Publié le 14/02/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma chérie,
Bien qu’avec une journée de retard, ce fut une belle journée d’anniversaire pour Marion, elle sentait que c’était sa journée, son moment à elle, qu’elle était la petite princesse. Et le soleil s’est mêlé à la fête, il a ouvert ses bras pour nous envoyer ses doux rayons lumineux et chaleureux. Nous avons pu en profiter pour manger dehors, Marion était contente de pouvoir vadrouiller dans le jardin, entre sa démarche à quatre pattes, bien plus stable, et debout, en nous prenant la main. Et nous lui avons passé tous ces caprices, nous avons accédé à toutes ses envies, ce n’est pas tous les jours que l’on souhaite ses un an.
Oui, un an déjà, tout s’est passé si vite depuis que tu n’es plus là, depuis ce jour tragique qui t’a arraché à nous, depuis ce jour noir dans notre vie, alors que la lumière devait l’illuminer. Tu me manques tant, tu m’apportais tellement, tu étais mon rayon de soleil, ma joie de vivre et puis, plus rien que le vide laissé par ton absence, que les souvenirs que je conserve auprès de moi, les photos, les cadeaux, les films et tout ce qui se rapporte à toi. Marion est ce qui me reste de toi, elle est toute ton image, elle me rappelle tant de ces moments où…
Elle est espiègle, et elle le sait très bien, elle en joue comme tu le faisais. Elle n’a pas arrêté de le faire aujourd’hui, à faire tourner son Papa en bourrique, mais comment ne pas craquer quand elle nous fait cette si jolie bouille, ce petit regard à faire fondre un iceberg. Elle portait sa petite robe bleu vichy que je lui ai acheté pour ces six mois, mais comme d’habitude, j’avais pris trop grand à ce moment-là. Alors, aujourd’hui, elle pouvait la mettre sans souci, avec un petit haut blanc, mais qui ne l’est pas resté longtemps, et ses petites chaussures avec les pompons rouges qu’elle adore arracher pour que je lui recouse encore et encore.
Oui, son blanc ne l’est pas resté longtemps, elle a vécu son premier baptême de cuillère en totale autonomie, et sa purée de carottes en a aussi fait les frais. La cuillère virevoltait dans sa main, mais sa destination était rarement sa bouche, heureusement que nous avons mangé dehors. L’herbe verte en avait oublié sa couleur, son haut blanc n’était plus qu’un vague souvenir, le plateau de sa chaise dégoulinait, mais elle était heureuse, elle tapotait ses mains dedans, nous rions à gorge déployée, et elle s’en amusait, et cela la motivait pour continuer. La cuillère vola dans les airs pour finir par s’échouer dans les rosiers, et je crois que c’est la bouche de Marion qui a le moins reçu de purée de carottes. Mais elle était toute contente, orangée, mais toute contente. La machine à laver aurait de quoi travailler pour le soir…
Mais qui dit anniversaire dit aussi gâteau, et notre petite carotte sur pattes a eu le droit à son petit dessert surmonté d’une bougie, que nous avons soufflé tous les trois, après lui avoir entonné un vibrant joyeux anniversaire. Je sais que de là-haut, tu as également apporté ta contribution à ce petit vent pour éteindre cette petite flamme qui fascinait Marion, qu’elle regardait, qu’elle voulait attraper avec ses petites menottes, avant que nos souffles réunis coupent son envie, ponctué par un « oh » de surprise, puis les applaudissements que nous lui avons adressés, auxquels elle s’est jointe. Tu devais être fière de ta petite Marion, il est tombé à cet instant deux trois gouttes de pluie, alors que nul nuage n’assombrissait le ciel bleu, comme les larmes coulantes sur les joues d’une Maman provenant d’un Eden céleste…
Ensuite, c’est à quatre pattes qu’elle a foncé vers ce qui l’éblouissait, des carrés multicolores avec des gros rubans qui traînaient dans le jardin, c’était plus rapide, et plus attrayant. Et comme elle ne fait jamais rien comme les autres bébés, c’est en se mettant debout qu’elle a commencé à jouer avec le papier des cadeaux, beaucoup plus intéressant que le contenu des dits paquets. Elle se moquait des vêtements, elle se moquait des poupées, des jouets qui faisaient du bruit, des ballons, et de tout le reste, tout ce qui lui importait, c’était les papiers sur lesquels elle pouvait tirer, qu’elle pouvait déchirer, froisser, jeter, comme quoi, cela ne sert à rien d’offrir pleins de cadeaux pour gâter une jolie princesse, des rouleaux de papiers cadeaux en pagaille suffisent…
Quand elle s’est endormie, elle avait le sourire aux lèvres, elle était heureuse, elle te rejoignait au pays des songes. Nous avions passé une belle journée, même si une ombre avait pesé tout en son long, celle du manque d’une Maman pour souhaiter sa puce comme il se doit, celle du manque de celle qui aurait pu être une merveilleuse Maman pour combler ce vide qui s’est installé dans la vie d’un petit ange… Le voile de la joie s’est estompé pour être recouvert par le voile de la tristesse, de la mélancolie, le voile des larmes de la souffrance due à la perte d’une épouse, d’une Maman, d’une fille, et j’ai envie de pleurer, là, maintenant. Tu me manques tant, ma douce Caroline, tu me manques tant, et tu resteras à jamais dans mon cœur, et tu sais pourquoi…
Ta Maman
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Publié le 10/02/2008 à 12:00 par messageinabottle
Caroline,
Je n’ai plus la force, aujourd’hui encore plus, un an que tu m’as quitté et que le voile de lumière de notre amour a laissé place au voile des ténèbres de ta mort. Un an, un an où le bonheur d’une naissance à fait place à l’horreur de la mort, un an où la joie d’être père a été balayée par le désespoir de t’avoir perdu, et d’être resté seul face à notre destin, alors que ce dernier nous jouait le plus mauvais tour qu’il puisse faire dans un tel moment, un an où je ne suis plus rien, où mon cœur a cessé de battre, où le flot de mes larmes ne s’est jamais tari une seule journée, car je n’étais rien avant toi, et je suis redevenu ce que j’étais avant toi lorsque tu nous as quittés.
Je ne suis qu’un pauvre hère ce jour, alors que cela devait être un jour de fête, les uns an de notre Marion, ce n’est qu’un jour de tristesse, nous fêterons Marion demain avec ta Maman, je n’en ai la force aujourd’hui, comment expliquer à Marion que son Papa pleure toutes les larmes de son corps alors qu’il devrait être heureux, la porter dans ses bras et la faire voler comme une petite libellule qu’elle est à mes yeux, mais pas aujourd’hui, je ne peux pas. Le ciel partage mon désespoir, le vent s’est levé et la pluie ruisselle, et lorsque je confierais cette missive à sa bouteille protectrice avec la plus belle des roses rouges que j’ai cueillie dans notre jardin, mais qui n’est que le pâle reflet de ce que tu es à mes yeux, je resterais sous le rideau d’eau à être cinglé par les rafales, mais je ne sentirais rien, plus rien ne peut m’atteindre, plus rien.
