Posté le 22.10.2007 par messageinabottle
Ma douce Caroline,
La solitude me pèse, pas celle de vivre seul, je ne le suis, puisque Marion agrémente ma vie de ses nombreux sourires, mais de n'être avec toi, de n'avancer avec toi sur le même chemin, celui de la vie, celui d'une vie de couple avec notre Marion, celui de deux êtres qui ne font plus qu'un, celui de l'amour... J'ai perdu mon équilibre, je suis complètement déstabilisé, je ne suis que l'ombre de moi-même, ombre qui est estompée de temps par le soleil que m'apporte notre puce, par toues les surprises de la voir grandir, devenir une petite femme, petit bout de toi...
J'aimerais te voir auprès de moi, Marion aimerait te voir progresser dans sa position humaine après sa position simiesque. Oui, elle me surprend chaque jour de plus en plus. Elle n'arrive pas encore à marcher seule, son équilibre est précaire, son airbag postérieur semble la lester un peu trop à son goût. Je continue à la faire avancer en la tenant sous les bras, en jouant le bossu tout voûté, mais dès que je la lâche, l'attraction terrestre reprend ses droits et l'attire à nouveau à elle, comme si un aimant était collé à ses fesses. Et quand elle retombe, elle me regarde en faisant « Beuh », d’un air de dire, c’est pas du jeu, ce qui me fait sourire.
Mais elle a réussi à me surprendre aujourd'hui. J'avais mis la peluche de Grégory sur le fauteuil. Je faisais un peu de ménage et je me suis aperçu que Marion jouait avec. Comment la peluche était arrivée dans ses mains, je ne voyais qu'une solution. Je lui ai pris des mains, elle a grinché, et je l'ai déposé sur le fauteuil, où elle était au départ. Je l'ai vu se mettre à quatre pattes et partir en direction du fauteuil, puis à l'aide de ses bras, elle s'est hissé debout en se tenant au bord. Elle savait se mettre debout toute seule, comme une grande, sans mon aide, et elle m'avait caché cela, la coquine. En reprenant la peluche, elle me regarda d'un air de défi « maintenant, tu ne pourras plus la cacher comme tu veux, na! »...
J'ai donc expérimenté son agilité à se redresser en lui reprenant la peluche, et en la reposant sur une chaise. Aussitôt posée, Marion bascula dans la position du petit chien pour foncer vers la chaise, sans les aboiements, s'accrocher au barreau et se tirer vers le haut avec la force de ses bras combinés à celle de ses jambes. Elle me toisa encore lorsqu'elle s'empara de la peluche « je suis plus forte que toi, na! ». Elle en rigolait, et lorsqu'elle me vit m'approcher d'elle, elle se laissa retomber sur ses fesses pour vite détaler avec sa peluche comme elle sait si bien le faire pour éviter que je ne lui subtilise encore une fois, coquin de Papa que je suis...
Il va falloir qu'à l'avenir je fasse attention où je poserais les affaires, elle serait capable de manger tout ce qu'elle pourrait attraper à sa portée, prendre un verre sur la table basse et se le vider dessus. Il ne lui manque plus qu'à pratiquer l'escalade et elle monterait en varappe sur la bibliothèque pour aller chercher des livres... Après le bain, nous en avons bien joué, j'ai mis son bavoir sur la table basse et elle l'a tout de suite reconnue, elle savait que c'était l'heure du repas et elle est partie le chercher. Par contre, ce fut un peu plus dur pour se mettre debout, ses petits pieds de pyjama glissaient, je m'étais mis derrière elle pour éviter qu'elle ne retombe en arrière et ne se cogne la tête sur le carrelage.
Je suis certain que de là où tu nous observes, tu as tout vu, tu devais être heureuse, les larmes sur tes joues angéliques de voir notre petit bout de chou évoluer jouer après jour. Tu devais même déjà être au courant de sa cachotterie, tu as dû l'encourager à cela, la même espièglerie que toi finalement. J'aimerais tant que tu sois auprès de nous deux, nous vivrions tous ces instants de bonheur ensemble, nous pourrions nous épanouir et être une vraie famille, pas une demie famille dans les souvenirs d'un être perdu, prisonnière d'un passé qui n'aurait dû être, au futur inexistant...
Notre puce est un morceau de nous-même, je chérirais ta partie comme si c'était toi, comme je voudrais le faire pour toi, t'aimer à en perdre la raison, ne l'ai-je pas déjà perdu à l'heure qu'il est, mais je m'en moque du regard des autres, je t'aime et seul cela compte à mes yeux, l'amour que je te porte et que je porte à Marion, un amour infini qui ne pourra se perdre dans les limbes des souvenirs et que les ténèbres ne pourront jamais recouvrir de leur noirceur, devant tant d'éclats de pureté... Tu me manques tellement, j'ai l'impression de ne pas t'avoir assez aimé de ton vivant, mais sache que je t'aimerais plus que tu n'aurais pu t'imaginer au-delà des frontières de la vie...
Ton Ptit Caillou
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Posté le 12.10.2007 par messageinabottle
Mon trésor,
Je ne sens plus mes bras alors que je t’écris, donc je te prie de bien vouloir m’excuser pour mon écriture tremblotante et mes mots illisibles ou écorchés. Non, je n’ai pas fait de séances de musculation pour cultiver mon pseudo corps d’athlète ou un déménagement contrairement à ce que tu pourrais penser, je n’ai pas non plus retourné toute la terre de notre jardin, j’ai simplement passé la journée à porter Marion. Et oui, j’ai voulu continuer à la motiver à progresser dans sa démarche de vouloir se tenir debout, démarche honorable, mais plus évident à vouloir qu’à obtenir un résultat…
A bout de bras, je l’ai portée pour qu’elle se mette droite, et qu’elle essaie de toucher le sol de ses petits pieds afin de la faire dandiner dessus tout en avançant avec elle. Mais Marion était d’humeur joueuse aujourd’hui, elle préférait faire du pédalo, mademoiselle, du vélo sans pédale pour plus de facilité, pendant que je m’escrimais à la faire marcher. Et plus je l’incitais à poser ses pieds au sol, plus elle relevait ses jambes, fléchissant ses genoux pour ne pas toucher le sol. Une vraie petite tête de mule, mais je ne suis guère mieux, alors j’ai insisté en la faisant voler dans les airs, comme un petit ange qu’elle est, bien que parfois petit démon avec son Papa quand elle fait preuve de son petit caractère. Elle adore voler, mais je la reposais très rapidement au sol, et pour que cela recommence, je lui disais qu’il fallait qu’elle touche le sol, qu’elle fléchisse les genoux et qu’elle pousse dessus pour faire décoller l’avion. J’ai eu du mal à lui faire comprendre le mouvement, n’ayant toujours pas trouvé le décodeur parfait pour me faire comprendre, mais au bout de quelques essais, elle a fini par assimiler le système et par me prendre à mon propre jeu, à vouloir encore et encore être plus grande que mois, planer au-dessus de son Papa et rire aux éclats.
