçais tendrement le drap sur ton épaule dénudée pour que les frissons qui prenaient forme à sa surface rendent le satin à ta peau sous la douce chaleur de notre couche.
Je laissais à ton attention de petits poutous que je déposais sur mon oreiller, afin que tu puisses les trouver quand tes petits yeux s’ouvriraient, pour venir t’accueillir dans un cocon de douceur et de bien-être, pour démarrer une journée tout en douceur. Je savais que ton réveil serait difficile, seule dans ce grand lit froid, sans bouillotte, sans moi… J’étais désolé lorsque tu ouvrais les yeux et que tu ne me retrouvais pas à tes côtés, mais mon esprit et mon cœur étaient à tes côtés, auprès de toi, my heart. Et de temps en temps, en surprise, je te laissais un simple mot sur un petit morceau de papier, juste au-dessus de l’oreiller, « Je t’aime ». Il était normal que je m’inquiète pour la femme que j’aimais, car je voulais tout faire pour toi, je voulais tellement te rendre heureuse, et non voir couler des larmes sur tes joues.
Ce matin j’ai tendu la main vers toi, pour te toucher, pour te caresser, pour que tu la me prennes, malgré tes paupières lourdes, avec toute ton infinie tendresse, mais ce n’était qu’un rêve, ce n’était pas la réalité, et moi qui voulais continuer à vivre cela avec toi, mon amour, jour après jour, aujourd’hui, je suis seul, avec juste mes souvenirs et mes larmes pour les refléter. Je me sens si seul depuis que tu es parti, comme sur une île déserte virtuelle, où plus rien n’a de sens ni goût pour moi, et alors que j’ai entendu les premiers gazouillis de Marion, ton image s’est estompée et tu as disparu pour retourner dans les méandres de mon cœur… Tu me manques tellement, je ne sais te dire à quel point, combien je ne suis plus moi depuis toi, combien je ne suis plus un homme entier… Je t’aime à en mourir, ma mie, et si je n’avais Marion auprès de moi, j’aurais franchi le pas depuis longtemps…

Ton Ptit Caillou



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28 Septembre 2007

Publié le 08/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma joie de vivre,

Alors que je t’écris, Marion et moi venons juste de rentrer pour éviter l’orage qui s’abat au-dessus de nous. Un orage si fort que la foudre est tombée où elle ne devait pas, et tout le secteur est plongé dans l’obscurité que les nuages ont invitée avec eux. Heureusement que nous avons des bougies, et l’atmosphère que celles-ci nous offrent ma rappelle plein de souvenirs avec toi, ma mie. Cela amuse Marion, et je dois faire attention, elle a envie de souffler dessus comme des bougies d’anniversaire. Nous avons joué un moment à les éteindre, mais j’ai préféré arrêter le jeu car un accident peut se produire vite malgré mes précautions. Nous sommes montés dans sa chambre pour qu’elle puisse jouer avec ses poupées, tout en pouvant veiller sur elle d’un œil, l’autre me permettant d’éviter de guider ma plume pour déposer sur cette page blanche quelques lignes de cet avant orage.
Avant ce déferlement de lumières célestes qui s’abat dehors au rythme des tambours divins, le ciel était bleu, nul nuage pour venir contrer la splendeur du soleil. Nous étions en bord de mer avec Marion, pour regarder les vagues s’échouer sur les galets et déposer une fine pellicule de mousse qui amusait Marion. A chacun de ses petits pas, elle tentait d’écraser la vague, mais celle-ci réussissait toujours à lui échapper malgré ses efforts. Au loin, le ciel commença à se draper de noir, comme si un orage se préparait en mer. Mais nulle trace de vent annonciateur de mauvais temps ne venait nous taquiner, la clémence de la météo m’étonnait même.
Et un premier jet de lumière jaillit devant nous, silencieux tout d’abord, puis suivi par un grand bruit digne des départs de feu d’artifice. D’autres comme nous commençaient à regarder ce feu d’artifice que nous offrait la nature. Petit à petit, d’autres éclairs venaient se joindre à leur aîné, zébrant la noirceur qui les accompagnait, et des roulements de tambour débutaient un concerto digne des orchestres symphoniques que nous pouvons voir à la télé, si ce n’est que la mélodie interprétée était plus vivante que celles écrites par la main de l’homme. La masse nuageuse s’enflait, et le bleu commençait à plier face aux assauts de la nuit artificielle. L’horizon changeait doucement devant nous, et un rideau d’éclairs reliait la mer au ciel.
Le nombre de jets augmentaient, chacun répondant à un autre avant même que le précédant n’ait achevé sa course. Et les zébrures variaient, évoluaient pour former des ramifications, des multiplications, et le débit électrique s’incrémentait au rythme des « boums ». Marion était sous le charme, elle observait cette beauté sans que rien ne puisse la troubler, le lointain du spectacle n’étant pas un problème pour ses petits yeux. Petit à petit, les éclairs s’unissaient à plusieurs pour amplifier leur colère, comme un jeu de racines qui prenait naissance, comme une artère centrale offrant la vie à des dizaines d’artérioles, pour finir par former une toile d’araignée de lumière, prenant en ses filets les vagues de la mer, et les rejetant vers nous en leur apportant de longues bandes d’écumes que nous apercevions au loin.
Les coups de tonnerre pétaradaient, se faisant de plus en plus fort, et Eole commençait à nous charmer de ses vents doux, signe que l’orage se rapprochait de la côté, et qu’il était plus judicieux de regagner son chez-soi avant de se retrouver sous cette féerie de la nature. Nous nous sommes joints à tous ceux qui prenaient le chemin du retour, comme une longue procession. Et le vent nous poussait pour nous intimer de nous hâter, pour veiller sur nous et nous épargner le courroux des Dieux. Marion voulait continuer de regarder alors que je la portais, et ses petits « oh » me renseignaient sur la pluie d’éclairs qui tombait.
Et une fois à l’abri, le noir a supplanté le bleu, nous avons allumé car il faisait nuit en plein jour, et peu de temps après les premières déflagrations autour de nous, une grosse détonation nous plongeait dans le noir. Et c’est à l’ancienne que je te rédige cette missive, sous la lumière d’une bougie, dans laquelle je revois ton sourire malicieux et ton regard de velours. Marion rit à chaque coup de tonnerre, je lui cache mes craintes, car je sais que tu veilles sur nous, et j’espère que le courant va vite revenir, pour que nous puissions diner normalement. Je serais si bien auprès de toi à me blottir dans tes bras, avec Marion, pour un câlin familial, plein d’amour, tout ce que tu avais au fond de toi et que nous nous étions offerts sans compter. Oui, tout cet amour… Tu me manques tellement, Caroline, nous avons tant besoin de ta présence, de ton amour, de te douceur, et de tout ce que tu représentais pour moi, mon avenir et ma vie… Je t’aime si fort, si fort, si fort…

