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messageinabottle
Description du blog :
Une bouteille à la mer envoyé à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé...
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Date de création :
10.03.2007
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19 Septembre 2007

Publié le 22/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma douce infirmière,

Que j’aurais besoin de la tendresse de tes mains pour atténuer la douleur qui s’est formée dans le bas de mon dos, la délicatesse de tes doigts aurait permis à ce mal de disparaître, mais tu n’es plus là pour t’occuper de moi, comme je le faisais par le passé en doux massages pour te détendre le soir, et décrisper le haut de ton dos, victime des tensions de la journée, avant de dévier en attentions plus câlines, plus coquines pour que la relaxation soit totale. Mais aujourd’hui, dans l’état où je suis, je ne suis plus bon à rien, mon dos irradie la douleur qui prend naissance dans le creux de mes reins, un lumbago qui a eu raison de moi, sur un mouvement bête.
Je jouais avec Marion, comme à l’accoutumé, elle s’amusait à passer entre mes jambes avec lesquelles je formais de petits ponts. Surtout qu’à chaque fois qu’elle réussit, je la prends à bout de bras pour lui faire faire l’ascenseur. Non seulement, Marion s’amuse, mais je me muscle les bras en même temps, je joins l’agréable à l’utile. Mais lors d’un des passages de Marion entre mes jambes, elle a amorcé une chute, j’ai voulu la rattraper mais j’étais mal mis et je me suis fait un tour de rein. Je l’ai senti dès que je me suis baissé, mais je n’allais pas laisser Marion se faire du mal. Je l’ai retenue, elle s’est envolée au bout de mes bras et son retour contre moi a amplifié la douleur.
Je lui ai adressé une grimace de douleur, Marion pensait que je voulais jouer avec elle et comme elle n’aime pas que je fasse le monstre, elle m’a donné une petite gifle comme à son habitude ! Non seulement je souffrais, mais en plus, notre propre fille me battait. Je soupçonne que tu avais dû lui glisser à l’oreille un petit mot à mon intention… J’ai essayé de reprendre visage humain pour éviter d’autres attaques manuelles de Marion. Mais notre petite chipie voulait continuer à jouer avec moi, à circuler entre mes jambes, d’accord, mais aussi à être lever vers le plafond, ce que je ne pouvais plus me permettre sous peine d’être rappeler à l’ordre par la douleur. Elle me tirait par le pantalon pour que je la porte, mais je faisais mine de ne pas la sentir.
J’étais raide comme un piquet, j’avais du mal à me positionner debout, et Marion voulait encore jouer avec moi, je n’allais pas la priver de jeu. Je me suis diriger en la tenant par la main vers le canapé, d’être penché vers elle me tiraillait le dos, comme si quelqu’un m’enfonçait des milliers d’épines sous la peau. Je commençais à marcher comme un petit vieux, si j’avais pu rentrer dans le youpala de Marion, je m’y serais installé pour ne pas souffrir, à défaut de déambulateur. Pour m’asseoir sur le canapé, c’était une autre paire de manche, la douleur me rappelant à l’ordre dès que je commençais à fléchir. Tant qu’à supporter ce mal, autant y aller d’un seul coup, ai-je penser en me laissant choir comme un poids mort sur les coussins, et bien mal m’en a pris, ce fut encore pire que de m’asseoir calmement, j’ai poussé un cri qui a fait rire Marion, et qui ne s’est pas gêner pour me redonner une tape sur la jambe, pour faire fuir le monstre que je semblais singer.
J’ai réussi à me redresser en me voûtant comme un bossu pour aider Marion à monter sur le canapé, puis la mettre sur mes genoux. Tu aurais vu le spectacle, notre petite puce pleine de vigueur voulant jouer et son Papa plus bon à grand-chose, juste à s’affaler dans le canapé et à ne plus bouger. Tant bien que mal, Marion s’est installée, puis j’ai commencé à la faire sautiller sur mes genoux, mais chaque rebond me revenait dans les reins, un vrai maso à vouloir endurer encore et encore la souffrance. Et à chaque fois que j’écartais les jambes, il fallait que je la retienne et je tirais à nouveau sur mon dos. Le martyr a duré un quart d’heure, et ce n’était que le début, il fallait que je lave Marion, que je lui prépare à manger, enfin bref, toutes les activités du soir, je n’avais qu’une hâte, c’est qu’elle soit au lit pour que je puisse essayer de me masser et de me soulager.
C’est dans ces instants-là qu’être deux serait le bienvenu, mais tu n’es plus là, malheureusement… Pendant son bain, Marion n’a pas arrêté de gesticuler, comme si elle ressentait ma douleur et ne voulait pas m’épargner. Je ne savais pas trop comment me mettre pour le moins endurer, mais il fallait que je me penche en avant pour la laver, et donc en appui, ce qui n’était pas pour épargner mon dos. Et la porter à nouveau au sol, et la prendre par la main pour qu’elle marche à mes côtés, puis la porter à nouveau pour la mettre dans sa chaise, puis encore une fois pour la descendre de la chaise, et enfin, la mettre dans son lit pour qu’elle rejoigne le marchand de sable…
Autant de fois où mon dos a pris tout le poids de Marion, autant de fois où je l’ai sollicité au lieu de l’épargner, et je n’avais pas la force de me plonger dans un bain chaud, de peur de ne pas pouvoir me relever et sortir du bain. Je me serais mal vu passer la nuit dans la baignoire, à essayer d’appeler au secours alors que personne n’aurait pu intervenir. J’ai simplement massé mon dos avec du gel, délicatement, intensément pour bien faire pénétrer à l’intérieur le gel, afin de me chauffer le dos et de me soulager. Et c’est un petit vieux qui va t’envoyer cette bouteille, en espérant avoir assez de force pour qu’elle ne revienne pas sur le bord se briser en mille morceaux. Je vais aller ensuite m’allonger, en espérant que devant, je pourrais me lever sans trop de problème. J’aimerais tant me blottir contre toi pour que tu m’apportes ta chaleur, mon ange, cela me ferait du bien, tu sais. Mais tu n’es pas là, tu n’es plus là, tu es si loin de nous, oui si loin de moi…
Je t’aime, mon amour, je t’aime si fort…