Mais Papa n’est pas un athlète de première catégorie, et ses petits bras musclés ne tenaient pas la cadence, donc au bout d’un moment, j’ai stoppé la manœuvre, et j’ai reposé Marion au sol pour qu’elle puisse se reposer un peu aussi. Et bien cela ne lui plaisait plus, elle souhaitait continuer à s’amuser, Papa n’était pas rigolo, et elle m’a fait une petite colère, qui tenait plus du caprice qu’autre chose, car une fois que je lui ai dit qu’elle n’était pas belle comme cela, elle s’est arrêtée net, m’a regardé, et m’a bluffé ! Elle s’est mise à quatre pattes, a dévalé sur moi, et m’a tiré par le pantalon pour que je la prenne avec moi, avec son petit regard tout craquant, comme le chat botté du film Shreck, tu te rappelles ? Comment ne pas fondre devant un tel regard, même le plus grand des icebergs se transformerait en eau limpide.
Alors, je l’ai prise contre moi, mais elle se trémoussait, elle voulait à nouveau jouer, c’était un jeu de se mettre debout, mais il était l’heure de prendre son bain, et ce ne fut pas une sinécure ce coup-ci. Déjà, pendant que je lui retirais sa couche, elle donnait des coups de pieds en étendant d’un coup sec ses jambes pour me montrer ce qu’elle voulait. J’avais beau lui faire des papouilles sur le ventre, elle me repoussait, ce n’est pas ce qu’elle voulait. Dans le bain, ce fut une vraie petite sirène, à battre des jambes, à projeter toute l’eau à droite et à gauche, et il a fallu que je la mette debout, et là, jamais je n’aurais dû… Elle multiplia les coups de pieds dans l’eau, elle shootait si bien que la salle de bain est devenue piscine, elle en vidait son bain, et j’étais dans le même état que la salle de bain. Elle voulait voler à nouveau, et j’ai dû m’y résoudre, non sans l’obliger à se mettre à nouveau debout.
Avant le repas, j’ai réussi à lui faire faire des petits sauts avant chaque envolée, et même à marcher un peu, enfin, à se maintenir debout comme un pantin désarticulé, une marionnette guidée par son Papa, mais qui avait enfin l’envie d’avancer, de ne plus rester sur place, alors à chaque progression, pour la féliciter, elle volait, au détriment de mes bras, ce qui justifie mon écriture d’élève de primaire, tremblante, mais quel plaisir j’ai eu de la voir heureuse, de la voir progresser encore, et tout comme un jeu, rien de plus, un amusement de la vie avec son Papa. Et une fois couchée, une larme a perlé sur mon visage, une larme de joie, de bonheur…
J’aurais aimé que tu sois à nos côtés, que tu te retrouves éclaboussée comme moi, de rire aux larmes avec nous, mais le voile de la vie nous sépare, tu es loin à regarder Marion s’épanouir chaque jour et devenir une petite demoiselle à la frimousse adorable, digne de toi. Tu me manques tant, ma douceur, tu aurais été auprès de moi, j’aurais encore eu la force de te porter dans mes bras pour t’emmener vers notre lit pour arroser cette leçon de vie de notre puce à notre manière, en ébats de tendresse… Mais tu es partie vers d’autres cieux, loin de nous, mais mon cœur battra à jamais pour toi comme les pieds de Marion l’on fait aujourd’hui… Je t’aime, ma chérie, Caroline, toi, la femme de ma vie…
Ton Ptit Caillou
Posté le 10.10.2007 par messageinabottle
Ma tendresse,
Marcher n'est pas une sinécure même si c'est un automatisme ancré dans nos gênes, je le vois avec notre Marion qui se sent mieux à quatre pattes que debout ce jour. Autant hier, elle voulait se dresser debout pour se distinguer de nos cousins mammifères à quatre pattes, autant elle singe le caractère de Papa en se laissant aller au moindre effort, pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple... J'aurais préféré ne pas lui transmettre ce défaut-là, mais tant pis, ce qui est fait est fait, et je peux au moins dire qu'elle a enfin quelque chose de moi!
Alors, en Papa indigne que je suis, j'ai joué avec elle de telle manière qu'elle essaie de se redresser sur ses petites jambes, en lui tendant son doudou, mais un peu trop haut pour qu'elle les attrape en position assise ou en petit chien. Je me mettais au bord sur canapé pour qu'elle prenne appuie dessus, elle a une de ces forces dans les bras qui me surprend à chaque fois, une volonté qui est la tienne. Bien sûr, je ne suis pas si vicieux que cela, et une fois en position debout, je lui permettais de me reprendre son doudou, tout en la félicitant, ce qui occasionnait des cris et des rires de sa part.
Je déambulais à quatre pattes avec Marion à travers la maison, en passant par les portes, non sans mettre des obstacles aux passages de ces portes, ce qui m'obligeait à me lever, afin que Marion en fasse de même, avec mon aide. Heureusement que nous n'avions pas pris un chien, je me serais mal vu à lui inculquer les bases canines, comme de se gratter derrière l'oreille à quatre pattes, de se renifler les parties intimes, voire plus, de grogner en montrant les dents au passage des gens, d'aboyer quand le facteur apporte le courrier, de remuer la queue à ton retour à la maison, puis de te sauter dessus en te léchant tout le visage, de faire le beau pour avoir un sucre et le pire, de devoir lever la patte dans la rue pour lui montrer comment marquer son territoire! On dit que le ridicule ne tue pas, mais là, j'aurais été mort de honte!
Après notre balade de manière canine dans la maison, je l'ai mise dans son parc. Là, je l'incitais à se mettre debout en s'accrochant au rebord, et je la faisais bouger dans son parc tout autour, en me déplaçant afin qu'elle essaie de se maintenir et de tourner. La faiblesse de ses petites jambes la faisait de temps en temps choir sur son séant, on en rigolait tous les deux, et je la motivais à se relever. Parfois, elle faisait des flexions sur ses genoux, en semblant sautiller, fière de ce qu'elle entreprenait. Et pour l'encourager, je la prenais dans mes bras pour lui faire faire l'ascenseur.