Ton Ptit Caillou

27 Septembre 2007

Publié le 03/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma raison de vivre,

Aucun jour ne ressemble aux autres, certains jours, le soleil me tire vers le haut, d’autres jours, la pluie me tire vers le bas, et parfois, c’est l’inverse. Alors, mon esprit vogue vers les vagues de souvenirs, en restant à la surface pour ne pas m’enfoncer, tout en plongeant vers les profondeurs pour capturer dans mes filets, quelques images de la sirène que tu es pour moi. Oui, pour moi, tu es toujours en vie, quelque part dans l’océan du temps, n’attendant que mon passage sur les flots à bord de mon voilier de la vie, pour me guider de ta voix vers les rivages de ton cœur, mais je dois avoir perdu l’ouïe, je ne détecte rien pour le moment, seul le silence des vagues du souvenir résonne en moi, et rien devant, comme si j’étais sur la dernière marche de mon bateau, avant de tomber…
Une dernière marche du destin, avant de sombrer dans les ténèbres, comme si j’avais été condamné à te perdre d’avoir voulu t’aimer, atteint de cette maladie qu’on appelle l’amour. La dernière marche d’un condamné à avoir aimé, d’avoir trop aimé, comme si on pouvait trop aimer… J’ai les pieds et poings liés face à ton départ, j’ai beau faire tout ce que je peux, je n’arrive pas à me défaire de ses liens aussi solides que notre amour, ces liens invisibles mais qui m’enchaînent loin de toi. La vigueur de mes larmes n’y change rien, mes prières ne trouvent nul chemin devant la noirceur des ténèbres qui a noyé notre amour…
Je regarde au loin, et je sais que tu es là, que tu m’attends, que telle Pénélope, tu patientes, espérant ma venue pour te quérir et t’emmener vers demain à bord du voilier de l’amour, mais je me suis perdu en eaux troubles, non pas par amour d’une autre, mais dans les remous de mes souvenirs qui m’attirent vers hier. Je nous voie nous séparer au-dessus de nos corps, je vois nos âmes se tendre les mains pour se retirer, mais derrière toi, un tunnel de lumière blanche t’appelle alors qu’un nuage noir pointe à mon horizon, malgré le sourire de notre Marion qui vient de naître à la vie. Je sais que tu es là, et pourtant, je ne te vois déjà plus, je ressens encore ta main, et j’ai beau tenter de la serrer, elle glisse inexorablement vers notre séparation. Mes cris se perdent dans le silence du vide, mes appels ne reçoivent nulle réponse…
Mon cœur ne bat plus, il s’est arrêté, le sang se tarit dans mes veines, la sève de notre amour semble s’arrêter, et pourtant, à force de volonté et de croyance, même si la mort a décidé de le figer dans le temps, je l’ai ravivé, le choc de ton départ a disparu, l’espoir de nos retrouvailles à fait fondre le gel qui maintenait emprisonné toute la fougue de notre amour, je sens à nouveau mon cœur battre de tes baisers, je sens à nouveau ma peau ressentir la douceur de tes caresses, je sens à nouveau mon âme bercée par tes mélodies du bonheur, je sens à nouveau mon sang crier tout mon amour. Je sais que cette dernière marche qui me mène à toi, je vais la franchir, je sais que nous allons être à nouveau réuni dans une croisière pour l’éternité, mais je ne sais quand…
Marion est auprès de moi, elle me rappelle chaque jour que cette marche, ce n’est pas encore pour maintenant, je dois veiller à tenir la promesse que je t’ai faite, je dois me montrer fort pour éviter la faiblesse du désespoir qui essaie à chaque instant de me prendre dans ses filets pour me tirer vers le bas et commettre l’irréparable, et même si parfois, je me retrouve en apnée, même si je vois le bateau s’éloigner, je nage de toutes mes forces pour le rattraper en luttant contre les requins du malheur et les poulpes de la mélancolie pour toucher ce bateau qui guide ma vie aujourd’hui, qui me mène, malgré les tempêtes et les chemins détournés vers l’union de nos retrouvailles, vers l’amour absolu.
Cet anneau qui cerne mon annulaire, ce message d’amour par-delà le temps et les dimensions, tu as le même à ton doigt, ma bouteille te l’a délivrée pour que quel que soit notre lieu, nous soyons toujours unis, nous soyons toujours un, nous soyons toujours les deux amoureux que la Terre enviait et que rien ne pouvait séparer si ce n’est la lame tranchant de la faucheuse, se plaisant à sectionner les fils de la vie pour remplir son jardin d’Eden ténébreux. Mais tu me l’as fait sentir, tu lui as échappé pour rejoindre les anges, et c’est là que mon bateau me déposera pour une escale infinie. Alors, je saurais que ce sera la dernière marche, et elle ne sera plus ténébreuse, car nous serons condamnés à nous aimer éternellement…
Je t’aime, ma Caroline. Attends-moi, j’arrive pour que nous nous rejoignions sur cette marche de la vie…

Ton Ptit Caillou

26 Septembre 2007

Publié le 01/10/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon bel amour,