Ton vieux Ptit Caillou




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18 Septembre 2007

Publié le 20/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma chérie,

Cette nuit, Marion a mal dormi, alors je l’ai prise avec moi pour qu’elle se sente rassurée, pour veiller sur son sommeil. Petit bout, elle est si adorable quand elle dort paisiblement. Ma présence l’a calmée, elle a fermé ses petits yeux, et le marchand de sable a versé sur elle une pluie de sable de jolis rêves. Je sentais ta présence sur mon épaule, nous étions tous les deux réunis autour de notre enfant, et pourtant, quand je me suis tourné vers toi, tu n’étais pas là, je ne te voyais pas, je ne te sentais plus, tu t’étais envolée dans la dimension de mes rêves…
En me collant contre Marion, j’entendais battre son petit cœur, cette douce musique rapide et rythmée, ce petit « Pom Pom » qui nous avait fait pleurer lorsque nous avions passé la première échographie. Cette première échographie que nous attendions et que nous redoutions d’un autre côté, nous ne savions pas à quoi nous attendre, comment cela allait se passer, mais nous étions deux, nous étions unis et j’étais là pour te rassurer, c’était juste observer ce qui se passait au fond de toi, ce qui provoquait ses changements, le petit fœtus qui te faisait devenir Maman.
Le docteur te rassura, l’échographie n’était que juste une formalité, pour voir si tout se passait bien, si le début de ta grossesse se déroulait dans les meilleures conditions. Tu t’allongeas sur la planche prévue à cet effet, et le docteur te badigeonna la région du ventre de gel, pour faciliter le passage de la sonde et surtout permettre de remonter de bonnes images du fœtus. L’écran était déjà allumé, prêt à accueillir les images que la sonde lui transmettrait. Tu me pris la main que je te tendais pour que nous vivions cette nouvelle expérience pour nous unit, que nos appréhensions s’effacent face à notre amour.
Et l’écran commença à révéler tes secrets les plus intimes, ta beauté intérieure, celle qui accueillait ce petit ange qui allait t’accompagner pendant neuf mois. Au début, nous ne distinguions rien, nous n’étions pas initiés à ce genre d’examen, mélange de noirs et de blancs. Le docteur, lui, voyait déjà où amener sa sonde, et nous psalmodiait des termes techniques que j’ai oubliés, tant ils me semblaient barbares. Nos yeux scrutaient l’écran, pour essayer de distinguer ce petit être qui poussait en toi, le docteur déplaçant sans cesse sa sonde jusqu’à…
Oui, cela y était, il nous montra une petite forme blanche, toute petite, dont il prit la mesure, trois millimètres. Je m’en souviens comme si c’était hier, trois millimètres de vie, trois millimètres de bonheur pour nous. Nos mains se resserrèrent. Nous avions des frissons qui nous parcouraient le corps, notre futur enfant était ce petit embryon, cette petite tâche blanche au milieu de l’écran. Pour nous, le temps s’arrêtait, nous regardions les vibrations de ce petit point, les battements de son petit cœur, nous étions hypnotisés par cet instant magique, la vie en toi, le miracle de notre amour. C’était notre enfant que nous voyions là, notre petit ange au creux de toi, je t’ai regardé et tu étais belle, encore plus que tu ne l’étais déjà à mes yeux, rien n’est plus beau qu’une Maman attendant un heureux évènement, et tu confirmais cette affirmation, tu étais divine.
Lorsque le docteur nous a demandés si nous souhaitions entendre les battements de ce petit cœur que nous voyions en mouvement sur l’écran, nous répondîmes comme un seul homme « oui », c’était la suite logique de la magie que nous vivions. Il mit en place le doppler, le silence, et d’un seul coup, une succession de « Pom Pom » résonna dans la salle, les battements du cœur de notre enfant. Les larmes perlèrent sur nos yeux, victimes de l’émotion qui nous tiraillait. Notre enfant vivait, nous l’entendions, la vie fleurissait en toi, nous le voyions et nous l’entendions, le son répondant aux images de l’écran. Nous n’osions dire mot de peur de briser la volupté dans laquelle nous étions transportés, et quelques heures après, nous entendions encore ce « Pom Pom » résonner dans nos têtes…
Et notre petit bout était là, contre moi, son petit cœur battant la mesure, alors que la musique du tien s’est tu à jamais. Le dernier « Pom » ne fut pas suivi de son jumeau, et je suis resté là à l’attendre impuissant, déchiré par la douleur. Cette image me hantera à jamais, et même si le rythme posé du battement de cœur de Marion m’a apaisé, il ne remplacera jamais celui que j’ai perdu et que j’aimais écouter la tête posé contre ton sein, alors que le sommeil te gagnait… Tout de toi me manque, mon petit ange, tout me manque et surtout la tendresse de ton amour. Je t’aime, Caroline, et chaque battement de mon cœur me rapproche de toi…