De retour au sol, j'en profitais pour la tenir à bout de bras sous les aisselles et de la faire gambader, et l'exercice aidant, elle voulait s'essayer, mais ne comprenait pas qu'il fallait soulever le pied pour avancer la jambe. Comme je le tenais de travers pour l'obliger à avancer une jambe puis l'autre, c'était une véritable petite girouette oscillant sous la force de l'air que brassait son Papa. Je lui disais de lever son pied, mais son vocabulaire limité ne me permettait pas de me faire comprendre, alors comme un acrobate, je devais la tenir d'une main et de l'autre lui faire lever le pied, puis fléchir le genou pour avancer la jambe, puis reposer le pied. Ce fut du sport, j'en ai transpiré, mais j'ai réussi à me faire comprendre. Je me demande si mes parents ont eu le même souci avec moi pour que je fasse mes premiers pas.
Nous avons donc réussi à marcher ensemble, moi la tenant, et Marion progressant maladroitement un pied devant l'autre, et à chaque pas, je l'encourageais pas des « encore », en amorçant un basculement pour faciliter sa tâche. A la fin de l'exercice, je l'ai chamaillé, en la chatouillant, tout comme je te le faisais, car elle est aussi sensible que toi, elle est tout autant chatouilleuse. Ensuite, nous avons joué à faire rouler une balle en caoutchouc sur le canapé, elle adore me la renvoyer lorsque je lui lance entre ses jambes. Et avec de la musique pour finir, nous avons tapé dans nos mains, je lui tapais les siennes au rythme des tempos, et je chantonnais pour son plus grand plaisir. Elle adore les musiques des films de Walt Disney, et est toujours hilare lorsque je fais Baloo du Livre de la Jungle dans « il en faut peux pour être heureux ». Ce doit être mon côté ours mal léché qui ressort...
Une belle journée sportive pour notre Marion, mais je t'avouerais que cela aurait été plus simple de t'avoir à mes côtés pour lui enseigner les rudiments du déplacement vertical, quatre mains valent mieux que deux. Et surtout, nous aurions été ensemble, en famille, réunis, nous aurions été si bien blottis tous les trois ensemble pour partager cette fin de journée dans l’amour… Le destin en a décidé autrement, mais chaque pas de Marion est pour toi, mon cœur, chaque effort est pour te rendre fière d’elle, et elle sent que tu la regardes, elle marche vers toi mon amour… Je t’aime plus que chaque veille, mais bien moins que chaque lendemain, mon trésor, car c’est toi qui nous permet d’avancer…
Ton Ptit Caillou
Posté le 10.10.2007 par messageinabottle
Ma puce,
Tu me manques, mon coeur, certains jours sont plus durs que d'autres à supporter, ton absence me pèse, les souvenirs ne peuvent remplacer ta présence, nos désirs ne se font plus qu'à travers moi, mais je n'en ai la force, c'est trop pour mes épaules, c'était une vie de couple, une vie d'amour que nous voulions, et non une vie de solitude pour l'un ou l'autre, gérer seul une vie prévue à deux, réaliser les rêves qui avaient vu le jour suite à notre rencontre, comme celui d'être Maman et Papa...
Oui, tu voulais être Maman rapidement, je voulais être Papa de la même manière, mais entre l'envie et la réalité, il y avait un pas à franchir. Avoir des relations intimes pour concevoir notre amour était un plaisir, nous ne rechignions pas à la tâche, bien au contraire, nous n'avions même pas besoin de cette conception pour partager ces moments privilégiés du couple. Et l'annonce de la nouvelle qui allait bouleverser notre vie était l'un des plus beaux jours de notre vie, le plus beau étant celui de notre rencontre. Et voilà, nous allions devenir parents, nous allions franchir une nouvelle étape dans la maturité...
Etre père, combien de fois l'avais-je désiré, combien de fois y avais-je pensé, et cela y était, la roue du destin était en marche, la petite graine commençait à germer pour faire de moi un Papa, comme l'avait été le mien avant, et puis le sien encore avant, etc... Et les questions s'étaient également mises à germer dans mon esprit, dès l'annonce de ta maternité, sans que je t'en parle pour ne pas t'alarmer, tu avais déjà assez à supporter les évolutions de ton corps et tes sautes d'humeur, sans pour cela que je te rajoute une pression avec mes interrogations, mes doutes...
Serais-je à la hauteur était la question principale, car dans le passé, j'avais souvent désiré des choses, mais une fois obtenues, je m'en lassais. Mais là, je devrais assumer un autre rôle, plus celui d'un homme tout seul, plus celui d'un homme aimant, mais celui d'un père, celui d'un être veillant sur l'avenir d'un autre, faisant tout pour que son bébé à venir puisse avoir toutes les chances de son côté dans sa vie future, je ne devrais pas fuir devant la tâche qui m'incombera et au contraire assumer mon désir de paternité. Serais-je assez fort pour t'aider dans cette épreuve, car c'était également une épreuve, de sentir quelque chose évoluer à l'intérieur de toi, de voir ton corps se transformer, prendre du volume, de subir les assauts de tes humeurs changeantes, de succomber à tes envies, d'être là auprès de toi pour te soutenir lorsque les nausées te tirailleront, que des angoisses te cerneront pour te faire penser au pire...
Ferais-je encore parti de ton univers ou te refermeras-tu en vase clos, toi et le foetus qui grandirait en toi, et moi repoussé au loin, ne pouvant profiter de ces instants magiques où ton ventre se gonflerait de bosses sous les coups de pieds de notre futur bébé s'affirmant déjà, montrant qu'il serait là et bien là, pourrais-je sentir la vie se développer en toi, entendre les faibles battements d'un second coeur battre au diapason du tien, pourrais-je t'accompagner dans tes envies et arrondir mon ventre dans ce phénomène de couvade que partage souvent les papas avec leur compagne ou mon contact te rebutera, je devrais même faire chambre à part pour ne pas risquer de te toucher?
Serais-je prêt à temps pour accueillir notre enfant à la vie, aurais-je bien pris conscience que plus rien ne sera comme avant, que je ne dirais plus deux, mais trois, que nous deviendrons une famille à part entière, n'aurais-je peur au pied du mur, devant la salle d'accouchement, face aux cris de la naissance, me rendant compte que ce ne serait pas vrai, qu'un cauchemar, que je prendrais mes jambes à mon cou pour fuir, serais-je le père idéal auquel tu pensais?
