Ma tendre mélodie du bonheur,
Voilà, ça y est, j’y suis retourné, là où se situe le berceau de notre amour, devant notre premier lieu de rencontre, comme un pèlerinage, un retour aux sources. Je voulais profiter de mon passage en banlieue parisienne chez mes parents pour venir avec Marion, là, là où nous nous sommes rencontrés pour la première fois. J’appréhendais de revenir, de revoir les fantômes du passé ressurgir, mais je voulais revenir avec Marion, lui montrer où tout avait commencé, l’histoire de sa naissance, les origines de sa vie, l’histoire de notre vie. Rien n’avait changé depuis deux ans et demi, depuis que nous étions partis, c’était comme si c’était hier…
Une fois garé, sur la petite route qui longeait l’arrière des immeubles, comme je le faisais par le passé pour venir te voir, j’ai mis Marion dans sa poussette et nous avons débuté notre périple. J’ai pris un peu de recul pour apercevoir les fenêtres du toit, au second étage, là où ton petit nid siégeait. J’ai pris Marion dans mes bras pour lui montrer la fenêtre, celle aux rideaux verts pomme. C’était étrange, c’était une de tes couleurs préférées, comme si cet appartement avait sa propre vie et insufflait à ses occupants ses propres goûts. Je nous revois encore alors que nous aimions jouer les voyeurs lorsque le voisinage sortait les barbecues pour s’en donner à cœur joie en soirées bien arrosées et bruyantes, ou les prises de becs et les noms d’oiseaux qui volaient lorsque les règlements de compte s’effectuaient dans le jardin, provoquant une animation plaisante pour les passants.
J’ai fait le petit tour qui me menait dans la pseudo cours intérieure, en longeant les petites haies de troènes qui la délimitait. De nouvelles personnes âgées étaient arrivées, je ne les reconnaissais pas, et les petits caniches qu’elles tenaient en laisse attiraient Marion qui voulait les caresser. Elles me complimentaient sur notre petit amour, alors que les caniches se laissaient tapoter par Marion, qui a toujours sa manière bien à elle de caresser en donnant un genre de petite tape, qui se transforme en fessée lorsqu’elle me le fait sur la joue. Je me suis dirigé vers la porte d’accès du bâtiment, en passant devant la boulangerie, j’y ai aperçu Patricia, la vendeuse, mais je ne voulais pas entrer, de peur de remuer les morceaux du passé qui déjà me tenaillaient aux tripes d’être là. Elle avait changé, le mariage avait du bon, elle avait dû prendre au moins dix kilos, mais cela lui allait bien, un beau visage bien rond avec de bonnes pommettes.
Devant la porte, je frissonnais, je me revoyais il y a quelques années, alors que pour la première fois, je pressais le bouton d’appel de chez toi, ce qui allait bouleverser notre destin commun. Un autre nom avait pris la place du tien à côté du bouton, je serais bien monté pour découvrir comment avait été redécoré ton ancien antre, mais je n’ai osé, je ne pouvais pas. Accroupi à côté de Marion, je lui ai montré que c’est là que j’allais rejoindre sa Maman, que c’était là que je montais les marches deux à deux, le cœur battant de te retrouver, alors que la première fois, je ne les avais montés qu’une à une, mon cœur battant la chamade de ce qui pourrait se passer entre nous, comme si au fond de moi, je savais déjà. En me revoyant grimper cet escalier, j’avais les yeux embués. Marion était comme absorbée, comme si elle savait ce que cet endroit signifiait pour toi, pour moi, pour elle, pour nous, comme si elle comprenait tout ce que je lui expliquais, avec des mots simples, des mots d’amour d’un Papa à sa fille pour lui rappeler le passé de ses parents.
Nous nous sommes promené dans le petit parc derrière les immeubles, Marion était contente, le gazon lui faisait faire des petits sauts avec la poussette. Je revoyais des images du passé, je te revoyais à côté du vieux chêne, courant pour m’échapper après m’avoir fait un coup pendable, je t’apercevais me souriant alors que nous marchions main dans la main, je souriais en repensant à nos baisers de jeunes amoureux, ce que nous étions toujours restés. Tout avait conservé un morceau de toi, tout semblait imprégné de ton essence, je nous revoyais dans le passé comme si c’était hier, alors que je le savais, c’était hier…
Je suis retourné vers la voiture, et une fois à l’intérieur, je n’ai pas bougé, Marion ne comprenait pas pourquoi, mais j’avais besoin de me ressourcer, nous avions partagé tant de bons moments ici, entre les danses country, nos instants magiques, nos jeux, nos espionnages, nos siestes crapuleuses, nos soirées « Friends », et j’en passe encore et encore, tu t’en souviens comme moi, nous étions deux à les vivre, et je suis seul aujourd’hui pour en témoigner… J’ai mis le contact de la voiture, et je suis parti, sans regarder dans le rétroviseur, comme si c’était la dernière fois que je venais ici...
C’était dur de ne pas être avec toi, c’était dur de revoir tout cela, tu me manques tellement, Caroline, car tu es aussi à l’origine de nous deux, alors pourquoi suis-je seul… Je t’aime à en mourir, mon bébé, je t’aime si fort.
Ton Ptit Caillou
un bien douloureux voyage sur ton passé, j'espère qu'il va t'aider tout de meme a avancer, avec dans ta main celle de la petite Marion, bisous et amitié de la louve (excuse mon silence,)
Passage pour vous souhaiter un trés bon vendredi et un gros bisous a Marion.
petite visite.
toujours le même quand je vous lis.
Le bonheur de vous lire se transforme en tristesse. Mais que faire ? Votre douleur devient la mienne et j'aimerai tellement pouvoir laver ce cauchemar et rendre Caroline à sa petite fille et à son doux époux.