J’ai déposé quelques roses auprès de ta photo, celles que tu aimais tant pour leurs couleurs, mélanges de jaune et de rose comme seule la nature sait les faire. Leur parfum se disperse tout autour de moi pour déposer un voile de douceur comme tu le faisais de tes mains sur mes épaules. Je n’avais plus qu’à fermer les yeux et à me laisser aller à la magie de tes mains sur mes épaules qui déclenchait un torrent de frissons. Ses roses ne sont que la pâle copie de ce que tu es pour moi, mais elles sont tes préférées, et leur éclat du jour était le plus beau depuis très longtemps, je voulais conserver cette image à tes côtés.
J’ai été les cueillir avec Marion, m’aidant à choisir les plus belles, et appréciant leur odeur, tout en faisant attention à ce qu’elle ne se pique pas aux grosses épines les protégeant. Mais nous n’étions pas seul dans le jardin, tout au fond, un petit bruit nous fit tourner la tête, un écureuil faisait ses provisions pour l’hiver dans le noisetier. Il était tout mignon, Marion me regarda étonné, la main sur la bouche pour montrant sa stupéfaction de voir un animal dans le jardin et me le montra du doigt. Le petit écureuil ne semblait pas gêné de notre présence et continuait ses petites affaires. Il avait cette belle couleur marron roux rappelant les couleurs de l’automne dans lequel nous venions de plonger, la queue en panache du plus bel effet, un beau point d’interrogation inversé comme on le voit dans les dessins, mais rarement en réalité.
Je disais à Marion que c’était un écureuil, je lui expliquais ce qu’il faisait et lui faisait « chut », pour qu’il ne prenne peur et s’enfuit loin de nous. Marion me faisait « chut » à sa manière, elle me faisait sourire. Mais je sentais qu’elle voulait descendre de mes bras pour aller vers cet inconnu et le caresser de sa manière si « douce » comme savent le faire les enfants. Le petit écureuil cassait des noisettes en les tenant avec ses petites pattes de devant et laissait ses dents faire le travail. C’est stupéfiant de voir cet animal en plein travail, et la facilité déconcertante avec laquelle il peut ouvrir une noisette avec ses dents. Et le plus curieux, c’est qu’il en prenait certaines et les rejetait de suite, comme s’il savait qu’elles étaient vides ou indigestes. Il vadrouillait au pied du noisetier avec une belle agilité, il allait et venait de point en point, et je sentais Marion qui s’impatientait d’aller le rejoindre. Elle poussa un petit cri, de le voir ainsi déambuler, il s’arrêta net, releva la tête dans notre direction mais ne déguerpit pas, il était en arrêt, prêt à fuir et pourtant, il ne bougeait plus, il attendait de voir ce que nous allions faire.
Tout doucement, j’ai déposé Marion, qui, ni une ni deux, s’est dirigée vers lui d’un pas décidé. Sans demander son reste, l’écureuil s’est éclipsé au-delà du grillage, laissant Marion toute pantois. Elle se retourna pour me regarder, pour que je fasse quelque chose, mais je lui ai fait comprendre que je n’y pouvais rien, qu’il était parti. Elle haussa les épaules, tu l’aurais vue, tu aurais rigolé à mes côtés, toute déçue qu’elle était. J’ai été la rechercher pour continuer notre moisson de roses pour « Maman », comme elle le disait à chaque rose coupée pour former le bouquet. Et la rose assemblée avec les autres, elle m’intimait un « encore » pour qu’elle continue à les sentir et que j’en coupe une de plus. Si je l’avais écouté, il n’y aurait plus une rose dans le jardin.
Lorsque je l’ai reposé au sol, je me suis accroupi à côté d’elle pour lui montrer que notre petit intrus était revenu, il avait été dérangé pendant ses provisions, et ne les ayant pas achevées, il revenait pour parfaire ses réserves. Marion était toute contente de le revoir, et me tira par la main pour retourner vers lui. L’écureuil nous toisa un moment, puis pris deux noisettes qu’il casa dans ses bajoues, avant de s’éloigner de nous, de crainte que Marion ne revienne l’importuner. Elle était toute heureuse de l’avoir revu, et quand nous sommes rentrées, je lui ai montré un livre sur les animaux où elle a pu voir le petit écureuil qui ne la fuyait pas, immortalisé sur une photo qu’elle caressait.
Et à l’heure qu’il est, elle doit rêver d’écureuil et de noisettes. Et je suis là devant ce bouquet des roses qui réveille en moi des souvenirs de la plus merveilleuse et la plus jolie des fleurs, toi mon amour, que j’ai cueilli avec douceur et qui a continué à t’épanouir au fil du temps à mes côtés. Jamais je ne pourrais oublier ta candeur comme ce pétale de rose, jamais je ne pourrais oublier ton odeur si délicate comme celui de cette rose, jamais je ne pourrais oublier ta beauté, mais surtout ton sourire lorsque tu t’éveillais et que tu découvrais à ma place sur l’oreiller une jolie rose digne l’amour que je te portais. Tu me manques tellement, Caroline, mon petit écureuil à moi, j’ai tant besoin de toi et j’aimerais tant encore déposer une jolie rose sur mon oreiller pour te dire « Je t’aime »…