Il y a un an, je te perdais, et tes cendres dans l’eau se sont éparpillées sous une même météo, là devant moi mêlant mes larmes au sel de la mer. Depuis, mon cœur est déchiré, il ne subsiste que pour aider Marion à s’épanouir au printemps de sa vie, promesse que je t’ai faite alors que la dernière lueur de vie s’éteignait dans ton regard et que tu t’assoupissais pour l’éternité dans mes bras. Je tremble encore de revoir cette image, la dernière que j’ai de toi, avant que le voile de larmes ne vienne troubler ton visage souriant que tu m’as laissé gravé à jamais dans mon esprit. Et le voile de larmes trouble à nouveau cette lettre, tu l’as trouveras maculée de tâches, moins bien écrite que les autres, ma plume tremblant car j’ai si mal en moi, j’ai si mal…
Pourquoi t’avoir fait cela, pourquoi t’avoir enlevé à moi, pourquoi n’avons-nous disparu ensemble avant la naissance de Marion, pour pérenniser notre amour là-haut, dans cette autre vie qui t’a appelée seule, et qui t’a arrachée à l’enfant que tu mettais au monde, la laissant seule sans la tendresse d’une Maman, sans la douceur d’une femme, plaquée contre son sein pour lui offrir ce qu’il y a de plus beau au monde, ton amour, ma chérie, ton amour. Nous sommes unis pour le meilleurs et pour le pire par delà les frontières de la vie et de la mort, ce 23 Juin dernier, date de notre union prévue si… Je suis ton mari, tu es ma femme, mais jamais je ne lirais sur un courrier « Monsieur et Madame », jamais je ne pourrais voir briller dans tes yeux la flamme de la passion quand je te dirais « Madame », jamais…
Je pleure notre amour perdu, je pleure de ne t’avoir pas assez offert de ton vivant, de ne pas m’être assez montré aimant, de ne t’avoir pas aimer à ta juste mesure, de n’avoir pas vu tout ce que tu étais malgré tout ce que nous avons vécu ensemble, je n’ai pas fait assez, on ne fait jamais assez, on ne s’en aperçoit que quand il est trop tard. Et même si tu me disais que j’ai fait tout ce qui t’avait permis d’être heureuse, je sais au plus profond de moi que je pouvais faire mieux que je pouvais faire plus que je pouvais faire plus, vraiment, mon amour….
J’ai mal, si mal au fond de moi, j’ai envie de me recroqueviller comme un enfant, de redevenir ce foetus qui était insouciant au fond de ma Maman, je n’ai plus envie de souffrir comme je souffre depuis que tu n’es plus auprès de moi, je n’ai plus envie d’avoir ce mal que je ne peux effacer, qui est là chaque jour durant, chaque nuit dans mes rêves, et que je cache à Marion, mais qu’elle ressent, car les enfants sont plus réceptifs aux sentiments que les adultes, et je ne veux l’amener dans ma détresse quotidienne. Plus rien ne sera comme avant, plus rien, même si j’essaie, je sais que jamais je ne réussirais sans toi, car sans toi, je ne suis rien…
Caroline, reviens-nous, reviens-moi, refais de moi un homme, offre-moi une seconde chance de te montrer tout l’amour que j’ai pour toi, que j’essaie de te prouver chaque jour par mes écrits, par mes actes. Reviens guérir cette blessure que j’ai en moi, et je ferais de toi la plus heureuse des femmes, je ferais de toi une reine dont le royaume sera notre amour, où chaque jour ne sera que plaisir, où chaque sourire de ta part sera el sang qui coulera dans mes veines, où nous ferions de Marion notre petite princesse, mais surtout, surtout, où je serais à tes côtés, où je serais avec toi…
Je sais que ce n’est qu’utopie, que rien ne pourra te faire revenir d’entre les morts, que je devrais attendre mon passage de l’autre côté pour te retrouver, que tu m’attendras, mais c’est si dur, c’est si dur. Mais je t’aime, ma chérie, je t’aime, et je voudrais tout faire, tu entends, tout faire pour me montrer digne de toi, pour et rendre heureuse. Excuse-moi, mon cœur, mais l’émotion me dévore de l’intérieur, j’ai mon estomac qui est perclus de crampes, je n’en peux plus, je veux te rejoindre…
Je sais que ce serait si facile, mais abandonner Marion, c’est elle qui me retient de faire une bêtise, elle n’y est pour rien dans ce qui nous arrive et pourtant, malgré elle, elle en est responsable indirectement. Mais je l’aime comme je t’ai aimé, et j’essaie de lui faire découvrir qui tu étais, même si elle n’est encore qu’un bébé, qu’une enfant à qui le destin a pris sa Maman et que son Papa ne pourra jamais remplacer… Ma chérie, la vie est si dure et si compliquée sans toi, elle ne représente plus rien pour moi, plus rien…
Je sais que je ne devrais pas écrire tout cela, je sais que je devrais me reprendre mais tu me manques tant, Caroline, tu me manques tant, tes sourires, tes caresses, ton amour, ta tendresse, ta personne, me blottir contre toi en te disant « Je t’aime », et tout ce que nous avons vécu. Que je voudrais encore couvrir ton corps de baisers, de poutous, de bécots, de bisous, et te fabriquer un cocon de douceur…
Caroline, reviens, je t’en conjure, que le destin nous joue un tour et que l’on revienne en arrière pour tout effacer et que tu survives à ton accouchement, que tu sois avec nous, que tu… Je n’ai plus le courage d’écrire, je n’en ai plus la force aujourd’hui, je vais aller m’asseoir devant la falaise et regarder les vagues rugir à la surface de la mer, recevoir toute cette eau céleste et mêler mon hémorragie oculaire à celles des cieux. Et attendre, attendre, je ne sais quoi, mais attendre, comme un signe de toi, un message d’où tu es pour me donner un espoir, me pousser à tenir…
Je t’aime à en mourir, Caroline, mais je tiendrais pour Marion, garde-moi une place auprès de toi, j’arrive…
Ton Ptit Caillou
Publié le 06/02/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma douce Caroline,
Demain sera un jour heureux et malheureux pour moi. Oui, ce 10 Août 2006, je ne pourrais jamais l’oublier, notre voile s’est déchiré à jamais sous les coups de faux de la faucheuse, cette femme sans cœur qui a pris le tien, cette femme sans amour qui t’a arraché au tien, qui a coupé le cordon ombilical entre une Maman et son enfant, pour la laisser seule sur le chemin de la vie, loin des bases de la vie que devrait avoir tout enfant dès sa naissance. Tu es loin de nous, tu es loin de Marion, tu as été forcée de l’abandonner, forcée par un monstre ne sachant pas ce que c’est d’offrir la vie, ne sachant que la prendre contre le cours du temps et de la vie, se trompant sans cesse en arrachant dans la fleur de l’âge des êtres qui ont encore tout à vivre, à partager avec les leurs, comme toi, Caroline, avec nous…
Marion ne te connaîtra qu’à travers moi, elle ne t’aura pas auprès d’elle pour grandir, elle t’a perdu alors qu’elle poussait ses premiers cris, que la vie extérieure s’offrait à elle, que tu lui montrais le chemin vers le jour alors que le tien s’achevait dans la nuit. Et le destin a pris sa Maman… Marion n’a plus sa Maman auprès d’elle depuis ce jour maudit, elle ne t’a connu que de l’intérieur, tu lui as fait découvrir la vie en toi, en lui procurant tout ce qu’il y avait de meilleur en toi, c’est-à-dire tout, car tu étais un ange pour moi, tout en toi respirait la générosité et la bonté, et tu l’as transmis à Marion. Mais tu n’es plus là…
Marion ne connaîtra jamais l’amour de sa Maman, sa chaleur au réveil, la douceur de son sein alors qu’elle en tête le bout, la saveur de l’offrande de son lait, elle ne connaîtra pas la tendresse de tes baisers sur son front, elle ne sentira jamais ton odeur rassurante, elle ne goûtera jamais au satin de tes mains passant de la crème sur sa peau pour la protéger face aux agressions de la vie, elle n’entendra jamais ta voix mélodieuse lui chanter des chansons pour enfant en te répondant par des risettes et en te regardant avec les yeux grands ouverts, comme ceux des personnages de manga.
