Mon bel amour,
Excuses-moi pour l’écriture malaisée, mais je porte Marion sur moi, elle vient de se réveiller et voulait voir ce que je faisais, elle ne voulait pas que je la laisse seule et me tirait le pantalon pour que je la porte, en commençant à geindre. Alors, Marion essaie de me piquer ma plume, mais je suis plus rapide qu’elle à ce petit jeu du chat et la souris. J’essaie de la faire sautiller sur mes genoux, et petite chipie qu’elle est, elle commence à froisser la page sur laquelle je couche mes lignes. Je vais la reposer par terre et faire vite pour t’écrire, afin qu’elle ne chouine pas trop, sinon tu vas recevoir une boulette de papier mâché au lieu de ta lettre quotidienne.
Contrairement à ce que je pensais, Marion ne se plaint pas, elle est partie chercher sa balle pour me la lancer. Elle me fait sourire, avec ses multiples facettes de sa personnalité, ses multiples visages. Quand elle est guillerette, c’est un rayon de soleil, son visage illumine la pièce dans laquelle elle est, tout le monde me le dit et me complimente sur la Maman qui lui a transmis cette faculté, ce visage qui chasse les nuages qui peuvent assombrir la vie de tout un chacun. Son sourire attise les sourires des gens dans la rue, comme si elle amenait de la couleur à la vie, comme si l’espoir était à nouveau permis à la sortie de leur tunnel. C’est le cas lorsqu’elle voit un cheval à la télévision ou en vrai, ou lorsqu’elle se retrouve dans l’eau dans laquelle elle aime patauger, lorsqu’elle aperçoit tout ce qui pique sa curiosité, un chien, un oiseau, un ULM, …
Lorsqu’elle se réveille, elle est parfois un peu comme moi, d’humeur grognonne, elle se demande où elle se trouve, qui lui a imprimé des plis sur les bras. Si j’essaie de la taquiner dans ces moments-là, j’ai le droit à un retour de bras pour me pousser, quand ce n’est pas une petite plainte du style « laisse-moi tranquille », un peu comme je te faisais quand tu me charriais le matin, alors que je marchais au radar et que tu faisais exprès de me titiller. Bien sûr, quand elle ne réussit pas à faire ce qu’elle veut, son côté grognon ressurgit, comme lorsqu’un obstacle s’est mis dans sa trajectoire et qu’il ne veut s’en détourner, et j’ai définitivement décidé d’arrêter de lui expliquer pourquoi c’était elle qui devait faire le tour et non l’arbre bouger.
J’adore ses crises de rires, souvent accompagnée de crises de fous rires. Elle est très joueuse, et dès que je la chatouille, son moulin à rire est initialisé. Quand nous sommes de sortie, j’adore qu’elle rigole, tous les gens la regardent, elle devient l’attraction, et c’est mignon de voir le bien qu’elle peut apporter ainsi. Et quand son Papa fait des bêtises, c’est le nec plus ultra pour elle, entre le chien qui essaie de la dévorer et fait des prouts sur son petit ventre, entre la partie de cache-cache improvisée derrière une porte ou un meuble, ponctuée par des « coucou » déclencheur de rires. Je suis son clown et je lui donne dès que possible une représentation pour sa joie de vivre et son bien-être.
Par contre, je n’aime pas la voir pleurer, car cela me déchire le cœur, je me sens comme incapable, inapte à être Papa si je ne peux atténuer le mal qui l’a taraude. Ce fut le cas lorsque ses dents ont poussé, ont décidé de la faire souffrir, pauvre petit ange, je me le rappelle comme si c’était hier, heureusement que j’avais l’ours de Grégory pour l’apaiser et lui offrir la sécurité. J’étais désemparé face à ses rares cauchemars qui lui faisaient couler des larmes sur la tendresse de ses joues, et comme tout Papa, j’avais le cœur transpercé par sa souffrance. Bien sûr, ces premiers pas furent l’occasion de nombreuses chutes, et les moqueries de Papa face à cela permettaient d’estomper vite fait ses larmes et de transformer sa tristesse face à la douleur en sourire, malgré la bosse qui poussait sur sa tête.
Et là où elle est la plus craquante, c’est lorsqu’elle sommeille, la sérénité qui se lit sur son visage, un petit ange fait bébé, je passe des heures à la regarder, elle ne bouge pas, seul son petit ventre se gonfle et se dégonfle. Elle est ton image, je te vois à côté d’elle lorsque je ferme les yeux, la Maman et sa puce assoupies ensemble, la plus belle image qu’il puisse y avoir au monde. Mais lorsque je les rouvre, tu n’es plus là, ton image s’est effacée dans les méandres de mon esprit et Marion s’est retournée. Comme on dit, ainsi, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. J’ai pris quelques clichés de son sommeil, pour voler ces quelques instants et les garder à jamais.
Tant de facettes de sa personnalité qui sont en devenir, qui évolueront au fil du temps comme elles ont déjà évolué par la passé, certaines s’affirmant plus que d’autres, d’autres s’épanouissant comme la jolie fleur qu’elle est. Et là, la jolie fleur veut que je lui renvoie sa balle, elle vient de la poser où cela fait mal, notre puce a des arguments frappants, comme tu savais en avoir par le passé quand tu voulais quelque chose de ma part. Je dois t’abandonner, sinon, tout ce que j’aurais écrit se retrouvera déchirer par une attaque manuelle de Marion avant que je n’aie pu l’en empêcher. Tu me manques, Caroline, nous serions si bien à jouer tous les trois….
Je t’aime, et notre fille à travers moi, ma chérie…
Ton Ptit Caillou
Vous me replongez des années en arrière.
Des années oubliées par le temps qui passe.
Merci.
Bonne soirée et doux câlins à Marion.
Marion de t'avoir,vraiment.
Un jour elle te le rendra au centuple...
J'aurais aimé avoir un papa comme toi..
Bisous à vous deux..
je passe vous dire un petit bonjour quelle tendresse !! profites en bien ca passe tellement vite ces tendres années
Petit passage,pour vous dire Bonsoir...
Affectueusement .
Isabelle.