Mais toutes ces questions se sont estompés dès le lendemain, car tu étais belle avant, tu l'étais encore plus après, tu resplendissais, comme si un astre prenait vie, une vraie déesse à mes yeux, et je devenais beau aussi, car j'allais être père, c'était le plus beau cadeau que tu m'offrais, j’étais sur un nuage, je ne pouvais trouver les mots, et je ne les ai encore trouvés aujourd’hui pour exprimer ce que je ressentais. J’allais être père et je n’avais plus de crainte, j’étais prêt à tout pour toi, vraiment tout, sauf à te perdre… Je suis ici bas et tu es là-haut, et je suis fier d’être le Papa de l’ange que tu as mis au monde, même si cet ange a pris tes ailes pour survivre et t’a laissé sur le chemin sans issu de la mort. Je voudrais tant que tu sois là, à être Maman, à vivre avec nous, je voudrais tant te dire « Merci » droit dans les yeux, et surtout te dire « Je t’aime, amour de ma vie », mais je ne le peux que par mes lettres que je t’écris chaque jour, porteuses de tout mon amour pour toi, ma douce Caroline, la femme de ma vie… A jamais…
Ton Ptit Caillou
Posté le 05.10.2007 par messageinabottle
Ma tendresse,
Je viens de finir ma seconde journée de travail, Marion vient de s’endormir, non sans que je lui lise une de nos histoires, son pendule tournoyant au-dessus d’elle. Le silence se dépose sur la maison, prend possession des pièces, la nuit enveloppe de son velours les couleurs du jour. Je me retrouve seul avec moi-même, et je prends le temps de te rédiger cette missive. Je comprends la fatigue des mamans célibataires ou de celles qui doivent tout faire car leur conjoint est incapable de s’occuper d’un enfant.
Lorsque je retrouve Marion le soir, nous nous amusons tous les deux comme deux enfants, je la câline, je me mets à quatre pattes avec elle pour faire le monstre et la faire rire, nous profitons des retrouvailles père fille pour que j’évacue les tensions de la journée. Ensuite, c’est l’heure du bain, car mademoiselle la petite princesse adore prendre un bain le soir, lavée par son Papa, comme Cléopâtre avec ses esclaves, sauf que je ne lui mets pas encore du lait d’ânesses, mais si cela continue, elle va me le réclamer ! Mais avant, je la débarrasse de son bagage arrière, sa couche qu’elle adore remplir à satiété, et se barbouiller ainsi le popotin de « chocolat » maison. Elle se trémousse toujours des fesses lorsque je la nettoie, et j’ai toujours peur qu’elle ne se laisse aller, une fois que je l’ai nettoyée. Elle me l’a déjà fait plusieurs fois, elle n’est pas à une fois près…
Une fois le derrière princier de cette gente damoiselle tout rutilant, c’est l’heure du bain proprement dit. Elle ne se fait jamais prier pour y entrer, elle adore l’eau, elle aime jouer avec, et je suis obligé de faire un début de strip-tease pour éviter de ne prendre une douche habillée tellement elle adore m’éclabousser. Elle aime lorsque je la savonne sur tout le corps, elle adore lorsque je fais couler l’eau de mes mains sur sa tête en un mince filet. Nous jouons à faire des petits clapotis à la surface de l’eau, pour faire de la musique éclaboussante, je fais de petites cascades, la surface de l’eau bouillonne comme en jacuzzi. Au bout d’une demi-heure, là, par contre, c’est plutôt la soupe à la grimace, les pleurs et les cris, Marion ne veut jamais que je la sorte de l’eau, notre fille est une vraie petite sirène, elle troquerait ses jambes contre une queue de poisson pour évoluer dans les flots.
Après le séchage de son corps et de ses larmes que son Papa indigne a fait couler sur son joli visage, il faut lui remettre une couche pour éviter tout débordement de sa part, signe de son contentement quand aux divins petits plats que lui mitonne son Papa. Et oui, moi qui n’étais pas si doué que cela, je suis devenu un orfèvre des fourneaux… Bon d’accord, il est vrai que les grands de l’alimentaire me donnent un coup de main avec leurs différents petits plats tout prêt, tout ce qu’il faut pour régaler les enfants en bas âge tout en évitant les prises de têtes quotidiennes quant au menu de chaque jour. Il y a tellement de variétés de plats tous plus succulents les uns que les autres, elle n’a que le choix… que je lui impose pour le moment, mais lorsqu’elle maniera correctement la langue de Molière, je ne suis pas sur que Marion fasse les mêmes choix que moi. Bien sûr, je lui donne toujours son petit biberon de lait, elle ne peut finir un repas sans téter.
Après son rototo pour éliminer ses bulles d’air, je mets Marion un peu dans son parc, le temps de nettoyer un peu sa décoration alimentaire. Son bavoir est bon pour la lessive tous les soirs, mais il me permet d’éviter de donner un autre air à son pyjama ! Ensuite, je la regarde un peu jouer seule, mais elle me tend les bras pour que je me joigne à elle. Marion aime que je lui fasse un spectacle avec ses peluches, cela la fait rire, et l’entendre rire me remplit le cœur de joie. Et après notre petite récréation digestive, c’est l’heure de la coucher, un peu contre son gré, mais les premiers bâillements se font sentir alors que son pendule tournoie au-dessus d’elle, et que parfois, je lui conte un de nos écrits. Et quand je vois ces petits yeux ciller, je m’éclipse doucement pour ne pas endiguer sa phase de somnolence, sur le chemin du marchand de sable…
Tout ce que fait une Maman chaque jour, après une journée de travail, un second métier, celui d’être mère, non reconnu comme profession, sans aucun diplôme, et pourtant, le plus beau métier du monde. Je comprends ma Maman, je comprends ta Maman, ainsi que toutes les mamans de la Terre, la fatigue qu’elle pouvait avoir après avoir couché leur chérubin. Je le vis chaque jour, pour mon plus grand bonheur, et je sais que tu aurais fait une merveilleuse Maman, j’aurais été à tes côtés à chaque instant comme je le suis aujourd’hui auprès de Marion. Je suis Papa, et chaque jour, Marion me délivre mon diplôme de Maman par son joli sourire, mais jamais je ne pourrais remplacer l’amour d’une Maman, l’amour que tu lui aurais apporté, ma tendresse, jamais je ne pourrais te remplacer… Tu es à jamais dans nos cœurs, tu es à jamais au fond de moi, et je t’aimerais jusqu’à la fin des temps, bien au-delà de ma vie terrestre…
Ton Ptit Caillou
Posté le 27.09.2007 par messageinabottle
Ma lueur dans mes ténèbres,
Je tourne et retourne cet anneau autour de mon annulaire, non pas qu’il soit trop grand ou trop petit, mais le sentir contre moi, symbole de notre amour, me fait bizarre. Tu dois avoir le tien autour de ton doigt, apporté par la douceur des flots, dans son cocon de verre. J’en suis fier, même si personne ne le saura vraiment, je suis heureux d’être ton mari, et malheureux de n’être à tes côtés, pour t’appeler « Madame », pour mêler tes mains avec les miennes, pour être oisifs avec toi, en plein voyage de noces…