Ton Ptit Caillou

17 Septembre 2007

Publié le 17/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma jolie rose,

Pleurer est une habitude chez moi, à chaque jour suffit sa larme, des larmes pleines d’amour qui parcourent mes joues pour s’écouler au sol. Parfois, Marion participe à sa manière, en grognant pour un rien lorsqu’elle est comme moi, mal lunée, ou lorsqu’elle souffre, quand elle est malade ou que ses dents s’acharnent sur ses fragiles gencives. Mais je n’avais pas encore croisé un homme pleurer, et aujourd’hui, ce fut le cas, alors que je me promenais avec Marion sur la falaise. Il était assis en haut, face à la mer, à se lamenter sur son sort, et à tremper son t-shirt.
Je me suis approché de lui pour m’asseoir à ses côtés et m’enquérir de son état, pour l’écouter et peut-être essayer d’assécher son flot lacrymal. Il me félicita pour notre petite puce, et commença à me conter sa misère. Il se sentait seul, il en avait assez, n’arrivait pas à rencontrer sa perle rare qu’il protègerait dans un écrin de douceur et d’amour. Il n’était pas laid, mais ses rencontres ne donnaient rien, juste le plaisir de partager un moment à discuter, avant que l’autre ne s’en aille sans vouloir le revoir. Timide, il ne réussissait pas à faire de vrais rencontres, son cœur battait dans la vie de tous les jours, mais il n’osait se déclarer, il n’osait faire un mouvement, comme paralysé par la honte de dire une bêtise ou d’essuyer un refus.
Alors, la seule solution qui s’était offerte à lui était les rencontres via internet. Cela avait marché pour d’autres, je lui confirmais pour nous deux, alors pourquoi n’aurait-il pas la chance de croiser une femme comme lui, qui voulait construire du concret avec un homme simple. Et les rencontres avaient succédé aux rencontres, mais jamais ce qu’il attendait. Bien sûr, il avait quelques exigences, mais pas excessive, se sentir bien en compagnie de la personne. Il me racontait quelques-unes unes de ses rencontres, entre une femme plus barbue que lui et une autre plus musclée que lui, plus virile, il me narrait les attentes féminines des femmes qui craquaient virtuellement sur lui, sur sa voix, mais qui au rendez-vous réel prenait la poudre d’escampette le premier prétexte trouvé.
Il souffrait de cette hypocrisie, il était le même, mais pas en face, comme si les femmes qu’il rencontrait devenait des hommes par leur comportement. J’ai souri sous certaines de ses expériences, il me contait qu’il avait côtoyé un moment une femme avec qui tout allait bien, jusqu’à tomber nez à nez avec son ex-mari qui ne supportait la séparation et qui faisait tout pour faire fuir les éventuels prétendants tournant autour de son ex-femme, il me narrait ses dîners en compagnie de demoiselles qui le complimentaient et se plaignaient de leur ex, mais qui quelques temps après le contactaient pour lui stipuler qu’elles étaient retournées avec leur ex et qu’elles ne pouvaient lui offrir que son amitié.
Bien sûr, il avait été aussi aventureux, mais ce n’était pas sa recherche, et parfois, c’était malgré lui, car, ses partenaires de jeu ayant eu ce qu’elle voulait, elles ne donnaient suite. Et cela l’avait mené à avoir des relations qu’il n’aurait dû avoir, il se sentait mal et sale une fois la relation consommée, il ne se reconnaissait plus, comme s’il mélangeait sa volonté d’être en couple et sa solitude profonde. Sa plus belle histoire, c’était une femme atteinte de sclérose en plaques, une femme d’une bonté et d’une générosité de cœur exceptionnelle, avec qui il avait partagé plus qu’une amitié, mais moins qu’un amour. Il m’en parlait le regard pétillant, les larmes coulant à nouveau sur ses joues, car la belle demoiselle avait mis fin à ses jours, neurologue de profession, elle savait qu’elle n’avait pas les armes pour lutter…
Je lui ai mis la main sur l’épaule et je lui ai raconté notre histoire. De nos déceptions passées, de notre peur de s’investir dans une nouvelle histoire à force de souffrance, jusqu’à notre rencontre, jusqu’à ce merveilleux jour qui fit tout basculé, où notre amour étincela et tout changea pour nous, je lui disais tout, pour qu’il sache qu’il y avait toujours un lendemain chantant, que le tunnel était parfois long, mais qu’il y avait toujours une sortie vers la lumière. Je lui ai raconté tout ce que nous avons partagé, jusqu’à notre séparation par delà les voiles de la vie et de la mort, mais que l’amour était toujours là, plus fort qu’il ne l’avait jamais été auparavant. Et aujourd’hui, j’avais Marion, tout ce qu’il me restait de toi, que je veillais sur notre petit amour et qu’elle m’apportait la vie, que lutter contre l’envie de te rejoindre était un combat quotidien, mais je ne le ferais pas, pour Marion, et parce que tu me l’avais demandé avant de partir. Il a compris qu’il fallait attendre, être patient, que l’amour finissait toujours par venir frapper à la porte, que nous en étions l’exemple type, et que j’avais de la chance d’avoir notre Marion. Il me remercia de mon obligeance, il me promit de se reprendre, d’être plus fort, et lorsque cela n’irait pas, de puiser en l’énergie que son amie disparue lui avait transmise, afin de plus baisser les bras comme il venait de le faire. Il s’est levé et est redescendu, en marche vers sa destinée…
J’ai regardé Marion, elle prononça « Maman », car comme moi, elle venait de ressentir un frisson la parcourir, tu étais face à nous dans ta grande étendue bleue et tu étais contente que j’ai raconté notre histoire pour redonner l’espoir à un homme qui n’y croyait plus. Oui, notre histoire ne devait pas désespérer, elle était triste et se finissait mal, mais il fallait y voir la vie, l’espoir, l’après, car il y a toujours un après, et pour Marion et moi, cet après, c’est de toujours être auprès de toi, de toujours penser à toi, et surtout, le plus important, de t’aimer à jamais, et c’est ce que je te dis, car avec Marion, c’est ma seule raison de vivre… Je t’aime, Caroline, je t’aime d’un amour infini…

Ton Ptit Caillou

16 Septembre 2007

Publié le 13/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma cœur,

J'ai très mal dormi cette nuit, Marion ne se sentait pas bien, notre petit bouchon se plaignait, elle a remué dans son petit lit toute la nuit, je l'entendais et je venais veiller sur son sommeil pour la rassurer. Le vaccin a fait son effet, pas comme il doit le faire normalement, mais en faisant réagir son petit corps devant l'afflux des anticorps. En passant ma main sur son front, j'ai constaté qu'elle avait un peu de température, je lui ai passé un gant de toilette d'eau fraîche pour l'aider à lutter contre ce qui se passait en elle.
Je n'aime pas la savoir comme cela, et à la vue de sa réaction d'hier, j'avais peur de celle d'aujourd'hui, car c'est de ma faute si elle est mal. Lorsqu'elle s'est éveillée, elle a été surprise de me voir auprès d'elle. Elle m'a souri en me tendant les bras, en me hélant "Papa", comme pour me rassurer, comme pour me dire, "Papa, c'est du passé, je ne t'en veux pas". Mais elle n'avait pas le même entrain, je la sentais amorphe, assommée par les coups de boutoirs du vaccin qui prenait place en elle, et qui remodelait chaque partie de son petit être pour se forger une armure face aux éventuelles attaques des maladies. Le câlin du matin m'a autant fait du bien qu'à elle, une tendresse père fille que j'aurais tant aimé mère fille, mais que la vie a effacé d'un souffle de destin.
Elle avait toujours un peu de fièvre, j'ai fait ce qu'il fallait pour la faire chuter, et je pense que c'est cela qui inhibait toute sa fraîcheur habituelle, sa joie de vivre. Son sourire était présent, mais la flamme qui en émanait était ternie comme sous un voile de brume le matin naissant. Son sourire a fait place aux rires, lorsque je lui ai changé sa couche malodorante à faire fuir les mouches. Notre petit amour était dérangée en plus, et sa couche tombée, elle avait un petit postérieur de métisse, couleur chocolat. Je me bouchais le nez, en lui parlant comme un canard, elle rigolait de me voir imiter Donald, je rigolais moins en voyant la charge de travail pour lui rendre à son popotin sa couleur originelle. Je n'ai pas osé prendre le karsher pour la nettoyer… Donald lui expliquait ce qu'il faisait, tout en lavant délicatement ses fesses, mais je devais lui tenir les jambes, tellement amusée, elle voulait gesticuler, malgré son état fébrile. Sa couleur renaissant, je lui ai apposé une douce crème pour soigner ses légères rougeurs dues à la couche et surtout lui offrir un arôme printanier pour notre plaisir mutuelle. Je savais que cela n'allait pas durer, et que dans la journée, je devrais recommencer la même opération plusieurs fois, le temps que les effets du vaccin veuillent bien s'estomper.
Marion avait un petit bras de sportif, le point de la piqûre étant repéré par une jolie bosse se dessinant en musculature imposante pour un enfant de son âge. La bosse était dure, mais ne semblait pas gêner Marion, et je n'allais pas jouer à un combat de boxe avec elle, mais plutôt jouer à des activités simples et ne l'excitant pas pour qu'elle ne se fatigue pas plus que ce que lui occasionnait le vaccin cheminant. Quoi de plus agréable et simple qu'une balade dans le jardin, à cueillir tout ce qu'elle voulait sans que Papa ne lui dise rien, me guettant du regard, mais pour une fois, je la laissais, j'étais déjà pas bien de la savoir patraque, je n'allais surtout pas en rajouter. Je sais que je ne devais pas la plaindre, elle en jouerait, mais j'avais le cœur déchiré de la voir moribonde. A chaque fois qu'elle réussissait à cueillir une fleur, hormis les roses que je lui faisais éviter pour qu'elle ne se pique, elle me disait "Maman", pour me signifier qu'elle faisait un joli bouquet pour toi. Quoi de plus joli qu'un bouquet de fleur de son enfant, un bouquet bucolique cueilli avec tout son amour, toute sa tendresse, toute sa pureté de petit ange, marguerites, boutons d'or, œillets d'inde, …
Notre Marion ne s'est pas plainte de la journée, je ne l'ai pas entendu une seule minute chouiner de son état, et à la fin de la journée, sa température était tombée, la laissant enfin se reposer et permettant à son sourire de retrouver son éclat d'avant. Et lorsque je l'ai couchée dans son lit, elle ne s'est pas fait prier pour prendre la main du marchand de sable, ses paupières se fermant sitôt allongée pour voguer vers de jolis rêves. J'étais plus serein, elle allait mieux, et je me sentais un peu soulagé. Je sais que je vivrais d'autres moments ainsi, dans la crainte, dans l'expectative, ne sachant comment réagir selon les situations, et ayant surtout besoin d'une épaule sur laquelle m'appuyer… Tu ne seras pas là physiquement, tu l'es par la pensée, tu l'es par le cœur, mais pas là en vrai, pour apporter toute la douceur d'une Maman nécessaire à l'épanouissement d'une petite fleur comme Marion.
Je suis éreinté ce soir, je vais trouver rapidement le sommeil pour te rejoindre sur le chemin des songes. Tu me manques tellement mon amour, vivre sans toi est un enfer de chaque instant dont Marion est l'île édénique qui me permet de tenir face à la douleur de t'avoir perdu et à la solitude d'un Papa sans le sang de sa vie, la femme qu'il aime tant et pour qui il aurait donner sa vie… Je t'aime, ma douce Caroline, et merci de me soutenir lorsque je me sens faible face à la vie…