Ton Ptit Caillou

25 Septembre 2007

Publié le 22/09/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma chérie,

J'ai eu du mal à te retrouver au pays des songes, Grégory a très mal dormi, cerné par les cauchemars en tout genre, je l'entendais hurler, comme s'il se battait avec quelque chose, avec quelqu'un, comme s'il revivait sa journée qui l'avait vu se battre avec un de ses camarades. Je l'ai réveillé pour le rassurer, je l'ai pris contre moi pour qu'il se sente mieux, et le sommeil a étendu à nouveau sa couverture sur ce petit ange. J'ai veillé sur lui pour chasser les mauvais esprits qui voulaient assaillir ses rêves, et je n'ai regagné notre chambre qu'au petit matin. Et c'est le gazouillis de Marion qui a devancé le réveil pour me sortir de ma nuit.
Grégory dormait encore lorsque je me suis levé pour prendre Marion, et je l'ai amené à lui pour que ce soit elle qui le réveille, de manière un peu brutale, certes, mais à sa manière. Je l'avais déposé doucement sur le lit, et elle a crapahuté à quatre pattes vers sa tête pour lui donner une petite claque. J'ai éclaté de rire quand j'ai vu la tête de Grégory qui a ouvert les yeux d'un seul coup, se demandant ce qui lui arrivait, et Marion s'est joint à moi. Sa surprise fut de courte durée, son sourire lumineux éclaira son visage en nous découvrant au petit matin. Il se leva pour prendre Marion dans ses bras, l'étouffant presque de sa vigueur de jeune homme, il me donnait envie de pleurer, un tel bonheur que je ne pouvais vivre avec toi. Mais je savais que cela n'allait pas durer, qu'il faudrait le raccompagner à l'école et que la séparation serait d'un tout autre ordre.
Nous avons déjeuné tous ensemble, Marion avec son biberon, Grégory et ses tartines de beurre et de confiture, et moi devant mon jus d'orange. Le soleil avait déjà percé la couverture nocturne, il fallait se hâter pour que Grégory ne loupe pas l'heure. Une fois tout le monde préparé, il a fallu monter en voiture pour repartir vers le synonyme de prison pour lui, il n'avait pas envie d'y retourner, les autres étaient méchants et tu n'étais pas là pour le protéger, pour le défendre des attaques extérieures, que personne ne l'aimait là-bas. Je lui ai expliqué qu'il se trompait, que les autres n'étaient pas méchants avec lui, mais qu'ils comprenaient mal ce qu'il voulait, qu'Edwige l'aimait, que les autres encadrants également, et que de toute façon, Marion et moi étions là pour lui, s'il avait besoin, il pouvait me contacter. Il m'agrippa le bras d'un seul coup pour se serrer contre moi, j'ai failli lâcher le volant sous la surprise.
Il m'a alors expliqué avec ses mots à lui ce qui c'était passé la veille, et pourquoi il avait réagi ainsi, sous l'emprise de la colère. Crise de jalousie entre enfant, besoin de se faire remarquer, et au final, l'effet inverse, un échange de mots qui dégénère en bagarre. Voilà toute l'histoire, j'espère simplement qu'il ne recommencera pour qu'à nouveau je vienne le chercher pour passer la soirée avec lui, je préfère venir le chercher par plaisir pour que l'on passe de bons moments ensemble que pour fuir ce qu'il considère comme sa prison alors que c'est un lieu d'accueil pour renaître à la vie… Et il m'a parlé de toi…
Il voulait de tes nouvelles, savoir ce que tu devenais, si tout allait bien pour toi, si tu étais en bonne santé, si tu ne l'avais pas oublié, savoir quand tu revenais, mille questions lancées en rafale, je me retrouvais comme sous un déluge de grêle, et je ne savais comment m'en sortir. Il fallait à nouveau que je lui taise la vérité, que je lui raconte une histoire, non pas une de celles merveilleuses qu'on écrivait ensemble, mais une histoire probable qui pourrait le rassurer et lui redonner du baume au cœur. Je lui ai raconté que tu pensais à lui chaque jour, que tu me demandais de ses nouvelles, que la vie était difficile là où tu étais, mais que tu t'en sortais bien, que tu espérais revenir bientôt, que nous lui manquions. Il voulait t'appeler, pour te parler, pour te raconter sa vie de tous les jours, pour t'entendre afin que cela le réconforte, mais j'ai dû lui mentir, lui dire que tu n'avais pas le téléphone là où tu vivais, qu'il était difficile également pour moi d'avoir de tes nouvelles et de te joindre…
Arrivés devant la grille, Edwige l'attendait, Grégory ne voulait pas nous quitter, il voulait rester avec nous, rester avec Marion pour jouer avec elle, elle était gentille avec lui, elle lui souriait tout le temps, et moi, j'étais là pour lui, j'étais le maillon qui le reliait à toi, il avait besoin de moi… J'en avais les larmes aux yeux, Edwige aussi, mais je ne voulais pas pleurer pour ne pas faire pleurer Marion, les au revoir, je n'ai jamais vraiment apprécié. Grégory ne voulait me lâcher, il me serrait fort dans ses bras, j'étais accroupi et j'ai failli tomber à la renverse, je lui ai dit que j'allais revenir bientôt pour qu'on passe d'autres moments ensemble, je le lui ai promis. Nous lui apportons beaucoup, mais d'une certaine manière, il nous apporte énormément, sa joie de vivre, son amour, un grand frère pour Marion, un fils pour moi, et la pureté qu'il a au fond de ce cœur de petit garçon trisomique, rien ne pourra la ternir.
Lorsque je me suis éloigné en voiture, je le voyais dans le rétroviseur qui nous faisait signe de la main, mais la vision se troublait, et ce n'est pas la distance qui se faisait entre lui et nous, mais le voile de larmes qui embuait mes yeux. Que c'est dur de ne rien lui dire, que c'est dur de lui faire espérer, et que c'est dur de te savoir si loin de nous. Tu nous manques tant, Caroline, j'ai tant besoin de toi pour vivre, j'ai tant besoin de ton amour pour avancer, Marion a tant besoin de sa Maman pour apprendre la vie, et Grégory a tant besoin de celle qui lui a tendu la main. J'ai mal, ma cœur, j'ai si mal au fond de moi, de ne pouvoir te susurrer à l'oreille ces simples mots "Je t'aime"…