L’amour d’une Maman, la roue du destin ne devrait pas en priver les enfants, la vie est mal faite, et nous en avons constaté le résultat et les conséquences. Marion n’a que son Papa pour l’amener sur le droit chemin, mais plus toi, ma chérie, plus toi… Ses premiers pas, elle les a fait sans toi, juste ton sourire sur son épaule, comme ce papillon qui s’était posé sur elle, mais pas devant toi, pas vers toi, pas avec toi… Son premier mot « Maman », que je l’ai incité à prononcer, tu n’étais pas devant elle pour le recevoir de plein fouet, pour avoir le sourire jusqu’aux oreilles et verser des larmes de joie, tout en m’appelant toute fière de me narguer que Marion avait dit « Maman » avant « Papa ». Ses maladies infantiles, tu n’étais pas là pour la soulager par tes mots, pas là pour la câliner en la berçant contre toi, pas là pour lui conter une histoire que tu aurais inventée dans l’instant pour l’emmener dans la magie de tes rêves…
Et ce futur sans toi qui s’annonce, sa première entrée en maternelle avec nous la tenant par la main, et sa menotte nous lâchant pour aller jouer avec d’autres enfants, en laissant deux parents les mains sur la grille regardant leur enfant partir sans se retourner et larmoyant dans les bras l’un de l’autre, ses premières tirades abracadabrantes de sa journée à l’école avec ses mots à elle que nous ne comprendrions pas, tu ne seras pas là pour assister aux fêtes de fin d’année et voir notre petite Marion se donner en spectacle, fière comme toutes les autres mamans, à lui souffler son texte quand elle l’oublierait, et à la féliciter en la prenant dans tes bras pour la remercier de l’émotion qu’elle t’offrirait.
La suite, je pourrais en faire une mélopée de moments, de sa tendre enfance au passage à l’âge adulte, en passant par l’âge ingrat et l’adolescence, mais à quoi bon parler du futur, alors que notre présent s’est arrêté dans le passé. Tu nous manques, Marion ne me le montre pas, mais je sens qu’elle en souffre, mais si elle ne peut s’en rendre compte car elle ne t’a pas réellement connue, elle n’a pas pu connaître ne serait-ce qu’un instant sa Maman, partie loin, si loin d’elle, pour ce pays d’où on ne revient pas… Jamais je ne pourrais lui apporter tout ce qu’il lui manquera, jamais je ne pourrais te remplacer, je n’en ai pas la possibilité ni l’envie, je ne peux qu’être un Papa aimant pour notre Marion. Si seulement le destin n’avait pas été si cruel, si seulement tu pouvais être encore avec nous… La vie est si dure et si cruelle sans toi, une vie sans ton amour et sans pouvoir te dire « je t’aime », une vie sans ton amour pour un petit ange qui grandit paisiblement, à qui tu manques encore et toujours… J’ai du mal…
Ton Ptit Caillou
Publié le 03/02/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon amour,
J’ai mal, mon corps crie sa douleur de ne plus te sentir contre lui, la douceur de tes mains effleurant mon cou, la candeur de tes baisers sur mes lèvres, la chaleur de ton souffle sur ma peau, mes yeux ont perdu la lumière qui leur donnait leur éclat, mes jambes réclament encore les caresses des tiennes, mes mains recherchent le soyeux de tes cheveux, mon nez essaie de respirer l’odeur de ton parfum, mais rien, rien que le vide laissé par ton absence… Mon cœur continue de battre, mais plus comme avant, plus sur la mélodie du bonheur, l’harmonie ne se fait plus et ses vibrations sont saccadées, juste de quoi me fournir assez d’énergie pour tenir, juste de quoi me donner la force d’essayer d’être un bon Papa pour Marion, tout comme j’ai essayé d’être un bon conjoint avec toi...
Mon esprit m’emmène dans ce long voyage à travers nos souvenirs, et comme un citron, chaque souvenir pressé fait couler son propre jus, la genèse de mes hémorragies oculaires. Je ne pensais pas qu’un homme pouvait pleurer autant, bien que je sois plus sensible que la normale, ce que tu aimais chez moi. Et pourtant depuis ce jour maudit, j’en ai la preuve, pas une journée sans que je ne verse quelques larmes au minimum, non pas à me lamenter sur mon sort, mais à pleurer la femme de ma vie que j’ai perdu, à pleurer cet amour que nous n’avons pas pu achever, à faire s’écouler le plus pur de mon être…
Ces larmes qui prennent naissance du fond de mon être, ces larmes que nous avons si souvent mêlées, lorsque nous nous regardions des comédies romantiques où la sensibilité jouait avec notre corde sensible, et où nous nous enlacions sous l’émotion du moment dans un baiser empli de tendresse et de réconfort pour l’autre. Nous les avons partagés dans nos moments de bonheur, lorsque nous nous sommes dit « je t’aime » pour la première fois, lorsque nous avons emménagé ici, le soir, en regardant le soleil se coucher sur la mer, devant notre nouveau chez nous, lorsque je t’ai demandé en mariage, lorsque tu m’as appris que tu étais enceinte, et lorsque nous avons regardé Marion pour la première fois à l’échographie, alors que son petit cœur commençait à battre, sans savoir que le tien entamait ses derniers instants.