Oui, ce joli voyage que nous voulions faire pour vibrer à l’unisson, pour poursuivre notre rêve, car ce mariage aurait été pour nous comme un rêve, et l’avion nous aurait emmené à la poursuite de nos envies, vers une contrée inconnue, où nous aurions pu nous reposer ou découvrir une nouvelle culture, d’autres paysages idylliques… Nous n’avions pas prévu de destination précise, la Terre est si belle, si emplie de jolies richesses. Pour le repos et le farniente à gogo, le choix était multiple, entre les Seychelles et Bali, entre Saint-Domingue et la Floride, entre l’île Maurice et la Nouvelle Calédonie, destinations ensoleillées sur des plages ensablées, une mer couleur turquoise dans laquelle se reflètent quelques petits nuages jouant à imiter l’écume des vagues, sous les alizés s’amusant sournoisement à soulever les paréos des demoiselles pour exposer un morceau de cuisse à la vue des autres, à ne profiter que des paysages paradisiaques en se délectant de cocktails exotiques…
Nous aurions pu également profiter d’une croisière en mer à la découverte des îles des Caraïbes, sur la Méditerranée, autour du cap Corse, ou à travers le Nil, en se laissant bercer par les flots, sous les petits soins de toute une troupe de serviteurs exauçant tous nos désirs, en profitant de diverses activités sportives et ludiques, et des possibilités de bien-être offertes par un tel confort, entre jacuzzi et massages, hammam et sauna, tout en se délectant de mille douceurs gustatives, langoustes ou fruits exotiques, et en rejouant sur la proue du bateau la scène mythique de Titanic, en hurlant au monde entier notre amour…
La découverte était aussi une de nos envies, parcourir la Cordillère des Andes en trekking, et tous les beaux pays qui la composent, éviter les crachas des lamas au Pérou, tout en y apprenant à jouer de la flûte de Pan, savourer un délicieux café en Colombie, courir sur les plages de Cancun et se mêler aux fêtes estudiantines endiablées ou nulle retenue n’est acceptée, où les boissons coulent à flot sur des corps exhibés à la morsure du soleil et aux regards des vautours en mal de concours de t-shirts mouillés et de formes divinement offertes, entre carrés de chocolat et gorges explosives, mais surtout, partager l’histoire et ses coutumes avec les autochtones, parcourir les temples aztèques ou se réfugier dans les pyramides incas, revivre le passé de l’empire de Mû et admirer la beauté de la forêt amazonienne du haut de ces temples.
Les pays asiatiques auraient également pu nous attirer par la musique de leurs traditions, la Chine et ses interdictions, tout au long de sa grande muraille, avec ses millions de vélos sillonnant ses rizières, le Japon et son monde futuriste, où chaque nouveauté technologique est déjà morte née comme sous les assauts de sumotoris cybernétiques accélérés par les tremblements de la croûte terrestre, où les poissons se transforment en sushi par la magie des arts culinaires nippons, où les geishas retrouvent leur sveltesse d'antan, le Viêt-Nam et toutes ses pagodes, la baie d'Along et ses paysages de rêves à parcourir sur des sampans venus du passé, et la Thaïlande pour apprendre l'art ancestral du massage et de toutes ses petites astuces pour en faire une délectation extrême.
Nous aurions pu enfin monter nous rafraîchir les idées, en se rapprochant du cercle arctique, pour profiter des grands espaces Canadiens, de la chaleur du langage des Québécois, ou découvrir l'hospitalité Suédoise, les lacs Finnois, retomber en enfance dans le village du Père Noël où les lutins virevolteraient autour de nous, voir le soleil luire à minuit en costume traditionnel, ou y aller plus tard dans la saison pour découvrir la magie des longues nuits polaires et ses aurores boréales redessinant le ciel de manière féerique...
Mais nous ne voyagerons qu'au travers de nos coeurs, de nos esprits, toi si loin de moi, arrachée à la vie au début de nos rêves, rêves que nulle autre que toi ne partagera, tu étais ma promise, j'étais ton prince, par delà la mort, nous nous sommes unis, et à jamais je te resterais fidèle, Caroline, toi la femme que j'aime plus que tout au monde, que j'aime à en être fou, tout en restant serein pour l'avenir de notre diamant, Marion. Tu me manques, chérie, et mes larmes n'y pourront rien changer, mais sache que mon coeur résonnera pour toi jusqu'à la fin des temps...
Ton Ptit Caillou
Posté le 26.09.2007 par messageinabottle
Mon amour perdu,
Je suis désolé, je ne suis pas passé ces trois derniers jours, j’avais trop mal au fond de moi, je n’ai trouvé la force de t’écrire, je ne faisais que pleurer dès que Marion ne me voyait pas, je ne voulais l’attrister. Nous devions être mariés, unis à la ville, nous devions être mari et femme, nous devions avoir passé une journée de folie avec tous les nôtres, nous devions avoir passé une nuit de noces sans dormir, à évacuer la pression de la journée de la plus douce des manières, celle qui nous rapprochait le plus… Trois jours sans dormir, à me ressasser toutes ces images qui auraient dû être, trois jours à errer comme une âme en peine, la nuit dans le jardin, à me retenir de ne pas hurler pour ne pas réveiller Marion…
Oui, trois jours où je ne fais que penser à toi, mais je ne pouvais t’écrire, je n’aurais pu trouver les termes, mes yeux larmoyants auraient taché mes lettres, tu n’aurais pu y lire quoi que ce soit, qu’un imbroglio de mots de souffrance, mêlés à des taches d’eau de mon corps et d’encre ayant coulé… La détresse me déformait le visage, ta maman a pris Marion dimanche, je n’étais pas en condition d’assumer pleinement mon rôle de Papa, je ne savais plus où j’étais, ce que je devais faire, et quand Marion est parti, je me suis effondré sur le sol. Combien de temps je suis resté, je ne le sais, une flaque s’était formée à mes côtés sous l’impulsion de mes larmes, je tremblais, j’avais froid, j’avais chaud, je me détruisais petit à petit, je ne trouvais pas la volonté au fond de moi de m’en sortir, je ne le voulais pas, je pense, je me sentais abandonné par la vie, après l’avoir été par toi par la force du destin…
Je bredouillais des mots inintelligibles, j’essayais de t’appeler à l’aide, je te priais de revenir, je maudissais Dieu de t’avoir arraché à moi, d’avoir transformé le plus beau jour de notre vie en jour le plus triste, le plus atroce pour un homme ou une femme, tiraillé entre la vie et la mort, entre la fin et le début, entre la naissance et le trépas… Je n’avais pas faim, je n’avais pas soif, nulle envie, j’avais l’impression d’être une loque, je ne savais plus ce que je voulais, ni ce que je devais faire sur Terre, tu m’avais donné une raison, et puis nos rêves s’étaient écroulés. Ce mariage, nous y tenions tant, ce mariage devait être la fête, pas un remake d’une tragédie. Et au final, alors que nous devions fêter la joie à plusieurs, je me suis retrouvé seul avec Marion à fêter cette date maudite aujourd’hui.