Ton Ptit Caillou

15 Septembre 2007

Publié le 11/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon amour,

Je suis un Papa indigne ! Marion était en larme cet après-midi, et j’en suis responsable. Elle m’en voulait, elle me repoussait alors que j’essayais de me faire pardonner, et ce n’est pas évident pour moi de me retrouver en pareille situation. Ressentir qu’on fait du mal à son enfant sans le vouloir, se sentir rejeter par la prunelle de ces yeux, c’est dur, et ce soir encore, j’aurais besoin de me serrer contre toi, que tu me rassures, que tu me cajoles, que tu me dises que je n’y suis pour rien, que c’est la vie qui veut cela et que cela devait arriver un jour, et qu’elle m’en remerciera plus tard.
J’aime Marion comme je t’aime, elle vient de moi, elle est ton sang, elle est le mien, et pourtant, ses cris et ses larmes étaient ma responsabilité, elle m’en voulait comme jamais jusqu’à ce jour, je l’ai abandonné alors que j’aurais dû être là, ne pas lui faire subir ce qu’elle a enduré. Je ne m’attendais pas à une telle réaction de sa part, à son âge, je ne pensais pas affronter une telle colère noire, preuve de sa personnalité déjà affirmée. Elle pleurait à chaude larme, et j’étais déjà déchiré de la voir dans cet état-là, mon cœur saignait de voir le fruit de notre amour supporter une telle douleur. Un enfant est fait pour sourire à la vie, son rire est fait pour effacer toutes les tensions nerveuses des adultes, mais n’est pas fait pour que ses yeux se remplissent d’un torrent de larmes…
Et ses larmes étaient accompagnées de cris si forts qu’ils tétanisaient mon cœur, mon sang semblait se glacer dans mes veines, j’aurais fait n’importe quoi pour que tu sois auprès de moi à ce moment-là, elle ne t’aurait pas repoussée comme elle l’a fait avec moi, elle ne t’aurait pas donné des coups de pieds ou des coups de poings hargneux, elle se serait réfugiée contre ton sein, ton cœur l’aurait apaisé et la tendresse de tes baisers aurait probablement suffit à assécher les rivières lacrymales qui s’échappaient de ses yeux. Mais tu n’étais pas là, tu n’étais pas avec Marion et moi, j’étais seul face à elle et son rejet signe de rébellion. Marion savait ce qu’elle faisait en me repoussant, elle exprimait sa colère en me montrant qu’elle pouvait me faire souffrir autant qu’elle souffrait à ce moment précis.
Pourtant, ce n’était pas la première fois que nous faisons cela, ce n’était pas la première fois que nous nous rendions là-bas, mais il est vrai, elle était plus jeune, elle ne réagissait pas comme aujourd’hui. Le temps n’était pas à l’orage, au contraire, le soleil luisait de toute sa corolle dans le ciel, et nous partions en balade ensemble, ce n’était qu’une petite promenade de santé, enfin, c’était ce que je pensais. Son regard pétillait de joie, elle aime tant lorsque nous partons tous les deux, Marion dans sa poussette, et son Papa qui fait l’idiot entre voiture de courses ou cascades. Nous pouvions voir voleter les oiseaux, regarder les vitrines, saluer les gens, avant d’entrer à notre lieu de destination, le cabinet médical…
C’était le jour de son vaccin de rappel de l’hépatite B et contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Et je pense que le pédiatre n’a pas dû avoir la même douceur que les premières fois, elle n’a rien dit en voyant la seringue, mais lorsqu’il l’a piquée, cela a déclenché ses cris et ses larmes, même si la piqûre était rapide, le résultat fut la gouttelette d’eau qui fait déborder le vase, comme un tsunami de colère d’avoir laissé l’horrible monsieur lui faire du mal sans que je ne fasse rien, d’avoir assisté à cela sans lever le moindre doigt et d’avoir essayer ensuite de me faire pardonner en la serrant contre moi, comme les autres fois, sauf que là, ce n’était pas les autres fois, ce n’était pas comme avant. Elle m’a repoussé de toutes ses forces, elle s’est débattue en bougeant ses petites jambes et en me donnant des coups de pieds. Le pédiatre m’a dit que ce n’était rien, qu’elle allait vite se calmer, ce qui fut vrai, sur le chemin du retour, mais j’avais mal pour elle, je me sentais mal…
A la maison, Marion a accepté qu’on joue ensemble, je l’ai prise par la main pour marcher dans le jardin, elle semblait avoir oublié l’incident de l’après-midi, mais pas moi, j’étais meurtri au fond de mon cœur. Après le dîner et une petite histoire, elle s’est endormie vite, secouée par l’injection du vaccin qui faisait son effet. Je suis tombé sur le canapé et j’ai pleuré, je m’étais retenu face à elle, mais il fallait que je pleure, j’avais fait souffrir notre fille, et je m’en voulais. J’ai levé les yeux au ciel comme pour te parler, pour te montrer mon désespoir, mais tu ne m’as pas fait de signe, comme interdite là-haut par un membre supérieur…
Tu m’as manqué aujourd’hui, tu m’as manqué ce soir, j’ai le cœur lourd, encore plus que d’habitude, je me sens coupable, et pourtant… Je t’aime tant ma Caroline, j’ai tant besoin de toi, et notre petite Marion aussi, même si j’essaie d’être un Papa parfait, je sais que chaque jour m’amène son épreuve, ses joies et ses peines, et je me demande si je réussirais seul là où nous devions réussir à deux, je me demande si je saurais mériter la confiance que tu m’as laissé pour élever notre enfant. Reviens-nous, mon cœur, j’ai tant besoin de toi…