Nous les avons partagés également dans la détresse, lorsque ton Papa t’a précédé sur le chemin des anges dans un dernier signe de la main avant que son cœur ne cesse de battre. Nos yeux se sont également remplis de larmes lorsque nous avons perdu d’autres êtres chers, nous avions mouillé nos joues à cause de nos déceptions amoureuses du passé, à cause de blessures profondes, dans nos phases pré-dépressionnaires, et la dernière fois, lorsque tu m’as quitté, lorsqu’un torrent émotionnel a ouvert toutes les vannes alors que tu disais adieu à la vie dans mes bras, que le voile de la mort se déposait sur toi…
Je ne pouvais te lâcher, je ne pouvais te laisser partir, je te secouais pour te ramener à la vie, je t’appelais, je criais, je hurlais même, mon corps tremblait en même temps que mes larmes te recouvraient, je frissonnais mais je ne sentais plus rien, comme si je perdais la vie aussi… Et je l’ai perdu ce jour-là, mes yeux en témoignent, et je ne veux m’arrêter de pleurer, car si un jour le flot se tarissait, pour moi, cela signifierait que je t’aurais oublié et que mes sentiments ne seront plus là, ce que je n’envisage même pas, c’est impossible pour moi, impossible…
Le papier de cette lettre se fripe sous l’eau de mon cœur, l’encre s’éparpille au gré des larmes suintant sur la feuille, dessinant un rideau d’ondées que je voudrais tirer pour te rejoindre et te prendre par la main, que d’un seul coup de ton souffle magique, tu assèches ce torrent qui lave mes joues pour faire briller le soleil dans mes yeux… Mais cela ne se peut pour le moment, juste un rêve, une envie d’un homme en détresse, d’un Papa seul voulant tout donner pour que sa petite Marion puisse connaître sa Maman et se serrer contre elle, d’un mari pour sa femme qu’il n’a pu embrasser le jour de leur mariage, et surtout lui dire « je t’aime », droit dans les yeux, pour à nouveau mêler leurs larmes dans leur union de bonheur…
Tu n’es plus là, tu me manques tellement, ma douce Caroline, et je sais que rien ne pourra te faire revenir, mais mes larmes sont la plus belle preuve de mon amour pour toi, et elles empliront cette bouteille que je te lancerais à la mer. Je t’aime à en pleurer toute la vie, mon cœur, à en pleurer toute la vie…
Ton Ptit Caillou
Publié le 31/01/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma chérie,
Ce doux mot, si agréable à dire et à entendre, plus jamais je ne te le dirais en face, je le dirais de vive voix, face à la mer, ou par écrit, dans mes bouteilles, mais plus jamais ce mot ne te sera direct. Mais s’il n'y avait que cela... Mais plus jamais je ne te verrais ouvrir la porte d'entrée et amener avec toi le soleil par ton sourire, plus jamais je ne t'entendrais chantonner pendant que tu mitonnes un bon petit plat pour éveiller les sens de nos papilles gustatives. Plus jamais tu ne me parleras de ta journée, de tous les enfants qui tournent autour de toi et à qui tu redonnes l'espoir en un lendemain meilleur, plus jamais tu n'écouteras mes sempiternels problèmes de boulot sans jamais te plaindre, en me regardant avec tes yeux d'amante compatissante...
Plus jamais nous ne partirons en week-end à travers la France ou dans les pays limitrophes, pour s'échapper de notre quotidien, pour en visiter les curiosités des alentours, plus jamais nous n'effectuerons de longs périples à travers le monde pour profiter de vacances dûment méritées, à se faire dorer la peau, à s'ouvrir à la culture locale et revenir heureux de la découverte des autres et de leur mode de vie. Plus jamais tu ne me prendras la main pour une balade bucolique dans la nature ou en forêt, pour observer la faune et la flore, et telle une Blanche-Neige des temps modernes, charmer les oiseaux sous le ramage de ta voix.
Plus jamais nous ne nous chamaillerons pour un rien, histoire de se taquiner, et de profiter de chaque instant de rires que la journée peut nous apporter, plus jamais nous ne referons le monde en éternelles discussions au coin de la cheminée, en faisant brûler des brochettes de chamalows. Plus jamais tu ne me demanderas mon avis sur la tenue que tu veux porter, pour compléter ton humeur du jour, plus jamais
Plus jamais je ne sortirais au restaurant à ton bras, les gens se retournant à ton entrée, subjugués par tant de charme naturel, sans vil froufrou supplémentaire pour te mettre en valeur, juste les diamants qu'étaient ton sourire et tes yeux, le tout sur un écrin de douceur, plus jamais nous ne visiterons des musées pour comprendre les tableaux, pour expliquer les oeuvres atypiques, pour le plaisir d'être unis dans la culture. Plus jamais tu ne t'allongeras sur moi pour regarder un film, alors que ma main jouera avec tes cheveux, plus jamais de dîners romantiques où les bougies dessineront un arc-en-ciel de lumières tamisées, où la magie nous enveloppera de sa candeur et de sa pureté...
Plus jamais nous ne parlerons de notre avenir commun, de tous ces enfants que nous voulions avoir, de l'évolution de notre vie de couple, plus jamais nous ne regarderons la mer s'échouer sur la plage en nous arrosant d'embruns, plus jamais nous n'observerons les étoiles s'illuminer les unes après les autres dans la nuit, ou le passage d'étoiles filantes, réceptacles de nos voeux secrets. Plus jamais nous ne regarderons le soleil se lever au petit matin en irisant le ciel, collés l'un à l'autre, plus jamais je ne te masserais le soir avant de trouver le sommeil afin de te détendre pour une nuit pleine de quiétude.
Plus jamais je ne verrais briller ton regard alors que tu seras agréablement surprise par une petite attention ou un cadeau de ma part, plus jamais tu ne me dévoreras des yeux alors que je te parlerais d'une nouvelle histoire que nous pourrions écrire pour notre recueil pour enfant. Plus jamais je ne te serrerais dans mes bras, plus jamais je te câlinerais, à faire vibrer chaque parcelle de ton corps, à provoquer des envies d'explorations géographiques et de découvertes des eaux sacrées s'écoulant de ton corps. Plus jamais nous ne ferons l'amour à travers notre maison, debout, couchés ou assis, matin, midi, soir ou nuit, laissant exploser notre sensualité, nos délires du moment, notre sensibilité constante, plus jamais nos langues ne se lieront et ne se délieront au rythme des ondulations de nos corps, de nos mains...