Ton Ptit Caillou

24 Septembre 2007

Publié le 13/09/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse infinie,

Chaque jour qui passe éloigné de toi est une nouvelle souffrance, chaque jour que nous aurions pu partager, chaque jour que nous aurions dû partager, mais que plus jamais ici-bas nous ne pourrons vivre entretient la déchirure que j'ai au fond du cœur. Chaque jour est une nouvelle épreuve que je parcours dans la vie de Papa, seul pour apporter à Marion toute la tendresse que tu ne peux plus lui offrir, pour que tu sois fière de notre petit amour, chaque jour où je me réveille seul dans notre grand lit froid et que je me retourne vers toi pour voir si tout cela n'est qu'un affreux cauchemar conforte le destin d'avoir déchiré un amour physique, mais ne pourra jamais détruire ce lien qui nous unit par delà le voile de la mort et de la vie. Chaque jour m'apporte aussi ses leçons de vie, de force et de courage, comme à chaque fois où je vois Grégory…
En fin d'après-midi, Edwige m'a appelé pour prendre de nos nouvelles, mais aussi pour me parler de Grégory qui n'allait pas bien, il s'était battu avec un de ses camarades à ton sujet, ce dernier soutenant que tu étais partie à cause de lui, que c'était de sa faute. Tu sais combien les enfants peuvent être odieux quand ils veulent faire du mal, et sortir ce qu'il y a de pire pour atteindre l'autre. Je lui ai proposé de venir le chercher pour qu'il passe la soirée et la nuit avec nous, afin de le réconforter, afin de lui montrer qu'il n'est pas seul, afin de lui expliquer qu'il n'est en rien responsable de ton départ, et le rassurer, lui qui a fait tant de chemin pour arriver où il en est aujourd'hui, grâce à toi, grâce à ton amour.
J'ai été le chercher avec Marion, il était surpris et très content de nous voir, il a embrassé Marion de tout son amour, tout cet amour qu'il a au fond de lui et que personne ne peut comprendre aussi bien que toi. Quand Edwige lui a annoncé qu'il passerait la nuit avec nous, il a sauté de joie, j'en avais les larmes aux yeux de le voir si heureux, après le nuage qui avait terni sa journée et qui avait motivé l'appel d'Edwige. Il m'a serré fort dans ses bras, et nous sommes retournés à la maison, pour passer une soirée "en famille". Grégory jouait avec sa petite sœur, il la prenait par la main et se promenait dans le jardin, je le laissais faire, car il est très prévenant avec elle, il en prend soin comme d'un petite pierre précieuse, et son handicap n'en est pas un à mes yeux, au contraire, c'est même une force de pouvoir conserver cet amour pur et cette générosité qu'il offre à ceux qu'il aime. Et maintenant que Marion marche, ils sont plus mobiles tous les deux, chacun tirant l'autre vers une fleur, un arbre, un oiseau, un insecte, un frère et une sœur comme nous aurions aimé en avoir…
Le bain fut une belle partie de rigolade, je les avais mis tous les deux dans la baignoire et je les douchais à tour de rôle, et leur jeu était de m'éclabousser chacun leur tour. La salle de bain avait autant d'eau que la baignoire, mes vêtements étaient à tordre, mais je m'en moquais, ils étaient heureux tous les deux, le reste ne m'importait pas. Ensuite, Grégory a essuyé Marion pour qu'elle n'attrape pas froid, doucement comme je lui avais montré, tout en lui faisant des bisous auxquels répondait Marion. Tu les aurais vus, deux petits anges, un tableau de l'amour. Le temps que je prépare à dîner, ils ont joué ensemble dans le salon, Grégory faisait le monstre avec des grimaces, Marion hurlait de rire à chaque nouvelle caricature, à chaque grognement, la maison revivait pour un instant, avec la joie et la quiétude qu'elle n'aurait jamais du perdre…
Le repas fut très gai, il a fallu que j'arrive à calmer les ardeurs de Grégory, car quand Marion mangeait seule, c'était comme à l'accoutumer, un maquillage gratuit, et il voulait en faire de même. Il était grand, il devait montrer l'exemple, et expliquer à Marion comment faire pour ne pas en mettre partout. Il lui donnait également des cuillerées, mais Marion était si excitée qu'elle faisait exprès de bouger au moment où les cuillères atteignaient sa bouche, et c'était reparti en crise de fous rires. Quand il a fallu coucher Marion, ce fut une autre paire de manche, elle ne voulait pas aller dormir, et Grégory ne voulait pas non plus qu'elle s'en aille ! J'ai donc ouvert le recueil de nos histoires, et le silence se fit autour de ma lecture, de grands yeux ébahis m'observaient raconter les récits, avec mes intonations, mes voix diverses pour chacun des personnages, simulant l'atmosphère autour des personnages. Une respiration calme me signala que Marion avait rejoint le pays des songes, avec Grégory, nous nous sommes éclipsés en silence. J'ai essayé de discuter avec lui avant d'aller le coucher, mais il n'avait pas envie de parler du mal qu'on lui avait fait, de sa sensation d'abandon, alors j'ai axé la discussion sur sa vie de tous les jours, ses relations avec ses autres camarades et ses encadrants. Au travers de ses dires, je comprenais tout le vide qu'il avait en lui depuis ton départ, l'abandon qui le travaillait, même s'il savait que tu allais revenir, il ne pouvait en être autrement.
Je l'ai couché, les bâillements commençaient à se montrer, les émotions de la journée avaient raison de lui, et la maison s'est recouverte de silence. Petit ange, pourquoi la vie a-t-elle été si cruelle avec lui, son passé est un enfer, et le destin lui a volé le seul rayon de soleil de sa vie, toi mon amour, toi qui avait été le seul à le comprendre, toi qui avait su percer sa carapace, toi qui l'avait sorti de son tunnel pour l'amener vers la lumière, et s'épanouir à la vie… Tu n'es plus là aujourd'hui, et même si tu me manques, si tu nous manques, je ne peux me mettre à la place de ce petit chérubin qui a perdu le seul être qui comptait à ses yeux, car moi, j'en Marion avec moi, petit morceau de toi, lui, il n'a plus rien…
Il faudra un jour que je lui apprenne la terrible vérité, pour le moment, je ne le peux, et ce soir, sous notre toi, un petit garçon rêve de toi et te rejoint au pays des rêves. Je vais en faire de même pour partager ce moment en prenant par la main notre petite amour, je te dis à tout de suite, le temps de confier ce doux message à cette frêle embarcation. La vie est si dure sans toi, ma douce Caroline, si dure… Je t'aime d'un amour pur…

Ton Ptit Caillou

23 Septembre 2007

Publié le 07/09/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon havre de paix,

La bosse qui défigurait Marion hier a commencé à s’estomper, elle est rentrée dans sa coquille pour ne laisser qu’une petite trace bleuâtre de son passage. Mais je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit, je suis resté auprès d’elle, j’avais peur, et au moindre gémissement, je me levais d’un bon pour être auprès d’elle, pour la rassurer, pour la cajoler, mais elle rêvait, elle ne semblait pas souffrir de sa mésaventure de la journée. Pauvre petit ange, si tu savais comme je m’en veux, je sais que je ne serais pas là toute sa vie à ses côtés pour la protéger, mais là, je pouvais, je devais le faire et je ne l’ai pas fait, j’ai mal rempli mon rôle de Papa…
Je sais depuis longtemps qu’il faut que je fasse attention à tout, chaque élément de la maison peut être un danger potentiel pour un bébé, surtout dès lors il attaque l’exploration de son environnement. J’ai essayé de faire tout ce qu’il fallait, j’ai supprimé tous les objets sur lesquels elle pouvait se blesser et qui trainaient au sol, car ses courses non contrôlées à quatre pattes auraient pu s’avérer une course d’obstacles dangereuse digne du parcours du combattant pour un bébé. J’ai protégé les prises électriques pour éviter que Marion n’y glisse ses doigts et se retrouve coiffée à la Désireless tout en chantant « Allô Papa bobo », j’ai posé des éléments protecteurs sur les coins de table, j’ai posé une grille fixe devant la cheminée pour qu’elle n’aille jouer à se déguiser façon dalmatien et qu’elle parsème ses traces tout au long de ses pérégrinations dans la maison.
J’ai installé une barrière pour éviter qu’elle ne veuille entamer l’ascension de son « Everest » et ne se retrouve coincée entre deux marches ou à dégringoler comme Belmondo le faisait si bien dans ses films, et dans son parc, j’ai retiré tout ce qui pouvait lui faire du mal lorsque je n’étais pas à ses côtés, tout en veillant à bien vérifier que ces peluches ne perdaient pas leurs yeux, pour éviter qu’elle ne les ingurgite. Je range même mes chaussures dans le placard qui leur est destinées pour qu’elle ne trébuche pas dessus, et malgré toutes mes préventions, un simple rebord de tapis a suffi à la déséquilibrer pour qu’elle choie…
J’en ai vu des reportages, j’en ai lu des magazines où on expliquait tous les dangers d’être un enfant, j’ai toujours fait attention à tout ce que nous faisions ensemble, j’ai toujours été là pour lui éviter de mauvaises chutes, de mauvaises rencontres avec des obstacles naturels, sauf hier. Lorsque je la porte sur mes épaules, je fais attention à me baisser pour éviter qu’elle ne se cogne sur le dessus des portes, lorsque je lui donne à manger, je veille à ce que sa cuillerée soit tiède et non bouillante, lorsque son bain coule, je mets ma main dedans pour tester sa température, et je prends même soin de ne pas lui montrer quand je pleure pour éviter qu’elle ne mêle ses larmes au mienne.
Lorsqu’elle a ouvert les yeux, elle fut toute contente de me voir, elle me décrocha un grand sourire en me tendant les bras, elle ne se souvenait plus de sa petite bosse sur son front. Je l’ai prise dans mes bras et je l’ai serré fort, elle est tout ce qu’il me reste de toi, et lui faire du mal, c’est comme te faire du mal, et jamais je ne le supporterais. J’ai déjà abusé de sa confiance la semaine dernière avec le vaccin, et là, je recommence à ne pas montrer digne de la tache que tu m’as confié, d’élever notre enfant dans les meilleures conditions, en esquintant son jolie visage par mon inattention.
Je n’ai plus que Marion avec moi, tu n’es plus avec nous, et pourtant, j’ai tant besoin de toi, de ta tendresse et de tes attentions, celles que jamais je ne pourrais offrir à Marion à ta manière, même si je m’applique, je ne serais jamais toi. Je redoublerais de vigilance pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise, même si je sais que dans le futur, une course inachevée dans une cour de récréation pourra lui laisser quelques traces, ainsi que d’autres évènements de sa vie de petite demoiselle en devenir. Mais aujourd’hui, c’est moi qui suis là, c’est à moi de veiller sur elle, et j’essaierais, non, je réussirais à la protéger, je t’en fais la promesse, mon amour.
Je l’aime tellement notre petit trésor, je donnerais ma vie pour elle comme je l’aurais donné pour toi, sauf que la destinée n’en a pas voulu et a préféré te prendre pour me faire souffrir à jamais, comme pour me faire payer les erreurs du passé. Si seulement tu étais avec nous, si seulement Marion avait sa Maman, tout serait plus facile, notre vie serait si heureuse, notre bonheur éclaircirait le monde, au lieu que ce nuage noir domine ma vie. Tu me manques, Caroline, je sais que je me répète, mais tu me manques tellement, je ne suis plus rien sans toi… Je t’aime, ma chérie, je t’aime.