Ton Ptit Caillou

14 Septembre 2007

Publié le 09/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,

Encore un peu de moi que je te transmets sur cette lettre, encore un peu de mon cœur qui bat dans chaque mot, encore un peu de mon amour qui rythme les lettres, encore un peu de toi qui anime ma vie… J’essaie de me dire nous aurons un demain, même si je sais que je ne peux rien contre la fatalité de notre destin. Tu survis avec nous dans tout ce que nous faisons, dans nos jeux, dans nos histoires, je montre ta photo à Marion tous les jours, au début, c’est moi qui lui disais que c’était Maman, aujourd’hui, c’est elle qui me montre du doigt la photo et me dit « Maman ». J’essaie même de me relancer dans nos anciens projets, afin de réussir à faire aboutir nos envies créatives. J’ai essayé d’écrire de nouvelles histoires courtes pour les enfants, mais elles n’ont pas la même saveur qu’avec toi, il n’y a pas la même magie qui s’en échappe, elles sont fades, et je n’ose les lire à Marion de peur qu’elle ne s’ennuie, qu’elle ne les écoute pas. Même mes dessins ne ressemblent plus à rien, comme si j’avais perdu une part de mon inventivité, de ma création.
Pour essayer de retrouver cette inspiration que tu m’apportais, j’ai ressorti du fond d’un tiroir un de nos projets que nous avions initiés, ce livre pseudo fantastique « le Gardien des rêves ». Cette histoire sur les rêves disparus après la seconde guerre mondiale, et la quête de ce gardien des rêves par une équipe hétéroclite que nous voulions être fantastique. Les idées que nous avions pour aboutir à ce projet, et même sa possible évolution vers des histoires suivantes… Je me suis replongé dedans pour m’en imprégner, j’ai relu nos idées, et lorsque j’ai fermé les yeux je m’y suis revu. Je nous revoyais assis dans le canapé du salon, alors que la cheminée crépitait, blottis l’un contre l’autre, à regarder le feu évoluer dans l’âtre, en une danse envoûtante, qui nous transportait dans un pays imaginaire, où un vieux monsieur racontait une histoire à un petit garçon. Nous imaginions une toute petite chambre, faiblement éclairée par la lumière d’une bougie, et le petit garçon le regard pétillant en écoutant le conte lu, un conte sur le père Noël, et toute la magie l’entourant. Nous sentions l’odeur de la bougie qui fondait, nous écoutions avec attention sa lecture, nous redevenions enfants…
Au fil de la soirée, sous ta plume, tu déposais l’histoire comme on dessine une toile, tu narrais de la douceur de tes doigts le début de cette fantaisie, je regardais sur le papier les mots s’ajouter les uns derrière les autres en une esquisse et je vivais pleinement ce moment que nous partagions, bercé par tes mots. J’y ajoutais mes idées, et tu les transformais immédiatement en paragraphes, si bien rédigés qu’au fur et à mesure de sa description, je voyais le vieil homme cligner des yeux, s’humecter le doigt pour tourner sa page, et à côté de lui, allongé sur son lit et tenu par ses bras, le visage du petit garçon s’illuminer au fur à mesure de l’histoire, entendant parler du père Noël, de tous les lutins s’affairant à préparer les cadeaux pour tous les petits enfants sages, jusqu’à la cire coulant sur le rebord de la bougie…
L’entrée en matière était tissée, il nous fallait situer cette histoire dans le temps, et lui donner un fil conducteur, afin d’en donner toute la saveur. Nos idées virevoltaient, tu posais tout sur le papier, certaines ne pourraient servir de substance à l’histoire, mais tu notais tout, nous en rigolions, mais il fallait trouver la fibre conductrice, et nous l’avons eu alors que nous voulions arrêter pour rejoindre notre lit et nous réfugier au creux de nos rêves. Oui, les rêves, ceux qui berçaient nos nuits, devaient avoir un gardien, une personne qui veillait dessus, afin que ceux-ci perdurent et ne soient pas dilapidés n’importe comment, afin d’être renouvelés, que les anciens soient remplacés par des nouveaux, et surtout, surtout, que ces rêves alimentent la magie au cœur des enfants, leur pureté, et le monde de Noël…
Nous tenions notre histoire, nous en étions heureux, et lorsque nous nous sommes enlacés de joie, nous nous sommes aperçus que l’âtre était rempli de cendres, et que le soleil étendait ses rayons sur le paysage. Nous avions passé la nuit à écrire ce début d’histoire, et nous avions réussi au-delà de nos espérances. Par la suite, nous avons continué un peu à écrire, mais nous avions nos pensées ailleurs, ton joli ventre s’arrondissait et il fallait préparer la venue de notre ange, nous aurions repris nos écrits après la naissance de Marion, mais le destin en a voulu autrement…
Alors, pour toi, mon amour, et pour me prouver que je peux encore faire quelque chose, je vais essayer de faire aboutir ce projet, en m’inspirant de tout ce que tu as noté, mais aussi de ta sensibilité, de ta manière de marier les mots entre eux pour recréer une magie littéraire, de la douceur de ton inspiration, et la beauté de tes pensées… Tu me manques tellement, chérie, tellement, si tu savais ce que la vie est triste et fade sans toi, sans amour à partager, à offrir, sans pouvoir te dire « je t’aime ». A très plus vite via le courrier de la mer.