Plus jamais je ne pourrais te tendre mon épaule lorsque tu te sentiras vidée, lorsque tes yeux auront envie de pleurer pour laver toute la pression de ta journée où les enfants en détresse auront puisé ton énergie, plus jamais je ne m'endormirais paisiblement à tes côtés, dans les bras l'un de l'autre et ne me réveillerais en regardant ton visage angélique, plus jamais je ne t'embrasserais délicieusement avant de te dire « Je t'aime » et de t'entendre me dire « Je t'aime »...
Je ne pourrais simplement que te l'écrire, que te le crier, que te le pleurer... Je t'aime Caroline...
Ton Ptit Caillou
Publié le 29/01/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma chérie,
Je me réveille et en me regardant dans la glace, je me suis fait peur. J'ai des cernes, non pas des cernes, des valises qui ont pris place sous mes yeux. J'ai passé une très mauvaise nuit, je ne trouvais pas le sommeil. Je ressassais plein de souvenirs, j'essayais de me blottir contre ton oreiller pour me laisser aller au sommeil, mais je n'y arrivais pas. Une larme coulait sur ma joue droite, je souhaitais revenir en arrière dans le temps, pour te sentir contre moi, que nos corps se complètent dans notre amour, mais ce n'était qu'une envie que je ne pouvais réaliser...
Je pensais à plein de choses, mon esprit était ailleurs, j'en avais oublié ce qui se pouvait se passer autour de moi, quand je les ai entendus. Je n'étais pas seul, autour de moi, deux femmes étaient présentes, je ne les avais pas vu entrer, quel chemin elles avaient emprunté, mais elles étaient dans la chambre, sans que je ne les y ai invités. Je les entendais s'affairer, elles dansaient une farandole endiablée pour éviter que je ne sois gagné par le sommeil et que je me réfugie dans les bras de Morphée. Je ne les distinguais pas, la nuit était pleine, sans lune pour ternir sa ténébreuse couleur. Mais elles troublaient le silence de leur chanson envoûtante, se mélangeant dans leur mélodie, tantôt l'une à droite, l'autre à gauche et vice-versa... Elles remplissaient l'espace de leurs sons, de leur complainte et éveillaient des souvenirs en moi qui remontaient à l'été dernier, alors que tu étais encore auprès de moi, ton ventre bien rond, à moins d'un mois de cette date fatidique...
Elles me frôlaient, je sentais leurs caresses furtives, puis s'éloignaient avant que je ne puisse les toucher. Cela en devenait enivrant, je devais essayer de les distinguer pour les attraper, et elles tentaient de me toucher en divers points de mon anatomie. J'en avais la tête qui tournait, mes sens étaient en action au plus au point. Je tendais l'oreille pour détecter le moindre bruit, le moindre son, le moindre mouvement qui trahirait leur emplacement. J'augmentais la sensibilité de mon corps pour ressentir le moindre frôlement, le moindre passage tactile de leur part. Elles m'emmenaient dans leur danse frénétique, et je tourbillonnais avec elles, elles virevoltantes autour de moi...
Je ne pouvais me résoudre à trouver le sommeil, elles étaient si proche et pourtant si loin, je les connaissais sans les connaître, je savais qui elles étaient sans jamais les avoir rencontrés. Elles jouaient avec moi comme avec un objet, j'étais leur objet de convoitise, j'étais leur quête, leur Graal, je représentais l'envie pour elle, l'envie de me lutiner, la luxure, ce besoin d'abuser de moi, la gourmandise, l'idée de cette vigueur que je pouvais leur apporter, l'avarice, le fait de me garder pour elles deux et me savourer... Quand je pensais les ressentir à droite, je les entendais à gauche, quand je les ressentais à gauche, elle me taquinait le bras à gauche... J'étais entré dans leur jeu, j'en rigolais, je leur parlais, mais elles ne décrochaient mot, juste leur ritournelle lancinante comme pour me narguer...
Leur danse devint tout à coup un peu plus perverse, car non contente de me frôler et d'exacerber mon anatomie, elles commencèrent à laisser la pointe de leur lèvres sur ma peau, si rapidement que je n'avais le temps de les capturer, mais j'en sentais néanmoins la morsure, là où elles avaient déposé leurs baisers, pas des baisers d'amour, doux et sensuels, mais plutôt des baiser bestiaux, laissant des traces indélébiles et une démangeaison instantanée. Et elles y allaient de gaieté de coeur, alors que je n'appréciais plus d'être l'objet de leur attention. J'essayais d'être plus rapide dans mes mouvements, mais je ne faisais que de me taper dessus au final, sans même les effleurer, se moquant de moi en amplifiant leur chanson devenue de guerre...
J'allumais enfin la lumière et je les vis, là, adossées contre le mur. Deux femelles moustiques, pleines du sang qu'elle m'avait dérobé par les multiples piqûres dont elles avaient marqué mon corps me toisaient, prêtes à repartir à l'attaque, mais je ne leur ai pas laissé le temps, un coup d'oreiller leur coupa le sifflet instantanément, ne laissant que deux traces rouge maculé le mur où un instant avant, elles se targuaient de pouvoir encore me sucer le sang. J'allais enfin pouvoir dormir, si je ne me démangeais pas trop, car j'avais la peau couverte de leur passage et de leur amour. Marion dormait paisiblement dans sa chambre, elle avait été épargnée par les moustiques, heureusement pour elle...
J'ai pu replonger dans mes rêves auprès de toi, afin que tu me réconfortes et que la douceur de tes lèvres efface de doux baisers les morsures que les moustiques y avaient ancré. Je me sentais bien, j'étais contre toi, je t'enlaçais et nous nous endormions paisiblement. Et quand je me suis réveillé au matin, tu n'étais plus là, mais les traces de la veille étaient toujours présentes... Que c'est difficile de vivre sans toi, si loin de toi, tout seul, sans ton amour au quotidien, même un simple moustique en arrive à me perturber, alors qu'avant, je ne voyais que toi, le monde pouvait s'écrouler autour de nous, je ne m'en rendais compte... Je t'aime, Caroline, j'ai besoin de toi, reviens auprès de nous, franchis à nouveau le seuil de la mort dans l'autre sens et partageons notre amour éternel à nouveau sur cette Terre, autour de Marion...
Ton Ptit Caillou
Publié le 28/01/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma pierre précieuse,
Merci pour cette douce chaleur que tu as commandé pour nous et qui nous fait enfin sentir que nous sommes en été. Merci pour ta bienveillance envers nous, pauvres hères subissant l'assaut des averses à répétition, entre deux orages. Merci mon coeur, de m'apporter ce baume au coeur et de permettre à Marion de déambuler dans le jardin dans risquer de s'embourber dans les mares que les nuages ont remplies à satiété. Cette douce chaleur a fait ressortir les estivants de leur home et abandonner leur pull pour revêtir enfin leur tenue de saison. Le thermostat céleste a enfin été débloqué, Marion a pu jouer dans sa petite piscine extérieure.