Je n’ai cessé de regardé mon doigt, de toucher à mon alliance, de la faire tourner sur elle-même, de regarder cette date gravée à l’intérieur, de regarder ce petit anneau d’or qui orne ma main depuis samedi, si petit et pourtant si important, si fragile, et pourtant symbole de la force de l’amour, de notre amour… Je me suis assis à la regarder, je ne sais pas combien de temps, lorsque je me suis relevé, il faisait nuit, la lune avait dessiné son joli sourire dans le ciel. Je n’avais plus de notion d’heure, j’ai vu les bouteilles dans le bar, mais cela ne servait à rien, pourquoi boire, pourquoi se mettre dans un état second, pour être malade le lendemain, avoir une barre greffée sur le front, et la douleur serait toujours là, elle m’étreindrait toujours. Je me suis assis sur la balancelle, je m’y suis balancé, jusqu’à regarder le soleil se lever, j’avais passé une journée sans la voir, à me repasser des images négatives, à m lamenter sur mon sort, alors qu’un petit être avait besoin de moi, comptait sur moi pour l’amener vers demain…
Ta maman m’a ramené Marion le mardi, elle m’a envoyé prendre une douche avec un bon rasage avant que je ne voie Marion, je lui aurais fait peur, je ne me rendais même pas compte dans l’état dans lequel j’étais. Lorsque je me suis vu dans le miroir, j’ai compris la peur de ta maman, j’aurais effrayé Marion, je ressemblais aux morts-vivants du clip de Michael Jackson, presque trois journées sans sommeil, journées de larmes, journées sans ingurgiter quoi que ce soit, je n’étais pas beau à voir, tu devais être déçue de mon comportement de là-haut, même si tu pouvais comprendre mon désarroi. Nous tenions tant à cette union, nous voulions tant que Marion ait le même nom de famille que ces deux parents…
Après un bon rasage et une bonne douche, j’avais retrouvé un pseudo visage d’humain, je pouvais à nouveau serrer Marion contre moi, mais la déchirure au fond de moi était si intense, je tremblais en la portant. C’est à ce moment que ta maman a aperçu l’alliance, et elle a compris, elle s’est souvenue de cette date, un an avant, nos fiançailles… Je l’ai regardé dans les yeux, une larme a perlé sur sa joue droite, elle a compris ce que cette alliance signifiait, elle a compris ce qui s’était passé dans ma tête. Elle nous a serrés fort Marion et moi, elle savait que faisions partis de la même famille, déjà par le passé, encore plus aujourd’hui.
Elle est partie, j’ai regardé Marion qui me souriait, je lui ai montré ma main, elle a vu que quelque chose avait changé, elle a pris mon doigt pour essayer de retirer l’alliance, alors, je lui ai tendu, elle l’a observée dans sa main, elle m’a regardé, et me l’a rendu. J’ai senti comme un message dans son regard, mais je ne saurais l’expliquer, un échange père fille, ce lien invisible que nulle personne n’ayant partagé un tel lien ne peut comprendre… Je ne suis pas bien, la fatigue sûrement, et Marion a été surprise d’entendre mon ventre clamer famine, nous en avons ri tous les deux. Après un repas sommaire pour moi, nous nous sommes allongés dans notre lit, et je suis parti dans un univers loin, loin, très loin, où Marion marchait entre nous, nous tenant par la main….
Je t’aime Caroline, j’ai été faible quelques jours, je suis désolé, j’avais trop mal, la douleur sera éternelle en moi, mais notre amour sera toujours le plus fort comme il l’avait été de ton vivant. Tu me manques tant, mais cette alliance que je porte me donnera l’espoir en demain, dans l’autre vie… Je t’aime, ma jolie femme..
Ton Ptit Caillou
Posté le 15.09.2007 par messageinabottle
Mon amour,
Aujourd’hui est la pire journée depuis ton départ, j’ai donné Marion à ta maman hier soir, car il fallait que j’affronte seul cette journée. Oui, tout comme moi, tu sais ce que cette date représente pour nous, cela devait être l’une des dates les plus merveilleuses, non pas de ta vie, ni de la mienne, mais de nos vies réunies. Oui, aujourd’hui, nous devions donner une autre dimension à notre histoire, prendre un nouveau virage, officialiser ce qui était naturel pour nous depuis longtemps… Nous devions prêter serment, nous devions échanger nos alliances et devenir mari et femme… Tu es partie, mais cela ne change rien pour moi, je souhaitais que tu deviennes mon épouse tout comme tu voulais que je devienne ton époux, et le voile de la mort n’y changera rien… Je suis là devant toi, avec le costume qui nous avait fait vibrés, et que nous avions acheté pour cette si belle occasion…
Tu te rappelles notre premier rendez-vous, ici même, sous le piaillement des coucous cachés dans les arbres ? Tout comme aujourd’hui, nous étions silencieux, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants de bonheur, pour faire de cette réunion un moment merveilleux. Ton ventre était arrondi par notre amour, tu étais jolie avant, tu l’étais encore plus ce jour, là, devant moi qui me comparais à Quasimodo. Le vent soufflait pour balayer toutes nos émotions, et le soleil au zénith de ce jour me rappelle nos décisions. Nous voulions de nous deux ne devenir qu’un, et faire de notre magie une maison pour demain. Tu y amenais ta joie, et j’y amenais ma folie, tu amenais ta candeur et j’amenais mon insouciance, et par un savant mélange, nous en faisions une harmonie.