Ton Ptit Caillou

13 Septembre 2007

Publié le 06/08/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma tendresse,

C'est un petit ange le sourire aux lèvres que je regarde dormir à côté de moi, Marion est sereine et elle dort du sommeil du juste. Plus elle grandit, plus elle te ressemble, ton portrait craché, en modèle réduit. Nous avons passé un bon moment tous les deux au parc pour enfants, cela lui permettait de voir d'autres enfants autour d'elle et surtout de faire des jeux comme les grands. Comme le soleil était là, nous apportant sa douce chaleur, ni trop chaude, ni trop fraîche, j'ai amené Marion en fin d'après-midi au parc.
Elle ne voulait pas trop rester dans sa poussette, et voulait marcher avec moi en me tenant la main. Loin d'être une fainéante, notre petit ange faisait son sport, pas comme son Papa au ventre demi-lune. Le chemin fut plus long, mais la découverte tellement intéressante pour elle, allant tantôt à droite, tantôt à gauche, au gré de ses envies et de sa curiosité, et moi suivant, pour éviter qu'elle ne touche tout ce qui traînait, entre excréments canins ou "bonbons" déjà mâchouillés jonchant le sol. Elle souriait à chaque personne que nous croisions, donnant une petite tape amicale sur les fesses des "ouah ouah" passant à proximité de sa main. Elle agrippait également toutes plantes vertes ou fleurs qui dépassaient, pour me tendre ce qui restait accroché dans sa main, un véritable petit herbier comme nous le faisions au cours de nos balades en forêt quand nous étions enfants.
Après une bonne demi-heure de marche commando mode bébé, nous sommes arrivés au parc où de nombreux enfants laissaient éclater leur joie sur les quelques jeux présents. Comme les enfants hurlaient, tout en s'amusant, Marion ne trouva rien de mieux que d'en faire autant, de s'exprimer sous le regard médusé des autres devant un tel cri, les parents se retournant pensant que je faisais du mal à Marion. J'étais tout gêné, mais Marion jubilait de bonheur, j'avais du mal à la retenir car elle me tirait pour aller vers les jeux, et de mon autre main, je devais gérer la poussette qui roulait de travers sur ce parcours caillouteux.
Le toboggan lui tendait les bras, de toute sa hauteur, et elle se dirigeait vers les barreaux, comme si elle pouvait réussir à grimper l'échelle. Je rigolais de la voir essayer, les autres enfants patientaient autour, j'ai du la prendre dans les bras pour qu'elle ne provoque un embouteillage, mais elle ne voulait pas, elle voulait faire du toboggan. Je l'ai porté jusqu'au bas de la descente, et tout en la maintenant avec mes mains, je l'ai fait glisser doucement, elle a poussé un éclat de voix toute contente et voulait recommencer en me montrant du doigt l'échelle. J'ai laissé les autres enfants glisser tous plus vite les uns que les autres, Marion exultant de les voir ainsi s'échouer sur le sable au pied du toboggan. La place vide, elle a eu le droit à une seconde descente, une future lugeuse, notre petit amour, elle adorait sa glisse, protégée par sa couche qui la faisait rebondir sur son séant.
Les balançoires l’appelaient, plus grandes que notre balancelle, volant plus haut, surtout celle délaissée par un petit garçon que sa maman hélait. De son doigt, elle me montrait que c’était là qu’elle voulait aller, et pas ailleurs. Marion dans les bras, la poussette à mes côtés, j’ai exaucé la demande de notre petit ange mais lorsque nous sommes arrivés sur place, une petite fille s’était emparée de la balançoire vide, mais contrairement à d’autres enfants, Marion n’a rien dit, elle n’a pas fait de caprice, elle m’a regardé en poussant un « euh », du genre Titeuf « c’est pô juste ». Je tenais néanmoins Marion dans les bras pour éviter qu’elle n’aille trop près de la balançoire et ne soit malencontreusement renversée par un enfant. Nous n’avons pas eu à attendre beaucoup, une autre petite fille a quitté son jeu et je me suis assis sur la balançoire en tenant Marion contre moi. Doucement j’ai oscillé, Marion levait les bras, toute contente de ce petit balancement que nous partagions, et elle gazouillait en même temps. J’aurais voulu que tu sois là avec nous, pour voir Marion si heureuse, pour que tu sois à ma place et que je prenne en photo les deux amours de ma vie, tes cheveux au vent, le soleil brillant sur vos visages…
Nous ne pouvions achever notre visite au parc sans les petits tourniquets, le reste des petits jeux se ferait une autre fois. Marion aime bien tourner, elle tient même mieux le choc que moi, tu dois t’en souvenir quand tu m’emmenais sur les tasses à Disney, et que tu prenais un malin plaisir à les faire tourner rapidement pour me voir passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, en essayant de retenir les nausées. Lorsque le tourniquet entamait son tour, elle souriait, elle piaillait de joie, cela ne tournait pas vite et elle était contente de voir tout se mouvoir autour de nous. Et quand nous repassions devant la poussette, elle me faisait comprendre qu’elle voulait continuer. Même à faible allure, à force, je commençais à avoir le tournis, j’ai préféré arrêter pour cette journée, et il fallait penser à rentrer, pour toutes les occupations du soir à venir…
Marion doit rêver de ces beaux moments qu'elle a passé, ou peut-être même t'a-t-elle rejoint dans un parc au pays des rêves, où tu la fais voler sur une balançoire parmi les nuages, où elle virevolte sur un tourniquet dans les bras de sa Maman, et où elle glisse sur un grand toboggan seule comme une grande pour atterrir sur un coussin de nuages blancs… Notre petit ange, que j'aimerais que tu sois auprès d'elle, qu'elle profite de ta douceur, de ta chaleur, de tout ce que tu m'as offert par le passé, qui a fait de moi un homme, puis un Papa… Même si Marion n'a pas les mots pour le dire, elle a les yeux pour voir, elle s'aperçoit que tous les enfants ont deux parents, et pas elle, elle dit "Maman", mais personne ne lui répond…
Tu nous manques tellement, Caroline, une vie sans toi ne vaut pas d'être vécue… Je t'aime à en mourir…

Ton Ptit Caillou

Explication...