La chaleur nous a étreints de ses mains fortes, les gens se plaignaient du froid persistant, là, ils ont été servis sous des températures somme toute caniculaire, comme aiment à le seriner les présentateurs de la météorologie nationale, dès qu'il fait plus de 30° une journée quelque part en France. Je me suis habitué à cette chaleur lorsque nous cohabitions chez toi, sous les toits... Ton appartement était situé au dernier étage d'une résidence de quatre étages. Deux velux permettaient d'éclairer ton antre et nous aimions regarder dehors ce qui se passait chez tes voisins sans être vu. Le plus marrant étaient les prises de becs de ceux d'en face, prises de becs récurrentes quand le langage de l'un correspondait à la surdité de l'autre.
Mais l'été venu, le soleil du sud aimait réchauffer l'atmosphère intime de ton chez toi via ces deux velux. Lorsque nous rentrions le soir, c'était une véritable étuve. Une chape de chaleur nous accueillait et déposait un manteau pesant sur nos épaules. Tes deux climatiseurs ne suffisaient pas à rendre vivable ton appartement, nos corps dégoulinaient de sueur dès que nous mettions un pied dedans, et se coller l'un à l'autre n'était pas agréable, loin de là, le contact chaleureux de l'autre avait l'effet inverse de lui escompté. Nous étions abrutis, nous nous laissions tomber comme des loques...
Bien sûr, prendre une douche nous procurait du bien-être, mais lorsque nous en sortions, ce n'était que pour être recouverts de gouttelettes de sueurs remplaçant celles d'eau. Nos bains étaient fréquents pendant ces périodes chaudes, et nos étreintes balnéaires ne permettaient pas de rafraîchir notre environnement de vie.
Nous nous laissions tomber devant les climatiseurs, et nous n'en bougions plus, le moindre effort était exclu sous peine de perdre un litre de transpiration. Mais le frigidaire n'était pas à côté, et il fallait toujours que l'un de nous deux se dévouent pour ramener des boissons fraîches dans un verre rempli de glaçons... A ce jeux de faire fondre l'autre, sans jeu de mots, tu étais experte, ton regard de biche proche de la mort simulée marchait dans la plupart des cas, sauf lorsque je faisais celui du faon, en me blottissant contre toi avec mon air bébé, mais je n'avais pas ton ancienneté dans l'art d'amadouer les gens les yeux dans les yeux. Comme une âme en peine, je me levais, et une cascade de sueur prenait vie tout au long de mon anatomie, me donnant l'effet de concourir pour un défilé de t-shirt mouillé, le prix de la plus jolie bouée m'étant décerné d'office...
Le seul avantage que nous trouvions à cette canicule interne, c'était de pouvoir manger plein de glaces qui dégoulinaient sur nous alors qu'elles fondaient avant que nous ne les ayons finis, et de profiter de nos jeux de langues pour déclencher des frissons à la surface de notre peau, moments rafraîchissants. Nous perdions également du poids, tu n'en avais pas besoin, toi, mais moi un peu, même si tu aimais t'assoupir le soir sur ma bouée abritant les carrés de chocolat que je cachais pour éviter toute émeute lors de mon exposition solaire sur les plages des littoraux... Oui, je te plagie, tu aimais me répéter cette phrase pour que je ne me focalise pas sur cette bouée que je voulais à tout prix perdre, mais dont tu étais fière, car c'était ma marque de fabrique me rendant modèle unique, donc rare et cher et une espèce en voie de disparition à protéger...
Que tous ces moments me manquent, je n'ai plus que mes souvenirs avec toi pour les vivre, mais nous n'en créerons plus ensemble, du moins sur cette Terre. Avec Marion, j'écrirais un nouveau livre à quatre mains, alors que le nôtre était peine entamé... Le voile de tes mains frôlant mon corps dégoulinant de sueurs sous la chaleur estivale ne me fera plus frissonner que dans mes rêves, la glace qui chemine entre mes pectoraux ne sera plus lécher par toi que dans mon esprit, mais mon coeur à jamais se souviendra de toute la chaleur du tien que tu m'as offert pour mon plus grand bonheur... Je t'aime à en mourir, mon amour...
Ton Ptit Caillou
Publié le 26/01/2008 à 12:00 par messageinabottle
Ma chérie,
Pourquoi n’es-tu pas à mes côtés pour voir Marion s’épanouir, pourquoi a-t-il fallu que le destin se mêle de notre vie après nous avoir réunis pour nous séparer à jamais dans ce monde des vivants, pourquoi n’a-t-on pas eu le droit de vivre notre amour comme nous l’aurions souhaité, pourquoi t’a-t-on pris à moi, pourquoi toi et pas moi, pourquoi une Maman n’a-t-elle pas le droit de voir la chair de sa chair grandir, auprès d’elle et non là-haut, dans cet univers céleste où tu te trouves désormais, pourquoi la vie n’épargne pas ceux qui s’aiment…
Tant de question que je me pose quand je vois Marion grandir, quand je vois Marion sourire, quand je vois Marion faire des bêtises, et d’en être fière en plus. Il est vrai que parfois, je lui tends la main pour qu’elle réussisse parfaitement ses bêtises, une bêtise à moitié réalisée n’est jamais une vraie bêtise. Mais bon, c’est tellement agréable de la voir rire, cela me met du baume au cœur, illumine ma journée pour atténuer l’effet des ténèbres de ton trépas.
J’étais en train de changer Marion quand le téléphone a sonné. Et elle ne voulait pas me laisser lui remettre sa couche, elle gesticulait des pieds pour me repousser en rigolant, et je n’arrivais pas à me concentrer sur l’appel. J’ai remis Marion par terre, les fesses à l’air, pour la laisser gambader un peu dans le salon. Aussitôt par terre, aussitôt elle a essayé de se mettre debout et en s’accrochant à tout ce qu’elle pouvait, elle a commencé à déambuler. Je la suivais de loin, le téléphone à la main, à ma conversation tout en surveillant qu’il ne lui arrive rien et qu’elle ne fasse pas de bêtise non plus.
Soudain, elle me regarda en poussant un « oh », je n’ai pas compris de suite, mais un petit bruit suspect m’alerta. Marion était de profil, donc je ne voyais pas, mais d’un seul coup, j’ai aperçu des éclaboussures à ses pieds, Marion était en train de se faire pipi dessus et de marquer son territoire à l’embrasure d’une porte. Elle en rigolait, toute guillerette, j’ai arrêté de suite la conversation, mais le mal était fait, Marion s’était totalement soulagée, et elle piétinait dedans, contente d’en mettre partout. Quand elle a vu que je m’approchais d’elle en lui parlant fort, non pas pour la gronder, puisque j’étais le seul fautif de ne pas lui avoir remis la couche, mais pour éviter qu’elle ne bouge, Marion a pris cela pour un jeu et s’est mise à quatre pattes pour pouvoir s’éloigner de moi en avançant plus vite.
