Ma tendre colombe,
Ce matin, j’ai senti un voile de délicatesse me tirer de mes rêves, alors que ta longue chevelure caressait mon bras avant de retourner parmi les anges. Je me sentais d’humeur joyeuse, tu avais partagé notre couche, et mes rêves n’en furent que plus délicieux. Marion était déjà éveillée, mais elle ne faisait pas de bruit, comme si elle sentait en son for intérieur que tu étais là, qu’elle devait me laisser me ressourcer un peu, car même si je ne lui montre pas, même si elle est encore un bébé, elle est capable de ressentir toute la détresse qui m’étreint de t’avoir perdu…
Dehors, l'agitation semble revenue, tous les signes sont là, c'est l'heure de la reprise, la rentrée pour tout le monde, entre entreprises et écoles, les vacances ont tourné leur page, page froissée par le vent pour certains, page maculée d'encre illisible en raison de l'afflux d'eau pour d'autres, page brûlée par la sécheresse et les incendies pour encore d'autres, le seul point commun à tous étant de se retrouver ce jour au même point qu'avant la période estival, en compagnie de ses camarades ou de ses collègues, pour entamer une nouvelle ritournelle...
Les voitures ronronnent à nouveau en farandole gérées par les feux taquins prenant un malin plaisir à attarder les lève-tard, la poussière qui s'était amoncelée sur les machines-outils lève sont voile au redémarrage des moteurs, les machines à café sont le centre de retrouvailles, de comparatifs de bronzage, de partages d'expériences estivales, les ordinateurs se rallument un à un sur des « fenêtres » gommées par un mois de congés payés, sur des programmes logiciels oubliés, certaines enseignes commerciales relèvent leur rideau et redonnent des couleurs à leurs étals ternis par l'obscurité d'un été...
Les grilles des écoles ont laissé entrer les cris de joie des chérubins, certaines mamans ont le cœur déchiré de laisser leur enfant entrer à l'école, alors que celui-ci ne se retourne pas, heureux de retrouver ces petits copains et ces petites copines, d'autres enfants ne veulent quitter leurs parents de peur du vieux monsieur baveux qui ne sent pas bon ou de la vieille dame avec un bouton sur le nez et un gros ventre qui sera leur instituteur tout au long de l'année. Devant les collèges, les tenues rivalisent d'originalités, les pseudos rappeurs toisant les néo-gothiques, les carillons des portables supplantant celui de la sonnerie de signal de début des cours.
La vie du village va reprendre son cours, les touristes sont partis en laissant pour vestige de leurs passages les moult détritus ici ou là que les nombreuses poubelles n'ont pas su accueillir, la ville a retrouvé son calme de la journée, avec ses ruelles désertées comme dans un village fantôme digne de la conquête de l'ouest, le boulanger pleure de ne plus entendre résonner son tiroir caisse du doux son de la monnaie trébuchante des touristes adeptes des petits-déjeuners fumants, le facteur va pouvoir faire sa tournée à vélo tranquillement, sans risquer de rencontrer des chicanes mobiles que sont les chiens non tenus en laisse et voulant tester la saveur de ses mollets, et les enfants en bas âge dont les parents n'ont pas l'intelligence de faire attention à leurs multiples escapades et des conséquences de celles-ci.
A ton ancien travail, c'est aussi un nouveau départ, le retour des enfants avec des problèmes, mais qui ont pu rentrer dans leur famille pendant les vacances, retrouvant sur place ceux qui n'ont pas eu la chance de retrouver les leurs, ainsi que les petits nouveaux déracinés de leur cercle familial, mais pour leur donner une meilleure chance dans la vie à venir. Grégory guettera ton arrivée, il s'assiéra sur le rebord du mur de l'entrée, mais il sera à nouveau déçu et triste de ne te voir, alors qu'Edwige viendra le prendre contre elle pour le soutenir et le réconforter, en lui disant que bientôt, très bientôt, tu lui réserverais la plus jolie des surprises, se blessant au fond d'elle de mentir à cet ange tout en sachant que plus jamais il ne te reverrait...
Mais cette rentrée, tu ne la vivras pas, du moins pas de la même manière que nous, tu es si loin de toute cette agitation. Marion non plus ne la vivra pas encore, mais l'année prochaine, ce sera le début d'une nouvelle aventure pour elle. Et moi, le rythme de ma vie est celui des battements de mon cœur pour toi, l'agitation ne m'atteint pas, je vis au travers de nos souvenirs et à travers l'évolution de notre petit amour, Marion. Tu me manques tant, ma douce Caroline, tu me manques tant, toi que j’aime si fort, que j’aimerais à en mourir pour me retrouver à tes côtés…
Ton Ptit Caillou
Tout cela me touche toujours autant....lorsque je te lis, j'essaie de me mettre à ta place mais je n'y arrive pas longtemps , elle est trop insoutenable cette place...
Des gros bisous à toi et ta petite Marion.
je ne suis pas venue te lire depuis 3 jours car j'étais en vacances et pas l ordi suffisamment longtemps , je me fais pardonner en venant te lire ce matin , je t'envoie tout mon courage , bisous de l'ange à Marion et toi qui connait ce que tu rescens ence moment
qui nous emmène doucement vers la nostalgie de la fin de l'été.
Au plaisir de vous lire.
Bon week end.