Publié le 23/07/2008 à 12:00 par messageinabottle
La gentillesse, je ne pensais plus que cela existait, au contraire, je découvrais hypocrisie, méchancetés gratuites, haines diverses, mauvaises fois, mensonges. J’étais seul, je venais d’être plaqué comme cela arrive souvent, j’avais supporté une fois de plus « tu es trop bien pour moi », alors je me suis enfui, enfui dans le virtuel, enfui dans une histoire, dans mon histoire. Et j’ai commencé à écrire, à exprimer sur du papier ce que personne ne voulait entendre en vrai, ce que je ressentais au fond de mon cœur mais que je pouvais dire, certain que cela ne toucherait personne, certain que ce que je suis ne toucherait personne, et pourtant…

Et pourtant, j’ai découvert des gens « Humains », avec un cœur, qui m’ont fait croire encore à la gentillesse, à la bonté d’âme, à l’ouverture d’esprit, à la générosité, et j’ai pleuré. On me dit méchant parce que parfois, certains mots dépassent ce que je ressens, du fait de mon entièreté, et on en oublie tout ce que j’ai pu apporter, tout ce que j’ai offert sans rien attendre en retour, et pourtant, j’ai lu des mots, des phrases, des textes qui ont fait battre mon cœur que je pensais figé dans la glace depuis…

Alors j’ai écrit, j’ai écrit, un, deux, trois, cinq, dix, … je ne sais plus combien de textes pour exprimer mon amour à une femme, Caroline, une partie de mon passé, partie qui m’a détruit, différente de celle que j’avais connue, le jour et la nuit, et j’ai écrit, j’ai ressenti, et j’ai déposé sur la page blanche d’un écran ce que j’étais, ce que je suis, ce que je serais…

« Une bouteille à la mer envoyée à un être aimé, issue de l'imagination d'un homme esseulé... » comme le dit l’en-tête de mon blog, qui passe inaperçu, et pourtant qui est là, qui démarre ce que j’ai écrit… Et qui explique tout ce que j’ai déposé ici… Je n’ai plus rien mis car mon corps combat ma tête, petits problèmes de santé comme tout un chacun pourrait avoir, et pourtant, j’ai découvert des gens fantastiques. Je pensais écrire pour moi, je ne pensais pas les partager, je ne pensais pas émouvoir, je ne pensais pas toucher, je ne pensais pas faire pleurer, je voulais simplement offrir un message d’espoir pour que l’on se sente mieux après, ce qui a été le cas à ce que l’on m’en a dit…

Merci pour votre gentillesse, merci pour vos écrits qui m’ont fait pleurer, merci pour vos mots qui m’ont donné l’envie, merci de me faire croire encore en l’amour, merci d’être là, merci pour tout ce que vous m’avez offert, je ne pourrais vous citer toutes et tous, mais le cœur y est, j’ai fait des rencontres formidables, des personnes exceptionnelles, comme la Maman de Maé, petit bout de chou que la mucoviscidose étreint de ses bras.

Merci pour tout ce que vous êtes, et merci de me faire croire encore à l’humanité et à la gentillesse…

Pardon…

12 Septembre 2007

Publié le 14/04/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon aurore boréale,

Rien n’a changé depuis ton départ, c’est comme si tu nous avais quittés hier, je conserve toujours tout en place, en espérant… Oui, en espérant que tu reviennes, même si je sais au fond de moi que ce n’est pas possible, mais qui sait, dans la dimension suivante dans laquelle je te rejoindrais, notre environnement sera le même, et nous pourrons poursuivre notre épanouissement. Tu me manques tellement, Caroline, mon regard sur la vie n’est plus le même, je ne vois plus les gens de la même manière depuis que tu es partie, ou alors, c’est que les gens ont tellement changé depuis ton départ…
Avec toi, je ne voyais qu’amour, tendresse et volupté, je ne voyais que bonheur, et la triste réalité de certains, nous la transformions par notre amour, par notre compassion, et notre sourire apaisait les autres, estompait les problèmes des visages, balayait la colère au fond des cœurs, alors qu’aujourd’hui, ce n’est plus pareil, j’ai l’impression de voir un autre visage au travers des gens, pas forcément moi en les regardant, mais le comportement des autres vis-à-vis d’eux…
Les gens se toisent comme des bêtes, comme si les instincts les plus vils étaient ressortis, comme si chacun se méfiait de tout le monde, comme si on défendait son territoire et que l’égocentrisme nous recouvrait. Je le vois tous les jours, les gens ne se saluent plus ou pratiquement plus, sauf ceux qui se connaissent, mais les nouveaux sont comme des intrus dans leur univers. Le sourire n’est plus, à peine l’esquisse d’une grimace, et le « bonjour » poussé à la volée est comme un dialecte perdu dans des écritures anciennes. Les échanges deviennent plus rapides, plus courts, comme si nous étions victimes de la mode « textuelle », des assemblages de lettres pour remplacer les mots, des abréviations à tout bout de phrase qui autorisent de nouvelles tournures grammaticales. On y mêle également des expressions de banlieue, qui oblige pratiquement à avoir un dictionnaire pour tout comprendre.
On se toise sur sa tenue, jugeant l’autre sur ces haillons qu’il semble porter, sur sa dégaine, sur sa coiffure ou sur ces éventuelles marques de fabriques que sont les piercings ou les tatouages. Tout ce qui sort de l’ordinaire n’est plus accepté, les différences de creusent sur une apparence et non sur une personne à part entière. Pourtant, pour moi, les gens sont comme les cadeaux, le plus important, ce n’est pas l’emballage, mais ce qu’il y a à l’intérieur, mais les gens ont oublié tout cela. Mais ce n’est pas ce qu’on recherche aujourd’hui, tout n’est qu’apparence, comme un maquillage cachant sa propre personnalité. Certains entrent dans ce moule, d’autres non.
On ne cherche plus à découvrir le plus beau chez les gens, cette beauté intérieure qui ne changera jamais avec les années, contrairement à l’apparence extérieure sur laquelle la force des années provoquera des ravages plus ou moins prononcés selon les personnes. Les gens semblent se renfermer sur eux-mêmes, vivre en totale autarcie, loin des autres, sans vouloir en savoir plus sur autrui. Et il y a de plus en plus de sans logis, ces gens que plus personne ne daigne regarder, comme s’ils étaient devenus invisibles, qu’ils étaient responsable de ce qui leur arrivait, et dont la pauvreté fait honte. Je le vois quand je me promène avec Marion, parfois nous en croisons, et Marion leur sourit, tout comme moi, elle ne les juge pas, et cela leur apporte un peu de chaleur humaine, la tendresse d’une enfant que la civilisation n’a pas encore ternie…
Tu étais comme elle, je me souviens, tu préférais le cœur à l’aspect, et par ton métier, c’était une grande qualité, car tu ne jugeais pas les enfants sur leur apparence, sur leur comportement, tu savais lire en eux les blessures du passé, les besoins d’amour et le petit cœur qui battait en secret, et qui ne demandait qu’à exploser au grand jour aux yeux de tous. La vie ne les avait pas épargnés, mais tu leur offrais un autre visage de la vie, celui d’un être humain au cœur pur. Si les gens pouvaient ouvrir les yeux et tendre la main au lieu de la rejeter, si le droit à la différence n’occultait pas la beauté du cœur, si l’amour supplantait le mépris, la méfiance, voire la xénophobie…
Tu étais là, comme un lien entre ses personnes que l’on dit différentes, mais leur différence vient du fait qu’ils sont encore humains alors que la majorité des gens a perdu cette notion. Tu serais encore parmi nous, ce lien n’aurait pas été coupé, mais tu es partie, la faucheuse à couper tous tes liens, celui de l’amour pour les autres, celui de la vie pour toi, celui avec notre petite Marion a qui tu venais de donner la vie, mais elle ne coupera jamais ce lien qui nous unit au-delà des frontières de la vie et de la mort, je le sais, je le sens, et alors que j’écris ces quelques lignes, je ressens ta main sur mon épaule, comme un signe pour me dire « sois toi, refuse la conformité des autres et accepte toujours autrui sur son cœur et non sur son paraître ».
Tu me manques tant, ma chérie, mais je ferais tout pour faire perdurer ton image au travers de ma vie et de mes actions, avant que Marion ne reprenne le flambeau que tu lui as tendu… Je t’aime plus que tout au monde, malgré la différence qui nous assemble, toi, l’ange et moi l’être humain…