Ton Ptit Caillou

22 Septembre 2007

Publié le 03/09/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon amour,

Je ne me sens pas bien du tout, j’ai mal au fond de moi, j’ai l’impression d’avoir échoué dans mon rôle de père, Marion est meurtri en sa chair par ma faute, elle a une grosse bosse, comme jamais elle n’a eu sur le front, qui la défigure totalement, pauvre petit bouchon, car j’ai manqué d’attention et je ne suis pas arrivé à temps pour la retenir avant qu’elle ne choit. Je la regarde dormir, en espérant que cette déformation s’estompera avec la nuit et que demain, ce ne sera plus qu’un vague souvenir. Mais j’ai mal, comme si je n’avais pas assumé mon rôle de père comme tu l’avais souhaité.
La soirée avait bien débuté pourtant, content de nous retrouver, nous avions exploré le jardin à la recherche de nouvelles fleurs à cueillir pour en faire un bouquet éphémère. Marion vocalisait un peu alors que je la poursuivais comme un monstre. Une fois rattrapée, je lui ai dévoré le ventre en petits poutous bruyants, comme elle les adore. Et il était l’heure de rentrer, pour que Marion prenne son petit bain avant son dîner, mais cette chipie voulait encore jouer un peu, elle s’est mise à essayer de cavaler dans le salon pour que je coure derrière elle. Mais elle n’a pas assez levé son pied au passage du bord du tapis et elle est tombée en avant. J’étais trop loin pour pouvoir l’attraper en plongeant, pour éviter qu’elle ne se fasse mal, et je l’ai vu se rapprocher du sol, horrifié. Sa tête a heurté violemment le sol en un bruit de craquement, j’ai hurlé de terreur.
Je suis arrivé sur Marion pour la relever et la prendre contre moi, elle criait en pleurant à chaudes larmes, mais à première vue, elle n’avait rien. Pour moi, il y avait plus de peur que de mal, alors je me suis moqué d’elle, comme je le faisais d’habitude, pour que mes rires lui fassent oublier sa douleur. Mais sur son front, un œuf de pigeon commençait à se former, et il enflait à vue d’œil. Je ne savais plus que faire, je devais rire et masquer ma crainte devant Marion pour qu’elle ne s’affole pas. Je la cajolais pour la calmer, j’avais mal pour elle, je partageais sa douleur, et son œuf qui continuait à enfler, comme une corne sur le côté de son front. Heureusement dans sa chute, elle ne s’était pas fait mal ailleurs, elle ne semblait pas souffrir des poignées, ces genoux n’étaient pas marqués et surtout, elle ne saignait pas des dents ni du nez, juste cette horrible bosse qui prenait place sur son petit front.
En sautillant et en marchant avec Marion dans mes bras, j’ai réussi à la calmer, ses larmes se sont estompées, je lui ai offert une pâte de fruit pour lui faire plaisir, et tout en la tenant contre moi, j’ai appelé le pédiatre afin que je sache quoi faire, s’il fallait éventuellement l’amener aux urgences pour passer une radio. Il m’a posé deux trois questions, afin de vérifier qu’il n’y avait rien de grave, et il m’a rassuré, c’était plus impressionnant qu’autre chose, mais il fallait que je lui passe un gant de toilette d’eau froide sur le front pour atténuer la bosse. Ensuite, je lui ai apposé de l’arnica tout doucement pour ne pas lui faire de mal, pour ne pas réveiller la douleur qui devait sommeiller et n’attendait qu’un petit geste pour refaire parler d’elle.
J’avais les bras qui tremblait, je ne voyais plus Marion, je voyais cet œuf qui avait pris place sur son front, je culpabilisais de n’avoir pas été assez rapide pour la retenir, d’avoir couru après elle pour la rattraper. Si je ne l’avais fait, elle ne se serait pas enfui et ne serait pas tombée, et si je m’étais fait respecter en haussant le ton pour éviter qu’elle ne veuille jouer, si je m’étais montrer plus ferme, mais je ne peux pas être ferme avec Marion, elle est tout ce qu’il me reste de toi, vraiment tout ce qu’il me reste toi. Et je devais retenir mes larmes que je relâche maintenant pour qu’elle ne pleurniche pas, elle avait assez pleuré suite à sa chute et sa bosse, et je ne voulais que son sourire, ses yeux ne sont pas faits pour pleurer.
Je l’ai bichonnée jusqu’à ce qu’elle ne rejoigne son lit, elle a pu mettre autant d’eau qu’elle voulait dans son bain, enfin plutôt hors de son bain, la salle de bain était une petite piscine, mais elle rigolait, c’était le principal, elle ne ressentait pas sa bosse qui ne bougeait pas de son front, qui ne grandissait plus, mais qui ne rétrécissait pas non plus. Ensuite, je lui ai mitonné un bon petit dîner qu’elle a pu déguster à sa manière, en en mettant partout, mais je n’ai rien dit, je l’ai laissé faire, rigolant avec elle. Cela me faisait du bien de la voir vivre, de la voir s’amuser, et de ne plus se souvenir de l’incident un peu plus tôt…
Et là, je la regarde dormir, je pleure à cause de mes nerfs qui retombent, mais, tu ne peux savoir à quel point je culpabilise de n’avoir pas été à la hauteur de tes attentes, de n’avoir pas été là pour remplir pleinement mon rôle de père, je suis si mal, si tu savais. Je ne pense pas aller dormir, je vais rester à côté d’elle pour veiller sur son sommeil et sur ses rêves. Je suis désolé de lui avoir fait mal, je suis désolé, pardonnes-moi de ne pas avoir été le Papa que tu souhaitais… Si seulement tu avais été là…

Ton Ptit Caillou qui t’aime, mais qui souffre en sa chair.

