Ma chérie,
Ca y est, je suis à nouveau dans notre petit coin de paradis, après mon excursion parisienne. Après une matinée tranquille, Marion cueillant des fleurs dans le jardin de ses grands-parents pour les offrir à sa grand-Maman, nous avons déjeuné puis pris la route pour éviter les embouteillages de retour de week-end. Les trajets sont déjà longs et éprouvants pour un enfant en bas âge, pas la peine de lui en rajouter en plus en patientant les uns derrière les autres et en invectivant ceux qui se croient plus intelligents que les autres avec leur voiture sortie d’une décharge et qui se permettent tout. L’au revoir fut difficile, nos larmes se mêlant les unes aux autres. Même Marion pleurait de nous voir ainsi. A chaque fois, c’est la même chose, comme un déchirement, comme un adieu, comme si je n’allais plus les voir… J’ai serré très fort mes parents, les remerciant de tout ce qu’ils avaient fait tout au long de mon cours séjour, cela m’avait fait du bien de me ressourcer en famille, même si l’essentiel n’était plus là, toi, ma tendresse, car ma vie n’est plus la même, et tout le monde le constate, le vide que j’ai en moi et qui ne se comblera jamais.
J’ai démarré les larmes aux yeux, prudemment car je ne voyais pas bien à cause du voile d’eau qui filtrait mon regard. Marion suçait son pouce, mais ne semblait pas vouloir dormir, elle regardait tout ce qui passait dehors, et me montra du doigt un « oi-o », un gros oiseau blanc à moteur qu’on appelle avion. Elle m’a fait sourire, elle me surprend à chaque instant. Les kilomètres déroulant, le paysage changea, d’abord la ville et ses immeubles ou ses petites habitations, puis longueurs boisées au bord des autoroutes. Marion continuait de regarder sans ciller, le sommeil ne venait pas, elle était paisible. Je pensais que de rouler l’aurait bercé, mais pas du tout.
Nous avions de la chance, la circulation était fluide, et nous avons vite rejoint le premier péage qui nous tendait les bras en hurlant « des sous ». Pour faire passer un peu le temps à Marion qui ne dormait toujours pas, j’ai commencé à imiter des sons d’animaux, comme elle aime que je le fasse. Tout y est passé, je n’étais plus sur une autoroute, mais je voyageais d’abord dans une ferme, avec tous les bruits de basse-cours, entre canard et cochon, entre cheval et vache, sans oublier les autres et surtout le dindon, qu’elle adore et que tu affectionnais tant. Après le voyage en campagne, je changeais de continent pour aller en Afrique, entre lion et éléphant, entre singe et hyène. Marion riait aux éclats, plus la pine d’essayer de l’endormir, là, elle était toute pleine d’énergie, et me réclamait encore et encore des bruits d’animaux. Si je m’étais fait arrêter par la police, j’étais bon pour l’asile.
Nous avons marqué une pose sur l’autoroute pour que Marion se détende un peu, j’ai marché un peu avec elle, mais surtout parce que l’habitacle commençait à être parfumé d’une odeur, je dirais, « couche pleine ». Et oui, la nature avait repris ses droits, la digestion de Marion aussi, je lui ai donc rafraichi le popotin pour qu’elle puisse poursuivre notre périple avec ses petites fesses toutes propres. Notre petite pause terminée, nous avons repris la route, Marion toujours pas décidé à rejoindre Morphée pour sa sieste. Je me suis mis à lui chanter des chansons enfantines, mais pas évident au volant de chanter « ainsi font font font les petites marionnettes… » . Frère Jacques, au clair de la lune, meunier tu dors, … toutes les chansons de mon enfance et toujours d’actualité, un vrai petit karaoké pour enfant. Je suis ensuite parti sur les chansons de dessins animés, entre Albator et Candy, Bibifoc et Capitaine Flam, et je t’en passe et des meilleurs. Je baissais un peu le son aux péages, mais Marion réclamait en chouinant.
J’ai continué un bon moment et sans m’en apercevoir, nous sommes arrivés chez nous. La pluie nous a accueilli, très sympa pour décharger toute la voiture, mais le plus beau, c’est que Marion s’était enfin endormi, bercée par ma voix mélodieuse… Je l’ai protégée de la pluie et l’ai montée dans son petit lit. Je lui ai déposé un doux poutou sur le front et je l’ai couverte pour qu’elle ne prenne pas froid. Je suis redescendu pour vider la voiture sous une douche céleste. J’étais trempé, mais ce n’était pas grave, j’étais chez nous, avec ton essence, avec tout ce que cette maison respirait de toi, j’étais bien.
Et avant que je n’aille réveiller Marion qui sommeille toujours, je t’écris ce petit mot pour te dire que je t’aime et que tu m’as manqué tout au long du week-end, c’était si dur d’entendre parler de toi au passé, alors que pour moi, tu es encore là et tu le seras toujours tant que je vivrais… Tu es la femme que j’aime et que j’aimerais à jamais.
Ton Ptit Caillou
UN PETIT COUCOU A TOI ET TA PETITE MARION..... JE VOUS EMBRASSE TOUT LES DEUX ET VOUS SOUHAITE UNE DOUCE SOIRÉE
j'avoue avoir eu les larmes aux yeux au début de votre histoire, mais le sourire m'est rapidement apparu au son de votre voix mélodieuse (lol).
Bientôt Marion vous accompagnera en choeur...
Bravo, adorable p'tit père...