Ton Ptit Caillou, différent malgré lui…

11 Septembre 2007

Publié le 10/04/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon cœur,

Chaque jour m’éloigne un peu plus de la dernière fois où je t’ai vu, où je t’ai serré contre moi, mais chaque jour me rapproche de nos retrouvailles, du moment où à nouveau, je te dirais « Je t’aime » les yeux dans les yeux. En attendant, j’ai cette souffrance au fond de mon cœur, cette souffrance qui ne peut s’atténuer, qui ne s’atténuera jamais, malgré les gommages du temps, malgré les tentatives d’estompages de mes souvenirs, rien ne pourra la stopper. Je ne pensais pas qu’on pouvait garder ce mal en soi, cette souffrance nous taraudant petit à petit. Lorsque nous voyions une nation rendre hommage à ses disparus, et le visage déformé des gens par l’émotion, nous comprenions en partie, aujourd’hui, je le comprends totalement…
Oui, cette nation dont je parle et dont ce jour est marqué d’une pierre noire, les Etats-Unis, qui ont subi une vague de destructions massives ce 11 Septembre 2001. Je me souviens de ce jour maudit entre tous, de cette vision d’horreur qui passait en boucle sur toutes les chaînes mondiales, comme un mauvais film qu’on voudrait oublier, un film bourré d’effets spéciaux comme Steven Spielberg pourrait en tournée, pour époustoufler son auditoire et en mettre plein la vue, mais non, ce n’était que la triste réalité qui s’abattait sur des milliers d’innocents. Deux tours que deux oiseaux de fer percutaient pour n’en laisser que cendres et désolations, sous le regard abasourdi de milliards d’êtres humains, souhaitant se réveiller de cet horrible cauchemar collectif qui n’en était pas un.
La souffrance de perdre un être cher sans ne rien pouvoir faire, en se sentant fourmi face aux rouages du destin, être là sans aucune incidence sur le déroulement de la trame du temps, je l’ai ressenti comme eux lorsque dans mes bras le souffle de la vie t’a quitté. Les familles ont aperçu les leurs une dernière fois, alors que l’instinct de survie les projetait dans le vide pour échapper à l’enfer, comme un espoir vers un paradis. D’autres ne savent pas comment les leurs ont disparu emportés par l’effondrement des symboles de la grandeur d’un pays. Mais pour eux tous, la même déchirure d’un cœur dont les battements cessaient au même instant.
Comme eux, j’aurais eu tellement de choses à te dire avant que tu n’embarques pour ce voyage sans retour, comme eux, j’aurais voulu profiter de chaque moment que la vie nous offrait, si j’avais su, oui si seulement ils avaient su. Certains n’ont pu dire à la personne qu’ils ont perdu qu’ils l’aimaient, d’autres auraient voulu se faire pardonner une vilénie, mais ils ne l’ont pu, certains auraient voulu être là, ne pas les abandonner dans pareil moment, mais ils n’étaient pas là, et tout cet amour qui a émergé dans cette souffrance, dans cette douleur qui taraudait les cœurs survivra à jamais à cette tragédie au-dessus de ce point zéro.
Et depuis, ce souvenir est à jamais ancré dans la mémoire collective, depuis, chaque date anniversaire transperce le cœur de milliards de femmes et d’hommes. Je me souviens, un an après le drame, le maire de New York, Rudolph Giuliani, qui chantait l’hymne américain, et moi qui pleurait en l’écoutant à la radio, non pas pour l’hymne, mais pour la détresse qu’il représentait, pour l’affliction de ceux qui avaient perdu un des leurs lors de cette catastrophe. Et je revoyais surtout l’impuissance dans lequel ils étaient restés et dans lequel je suis aujourd’hui. Je suis comme eux, anéanti par la frappe du destin, et seul à genou dans mes pleurs, les souvenirs se reflétant dans les gouttelettes de larmes se déposant au sol.
J’ai si mal, comme une vague de mélancolie associée à ce jour qui se dépose comme une brume autour de moi et dont les rayons de soleil de Marion ne peuvent estomper l’opacité. Et alors que les journalistes se complaisent à nous remontrer les images dont tout le monde se souvient, je revois les images de notre séparation à tout jamais, je revois ce visage tordu dans la douleur et pourtant, si calme, si pur, si innocent que le tien à l’aube de la mort. Et je ressens encore dans mes bras le poids de ton corps s’abandonnant au trépas, un dernier battement de ton cœur pour éclairer ton sourire et cette lumière dans ton regard. Puis, le son morbide d’un appareil sifflant en continu…
Comme tous ces américains frappés par l’horreur, je conserverais à jamais le souvenir de ce jour maudit, le 11 Septembre 2001 pour eux, le 10 Août 2006 pour moi, alors que nos vies changeaient radicalement dans un tourbillon de sentiments. J’ai Marion avec moi pour me redonner l’espoir et le soleil, mais jamais je ne serais plus comme avant, car il me manque la saveur de la vie, toi, mon merveilleux amour, toi, ma douce Caroline que j’aime et que j’aimerais jusqu’à la fin des temps…

Ton Ptit Caillou
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