C’était il y a une vie, c’était il y a un an, et nos regards mêlés m’avait fait redevenir enfant, non pas enfant, bébé, pour me blottir en ton sein, tout contre toi. Je n’avais rien pour moi, tu avais tout pour toi, mais en nous deux, nous ne pouvions qu’avoir foi. Nous nous complétions, voire nous complémentions. Tu avais pris ma main, pour la porter contre ton cœur, j’avais baisé les tiennes pour t’offrir le bonheur, celui d’une vie à deux, celui d’un homme sur qui compter à chaque instant, dans le pire comme dans le meilleur, un ami, un amant et un mari à venir… Quoi qu’il puisse arriver, rien ne pourrait nous séparer, nous nous l’étions promis, sans mot dire, sans parler…
Et aujourd’hui, pareil, les larmes sur les joues, notre silence est d’or, et ma détresse me secoue. Car je suis face à toi, et pourtant si éloigné, à cause de la faucheuse qui t’a prise dans son panier, en m’oubliant ici, me laissant sur le chemin, me refusant le droit de poursuivre notre route tous les deux. Alors qu’elle a pris ton cœur, sabotant notre destin, notre amour fut coup de foudre, mais par un jour pluvieux, en un coup de tonnerre, la foudre ferma tes yeux à jamais, et noya les miens à jamais dans cette pluie continue…
Je suis là, tombant à genoux, le corps tout tremblotant d’avoir perdu ma vie, ma mie, en un instant. Je me rappelle notre premier rendez-vous, celui où nous nous promettions de devenir époux, alors par cette alliance, que je te tends ce jour, à jamais dans la mer, je scelle notre amour… Moi, devant Dieu et devant la mer, je te donne tout mon être et je te choisis aujourd’hui pour épouse. Parce que je t’aime et que je voulais te rendre heureuse, je m’engage à partager avec toi toute ma vie, à t’aimer et te chérir, pour le meilleur et pour le pire, dans la joie et dans la peine, à te rester fidèle après la mort, à faire grandir et mûrir notre amour, et être un père aimant et responsable de Marion. Caroline, acceptes-tu de devenir ma femme…
Mon corps frissonne à cette évocation, mes larmes perlent sur mes jouent, ce devait être des larmes de bonheur que nous devions échanger en même temps que nos baisers, et finalement, ce sont des larmes de tristesse qui les ont remplacées… Je ne peux m’empêcher d’hurler ton prénom, afin que tu me répondes, par-delà les murs qui nous séparent, que j’entendes ce « Oui » de ta si douce voix, mais seul l’aboiement d’un chien dans le lointain retentit… Comme l’annonce en principe le curé, avant d’officialiser les sacrements du mariage, je glisse cet anneau symbole de notre amour dans cette bouteille avec cette missive. A mon tour, je mets mon alliance, que je garderais à jamais, jusqu’à la fin des temps, représentant notre amour à jamais.
Chérie, je t’aime, et je suis tien comme tu es mienne, ce moment est à nous et à nous seuls, il sera toujours dans nos esprits et dans nos cœurs, et même si tu es loin, là au-delà des mers et des cieux, je sais que tu es aussi fière que moi aujourd’hui. Je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerais à tout jamais…
A toi, Caroline, qui est partie trop tôt…
Ton Ptit Caillou
Posté le 09.09.2007 par messageinabottle
Ma promise,
J'ai mal au plus profond de moi, mon coeur, la douleur devient de plus en plus forte, car demain est le jour qui devait nous réunir, ce jour que deux être qui s'aiment d'un amour pur attendent pour concrétiser leurs sentiments, celui de notre mariage. Nous devions nous unir, et subir la pression que ressentent chacun des mariés avant l'échange des alliances. Mais cela ne sera, tu n'es plus là pour vivre ce jour avec moi, tu n'es plus là pour t'unir à moi, la mort t'a choisi avant moi...
Tu aurais dû te lever de bonne heure pour te faire faire une coupe digne des plus belles princesses, en compagnie de ton témoin, ta meilleure amie, émoustillée comme une petite fille se préparant pour son premier bal de fin d'année. Tu aurais dû subir une séance de maquillage digne des plus grands mannequins pour cacher les cernes de nervosités qui se seraient dessiner sur ton joli visage. Tu aurais disparu toute la matinée avec ta Maman, jusqu’à nos retrouvailles à la mairie. De mon côté, j’aurais fait les cents pas, je me serais occupé de notre petite puce avec mes parents, la pauvre, elle se serait demandé ce qui se passait, pourquoi une telle agitation autour d’elle…
Et le début d’après-midi, mon attente devant la mairie, ne t’ayant pas encore vu dans ta robe de mariée, comme le veut la tradition, Marion te réclamant, et moi me sentant de plus en plus mal à l’aise sans mon rayon de soleil, toi, mon cœur. Et tout à coup, tout se serait arrêter, le silence se serait fait, même les animaux se seraient tus pour ne pas troubler ce moment, une lumière étincelante apparaissant au loin, un bruit de sabots heurtant le pavé annonçant l’arrivée d’un ange. Le petit point aurait grandi, le bruit se serait amplifié, tout le monde aurait regardé dans la même direction, une calèche approchante, et assis derrière, la femme de mes rêves, toi, ma Caroline. Lorsque la calèche aurait stoppé devant nous, je t’aurais regardé bouche bée, une larme aurait coulé sur mes joues, alors que Marion aurait crié de te voir si belle. Toute ma vie, je n’avais trouvé les mots pour décrire ta beauté, mais là, j’aurais été ébloui, la princesse de mes rêves devant moi, tu aurais été si belle dans cette robe de mariée, si parfaite, un ange tombé du ciel pour me montrer le chemin…
Je t’aurais tendu la main pour t’aider à descendre de la calèche, et nous aurions mêlé nos larmes de bonheur dans un baiser fougueux. Je t’aurais regardé pour grave à jamais cette image dans ma mémoire, ne plus jamais pouvoir effacer ce bonheur quoi s’offrait à moi, et que chacun confirmerait autour de nous en te félicitant pour ta robe de mariée, pour ta beauté, pour ce que ta simple présence leur apporterait… Les portes de la mairie se seraient ouvertes, pour nous laisser entrer et que nos deux destinées ne deviennent qu’une. Nous aurions prêté serment devant monsieur le maire qui aurait insisté sur le fait que tu sois sure, afin de te montrer que tu ne pouvais laisser indifférent, et que lui-même était subjugué devant tant de beauté, de grâce et d’angélisme face à toi. Et à la sortie de la mairie, nous aurions été madame et monsieur, mitraillés par nos photographes d’un jour, immortalisant cette première phase de notre union…