Bien lui en a pris, elle s’est mise dans son pipi et à commencer à avancer en laissant derrière elle une traînée jaunâtre, alors que je continuais à l’appeler. J’étais de l’autre côté du salon, le temps d’arriver jusqu’à elle, elle se carapatait en continuant son petit bonhomme de chemin, pensant toujours à un jeu, son Papa étant un gentil monstre qui cherchait à l’attraper pour lui manger son petit bidon. Ce petit jeu nous a menés chacun d’un côté du canapé, j’essayais de la rejoindre en évitant de marcher dans les flaques de pipis, et elle continuait de me fuir alors que je partais dans un sens. En faisant demi-tour, j’ai réussi enfin à la rattraper pour la soulever à bout de bras, pour éviter que Marion ne m’en mette aussi dessus.
Alors que je lui montrais ce qu’elle avait fait, elle était hilare, ses petites joues rouges, elle frétillait comme un petit poisson, et continuait d’être dans son petit jeu, je ne pouvais qu’en sourire, elle était si craquante, si nature. Il a fallu que Papa lui fasse prendre un petit bain pour la nettoyer, bien sûr, j’ai eu le droit également à ma dose d’eau par jeu d’éclaboussure, et je lui ai remis une couche, chose que j’aurais dû faire finalement au lieu de me laisser distraire par le téléphone et de baisser les bras devant son insistance à me repousser. Je l’ai mise un instant dans son parc pour que je puisse avoir les mains libres et laver le salon, non sans oublier de l’aérer pour disperser la petite odeur désagréable qui parfumait l’atmosphère…
J’aurais aimé que tu sois là, tu en aurais rigolé comme moi, tu aurais même mieux réagi que moi, j’en suis certain, tu ne te serais pas laissé faire par Marion, je suis peut-être trop léger avec elle parfois, mais je n’ai plus qu’elle pour me rattacher à la vie, me rattacher à toi, elle est le dernier lien qui nous unit ici. Tu me manques tant, tu sais, Marion a tant besoin de toi et de ta douceur, mon bébé. C’est si dur de ne pouvoir que t’écrire « je t’aime », alors que je voudrais tant de le dire dans les yeux…
Ton Ptit Caillou
Publié le 22/01/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon bel amour,
Les vacances se profilent, mais je n’en ai pas vraiment le goût. Bien sûr, je vais profiter plus de Marion, bien sûr, je vais pouvoir me reposer, mais ces vacances n’auront plus jamais la même saveur, car tu ne les partageras plus, nous ne découvrirons plus ensemble de nouveaux horizons, alors, je n’ai pas le cœur à partir, nous allons rester ici, à Etretat, dans notre petit coin de paradis, dans cette maison qui est le nid de notre amour, où tout ce qui s’y attache me rappelle à toi.
Oui, cette maison où nous voulions partager le restant de nos jours, que nous avions cherché depuis toujours et qui était là, à nous attendre simplement. Nous voulions nous échapper de la grisaille parisienne, ne plus supporter le stress et la nervosité des gens, pouvoir s’échapper des transports en commun et des embouteillages à répétition, et respirer le bon air de la campagne et de l’iode marine. Etretat était une évidence pour nous, tu m’avais fait aimer ce coin, tu me l’avais fait redécouvrir avec les yeux de l’amour, et nous n’envisagions pas d’autres destinations pour faire germer notre amour et pour accueillir les enfants que nous souhaitions.
Après étude de notre budget, nous avons parcouru les agences immobilières des environs pour découvrir ce qu’ils avaient comme offre. Mais nos premières présentations de maisons ne nous enchantèrent guère, sans nous décourager. De vieilles bicoques avec tout à refaire à l’intérieur, à se demander comment la maison pouvait encore tenir debout quand nous constations l’état des joints des meulières, ou de véritables courants d’air où les murs ne servaient qu’à délimiter des pièces, mais pas à conserver la chaleur. D’autres maisons magnifiques, avec piscine attenante, de belles pièces dont les plafonds étaient dessinés de poutres anciennes, des jardins retracés à la Le nôtre, nos regards pétillaient devant tant de splendeur, mais il y avait un petit hic, c’est que notre budget ne nous permettait que de visiter et de rêver, mais pas d’acheter pareilles maisons.
Hors de question de penser à une maison de ville sans jardin, encore moins d’un appartement, nous désirions un jardin pour pouvoir nous détendre le soir à regarder le soleil se coucher, assis dans l’herbe autour d’un verre de champagne, blottis l’un contre l’autre pour l’été, et une cheminée dévorant de grosses bûches et une belle flamme léchant l’âtre pour l’hiver. Nous n’étions pas découragés par ce que nous voyions, mais nous doutions que les agences puissent un jour trouver notre bonheur.
Comme nous étions sur place, nous en avons également profité pour parcourir les alentours, nous reposer entre campagne et mer, entre douceur des étendues vertes, et repos du regard face à l’étendue azurée. Et au détour d’une route, une petite pancarte manuscrite, « A vendre ». Nous nous sommes pris la main et nos cœurs se sont mis à battre, elle était là et nous attendait, nous ne savions pas l’expliquer, mais au fond de nous, il n’y avait aucun doute, cette petite maison de meulière dans ce petit coin de paradis, pas le paradis avec un jardin luxuriant, mais au contraire, la simplicité du cadre. Nous avons frappé à la porte, et une personne âgée nous entrouvrit la porte. Lorsque nous lui avons dit que nous souhaiterions visiter sa maison, ayant vu le panneau, son sourire s’illumina et la vieille dame nous expliqua qu’elle n’y croyait plus, que peu de personnes étaient venues et que le lieu un peu retiré gênait. Bien au contraire, nous appréciions ce lieu retiré, et la visite de la maison nous conforta dans notre ressenti.
Un vieux salon à l’ancienne, avec des poutres à restaurer, une cheminée trônant au milieu, nous nous imaginions déjà devant. La cuisine vieillotte, mais dans laquelle tu te voyais déjà en train de mijoter de bons petits plats après une réfection de la pièce. Un grand garage pour y garer au moins deux voitures, avec un cellier attenant pour y cacher toutes nos dives bouteilles dont nous ferions l’acquisition une fois sur place. A l’étage, trois chambres et une grande salle de bain pour finir la visite de la maison. Même si nous n’étions pas des professionnels du bricolage, sous tes conseils, notre petit nid prendrait forme. C’était cette maison et nulle autre que nous souhaitions.