21 Septembre 2007

Publié le 28/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma lumière de vie,

Père veuf, jamais je ne l’aurais envisagé, ne serait-ce qu’une seule seconde, un enfant n’est pas fait pour vivre sans ses parents, sans les connaître. Nous étions candidats pour être parents, mais le destin n’a pas voulu de cela, et je regarde seul Marion grandir, alors que tu nous manques tellement. J’aurais tant besoin de toi pour m’aider à la protéger, pour lui inculquer toutes les valeurs qui étaient les tiennes comme les miennes, j’aurais besoin de toi pour quand elle grandira et qu’elle deviendra une jolie demoiselle, pour aller avec elle acheter ses dessous sous tes conseils, pour lui parler lorsque la nature fera évoluer son corps, période difficile lorsque l’on devient une femme, j’aurais besoin de toi pour l’aider à supporter ses premiers chagrin d’amour, mais surtout, lorsqu’elle me présentera le premier ou la première qui fera battre son cœur…
Oui, être auprès de moi pour la présentation, elle sera dans tous ses états, son cœur battant entre son amour pour ses parents, oui, je dis ses parents, car tu seras toujours au fond de nos cœurs, et son amour pour son ami ou amie, et je vivrais de l’autre côté ce que j’avais vécu avec toi, lorsque j’ai rencontré pour la première fois tes parents. Tu te rappelles de ce jour-là ? Tu étais excitée comme une petite puce, mais aussi angoissée, tu avais peur que cela ne se passe pas comme tu le voulais, qu’un imprévu gâche cette rencontre, tu voulais pourtant que tout soit merveilleux. Je n’étais pas très à l’aise, être présenté à ses futurs beaux-parents, cela ne m’était pas vraiment arrivé souvent, pour ne pas dire rarement, je ne souviens plus trop exactement.
Tu avais organisé un dîner chez toi, afin que nous soyons dans un lieu où nous étions à l’aise tous les deux, un des lieux de notre amour, pour nous rassurer, car nous redevenions enfant face à cette pression que l’on se mettait sur les épaules. Tu avais mis les petits plats dans les grands plats, tu étais pour moi la meilleure dans tout ce que tu entreprenais, et ce repas simple mais délicieux ne dérogerait pas à la règle. Tout préparé, nous attendions, assis dans ton canapé, toi à te mordiller les lèvres en espérant que tout se déroulerait bien, moi à avoir les jambes qui sautillaient de nervosité. La sonnette de ta porte retentit, c’était le moment. Nous nous sommes levés comme une seule personne, nous ne pouvions plus reculer, tu m’as embrassé à la sauvette pour m’encourager avant d’aller ouvrir.
J’avais le cœur qui battait la chamade, comme lors d’un examen oral face à des examinateurs, et là, j’étais examiné lorsqu’ils sont rentrés, qu’ils m’ont vu, j’avais envie de devenir souris pour me réfugier dans le premier trou venu, et lorsque je les ai salués, c’est tout juste si je ne balbutiais pas sous les bouffées de chaleur qui me harcelaient. Mais ce n’était rien avant ce qui allait suivre. Les présentations faites, nous nous sommes assis à nous regarder en chien de faïence sans trop savoir quoi se dire, qui briserait le silence qui nous entourait. Et je ne me voyais pas dire mot, je sentais que j’allais sortir une énormité.
Ce qui brisa la glace fut justement ton absence de glaçons pour l’apéritif, dans ta précipitation, tu les avais omis, et cela permis de détendre l’atmosphère, ton Papa s’engouffrant dans la brèche pour me narrer quelques exploits de ton passé que tu avais oublié de me raconter, ce qui nous a bien faire rire, toi ne sachant plus ou te mettre, mais j’en profitais, je commençais à me détendre. Lorsque tu me pris la main, nous avons vu le regard de tes parents prendre la direction de nos mains, mais leur visage s’est éclairci, s’est ouvert, il voyait que leur fille était heureuse, et cela se sentait à ta réaction de me caresser la main, alors que je n’osais bouger.
Le début du repas fut un peu comme un contrôle de police pour moi, tout un interrogatoire pour découvrir mon pedigree, je répondais à chaque question comme si mon avenir en dépendait, alors que quoi qu’il arrive, rien ne pouvait infléchir notre amour, nous nous aimions et c’était tout ce qui nous importait. La bénédiction de nos parents était un plus, nous la souhaitions, mais même si l’un d’eux ne voulait apprécier notre choix, ils le feraient pour l’amour de leur enfant. L’interrogatoire se termina avant le dessert, je n’étais pas dans une forme olympique, comme si jamais couru un marathon, mais je tenais, par amour pour toi. Et ma mousse au chocolat fit le reste…
Les échanges devinrent plus légers, nous commencions tous à vraiment nous détendre, une relation commençait à naître entre tes parents et moi, je ne leur avais pas fait mauvaise impression et la délicatesse de la mousse sur leur palais confirma cette impression, ton Papa et ta Maman étant férus de mousse. Je réussissais alors l’examen de passage, nous commencions à rire de tout et de rien, je commençais à respirer, la tendresse de nos mouvements envers l’autre se faisait plus sentir, nous étions heureux, et lorsque nous nous séparâmes, ils me dirent à bientôt, j’avais reçu mon diplôme. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, nos nerfs se relâchant, mais nous étions les plus heureux du monde, et moi, j’étais soulagé, j’étais accepté. Mais rarement journée m’avait paru aussi longue…
Lorsque plus tard, je recevrais le ou la promis(e) de Marion, j’essaierais de les mettre à l’aise, car je ferais tout pour que notre puce soit heureuse, épanouie et fière de nous deux. Tu nous manqueras éternellement, mais je te rendrais fière, comme j’essaie de le faire chaque jour, même si ton absence est une déchirure à jamais ouverte dans mon cœur, et je ferais tout pour le bonheur de Marion. Mais que j’aimerais pouvoir revivre la rencontre avec tes parents, car cela voudrait dire que tu serais encore auprès de moi, ton Papa aussi, et je me blottirais comme jamais je ne l’ai fait contre toi… Je t’aime, mon adorée, je t’aime si fort, si tu savais…