L’église nous aurait offert sa fraîcheur, la musique aurait retenti, mon Papa t’aurait prêté son bras pour ton entrée, tu aurais levé la tête pour faire signe à ton Papa qui aurait été fier de toi là-haut, et à nouveau de te voir si majestueuse, si cérémonieuse, je n’aurais pu retenir mes larmes d’émotions. Marion aurait été notre petit ange, nous portant nos alliances que nous aurions échangées sous nos promesses récitées devant Dieu, suivies d’un baiser que nous n’aurions voulu stopper, encourageant ainsi de plus belle les applaudissements des nôtres. Et la sortie de l’église aurait vu une neige de riz nous recouvrir, notre joie se mariant à celle de tout le monde…
Et tout ce qui aurait dû suivre, entre vin d’honneur et photos, entre repas et fête, entre danse et feu, entre nuit de noces et… Je n’arrive plus à trouver la force de t’écrire, mon amour, je pleure à chaudes larmes, toute cette fête anéantie par le destin, pourquoi… Pourquoi le bonheur a-t-il changé d’avis au dernier moment, pourquoi suis-je seul aujourd’hui, pourquoi n’es-tu pas à mes côtés, qu’ai-je fait pour mériter cela, qu’avons-nous fait pour que quelqu’un se trompe et t’arrache à moi ? Je suis maudit, je suis un paria qui n’a pas le droit au bonheur, je …
Chérie, je t’aime, je t’aime, je t’aime, j’ai si mal au fond de moi, quand cette douleur prendra-t-elle fin… C’était demain, nous devions nous marier…
Ton Ptit Caillou
Posté le 08.09.2007 par messageinabottle
Mon cœur,
J’ai du mal à trouver les mots ce matin, le moral est de plus en plus bas, au fur et à mesure que la date fatidique approche, celle de notre mariage prévu… Je n’arrête pas de me demander « Pourquoi… » mais je n’ai pas les réponses, que le vide qui résonne dans ma tête, que l'absence d'une lueur d'idée me permettant de comprendre... Pourquoi une si belle journée n’a-t-elle pas pu avoir lieu, pourquoi la vie ne nous a-t-elle pas laissé le temps ? Etre deux devant Dieu pour ne faire plus qu’un, devant tous nos proches, nos amis, nos familles…
Nous ne voulions nous unir alors que tu étais enceinte, tu voulais profiter pleinement de cette journée, et pas te retrouver prisonnière de ta robe alors que tu prenais du poids jour après jour, sous la venue de Marion. Tu ne voulais pas te voir en photo de mariée comme un ballon de baudruche, et devoir te priver de toutes les bonnes choses de la vie que nous aurions à notre mariage. Tu ne voulais passer la journée assise, fatiguée par l’évènement et de passer de table en table pour saluer tout le monde, voir si tout se passait bien, tu ne voulais m’abandonner le jour même de notre mariage, et je partageais ton point de vue, c’était l’un des plus beaux jours de notre vie, avec notre rencontre, la future naissance de notre puce, alors nous devions le vivre à fond et complètement…
Cette date du 23 Juin nous tenait à cœur, car c’était le moment du solstice d’été, dans la période des journées les plus longues, nous devions avoir un maximum de temps à la lumière du jour, nous aurions pu profiter de la couleur du temps pour réaliser de magnifiques photos, seuls ou avec tous nos proches, mais pas des photos imposées par des photographes dans des clichés standards que l’on trouve à tous les mariages et que personne ne prend car elles sont sans expression, vide de tout sentiment, deux pantins à la merci de leur créateur. Nous souhaitions laisser des petits appareils jetables à chacun, pour que tout le monde prenne des photos de sa vision de notre mariage, quand ils le souhaitaient, avec leur propre feeling. Nous aurions eu également les photos des multiples appareils numériques de certains, des films au caméscope d’autres, assez de morceaux numériques de souvenirs pour en faire plusieurs albums pour nos vieux jours…
Cette date du 23 Juin nous permettait également de faire un grand feu de joie, le fameux de la Saint Jean, autour duquel nous aurions festoyé jusqu’au bout de la nuit. C’est le signe ancien du début de l’été, comme le serait devenu notre amour, entrant dans son été, après le printemps de notre rencontre, mais jamais nous ne pensions passer à l’automne, encore moins à l’hiver, froid et solitaire, hiver dans lequel je me retrouve aujourd’hui… Cette période de l’année est rarement humide, nous aurions pu prévoir un banquet extérieur, sous le berceau des étoiles, à les regarder scintiller de mille feux comme un feu d’artifice stellaire pour couronner notre union, la mère lune nous éclairant de son plus beau sourire, heureuse de partager notre bonheur. Nous aurions dansé autour du feu, en une longue farandole endiablée comme par le passé, pour se souvenir des coutumes de la région... Et au petit matin, alors qu'il ne resterait que les braises, nous aurions fait brûler des chamallows en brochettes, en regardant le soleil sortir de sa nuit...
Les gens auraient pu profiter de la clémence du temps pour se promener en bord de mer, se baigner pour les plus téméraires, tremper les pieds pour les plus frileux, nous aurions pu pique-niquer le lendemain sur la plage de galets, la saison estivale n'étant pas encore commencée, il n'y aurait pas eu trop de monde autour de nous, nous aurions pu mêler les quelques présents à notre bonheur, en les conviant à venir se joindre à notre festin, issu des restes de la veille... Certains auraient continué leur week-end à découvrir la région, à parcourir les falaises, à se gorger de souvenirs et de toutes ces belles images de la côté dont nous nous régalions chaque jour...
Oui, le 23 Juin 2007, date que nous devions conserver à jamais dans nos mémoires, dont nos alliances devaient porter la gravure pour le jour où Alzeihmer tenterait d'effacer petit à petit les fils de notre passé, ... Tu es partie trop tôt, trop vite, mais rien ni personne ne pourra se mettre entre nous, rien ne pourra stopper notre amour, même pas la mort, et même si nos amis ne seront pas réunis autour de nous, même si notre famille ne sera pas là, même si Marion ne partagera notre bonheur de nous unir, rien ne m'empêchera de t'aimer tout au long de ma vie, de te chérir comme cela devait être, je resterais fidèle à mes engagements envers toi, je t'ai promis qu'aucune femme ne te remplacerait, et je tiendrais cette promesse. Je t'aime, mon ange, à tout jamais...
Ton Ptit Caillou