La vieille dame nous offrit un café et nous expliqua qu’elle devait partir car la maison n’était pas conçue pour une personne de son âge, elle commençait à avoir des difficultés pour s’y déplacer. Et elle nous compta sa vie avec son mari, tous les jolis moments qu’elle avait vécus ici, cette maison qu’elle n’aurait voulu quitter mais que les méfaits de l’âge l’obligeait à quitter à contrecœur. Lorsque nous avons abordé le coût de l’acquisition, son prix nous fit couler les larmes aux yeux, et sans nous concerter, c’est d’un « Oui » commun que nous lui avons répondu. Elle se joint à nos larmes car elle ne croyait plus la vendre non plus, et les démarches administratives réglées, trois mois plus tard, tu franchissais le pas de la porte dans mes bras…
J’en frissonne encore de te l’écrire, c’est si merveilleux pour nous, notre chez nous à nous, notre maison du bonheur. Elle respire toujours ce que tu lui as apporté, tes petites touches de vie, de couleur, elle est toi, tout simplement. Jamais je ne la quitterais, ce serait comme te dire au revoir une seconde fois. Cette maison est une partie de la concrétisation de notre amour, et Marion le ressent, elle semble épanouie à y vivre. Merci mon amour d’avoir fait de cette maison notre petit coin de paradis à nous, mais l’ange qui y vivait me manque tellement, cet ange qui ensoleillait ma vie, toi ma douce Caroline, que j’aime à la folie et même plus encore. Ma chérie, que la vie est difficile sans toi et tout ce que tu représentes pour moi…
Ton Ptit Caillou
Publié le 21/01/2008 à 12:00 par messageinabottle
Mon ange de cristal,
Le temps n’est plus le même, le soleil a du mal à se lever le matin, et ses rayons sont ternis, ils n’ont plus le même éclat, la même chaleur, la même intensité… Les nuages prennent le pouvoir, estompent la lumière, pire, la transforment en grisaille et expulsent leur colère en grêle, orage, coup de vent, bruine et autres ondées… Avril est passé, avec son dicton de ne pas se découvrir, avec des températures dignes d’un mois de Juillet pour laisser place à Mai, où en principe, nous devons faire ce qu’il nous plait, et pour cette année, c’est ressortir les pulls, aller chez le médecin pour soigner son rhume ou ses allergies aux imperméables et autres bottes en caoutchouc…
Oui, tu vois, ton absence influence aussi le temps, le ciel nous inonde de ses larmes, toi qui étais le reflet du soleil, qui ensoleillait ma vie, mon existence… Même le sourire de Marion n’y fait rien, elle n’a pas encore ta force, cela viendra avec le temps, pour le moment, elle se contente d’être arrosée comme la jolie fleur qu’elle est… Ma vie ne sera plus jamais la même, tu le sais d’où tu m’observes, dans ton nouveau pays, tout ce que tu m’as apporté par le passé, je ne l’aurais plus qu’en souvenir dans mon esprit, qu’en perpétuel recommencement au fond de mon cœur, mais plus de nouveautés, plus de moments à créer et recréer… Ah, si tu étais encore auprès de nous, si ce maudit jour ne s’était produit, oui, si…
Si tu étais encore là, à mes côtés, un seul de tes regards, à la fusion de braise, suffirait à faire fondre les icebergs. Le doux son de ta voix permettrait de faire stopper toutes les guerres et d’entrer dans l’âge de paix. La lumière de ton sourire éradiquerait la famine, chacun mangerait à sa fin, plus de mortalité pour des hommes et des femmes affamés, ce qui ne devrait être au vingt-et-unième siècle. L’envol de ta crinière blonde chasserait la maladie dans un claquement de fouet, et donnerait l’impulsion manquante aux dernières trouvailles en matière de médecine. Le toucher de ta main soignerait les plaies physiques et les douleurs de l’âme. Un seul de tes baisers donnerait le sens au mot « heureux », le cœur des hommes s’enflammerait vers un âge d’or jamais connu. La simplicité de tes gestes pourrait changer le cours du temps, comme le battement des ailes du papillon le fait à l’heure actuelle. La moindre de tes envies te ferait devenir reine, car comment résister à une sirène croisée avec un ange…
Chacun de tes rires pourrait procurer le bonheur aux gens tristes et chasser la morosité qui nous entoure. Un seul battement de tes cils pourrait changer le climat mondial, plus de sécheresse, plus de mousson, qu’un climat tempéré partout, pour des cultures à foison à travers le monde. Mais au contraire, chacune de tes larmes suffirait à faire déborder les océans, et à remodeler la géographie de la planète. Une seule de tes colères pourrait entraîner l’apocalypse et être pire que les plaies d’Egypte. Ton cri pourrait déclencher des tremblements de terre, les failles se seraient entrouvertes pour engloutir tout sur leur passage. Taper du pied engendrerait des tsunamis encore jamais vus sur Terre, et recouvrirait de raz-de-marée toutes les villes côtières...
Mais tu n’es plus auprès de moi, et tout cela n’est que vil rêve, utopie issue de mon esprit attristée par ta perte, tu étais la femme de mes rêves, non tu es la femme de mes rêves. Depuis ton départ, mon univers s’est brisé, comme s’étant contracté sur lui-même en un énorme trou noir ravageant tout sur son passage, peut-être encore une de tes manifestations célestes de ta colère de n’être plus à mes côtés… Mais je me raccroche à mes souvenirs, à nos souvenirs, eux sont l’image de ce que tu as fait, de ce que tu aurais pu faire, … Oui, tes sourires redonnaient l’espoir aux enfants dont tu t’occupais chaque jour, ta tendresse leur offrait ce qu’ils n’avaient jamais connu jusque là ou très peu, ton dévouement en leur donnant la vision de ce qu’était être aimé, au lieu d’être rejeté, battu, pour ne pas dire pire…
Aujourd’hui, tu n’es plus, et pourtant, tu es tant au fond des cœurs des gens que tu as côtoyé, au fond de l’âme des gens à qui tu as montré un nouveau chemin, tu es un exemple à suivre pour certaines petites filles à qui tu as tendu la main, et tu as donné le meilleur de toi pour notre petit amour de Marion. Mais tu manques à tous ces gens, et encore plus à moi, je ne suis plus rien sans toi, je ne suis qu’un enfant perdu dans une forêt vaste, esseulé et aveugle, et pleurant à qui voudra lui rendre sa mie, son amour perdu, l’être qui lui a le plus offert sans rien attendre en retour… Je t’aime ma Caroline, je ne te l’ai pas assez dit de ton vivant, et je ne me lasserais de te le dire jusqu’à ce que la mort nous rapproche…
Ton Ptit Caillou