Ma tendre chérie,
Marion adore se promener en poussette, elle aime regarder tout ce qui se passe autour d’elle, elle est vraiment très éveillée, le portrait de sa Maman. Elle remarque tout, elle me montre du doigt tout ce qui est différent, tout ce qu’elle ne connaît pas, tout ce qu’elle veut découvrir. Quand elle aperçoit un deltaplane, elle me le montre du doigt en énonçant « oi-o », à la manière de Bambi, et cela me fait rire, mais je lui explique que ce n’est pas un oiseau, mais pas comme Panpan en tapant du pied par terre, avec des mots simples pour une enfant de son âge. C’est vrai qu’à son âge, tout se ressemble, tout ce que Marion voit, elle n’en fait pas la distinction, je me souviens des fois où elle appelait Maman ou Papa de purs inconnus et leurs réactions diverses.
Aujourd’hui, il y avait un reportage à la télévision sur les Vélib, système de location de vélos que le maire de Paris a lancé dans la ville. Ce sont des vélos que tout un chacun peut trouver un libre service dans les rues de la capitale, auprès de bornes créées exprès pour, afin que les touristes et les Parisiens puissent parcourir la ville d’une autre manière, en évitant les véhicules qui circulent à vive allure autour d’eux, dans ce qu’on appelle des « couloirs de la mort », tout en respirant le bon air des gaz d’échappement ! Lorsque Marion a aperçu les vélos, elle les a appelé « tur ». J’ai essayé de lui dire que c’était des « vélos », mais peine perdue, elle tient de moi, aussi têtue que son Papa !
En regardant le reportage, j’ai souri. Je voyais des novices du vélo essayer de se tenir en équilibre sur leur selle, peinant à toucher les pédales, ne sachant pas régler leur monture, et se retrouvant sur un destrier de fer pas encore dompté et n’en faisant qu’à son guidon. En plus, des vélos derniers cris, avec un panier devant tout ce qu’il y a de plus kitch, un design digne des compressions de César et un poids à ne pas mettre entre les mains d’une personne âgée, 22 kilos ! Quand on voit les images, on se croirait à Amsterdam, avec toute cette marée de vélos arpentant les rues du vieux Paris.
Cela me rappelait lorsque nous avions essayé de faire du vélo sur Trouville, en empruntant les vélos de tes parents. Bien mal m’en avait pris, moi qui n’en avais fait depuis ma plus tendre enfance et encore, j’étais champion pour m’enfoncer le garde boue dans les tibias. Je n’étais pas très à l’aise, j’avais déjà passé une demi-heure à essayer de régler la selle, à regonfler les pneus, sous tes crises de rire, me taquinant comme tu le pouvais, t’enfuyant à chaque fois que je décidais de lâcher le vélo pour te faire payer tes moqueries. Mes premiers essais d’équilibre furent laborieux, tu voulais même aller m’acheter des roues stabilisatrices pour mettre de chaque côté ! En plus, le guidon ne répondait pas à mes avances et j’avais mal serré ma selle qui descendait petit à petit.
Lorsque j’ai enfin dompté mon féroce animal, nous sommes partis en balade, enfin, je t’ai suivi, car tu volais sur la route enfourchée sur ton vélo, alors que je semblais écraser la même route sous mes coups de pédales forcés, n’ayant pas compris le fonctionnement du dérailleur, me focalisant sur les deux pédales et le guidon. Tu pouvais me dire tout ce que tu voulais pour me railler, je ne pouvais que te répondre en haletant à ta suite que cela ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd… Après un moment d’adaptation, j’ai pu enfin arriver à ta hauteur, et nous avons pu commencer une vraie balade bucolique, entourés de champs.
C’était agréable, le vent soufflait dans tes cheveux, nous étions seuls, personne sur la route, et les oiseaux pour seuls compagnons. Pédaler sur le plat était mieux que la colline que nous avions dû escalader plus tôt, j’en étais à pousser mon vélo dans la partie haute alors que tu m’encourageais du sommet. Nous entonnions tous les deux « A bicyclette » d’Yves Montand, nous avancions à mon rythme, comme deux escargots, mais assez vite pour éviter que je ne tombe sous les soubresauts de mon guidon. Cela nous avait fait du bien, un bon bol d’air, mais le lendemain, j’ai vite déchanté, je marchais comme un cow-boy, j’avais mal partout dans les jambes, et tu te tordais de rire de me voir ainsi déambuler dans la maison de tes parents. Mes jambes étaient devenues deux morceaux de bois rigides ! Mais tes doux massages m’ont permis de retrouver une démarche digne de mon standing…
Marion m’a sorti de mes rêveries, elle avait faim, alors, je suis descendu de mon vélo pour enfourcher mon costume de Papa cuisinier, et lui mitonner un bon petit plat comme elle les aime, de la viande hachée avec une purée de carottes faite maison. Mais une fois couchée, j’ai repensé à tous ces instants, et j’aurais aimé parcourir Paris à Vélib avec toi, la main dans la main, comme deux amoureux à Paris… Mais cela ne sera jamais, nous ne le vivrons jamais, mais quand je te rejoindrais, nous pédalerons sur les chemins du paradis, les chemins du bonheur, où je pourrais crier à tue-tête tout l’amour que j’ai pour toi, Caroline. Je t’aime tant, et tu manques tellement…
Ton Ptit Caillou
Je suis heureuse de constater,que je ne suis pas la seul à marcher bizarement,après avoir fait du vélo :)))
bonne soirée.
gros bisous à Marion.
Isabelle.
pour tous pour vous remercier de votre gentillesse dans "animations"
Toujours autant d'émotions et de tendresse dans tes récits.
L'amour que tu portais à caroline est tellement intense qu'elle a du être très heureuse avec toi.
Marion a de la chance d'avoir un père comme toi.
Et je suis persuadée qu'elle sera une femme comblée, emplie d'amour comme son papa.
Profites bien de ces moments avec ta fille,les enfants grandissent tellement vite.
Je t'embrasse bien fort ainsi que Marion.
Toujours autant d'émotions et de tendresse dans tes récits.
L'amour que tu portais à caroline est tellement intense qu'elle a du être très heureuse avec toi.
Marion a de la chance d'avoir un père comme toi.
Et je suis persuadée qu'elle sera une femme comblée, emplie d'amour comme son papa.
Profites bien de ces moments avec ta fille,les enfants grandissent tellement vite.
Je t'embrasse bien fort ainsi que Marion.
Vos moments de bonheur vous les avez vécu pleinement,certes ils ont été beaucoup trop court mais si intense.
C'est un plaisir de vous lire.