Ton Ptit Caillou

20 Septembre 2007

Publié le 24/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,

Je me suis réveillé ce matin coincé comme un petit vieux, et oui, tu me le serinais souvent, je le serais avant l’heure, et je te le confirme, c’est fait. Mon lumbago ne m’a pas quitté, bien au contraire, il s’est installé de plus belle, se creusant son petit nid bien au creux de mes reins. J’ai donc dû prendre rendez-vous chez un étiopathe pour qu’il me redresse et me soulage. Je ne me voyais pas continuer à souffrir en silence sans toi pour m’apitoyer et m’occuper de Marion nécessite un physique à toute épreuve, elle est dans l’âge où elle découvre, et je ne veux surtout pas l’empêcher d’évoluer sous prétexte que son Papa n’est plus bon à grand-chose avec un petit mal de dos.
Lorsque je suis arrivé chez lui, je ne savais pas où j’allais, il m’avait été recommandé par le médecin. Un petit homme d’un âge avancé m’a ouvert, me faisant penser à un lutin du père Noël. Il m’a fait pénétrer dans son bureau, qui ressemblait un peu à un bureau de psychiatre, avec un long divan, à ceci près que le divan était en plusieurs morceaux sur des axes métalliques, comme dans une salle de torture, et je ne croyais pas si bien dire. Et le fait qu’il me demande de me déshabiller, après lui avoir expliqué ce qui m’amenait à lui, ne m’a pas plus rassuré, je me retrouvais juste en dessous face à un inconnu que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam, il ne manquait plus qu’il ne me sorte les menottes…
Il m’a fait allonger sur le dos sur son « divan », sa table de torture, je n’allais pas tarder à m’en apercevoir. Il la fit monter pour qu’elle soit à sa hauteur et commenta à parcourir le bas de mon dos avec ses mains glacés. Je réagissais corporellement parlant, et il me disait de ne pas me raidir, mais comment ne pas être mal à l’aise quand un inconnu nous le met à plat ventre et laisse aller sa main dans le bas du dos, en abaissant en partie mon boxer. Il ne manquait plus qu’il ne me sorte « ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien »…
Il a semblé trouver le seuil de la douleur par ses manipulations et a relevé une des parties de son divan pour exercer une pression supplémentaire pour que je sois plus cambré afin de me soigner. Mais j’avais le ventre écrasé par la partie supérieure, et j’avais plus des envies de nausées qu’autre chose, je venais pour être soigné à la base, pas pour repartir encore plus mal en point. Il a commencé à positionner ses mains en place, et sans crier gare, les a levées puis est retombé de tout son poids sur mon dos, occasionnant l’écrasement de mon ventre sur la partie surélevée, laquelle repris sa place suite au coup. J’aurais mangé juste avant, je pense que j’aurais moucheté sa décoration.
Comme si cela ne suffisait pas, j’ai eu le droit à un second tour de manège, précédé par une remise en place de mon corps sur son « divan », en me soulevant par le boxer comme un vulgaire morceau de viande. Il a soulevé la même partie que précédemment et à nouveau, coup de boutoir dans le bas du dos et nouvel écrasement de mon ventre. Je ressemblais à une crêpe affalée sur son divan, complètement mou et inerte. Je pensais que je ne pourrais plus me relever, que j’étais complètement en pièces, jamais je ne m’étais senti complètement vidé comme cela, mais je n’étais pas au bout de mes surprises.
Il me fit me mettre sur le dos, ce que j’eus du mal à faire, entre mon lumbago que je ressentais toujours et les nouvelles douleurs qu’il m’avait imposés. Il imposa ses mains autour de mon cou, ses doigts semblant chercher des creux, et d’un seul coup, emprisonna ma tête comme dans un étau, et força sur le côté, obtenant une position de ma tête que je ne me serais jamais cru, mais surtout un craquement de mes vertèbres cervicales. Ca y est, j’étais bon pour la chaise roulante, et même si ce petit homme savait ce qu’il faisait, ce n’était pas possible autrement, un tel craquement ne pouvait signifier qu’une chose, que ma tête n’était plus en liaison avec le reste de mon corps. Non content de lui, il recommença de l’autre côté pour uniformiser mes craquements, des fois qu’un morceau de vertèbre soit resté collé avec les autres.
Et pour me finir, il n’y a pas d’autre mot, il se prit d’une envie folle de faire de la lutte gréco-romaine. Il me plia une des jambes à l’équerre, me fit mettre les bras reliés par mes mains sur le côté et commença à me tordre pour bien me positionner pour la manipulation suivante. Il me monta dessus en prenant appui sur ma jambe en équerre, et de tout son poids me vrilla en tirant sur mes mains, pour continuer à me casser en plusieurs morceaux, désolidariser le buste du bassin, j’allais pouvoir entrer dans la malle magique d’un magicien et être séparé en trois morceaux, je m’étais toujours demandé comment ce tour était possible, j’en prenais conscience aujourd’hui. Il me demanda de me retourner pour qu’il en fasse de même de l’autre côté, pour finir la séparation de mon corps, pas possible autrement. Tu m’aurais vu, tu aurais été éclatée de rire et en même temps inquiète, je grimaçais sous la douleur.
Et quand il me demanda de me redresser, pour moi, je n’aurais pu, et pourtant, comme un miracle, je me suis relevé facilement, je n’avais plus mal aux reins, toutes les manipulations qu’il avait entreprises avaient payé, je n’aurais pas pensé cela en entrant chez lui, encore moins sous les effets des craquements de mes vertèbres. Et quand je suis rentré, Marion était toute contente que je puisse la prendre dans mes bras et moi de ne plus souffrir comme hier.
Drôle de journée que celle que j’ai vécue ce jour… J’aurais eu besoin de toi à mes côtés, de ton amour pour me blottir dedans, tu m’as manqué comme tu me manques chaque jour depuis ce jour maudit. Et la seule force que je trouvais chez l’étiopathe, c’était lorsque j’ai regardé à mon doigt cet anneau symbole de notre amour… Je t’aime, ma douce Caroline, et ce soir, je me sens un peu moins vieux que je ne l’étais hier.

Ton Ptit Caillou
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